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Bourse : semaine de regain, statistiques encourageantes
06/02/2012
Lettre n°351 du 30 janvier au 3 février 2012
Tendances économiques, évolution des marchés et des indices boursiers, sélection d'OPCVM, retrouvez le bilan de la semaine avec les experts financiers de Generali Investments.
Résumé économique de la semaine
La vague de froid déferlant sur l’Europe n’a pas touché les marchés, qui tentent visiblement de corriger les excès de pessimisme de 2011. Une série de statistiques encourageantes en provenance des quatre coins du monde a, en effet, alimenté l’espoir que la récession pourrait être évitée en Europe et que les pays émergents, tirés par la dynamique chinoise pourraient doper la croissance mondiale. En toute fin de semaine, c’est l’emploi américain qui a soutenu le moral des investisseurs. L'embellie s'est poursuivie en janvier, avec le plus fort rythme de créations d'emplois observé en neuf mois. Le taux de chômage est tombé à son plus bas niveau depuis près de trois ans (8,3%), reflétant l'impact de la croissance enregistrée au quatrième trimestre 2011 en ce début de nouvelle année.
Sur le front de la dette grecque, pas de mauvaise nouvelle. Les discussions s’éternisent entre Athènes et ses créanciers privés (ils doivent accepter de renoncer à davantage de créances pour aider à redonner de la solvabilité au pays) mais il existe toujours une chance qu’un accord soit trouvé à court terme. En attendant, les levées de fonds de la part de pays européens (France, Espagne…) se poursuivent à des taux toujours inférieurs à ceux exigés il y a quelques mois. Enfin, l'anticipation de liquidités abondantes dans les prochaines semaines permet de maintenir une dynamique favorable, même si l’amélioration récente des indicateurs de conjoncture commence à rendre les investisseurs plus sceptiques sur les politiques monétaires envisagées par les principales banques centrales.

USA : Chômage au plus bas depuis trois ans
- Le taux de chômage a reculé de 0,2 point par rapport à décembre et s'est établi à 8,3%, en données corrigées des variations saisonnières, son niveau de février 2009, selon le département du Travail. En baisse pour le cinquième mois de suite, le chômage a reculé de 0,8 point depuis août. La poursuite de ce mouvement de baisse a surpris les analystes, dont la prévision donnait le taux stable à 8,5%. Le recul de janvier a eu lieu en même temps que la population active augmentait de 0,3% par rapport en décembre. La baisse du chômage résulte donc uniquement de la force des embauches (243 000 postes).
- La consommation est restée inchangée en décembre, les ménages privilégiant l'épargne malgré la plus forte hausse de leurs revenus en neuf mois. Les chiffres du département du Commerce montrent que la consommation a enregistré le mois dernier sa plus mauvaise performance depuis juin, après une hausse de 0,1% en novembre. Sur l'ensemble de 2011, celle-ci a progressé de 4,7%, sa plus forte hausse depuis 2007. Les revenus des ménages, eux, ont augmenté de 0,5% le mois dernier, après un gain limité à 0,1% en novembre. Le taux d'épargne des ménages a atteint 4%.
- La confiance des consommateurs a baissé en janvier, selon l'indice du Conference Board, qui s'est établi à 61,1. Cet indice est nettement inférieur aux attentes des analystes, qui le voyaient en hausse à 67. Tombé en octobre à son plus bas depuis 2009 (40,9), cet indice s'était très nettement redressé les deux mois suivants (55,2 en novembre puis 64,8 en décembre).
- L'activité dans les services s'est accélérée en janvier, selon l'indice des directeurs d'achat publié par l'association professionnelle ISM, qui s'est établi à 56,3%. Cet indice, qui était à 53% en décembre, est nettement supérieur aux attentes des analystes, qui tablaient sur une très légère hausse à 53,1%.
- La croissance de l'activité du secteur manufacturier s'est accélérée en janvier, à en croire l'indice d'activité industrielle ISM qui est ressorti à 54,1 ce mois-ci, contre 53,1 en décembre 2011. Par rapport à décembre, la composante des nouvelles commandes s'est accrue de 2,8 points à 57,6.
- L'indice d'activité PMI de Chicago a reculé en janvier, à 60,2 contre 62,2 le mois précédent. Les économistes anticipaient une timide amélioration de l'indice en janvier, à environ 63. Du 30 janvier au 03 février 2012 351 2
- Les commandes à l'industrie manufacturière ont augmenté pour le deuxième mois consécutif en décembre, selon le département du Commerce. En données corrigées des variations saisonnières, elles ont progressé de 1,1% par rapport au mois précédent, soit moins que ne le prévoyaient les analystes (1,5%). Mais la progression des commandes en novembre a été nettement révisée à la hausse, à 2,2% (la plus forte depuis mars) contre 1,8% initialement estimé. L'industrie a bénéficié en fin d'année d'un mouvement de restockage des entreprises, plus optimistes sur les perspectives économiques que durant l'été. Sur l'ensemble de l'année 2011, les commandes à l'industrie ont augmenté de 11,2%, sans pour autant revenir à leur niveau record de 2008.
- Les dépenses de construction ont atteint en décembre leur plus haut niveau depuis plus d'un an et demi grâce à une hausse de l'investissement dans les projets privés. Selon le département du Commerce, les dépenses de construction ont augmenté de 1,5%. Elles sont en hausse pour le cinquième mois de suite. Les économistes attendaient une hausse de 0,6%.
ZONE EURO : Niveau de chômage record
- Le taux de chômage était à son plus haut historique en décembre, à 10,4 % de la population active, selon Eurostat. Ce nouveau record avait en fait déjà été atteint dès le mois de novembre. Il s'agit du huitième mois consécutif au cours duquel le chômage a atteint ou dépassé le seuil de 10 %. Selon les calculs d'Eurostat, 16,469 millions de personnes étaient au chômage en décembre, soit 20 000 de plus qu'en novembre. L'Espagne est toujours le pays où le taux de chômage est le plus élevé, à 22,9 %, comme le mois précédent, devant la Grèce (19,2 %). Et l'Autriche reste le pays où il est le plus faible, à 4,1 %, devant les Pays-Bas (4,9 %) qui détrônent à la deuxième place le Luxembourg (5,2 %).
- Le volume des ventes au détail a diminué de 0,4% en décembre, selon Eurostat. Par rapport à 2010, l'indice moyen du volume des ventes de détail a reculé en 2011 de 0,6%.
- L'inflation est restée stable à 2,7% en janvier, mais devrait continuer à se replier dans l'année, permettant à la BCE de continuer à baisser ses taux. La première estimation de l'inflation publiée par Eurostat est conforme aux attentes des analystes. En dépit de cette pause, l'inflation devrait continuer à baisser et atteindre environ 2% dans les mois qui viennent, en raison d'une baisse des prix de l'énergie et du ralentissement économique attendu.
- Les prix à la production industrielle ont diminué de 0,2% en décembre, après une hausse de 0,2% le mois précédent, selon Eurostat. Sur un an, les prix à la production industrielle ont augmenté de 4,3%. La baisse observée est en partie à mettre sur le compte de celle des prix du secteur de l'énergie, qui ont reculé de 0,4%.
FRANCE : Nouvelle baisse de la consommation
- La consommation des ménages a reculé de 0,7% en décembre, les consommateurs ayant décidé de freiner leurs dépenses de produits d'alimentation et d'énergie en fin d'année, selon l'Insee. Les économistes anticipaient en moyenne un recul plus limité, de 0,2%. L'année 2011 se conclut par un repli de 0,5%.
- Les prix de production du secteur industriel se sont stabilisés en décembre, avec une légère baisse de 0,1%, après des hausses de 0,4% en novembre et 0,5% en octobre, selon l’Insee.
ALLEMAGNE : Le nombre de chômeurs repasse au dessus des 3 millions
- Le pays comptait à nouveau plus de 3 millions de chômeurs en janvier, une hausse qui reflète des facteurs saisonniers et ne remet pas en cause la bonne tenue fondamentale du marché du travail, selon les économistes. En données brutes, utilisées dans les comparaisons internationales, le chômage a grimpé sur un mois de 0,7 point, à 7,3%, et 3,08 millions de personnes étaient sans emploi en janvier, selon l'Agence pour l'emploi. En données corrigées des variations saisonnières, jugées plus fiables par les économistes, le nombre de chômeurs s'est réduit de 34 000, et le taux de chômage s'élève à 6,7%. Enfin, selon la définition de l'Organisation Internationale du Travail (OIT), l'Allemagne comptait en janvier 2,34 millions de chômeurs, soit 5,5% de la population active.
- Après quatre mois de contraction, le secteur des services s'est redressé en janvier, selon l'indice PMI des directeurs d'achats du secteur. L'indice Markit est repassé en zone de croissance, à 50,4, contre 48,8 en décembre. L'indice composite, qui regroupe le secteur industriel et le secteur tertiaire, se retrouve lui aussi en zone d'expansion, après quatre mois de déclin. Il se situe aussi à 50,4, contre 48,3 en décembre.
ROYAUME-UNI : L’expansion reprend dans le secteur privé
- L'indice PMI des services a augmenté contre toute attente en janvier, à 56 contre 54 en décembre alors que les analystes l'attendaient en baisse à 53,5. Il remonte ainsi à son plus haut niveau depuis mars dernier. L'amélioration est plus nette encore pour la composante des anticipations, qui bondit à 70,3 contre 63,5 en décembre. Quant à celle de l'emploi, elle ressort au plus haut depuis mars 2008. 3
- Le secteur manufacturier repasse nettement en terrain positif au mois de janvier : l'indice PMI manufacturier est passé de 49,7 en décembre à 52,1, un plus haut de huit mois. Dans le détail, la production a connu sa plus forte progression depuis mars dernier, les nouvelles commandes sont reparties à la hausse et les chiffres de l'emploi se sont stabilisés.
JAPON : Faible hausse du taux de chômage
- Le taux de chômage a augmenté de 0,1 point à 4,6% de la population active en décembre, selon des statistiques officielles ajustées de variations saisonnières. Il était resté stable le mois précédent. Le nombre de demandeurs d'emploi dans l'archipel s'établissait à 2,75 millions, un niveau en baisse de 8% (-240.000) par rapport à décembre 2010.
- Perturbées par le tsunami et la catastrophe de Fukushima, les entreprises ont poussé, l’an dernier, à la baisse les salaires dans l’archipel. Sur un an, le revenu mensuel moyen a reculé de 0,2% pour atteindre l’un de ses plus bas niveaux des vingt dernières années à 316 642 yens, soit 3 180 euros. Le salaire mensuel moyen a lui reculé de 0,4% à 244 056 yens (2451 euros).
CHINE : L’activité industrielle rebondit
- L’indice manufacturier des directeurs d’achat (PMI) pour le mois de janvier a surpris positivement les analystes. Celui-ci s’est établi à 50,5, en légère hausse par rapport aux 50,3 constatés en décembre. Les économistes, dans leur majorité, s’attendaient à ce que cet indice repasse sous la barre des 50. D’après les données détaillées, les nouvelles commandes sont à la hausse, de même que la production. En revanche, les exportations et l’emploi continuent de diminuer. La probabilité d’un atterrissage brutal de l’économie semble donc moins élevée, ce qui tend à légitimer la fermeté des autorités sur le plan monétaire.
MARCHÉ DES ACTIONS
- Après un mois de janvier appréciable pour les investisseurs, les places boursières poursuivent leur marche en avant. L'annonce d'un recul du chômage aux Etats Unis à son plus bas niveau depuis trois ans et d'autres statistiques américaines jugées encourageantes pour l'économie mondiale ont entretenu l’optimisme.
- Outre-Atlantique, la hausse de Wall Street est intervenue dans un solide volume d'affaires. Elle a porté le Dow Jones non loin d'un plus haut de quatre ans (+1,59%, à 12 862,23 points), tandis que le S&P-500 a poussé son avance depuis le début de l'année à 7% environ et a atteint son niveau le plus élevé depuis plus de six mois (1 344,90 points). Les Bourses européennes ont également clôturé en nette hausse. La Bourse de Francfort a gagné 1,67% et réalise le meilleur début d’année de son histoire (+14,5% depuis le 1er janvier).
- Le CAC 40 a fini pour la première fois au-dessus des 3.400 points depuis début août, avec un gain hebdomadaire de 3,29%. Seule ombre au tableau, la Bourse de Tokyo a terminé la semaine en légère baisse (-0,11%, à 8 831,93 points), les investisseurs digérant une série de mauvais résultats d’entreprises japonaises, notamment ceux de Panasonic.
MARCHÉ DES TAUX
- Les rendements obligataires ont poursuivi leur détente en Europe malgré la dégradation de la note italienne, le 27 janvier, par Fitch, de A+ à A-. L’imminence d’une issue favorable aux négociations entre la Grèce et ses créanciers privés et de meilleurs indicateurs conjoncturels en Zone Euro ont favorisé cette détente. La France a émis avec succès près de 8 Mds€ d’obligations à long terme avec des taux d’intérêt en forte baisse.
- Sur le marché secondaire, les rendements se sont également détendus, le 10 ans franchissant à la baisse la barre de 3% et abandonnant 15 pb sur la semaine, à 2,90%. Toutefois, les divergences dans la Zone Euro demeurent extrêmement fortes. Aux Etats-Unis, les robustes chiffres de l'emploi ont pesé sur les Treasuries, qui sont remontés à 1,95% (+5 pb sur la semaine).
MARCHÉ DES MATIÈRES PREMIÈRES
- Les tensions géopolitiques liées au dossier iranien soutiennent les cours de l’or noir. Selon le FMI, la fermeture du détroit d’Ormuz pourrait faire progresser les cours de plus de 30 dollars. La statistique de l'emploi US a dopé le marché, nourrissant l'espoir d'une reprise de la demande de pétrole à la faveur d'une reprise de la croissance. Sur la semaine, le Brent a progressé de 1,39%, à 112,85 dollars le baril.
- De son côté, l’once d’or a progressé de 0,66% (1 742,90 dollars), à la faveur notamment de la forte augmentation de la demande au cours des fêtes du Nouvel An chinois et de la progression des stocks détendus par les fonds ETF.
MARCHÉ DES DEVISES
- La statistique de l'emploi a dopé le dollar dans un premier temps mais l'euro a par la suite refait son retard et la parité était finalement peu changée (-0,08%, à 1,3122 dollar pour un euro). Les cambistes attendent surtout l'issue des négociations sur la dette grecque. A cet égard, le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, a annoncé vendredi qu'il n'y aurait pas de réunion des ministres des Finances lundi à Bruxelles pour discuter de la situation de la Grèce, ce qui a laissé penser que les discussions entre Athènes et ses créanciers risquaient de ne pas aboutir au cours du week-end. Le risque est donc plutôt baissier pour la monnaie unique.