Dents : quel remboursement par l'Assurance maladie ?
La prise en charge des soins dentaires par l'Assurance maladie varie selon leur nature. Ainsi, si certains actes dentaires sont pris en charge à hauteur de 60 % par la Sécurité sociale, d'autres classés « hors nomenclature » ne sont pas remboursés car considérés comme des soins de confort. Les implants dentaires, les facettes dentaires et les prothèses sur implants font notamment partie des soins non remboursés. Pour réduire votre reste à charge sur ces actes coûteux, une complémentaire santé peut s'avérer indispensable.
Publié le 12/05/2026 - 5 minutes
Quid des remboursements dentaires depuis 2025 ?
L'année 2025 a marqué un tournant notable pour les remboursements dentaires en France. Plusieurs mesures sont entrées en vigueur successivement, touchant aussi bien les soins courants que la prévention bucco-dentaire. Trois vagues de changements ont rythmé l'année 2025, avec des dates d'application distinctes.
1er janvier 2025
- Revalorisation des actes dentaires conservateurs. Cette augmentation s'applique aux traitements de caries, aux dévitalisations et aux détartrages.
- Les examens bucco-dentaires annuels voient aussi leur tarif augmenter, passant de 30 € à 40 € pour un examen simple.
1er février 2025
- Extension de la prise en charge du vernis fluoré pour les jeunes patients à risque carieux jusqu'à 25 ans, contre 9 ans auparavant.
- La téléexpertise dentaire fait son entrée dans la nomenclature des actes remboursables pour permettre, entre autres, aux chirurgiens-dentistes de solliciter des avis d’experts.
1er avril 2025
La nouvelle formule de l’examen bucco-dentaire (EBD) devient « M’T dents tous les ans » pour les patients âgés de 3 à 24 ans. Ces derniers peuvent bénéficier d’un examen bucco-dentaire pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie et de soins chez le chirurgien-dentiste pris en charge sans avance de frais (à condition que l’examen bucco-dentaire et les programmes de soins soient réalisés dans les 6 mois suivant la date de début des soins).
Consultations et soins dentaires : quelle prise en charge en 2026 ?
Les consultations
Chez un chirurgien dentiste (60 % du tarif conventionné) :
- chirurgien-dentiste : 23 €. Il reste donc 9,20 € à votre charge ;
- chirurgien-dentiste spécialisé en traitement ODF (orthopédie dento-faciale) : 23 €. Il reste 9,20 € à votre charge.
Chez un stomatologiste (70 % du tarif conventionné) :
- médecin stomatologiste du secteur 1 (honoraires fixes) : 31,50 €. Il reste 11,45 €1 à votre charge ;
- médecin stomatologiste du secteur 2 (honoraires libres). Si la consultation coûte 35 €, le remboursement est calculé sur la base de remboursement de 23 €, il reste donc 20,90 €1 à votre charge.
(1) Le montant remboursé tient compte de la participation forfaitaire de 2 € retenue sur chaque consultation ou acte réalisé par un médecin. À noter : la participation forfaitaire de 2 € ne s'applique pas aux consultations et actes réalisés par un dentiste ou chirurgien-dentiste.
Quelques tarifs et remboursements pour un patient de plus de 26 ans
- Traitement de carie une face : 18,44 € remboursés sur un montant total de 30,74 €
- Dévitalisation d'une incisive ou d'une canine : 24,96 € remboursés sur un montant total de 41,60 €.
Quelques tarifs et remboursements pour un patient de 1 à 26 ans
- Traitement de carie une face : 23,77 € remboursés sur un montant total de 39,61 €
- Dévitalisation d'une incisive ou d'une canine : 32,45 € remboursés sur un montant total de 54,08 €.
Le montant remboursé ne tient pas compte de la participation forfaitaire de 2 €, éventuellement retenue si les soins dentaires sont réalisés par un médecin stomatologiste.
Le scellement des sillons
Cette prestation ne concerne que les première et deuxième molaires permanentes des enfants de moins de 16 ans. Elle n'est prise en charge par la Sécurité sociale qu'une fois par dent. Vous serez remboursé de 15,62 € sut un montant total de 26,03 €.
Prothèse dentaire : quels remboursements ?
Avec la réforme 100 % Santé, si vous êtes couvert par une complémentaire santé, vous pouvez bénéficier de prothèses dentaires sans reste à charge.
Quels sont les soins dentaires non remboursés par la Sécurité sociale ?
Trois catégories de soins dentaires « hors nomenclature » donc non remboursés par la Sécurité sociale sont recensées.
Les implants et prothèses dentaire non conventionnés
Les implants dentaires représentent une solution durable pour remplacer une dent manquante. Cette technique moderne requiert la pose d'une racine artificielle en titane dans l'os de la mâchoire, suivie d'une couronne personnalisée. Le coût moyen est de 2 000 € par dent.
Les prothèses personnalisées dépassant le cadre conventionnel englobent notamment les bridges complexes sur plus de trois dents et les couronnes en zircone pure. Ces solutions sur mesure répondent à des besoins spécifiques, comme une allergie aux matériaux standards ou une exigence esthétique particulière.
Une complémentaire santé adaptée peut prendre en charge une partie de ces frais grâce à des forfaits annuels dédiés aux actes non remboursables.
Les traitements esthétiques
Dans la catégorie des traitements esthétiques, le blanchiment dentaire représente l'intervention la plus demandée, avec des tarifs allant de 300 € à 1 200 € selon la technique utilisée. Les facettes dentaires, fines pellicules en céramique collées sur la face visible des dents, nécessitent un budget entre 500 € et 1 000 € par dent.
La parodontologie esthétique englobe des interventions comme le comblement des espaces interdentaires ou la correction d'un sourire gingival. Ces actes, pratiqués uniquement par des spécialistes, s'échelonnent entre 300 € et 600 € la séance.
Le recontourage cosmétique des dents et le traitement des colorations définitives constituent d'autres exemples de soins exclusivement dédiés à l'amélioration de l'apparence.
Les soins de parodontologie
La parodontologie curative constitue la troisième catégorie des soins non remboursés par la Sécurité sociale. Le traitement des maladies des gencives nécessite plusieurs séances espacées sur 6 à 12 mois, avec un montant global variant de 630 € à 4 500 €. Le surfaçage radiculaire, intervention permettant d'éliminer la plaque dentaire sous la gencive, s'élève à 210 € par quadrant (à savoir que la bouche est divisée en quatre sections nommées quadrants).
Un bilan parodontal complet, incluant radiographies et mesures de poches, revient en moyenne à 285 €. La régénération osseuse guidée simple, destinée à reconstruire l'os autour des dents fragilisées, peut atteindre 850 € par site traité.
Une complémentaire santé spécialisée s'avère précieuse face à ces dépenses conséquentes.
Pourquoi certains soins ne sont pas remboursés ?
La classification des actes dentaires suit des critères stricts établis par l'Assurance maladie. Un soin entre dans la nomenclature uniquement s'il répond à une nécessité médicale avérée et fait l'objet d'un consensus scientifique sur son efficacité.
Les traitements exclus correspondent souvent à des techniques récentes ou des innovations dont l'utilité thérapeutique reste à démontrer sur le long terme. Cette approche prudente vise à garantir la sécurité des patients.
La nature esthétique de certaines interventions constitue un autre facteur déterminant. L'Assurance maladie privilégie les actes essentiels à la santé bucco-dentaire plutôt que ceux visant uniquement l'amélioration de l'apparence. Un choix qui reflète sa mission première : assurer l'accès aux soins fondamentaux pour tous.
Pourquoi avoir une complémentaire santé de qualité ?
Que ce soit pour une consultation ou des soins dentaires, les dépassements d'honoraires ne sont jamais pris en charge par la Sécurité sociale. Une complémentaires santé peut proposer une prise en charge des dépassements d’honoraire et/ou un forfait de remboursement pour vos équipements dentaires.
L'assurance santé permet d'alléger considérablement le montant qui restera à votre charge.
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Depuis le 1er janvier 2020, la réforme 100 % Santé garantit un accès à certaines prothèses dentaires sans aucuns frais pour le patient. Pour en bénéficier, deux conditions s'appliquent : choisir une prothèse appartenant au panier 100 % Santé et détenir une mutuelle responsable, ce qui représente aujourd'hui 95 % des contrats du marché.
Les prothèses éligibles incluent notamment des couronnes céramiques sur dents du fond, des bridges dentaires ou encore des prothèses amovibles complètes. Votre dentiste a l'obligation de vous présenter un devis dentaire mentionnant explicitement ces options sans reste à charge.
À noter.
Ce dispositif ne couvre pas les implants dentaires ni les prothèses à tarifs libres. Des délais de carence peuvent également s'appliquer selon votre contrat, tout comme l'accès à un réseau de soins peut influencer le niveau de remboursement proposé.
Le dispositif 100 % Santé dentaire s'adresse à tous les assurés sociaux français disposant d'une complémentaire santé dite « responsable ».
Depuis le 1er janvier 2021, cette offre est pleinement accessible, quel que soit l'âge ou le type de soin envisagé parmi les prothèses éligibles.
La démarche la plus directe consiste à utiliser l'outil de recherche disponible sur Ameli.fr, qui permet de filtrer les chirurgiens-dentistes selon leur secteur de conventionnement et leur pratique du dispositif 100 % Santé. Une simple recherche par code postal suffit pour obtenir une liste de praticiens proches de chez vous.
Votre complémentaire santé peut également vous orienter : de nombreux organismes disposent de réseaux de soins partenaires incluant des dentistes engagés dans cette offre sans reste à charge.
Lors de la prise de rendez-vous, n'hésitez pas à interroger directement le cabinet. Tout dentiste conventionné a l'obligation légale de proposer au moins une option du panier 100 % Santé parmi ses devis, quelle que soit sa pratique tarifaire habituelle.
Oui, mais avec des nuances. Tous les chirurgiens-dentistes conventionnés secteur 1 et secteur 2 sont légalement tenus de proposer au moins une prothèse du panier 100 % Santé dans leurs devis. Cette obligation s'applique depuis le 1er janvier 2020.
En revanche, les dentistes non conventionnés (secteur 3) ne sont soumis à aucune contrainte tarifaire et peuvent refuser ce dispositif. Ils restent minoritaires en France, mais leur existence explique pourquoi l'accès au 100 % Santé n'est pas universel.
Proposer le panier ne signifie pas que le dentiste le recommande systématiquement : certains praticiens orientent davantage vers des prothèses à tarifs libres, plus rentables pour eux. Si votre dentiste ne vous présente pas spontanément cette option, vous êtes en droit de la demander explicitement lors de la remise du devis.
Dans la plupart des cas, l'avance de frais est requise chez le dentiste, sauf si vous bénéficiez du tiers payant. Ce dispositif, proposé par certains cabinets dentaires, permet de ne pas régler directement les soins pris en charge par l'Assurance maladie et votre complémentaire santé.
Concrètement, si vous consultez pour un soin conservateur remboursé à 60 %, votre mutuelle et la Sécurité sociale règlent leur part directement au praticien. Vous n'avancez que votre quote-part résiduelle, voire rien du tout selon votre contrat.
Pour les actes hors nomenclature — implants, parodontologie, soins esthétiques — l'avance de frais reste systématique, puisqu'aucun remboursement Sécurité sociale n'intervient. Renseignez-vous auprès de votre complémentaire santé avant tout soin coûteux pour connaître précisément ce qui vous restera à charge.
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