Bilan hebdo des marchés boursiers

 
27/09/2011
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Lettre n°334 du 19 au 23 septembre 2011

Tendances économiques, évolution des marchés et des indices boursiers, sélection d'OPCVM, retrouvez le bilan de la semaine avec les experts financiers de Generali Investments.

 
Résumé économique de la semaine

La défiance des investisseurs a encore gagné en intensité cette semaine. L'absence de position claire et commune des dirigeants politiques vis-à-vis de la crise de la dette, au terme de la réunion de l'Ecofin en Pologne les 16 et 17 septembre dernier, a été sanctionnée dès lundi. Par la suite, les commentaires particulièrement préoccupants sur la conjoncture tenus par la Fed ont assombri les perspectives. Pour soutenir l'activité, la banque centrale a annoncé son intention de vendre d'ici à la fin juin 2012 pour 400 milliards de dollars de bons du Trésor avant d'en racheter un montant équivalent avec une maturité plus longue. Cependant, cette annonce a été accueillie avec un grand scepticisme. Les opérateurs ont surtout tenu compte dans son communiqué de l'expression "risques baissiers significatifs pesant sur l'économie". En outre, le spectre d'un retour des économies matures en récession a été exacerbé par l'abaissement des prévisions de croissance du FMI pour 2011 et 2012.
Un autre coup de tonnerre est venu de Chine. L'indice HSBC des directeurs d'achats du secteur manufacturier a témoigné d'une contraction de l'activité pour le troisième mois d'affilée, preuve que Pékin pourrait cesser de jouer son rôle de moteur de l'économie mondiale. Toutefois, c'est en Europe que le tableau semblait le plus noir. À force d'atermoiements sur les solutions à apporter pour régler la crise de la dette souveraine, les autorités politiques ont perdu la confiance des marchés. La baisse de la note souveraine italienne, bien qu'attendue, est intervenue cette semaine, renforçant les tensions obligataires et surtout les interrogations sur la capacité du gouvernement à tenir ses engagements d'assainissement des finances publiques. La dégradation italienne a également relancé les spéculations de contagion de la crise grecque, à l'heure où s'ouvre une semaine cruciale pour le pays. Le FMI a affirmé qu'une délégation se rendra dans les jours qui viennent à Athènes afin de déterminer si le pays peut ou non bénéficier de la sixième tranche de huit milliards d'euros, vitale pour lui éviter la faillite. En outre, l'Allemagne doit voter jeudi l'accord prévoyant l'élargissement du champ d'action du fonds de secours de la zone (FESF). Globalement, les semaines que nous vivons semblent déterminantes pour l'année prochaine. 

 
USA : Des indicateurs contradictoires dans l'immobilier
  • Les indicateurs de la construction immobilière ont évolué de façon contradictoire le mois dernier, entre une baisse plus forte que prévu des mises en chantier et, à l'inverse, une augmentation surprise des permis de construire. Selon le Département du Commerce, les mises en chantier se sont établies à 571 000 en rythme annualisé en août, alors que le marché en attendait environ 590 000. Elles s'inscrivent en retrait de 5% par rapport au mois de juillet. Les permis de construire - sensés préfigurer la construction à venir - ont en revanche augmenté de 3,2% à 620 000 unités en août, contre un consensus là aussi inférieur à 600 000.
  • Les ventes de logements anciens ont augmenté plus que prévu en août, la baisse des prix et le bas niveau des taux d'intérêt attirant les acquéreurs. Selon les chiffres publiés par la NAR, les ventes ont bondi de 7,7%, le rythme le plus élevé depuis mars. Le prix médian est en baisse de 5,1% sur un an.
  • L'indice des indicateurs avancés a progressé plus que prévu en août, en raison d'une croissance de la masse monétaire due au soutien de la Réserve fédérale, mais l'économie ne devrait pas pour autant se ressaisir bientôt, selon Conference Board. L'indice, qui préfigure la tendance générale de l'économie pour les mois à venir, a progressé de 0,3% à 116,2 en août, après avoir avancé de 0,6% le mois précédent. Les économistes tablaient sur une augmentation de seulement 0,1%.
 
ZONE EURO : Début de contraction de l'activité
  • Le secteur des services s'est contracté en septembre pour la première fois depuis deux ans, avec un indice PMI sectoriel à 49,1, après 51,5 en août. Les analystes attendaient en moyenne un indice à 51. L'activité manufacturière, qui a nourri une grande partie de la reprise économique, s'est contractée pour le deuxième mois d'affilée, l'indice ressortant à 48,4 contre 48,5 attendus et 49 en août.
 
FRANCE : L'activité privée touchée par la crise
  • La croissance de l'activité du secteur privé est tombée en septembre à son plus bas niveau depuis le début de la reprise en 2009, la contraction s'accentuant dans l'industrie tandis que l'expansion des services faiblissait. L'indice PMI dans l'industrie manufacturière est revenu à 47,3 contre 49,1 en août. Il s'affiche ainsi à son plus bas niveau depuis juin 2009. Celui des services reste supérieur à ce seuil mais s'en rapproche, à 52,5 (au plus bas depuis septembre 2009) contre 54,5 le mois dernier.
  • L'indicateur du climat des affaires s'est détérioré très sensiblement en septembre, selon l'Insee. Il a perdu 8 points de juillet à septembre et se situe à 97, soit à un niveau inférieur à sa moyenne de longue période (100). Le climat conjoncturel se dégrade dans tous les secteurs à l'exception du bâtiment : les indicateurs synthétiques du climat des affaires baissent de 6 points dans l'industrie et dans le commerce de gros depuis juillet, celui du commerce de détail baisse de 10 points et celui des services de 8 points.
 
ALLEMAGNE : La reprise de l'activité n'est pas loin de chanceler
  • L'activité du secteur privé a progressé à son rythme le plus lent depuis plus de deux ans en septembre et les nouvelles commandes ont reculé pour le troisième mois d'affilée, selon les résultats de l'enquête Markit auprès des directeurs d'achat. L'indice PMI composite, qui regroupe industrie et services, est ressorti à 50,8, son plus bas niveau depuis juillet 2009, contre 51,3 en août.
  • Le sentiment économique s'est dégradé un peu moins que prévu au mois de septembre, selon l'institut de recherche ZEW, mais il est tombé à son plus bas niveau depuis décembre 2008 en raison des inquiétudes autour de la crise de la dette. L'indice du sentiment des analystes et investisseurs est tombé à -43,3 points sur la période, après avoir chuté à -37,6 au mois d'août. Les économistes attendaient en moyenne -45 points.
  • Les prix à la production ont baissé en août pour la première fois depuis décembre 2009, diminuant de 0,3% par rapport à juillet, selon l'Office fédéral de la statistique, alors qu'ils enregistraient une hausse de 0,7% un mois auparavant. En glissement annuel, ils s'inscrivent en hausse de 5,5%.
 
JAPON : Balance commerciale lourdement déficitaire
  • Le pays a subi un lourd déficit commercial en août, à cause de l'envolée de la facture énergétique et d'une faible hausse des exportations, selon le ministère des Finances. La balance commerciale de la troisième puissance économique mondiale a accusé une perte de 775,3 milliards de yens (7,38 milliards d'euros), la plus lourde jamais enregistrée pour un mois d'août. Les économistes s'attendaient à voir la balance commerciale retomber dans le rouge pour la première fois depuis le mois de mai, mais dans des proportions nettement moins importantes. Les importations ont bondi de 19,2% par rapport au mois d'août 2010. Les exportations ont pourtant augmenté pour la première fois depuis le séisme mais ces ventes vers l'étranger ne se sont accrues que de 2,8% sur un an.
 
CHINE : La contraction de l'activité aiguise les craintes de rechute
  • L'indice HSBC des directeurs d'achats (PMI) du secteur manufacturier témoigne d'une contraction de l'activité pour le troisième mois consécutif en septembre, sur fond de recul des nouvelles commandes et des nouvelles commandes à l'export. L'indice est ressorti à 49,4 ce mois-ci, contre 49,9 en août. C'est le troisième mois d'affilée qu'il figure sous la barre des 50 points, qui sépare contraction et expansion. HSBC considère néanmoins qu'un indice PMI manufacturier qui tomberait à 48 correspondrait à une croissance annuelle de 12 à 13% de la production industrielle et à une croissance du PIB de 9%.

 

L'actualité des marchés financiers
 
MARCHÉ DES ACTIONS
  • Les Bourses mondiales ont capitulé cette semaine, face à l'accumulation des mauvaises nouvelles : aux difficultés de gouvernance au sein de la zone euro se sont ajoutés des signes visibles de ralentissement de l'activité économique, y compris dans les pays émergents. La volatilité des banques est restée impressionnante, alimentée par les spéculations sur une recapitalisation des établissements européens. Le CAC 40 a cédé 7,3% en cinq séances pour retomber à 2810 points, son plus bas niveau depuis le 31 mars 2009. En deux mois, l'indice parisien s'est effondré de 26%. Dans le reste de l'Europe, le bilan hebdomadaire est identique. 
  • Aux Etats-Unis, le Dow Jones et le S&P 500 ont cédé environ 6,5% en cinq séances, sur fond de mauvaises nouvelles macroéconomiques. L'opération « Twist » annoncée par la Fed afin de faire baisser les taux d'intérêt à long terme n'a fait que conforter les investisseurs dans l'idée d'une récession économique mondiale de plus en plus probable.
 
MARCHÉ DES TAUX
  • Le nouvel accès de fièvre des Bourses n'a pas été sans conséquence sur les marchés de taux d'intérêt : les rendements obligataires des pays jugés « valeurs refuges », comme l'Allemagne et même la France, se sont de nouveau détendus. Les taux à 10 ans du Bund allemand ont reflué jusqu'à 1,68% (-18 points de base), un niveau très sensiblement inférieur au niveau de l'inflation, qui a atteint 2,4% sur un an en août. Cela signifie que le Bund offre aujourd'hui un rendement réel négatif. La banque centrale allemande a annoncé avoir émis pour la première fois un emprunt à dix ans de l'Allemagne à un taux d'intérêt inférieur à 2%. La demande a été supérieure à l'offre, signe que les investisseurs restent attirés par ces titres malgré leur faible rémunération. Outre-Atlantique, le taux de l'obligation américaine à 10 ans a lui aussi battu un record, pour s'inscrire à 1,81% en fin de semaine, après un repli de 26 points de base.
 
MARCHÉ DES MATIERES PREMIERES
  • Les prix des matières premières se sont inscrits en net recul cette semaine. Les marchés jouent de plus en plus le scénario de « double dip », assorti d'une contraction de la demande de matières premières. L'or noir n'a pas manqué à l'appel. Le baril de brent s'échangeait vendredi à 108,43 dollars, après un recul hebdomadaire de 5,79%.
  • De son côté, le métal jaune a poursuivi son repli entamé depuis son plus-haut du 6 septembre à 1 921,15 dollars l'once, en terminant la semaine sur une baisse de 6,61%, à 1 676,97 dollars l'once. Cela signifie-t-il la fin de son rôle de valeur refuge ? Non, il est surtout pénalisé par le retour en force du billet vert.
 
MARCHÉ DES DEVISES
  • Le billet vert a retrouvé une certaine vigueur cette semaine, et pas uniquement face à l'euro. Ainsi, exception faite du yen qui a gagné 0,24%, les principales devises internationales ont reculé par rapport au dollar : environ 2% pour la livre et l'euro, entre 4 et 5% pour les devises d'Europe du Nord et jusqu'à 10% pour certains émergents, comme le Brésil. Vendredi, l'euro se traitait juste au-dessus de la barre de 1,35$, contre un plus-haut de 1,48 en clôture du 2 mai 2011.

 

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