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Point marché du 02/06/2020 : vers un retour de l’inflation ?

Les multiples plans de relance par les gouvernements et les injections des banques centrales ont été rendus nécessaires face à une crise d’une rapidité et d’une brutalité étonnantes. Ceux-ci ont de fait injecté d’énormes quantités de liquidité dans les économies et dans les marchés.

L’impact paraît imprévisible, comme pour presque toutes les questions que nous nous posons dans cette étrange période. A court terme, l’effondrement des prix du pétrole à la mi-mars et la chute brutale de la consommation dans la plupart des secteurs d’activité, exceptée l’alimentation, ne laissent pas présager d’une hausse des prix. Par la suite, lorsque la reprise commencera à s’amorcer, les banques centrales devront résoudre la question de la réabsorption des liquidités injectées dans le système.

La reprise de la demande, souhaitée et encouragée par l’action des Etats, pourra créer des goulots d’étranglement dans les circuits d’approvisionnement, qui auront subi des faillites et des reconfigurations importantes. Cet éventuel effet de rareté au moment de la reprise, ainsi que des coûts supplémentaires liés à la future relocalisation d’une partie des activités de production, voire plus généralement, les tendances à la déglobalisation de l’économie mondiale, pourront créer à moyen terme une reprise de l’inflation.

Souvent diabolisée, en souvenir des taux d’inflation à deux chiffres des années ’70 dans les pays industrialisés, une reprise modérée de l’inflation n’est pas à redouter de façon absolue. Elle permettrait par exemple de faciliter le remboursement de la dette souveraine via la remontée des prix. En même temps, les facteurs structurels qui ont contribué à réduire et à maintenir les prix bas au cours des dernières décennies, comme le vieillissement de la population et les progrès technologiques, continueront d’exister et permettront de freiner de fortes poussées du phénomène.

Un point d’attention cependant. La reprise d’une inflation non maîtrisée pourrait créer un fossé encore plus important entre gagnants et perdants, et porter à de plus fortes inégalités sociales qui seront à surveiller.

 

Dans ce contexte, comment agir sur les marchés ?

En cas de persistance des tendances déflationnistes, la liquidité et les obligations d’Etat resteront attrayantes.

A l’inverse, en cas de retour à une inflation plus significative, les actions offriraient alors une meilleure protection contre la hausse des prix. A court terme, le rebond du baril WTI crée par exemple des opportunités d'investissement intéressantes dans le secteur de l'énergie. En cas d’hyperinflation, l’or reprendrait son rôle de valeur refuge face aux risques de perte de confiance des épargnants envers les monnaies.

Néanmoins, comme l'incertitude reste forte, une allocation dynamique et diversifiée à l'échelle mondiale, avec des obligations indexées sur l'inflation du Trésor américain (TIPS) ou avec des produits structurés à capital protégé, peut paraître judicieuse. 

Rédigé par Alessandra Gaudio, directrice des Solutions Patrimoniales

Ce Point marché a été réalisé dans un but d’information uniquement et ne constitue pas une recommandation personnalisée ni une invitation à la souscription de produits ou de services. L’investisseur est seul juge du caractère approprié de ses décisions. Generali ne saurait être tenu pour responsable d’une décision d’investissement ou de désinvestissement prise sur la base des informations contenues sur cette page.

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