Dette des Etats : quel impact sur les marchés financiers et sur l'assurance vie ?

 
12/10/2011
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​Pourquoi les Etats s’endettent-ils ?
Qui achète cette dette ?

« Les Etats s’endettent tout simplement pour boucler leur budget. Depuis environ 40 ans, un déficit budgétaire structurel s’est installé. L’endettement a été une façon de pallier des crises (hausse du chômage, chocs pétroliers…). Il a été utilisé pour mener des politiques de relance ou accroître la protection sociale. Il était en effet facile d’emprunter pour les pays développés qui présentaient les garanties nécessaires. Concrètement, les Etats s'endettent en émettant des obligations d'Etat, qui sont achetées sur les marchés financiers par des investisseurs institutionnels (banques, caisses de retraite, fonds de pension, compagnies d'assurance...) »

 
S’il n’est pas anormal qu’un Etat s’endette pour financer ses dépenses, pourquoi la dette est-elle aujourd’hui un problème ?

« Cela devient problématique lorsque l'on génère de la dette pour régler des intérêts de la dette. Ou quand cette dette augmente brutalement. Notamment, lors de la crise de 2007/2008, on a transféré massivement de la dette privée - par exemple, le crédit immobilier aux particuliers aux Etats Unis - vers la dette publique. En effet, les banques en difficulté ont été aidées par les Etats grâce à des injections de liquidité, elles-mêmes émises par de la dette publique. Il faut toutefois souligner que ces mesures prises en 2008 ont permis de sauver des banques en grande difficulté et par là-même tout le système. Pour autant, nous avons aujourd'hui atteint la limite du raisonnement, et la seule solution est de revenir à une politique de rigueur, afin de réduire le déficit budgétaire. Un ménage qui se trouve en situation de surendettement va devoir étaler sa dette et réduire son train de vie : les Etats aussi ! »

 
Les fonds en euros des contrats d’assurance vie qui comptent majoritairement des obligations sont-ils en danger ?

« Non, pas du tout, car toute l'industrie de l'assurance est conçue pour résister aux chocs ! D'abord, l'assureur a des activités dans de multiples domaines et une grande partie d'entre elles (la prévoyance, la santé, l'automobile, ...) n'a pas de liens avec ces problématiques de dettes. C'est donc un modèle stable. De plus, l'assurance organise ses activités à partir des primes versées par ses clients, elle est donc en mesure d'honorer ses engagements vis-à-vis d'eux. Ensuite, les assureurs diversifient leurs fonds - c'est d'ailleurs une obligation réglementaire - entre obligations d'entreprise et d'Etats de différentes origines.

Il faut également rappeler que des mécanismes de réserves et de provisions, contrôlés par l’Autorité de Contrôle Prudentielle, imposent aux assureurs de « mettre de l’argent de côté ». Enfin, les assureurs ont des normes de solidité à respecter, avec des fonds propres minimaux définis par la loi. Generali va même au-delà de cette obligation légale. Concrètement, la dette grecque représente 0,9 % des actifs de Generali. Nous n’aurions aucun mal à surmonter un éventuel défaut du pays

 
Selon vous, quels scénarios sont envisageables à court ou moyen terme ?

« La volatilité va perdurer sur les marchés financiers. Et si les difficultés actuelles auront forcément un impact sur les rendements des fonds euros, je crois profondément qu'un effondrement généralisé est impensable. La nécessaire définition d'un mode de gouvernance européen pour le pilotage de la dette autour de l'euro est en marche, et devrait rétablir la confiance ébranlée des investisseurs dans le système financier. »

Les informations contenues dans cet article sont purement indicatives et ne revêtent aucun caractère contractuel. Elles ne prétendent pas à l'exhaustivité, ne constituent pas un conseil à l’Internaute et ne sauraient engager la responsabilité de l’Assureur.

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