En coulisses : comment se gère un fonds diversifié ?

 
08/10/2010
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Pouvez-vous nous présenter le fonds Generali Ambition ?

Eric Biassette : Generali Ambition est un fonds diversifié à orientation européenne, composé d’actions pour au moins 50 %, le reste étant investi en produits de taux (obligations et monétaires). Une grande part du portefeuille investie en actions est orientée vers les petites et moyennes valeurs. Un pourcentage plus modeste est consacré aux valeurs non cotées. Signalons enfin la très grande place laissée aux matières premières et mines : Yves Mordacq, mon prédécesseur, était spécialisé dans ces marchés. Pour moi qui reprends la gestion de ce fonds, cet héritage est très positif : les performances récentes affichées par le fonds sont en grande partie dues à ce secteur.

 
La constitution d’un fonds reflète la personnalité du gérant : est-il difficile de reprendre un fonds constitué par un autre expert ?

E.B. : Bien sûr, la constitution d’un fonds et les choix d’investissement comprennent une part de subjectivité. Certains spécialistes vont préférer les valeurs technologiques, d’autres vont rechercher les actions décotées… A chacun son style. C’est pourquoi un ordinateur seul ne peut gérer avec succès un portefeuille : il lui manque cette sensibilité, cette part d’instinct que nous, gérants, mettons en œuvre !
Pour ma part, je recherche les valeurs présentant un potentiel de développement élevé. Je reprends le portefeuille constitué par Yves Mordacq dans la continuité, mais il va progressivement évoluer selon ma propre sensibilité !

 
Comment faites-vous vos choix d’investissement ?

E.B. : Les valeurs moyennes, qui constituent l’essentiel du portefeuille, sont nombreuses. On en recense plus de 300 dans l’indice de référence ! Actuellement, nous rencontrons les entreprises pour détailler leur situation, leur projets, leurs prévisions… Notre objectif : évaluer et valoriser leur potentiel. Si nous croyons en leurs projets, nous faisons des « paris » sur leur croissance. Il ne s’agit jamais de paris très risqués, le potentiel doit être important. D’autant qu’il reste toujours des impondérables : la notion de temps – nous parions qu’une valeur vaudra 50 % de plus que sa cote actuelle, mais sans pouvoir dire si ce sera dans 6, 12, 18 mois ou plus – et les humeurs des marchés…

 
Comment se fait la répartition entre actions et produits de taux ?

Muriel Régnier : La poche « actions » est directrice : Eric peut décider de l’augmenter ou de la réduire, à moi d’investir le reste dans les produits de taux. Pour ces derniers, je définis la pondération qui me semble intéressante à travers des contrats dérivés. Aujourd’hui, les actions représentent environ 60 % de notre fonds : cette part est relativement stable, et c’est cet équilibre entre actions et obligations qui a permis les performances passées du fonds.
Concrètement, chacun gère son portefeuille de façon indépendante. C’est une question de bon sens, car nos métiers sont totalement différents !

 
Quels sont vos choix actuels concernant la partie obligations ?

M. R. : Nous concentrons nos investissements sur les emprunts d’Etat de la zone euro. Nos choix consistent tout d’abord à préciser si nous voulons nous positionner sur le court, moyen ou long terme. Ensuite, nous décidons sur quel pays. Nous concentrons en grande partie nos investissements sur les grands pays européens, mais n’écartons pas pour autant des pays comme la Belgique ou l’Autriche. Nous sommes aussi présents sur la Grèce, avec des obligations courtes. Mais, comme Eric sur la partie actions, nous privilégions des choix sur le long terme.

 
La crise a-t-elle modifié votre façon de gérer un portefeuille ?

E.B. : Peut-être sommes-nous plus nerveux dans notre gestion. Investir sur le moyen ou le long terme ne dispense pas d’être très réactif. Il ne faut pas hésiter à vendre pour acheter des valeurs plus défensives si le contexte nous y incite. La répartition entre actions et obligations limite aussi l’impact des chocs du marché sur le fonds.

M.R. : Pour la gestion de la poche « obligations », nous avons totalement changé de raisonnement. Avant la crise, nous considérions qu’un emprunt d’Etat ne comportait que peu de risques. Depuis l’impact de la crise sur la Grèce et l’Irlande, nous n’avons plus vraiment le même schéma : ce qui était impensable a failli arriver ! Nous avons donc modifié notre gestion du risque souverain, différencions les Etats...

 
Quels sont vos objectifs ?

E.B. : Faire mieux que les indices, tout simplement. Nous observons les actions une par une et trouvons des opportunités… Nous sommes confiants !

 

 

Quelques informations sur le Fonds Generali Ambition :

  • Date de création : 22/04/1998
  • Fonds diversifié
  • Composition : 64 % d’actions et 36 % de titres monétaires et obligataires
  • Performance à 5 ans : 24,18 %

Les informations contenues dans cet article sont purement indicatives et ne revêtent aucun caractère contractuel. Elles ne prétendent pas à l'exhaustivité, ne constituent pas un conseil à l’Internaute et ne sauraient engager la responsabilité de l’Assureur.

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