Objets connectés et assurance : où en est la France ?

 
09/03/2016
Objets connectés et assurance : où en est la France ?

Alors que se multiplie l’offre d’objets connectés destinés au grand public, comment le marché français de l’assurance se positionne-t-il ? Éléments de réponse avec Olivier Willems, directeur en charge du développement, et Perrine Besson, manager des solutions d’assurance santé collective chez Generali.

Pouvez-vous nous expliquer la genèse du marché des objets connectés et nous donner une idée de son importance ?

Olivier Willems : « Les objets connectés sont nés il y a 15 ans,  avec l’émergence de la connexion sans fil. Bracelets, montres, thermostats, équipements électroménagers, vêtements… on assiste depuis 5 ans à une véritable frénésie de l’offre. Mais le taux d’adoption réel par les consommateurs reste faible ».

Perrine Besson : « Oui, les usages sont aujourd’hui difficilement prévisibles. Les chiffres des différentes études ne concordent pas toujours. Certaines avancent le chiffre de 2 milliards d’objets connectés vendus en France d’ici 2020, d’autre annoncent 30 milliards… En 2016, 500 millions d’objets connectés devraient être vendus dans l’Hexagone, contre 150 millions il y a 3 ans. Bref, des opportunités se créent, aussi bien pour les particuliers (BtoC) que pour les entreprises (BtoB), mais on ne sait pas quand, ni comment ce marché va évoluer ». 

Quels secteurs de l’assurance sont particulièrement concernés ?

O.W. : « Le secteur le plus avancé en matière d’objets connectés est l’assurance auto. Viennent ensuite les assurances habitation et santé. Chez Generali, nous sommes positionnés sur le marché des objets connectés en assurance auto depuis ses débuts, en 2011. Dans ce domaine, Generali Italie est leader en Europe ».

Pouvez-vous nous donner des exemples concrets ?

O.W. : « Nous proposons en Allemagne, en Espagne et en Italie un boîtier connecté recueillant des informations sur les conducteurs : distances parcourues, environnement de conduite, comportement au volant… Le but est de les encourager à adopter une conduite plus responsable, en adaptant la prime d’assurance à leurs habitudes au volant.  
Cette technologie évolue sans cesse. Demain, nous n’aurons plus un boîtier externe : il sera directement intégré aux véhicules. Les objets connectés bousculent littéralement le monde de l’assurance ! »

P.B. : « Côté santé en revanche, l’idée n’est pas du tout d’adapter les tarifs en fonction du niveau d’activité ou du mode de vie des assurés - comme cela se fait aux États-Unis. De plus, cela est interdit par la loi Evin. La démarche s’inscrit dans une logique de prévention et de suivi des traitements. Nous voulons encourager les assurés à être acteurs de leur santé en proposant, par exemple, des tests de glycémie sur smartphone pour les patients diabétiques (en Allemagne) . Ou encore, en lançant des challenges collaboratifs auprès des salariés d’entreprise pour les aider à faire 10 000 pas par jour selon les recommandations de l’OMS ». 

Quels sont, d’après vous, les principaux freins à la croissance du marché des objets connectés ?

P.B. : « La sécurité des données ! Les utilisateurs sont inquiets de l’usage qui peut être fait de leurs données personnelles. En France, il faut savoir que la collecte et le traitement des données personnelles et celles et de santé sont strictement encadrées par la loi ».

O.W. : « Autres freins : le prix et le côté un peu gadget de certains objets. Selon une étude, un tiers des personnes n’utilise plus du tout un objet connecté lorsque sa batterie se vide. Personne n’a envie d’empiler des objets ʺinutilesʺ chez soi ! » 

Quels moyens déployez-vous pour innover dans ce domaine au service de vos clients ?

P.B. : « En matière de santé, nous développons des services encourageant l’activité physique et les ateliers de prévention au sein de l’entreprise.. Nous proposons ainsi cette année aux entreprises et à leurs salariés des challenges sportifs connectés ».  

O.W. : « Dans le domaine de la maison connectée, nous savons qu’il y a beaucoup de problématiques à explorer, comme la prévention des risques dégâts de eaux, incendie et du cambriolage, avec des offres incluant une prise en charge accélérée et des services d’assistance encore plus réactifs en cas de pépin. Nous y travaillons ! »

Crédits photo : S.d'HALLOY (2015) et Alexandre Martin (2013)

Les informations contenues dans cet article sont purement indicatives et ne revêtent aucun caractère contractuel. Elles ne prétendent pas à l'exhaustivité, ne constituent pas un conseil à l’Internaute et ne sauraient engager la responsabilité de l’Assureur.