Le système de retraite français est composé d’un régime de base et d’un régime complémentaire : tous deux sont obligatoires pour les salariés du secteur privé et fonctionnent sur un principe de répartition.

Si ce système solidaire (les actifs paient les pensions des retraités) est singulier dans le monde et que les Français
y sont attachés, il fait régulièrement l’objet d’aménagements destinés à préserver ses équilibres et à simplifier son fonctionnement.

Le 1er janvier 2019, ce sont les caisses complémentaires Arrco et Agirc qui vont fusionner. Quelles seront les conséquences pour les salariés du secteur privé, cadres et non-cadres ?

La fusion des deux caisses de retraite complémentaire

La retraite complémentaire obligatoire des salariés du secteur privé est gérée par deux caisses : l’Arrco (Association pour le régime de retraite complémentaire des salariés) et l’Agirc (Association générale des institutions de retraite des cadres). Tous les salariés du secteur privé, cadres et non-cadres, cotisent à l’Arrco. Si vous êtes cadre ou assimilé, vous cotisez également à l’Agirc.

Depuis une vingtaine d’années, les partenaires sociaux font évoluer le système dans le but de fusionner les deux caisses et de les pérenniser sur le long terme.

Ce sera chose faite en 2019. Les grands principes fondateurs du système demeurent inchangés : un régime obligatoire, par répartition, piloté par les partenaires sociaux.

Quels avantages pour le salarié ?

  • Simplification du système avec une seule pension complémentaire.
  • Harmonisation des conditions requises pour une demande de réversion : l’âge requis est aligné sur celui,
         plus favorable, de l’Arrco. Ainsi, la partie des pensions complémentaires versée au conjoint survivant 
         en cas de décès sera versée dès 55 ans, contre 60 ans actuellement pour les retraites Agirc.
  • Un nouveau plafond de majoration familiale a également été fixé à 2 059,27 € pour les parents de trois enfants 
         au minimum, contre 1 031,15 € actuellement pour l’Agirc et 1 028,12 € pour l’Arrco.

Quels efforts pour le salarié ?

  • L’augmentation des cotisations : de 7,75 % à 7,87 % pour la tranche de salaire inférieure au plafond
         de la Sécurité sociale (3 311 € bruts/mois en 2018) et de 20,25 % à 21,59 % pour les non-cadres ou
         de 20,55 % à 21,59 % pour les cadres pour la tranche de salaire comprise entre 1 plafond et
         8 plafonds (26 488 € bruts/mois en 2018).
  • La suppression de la garantie minimale de points pour les cadres.
  • La mise en place d’un système de malus (décote de 10 % de la retraite complémentaire pendant 
         trois ans) pour les départs à la retraite à l’âge légal.

Le système de bonus/malus de la retraite complémentaire

Actuellement, pour toucher une retraite à taux plein, il vous faut partir à l’âge légal de 62 ans (sauf cas de départ anticipé) et avoir cotisé 167 trimestres pour les générations de 1958 à 1960.

En 2019, ce ne sera plus le cas. Vous pourrez toujours partir à 62 ans, mais vous subirez un abattement 
de 10 % sur votre retraite complémentaire. Ce dernier s'appliquera les trois premières années de votre retraite ou jusqu’à vos 67 ans. Il s’agit du « coefficient de solidarité ».
Les années suivantes, vous percevrez votre retraite complémentaire dans son intégralité.

En revanche, si vous travaillez un an de plus que l’âge de votre départ à la retraite à taux plein, votre retraite complémentaire vous sera alors versée entièrement. Si vous continuez de travailler plus d’un an après votre âge légal de départ à la retraite à taux plein, votre pension complémentaire sera majorée de 1,25 % par trimestre supplémentaire pendant un an. C’est le principe de surcote.

​Donc, pour résumer, vous bénéficierez d’une majoration de :

  • + 10 %, pendant un an, si vous partez 2 ans après votre âge de taux plein (64 ans minimum) ;
  • + 20 %, pendant un an, si vous partez 3 ans après votre âge de taux plein (65 ans minimum) ;
  • + 30 %, pendant un an,  si vous partez 4 ans après votre âge de taux plein (66 ans minimum).

Quels salariés du secteur privé sont concernés ?

​Tous les salariés du secteur privé, nés à partir du 1er janvier 1957 et remplissant  les conditions pour bénéficier de leur retraite Agirc-Arrco à taux plein à partir du 1er janvier 2019, sont concernés par la minoration imposée par ce nouveau système. À l’exception :

  • des salariés exonérés de contribution sociale généralisée (CSG) ;
  • des salariés handicapés ;
  • des salariés victimes de l’amiante ;
  • des salariés reconnus inaptes ;
  • des salariés ayant élevé un enfant handicapé ;
  • des aidants familiaux.

Enfin, sachez que la réforme s’applique également si vous êtes un futur retraité actuellement au chômage.
En effet, à partir du 1er janvier 2019, dès que vous aurez atteint l’âge de départ à la retraite à taux plein, vous cesserez d’être indemnisé par les allocations chômage et devrez demander votre retraite. Votre pension de retraite complémentaire sera alors minorée de 10 % pendant trois ans, sauf si vous retrouvez du travail ou que vous faites partie des salariés non-concernés par le système de minoration (cf. ci-dessus).

La mise en place d'un point unique de retraite

L’autre grand changement du nouveau « régime Agirc-Arrco de retraite complémentaire » est l’harmonisation du système avec la mise en place d’un point unique de retraite. Sa valeur sera celle de l’actuel point Arrco.

Les points Agirc déjà acquis par les cadres avant la réforme devront donc être convertis. Vous pouvez effectuer des simulations sur votre espace personnel Agirc-Arrco grâce à une calculette de conversion. Il suffit de multiplier les points Agirc obtenus par 0,347798289 (soit la valeur du point Agirc divisé par la valeur du point Arrco).

Si vous êtes cadre, vous ne posséderez ainsi qu’un unique compte de points retraite complémentaire et ne percevrez qu’une seule pension.

Toutefois, le système ne sera mis en place qu’à partir du 1er janvier 2019, donc si vous partez à la retraite avant, vous continuerez de percevoir deux versements distincts. En effet, la valeur du point sera toujours décidée tous les ans par les partenaires sociaux, ce qui fera évoluer votre retraite en fonction de celui-ci.

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