Les cabinets de blanchiment, ou « bars à sourire », se multiplient dans les grandes villes. Mais cette pratique, de plus en plus répandue, est-elle totalement sans risques ? Qu’en pensent les chirurgiens-dentistes ? Un remboursement par la Sécurité sociale est-il prévu ? Le point.

Le blanchiment des dents : comment ça marche ?

Le principe est simple : une gouttière en silicone remplie d’un gel blanchissant est placée sur les dents. Puis la personne, installée dans un fauteuil-bulle, est exposée au faisceau d’une lampe à lumière froide pendant 20 minutes.

Qu’en pensent les chirurgiens-dentistes ?

Ils dénoncent cette pratique pour plusieurs raisons.

  • La nature du gel utilisé : pour des raisons de sécurité sanitaire, il ne devrait pas contenir plus de 0,1 % de peroxyde d’hydrogène. Or, une enquête menée par le Conseil national des chirurgiens-dentistes(1) a révélé que les bars à sourire utilisaient un gel contenant du perborate de sodium, une substance toxique qui se transforme en peroxyde d’hydrogène au contact de l’eau. Le taux de peroxyde d’hydrogène contenu dans les gels des bars à sourire reste donc impossible à mesurer.
  • La lumière employée : la nature des rayons et les conséquences d’une exposition répétée, notamment pour les yeux du consommateur, restent inconnues à ce jour.
  • Le manque de précautions : ces bars n’effectueraient aucun contrôle préalable pour repérer la présence de caries par exemple, et ne réaliseraient aucun geste indispensable comme le polissage de l’email avant et après le blanchiment.

De plus, les bars à sourire préconiseraient un blanchiment tous les 6 mois, une fréquence qui peut endommager les dents.

Acte esthétique ou médical ?

Selon les chirurgiens-dentistes, le blanchiment des dents apparaît bel et bien dans le registre des actes médicaux. Diagnostic préalable, contre-indications au cas par cas, mis en état de la bouche avant l’acte...  Réaliser un blanchiment nécessiterait donc une compétence spécifique. Par ailleurs, chez un dentiste, les gouttières sont mises au point sur mesure par un prothésiste, avec des réservoirs à des endroits précis pour blanchir seulement là où les dents en ont besoin.

Quels remboursements ?

Le blanchiment des dents n’est pas pris en charge par la Sécurité sociale, même s’il est réalisé par un dentiste. Toutefois, certaines complémentaires santé peuvent proposer un forfait de remboursement pour les actes dentaires non-remboursés, dont le blanchiment des dents. Renseignez-vous auprès de votre assureur ou de votre mutuelle.

(1) Source : Ordre National des Chirurgiens-Dentistes

Dossier mis en ligne le 24/10/2012

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