Les TPE s’essayent au mécénat

 
22/08/2017

On le croit à tort réservé aux grandes entreprises. Pourtant, les trois quarts des structures pratiquant le mécénat sont des TPE, désireuses de promouvoir leurs valeurs, mais pas seulement. Retour sur un concept qui progresse partout en France.

Les TPE s’essayent au mécénat

Une nouvelle révolution industrielle, construite autour de l’intérêt général

14 % des entreprises ont pratiqué le mécénat en 2016 contre seulement 12 % en 2014, et quatre sur cinq pensent maintenir ou accroître leur engagement : le baromètre réalisé tous les deux ans par le CSA pour le compte de l’association spécialisée Admical met en lumière l’engouement croissant des dirigeants économiques, dans l’Hexagone, pour les démarches à caractère philanthropique. Si les ETI et les grands comptes restent bien évidemment les plus généreux et totalisent 60 % du budget global du mécénat d’entreprise – 3,5 Mds €, en hausse de 25 % en deux ans –, de plus en plus de PME et de TPE leur emboîtent désormais le pas. 72 % des mécènes sont même aujourd’hui des structures de moins de dix salariés.

Selon Charlotte Dekoker, déléguée générale adjointe d’Admical, nous assistons peut-être sans le savoir à une nouvelle révolution industrielle, construire non plus seulement autour de l’économie mais aussi de l’intérêt général. Donnant du sens à la production de richesses, le mécénat d’entreprise véhicule en premier lieu des valeurs d’éthique et de solidarité. Les considérations d’image restent évidemment présentes, mais les entrepreneurs philanthropes voient aussi dans cette démarche un moyen d’incarner les valeurs de leur entreprise, de construire de nouvelles relations avec leurs partenaires et les acteurs de leur territoire. Souvent partagé en interne, le mécénat est également perçu comme un facteur susceptible de fidéliser, en fédérant les salariés autour d’un projet commun.

Renforcer son ancrage territorial

Si la majorité des soutiens (80 %) reste d’ordre financier, de plus en plus de structures font le choix de mettre à disposition des ressources, des compétences ou encore leur capacité d’innovation. Pour imaginer, avec des structures associatives, des réponses constructives à des problématiques d’éducation, de santé, d’exclusion ou encore d’environnement. Une TPE sur trois recourt volontiers au mécénat en nature, qui permet, par le don de produits, d’agir tout en préservant sa trésorerie. Choisi par une entreprise sur quatre, le social reste le poste le plus soutenu (17 % du budget). Viennent ensuite la culture (15 %) et le sport qui, bien que privilégié par près de la moitié des entreprises, récolte seulement 11 % de l’enveloppe globale.

Naguère typiquement parisien, porté par les prestigieuses fondations des fleurons du CAC 40, le mécénat, en se démocratisant, s’est aussi délocalisé. Avec une enveloppe moyenne de l’ordre de 5 000 euros, la grande majorité des entrepreneurs (80 %) a fait le choix d’agir au plan local ou régional. Renforçant l’ancrage territorial de leur entreprise, le mécénat représente un élément concret dans une démarche d’ordre RSE, dont les petits patrons ne mesurent pas toujours, derrière le simple effet de mode, les tenants et les aboutissants. Encore à ses balbutiements, il s’enrichit régulièrement de nouvelles perspectives, à l’image du mécénat collectif, déjà pratiqué par 13 % des entreprises philanthropes, et du crowfunding. À suivre…

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