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Accessibilité : un marché ouvert pour les TPE-PME

Accessibilité : un marché ouvert pour les TPE-PME

Les établissements recevant du public (ERP) ont jusqu’en 2024 pour se mettre en conformité avec la loi. Un million de bâtiments sont concernés, le marché de l’accessibilité est donc une véritable manne pour toute une filière, elle-même en construction et composée presque exclusivement de TPE et de...

Les établissements recevant du public (ERP) ont jusqu’en 2024 pour se mettre en conformité avec la loi. Un million de bâtiments sont concernés, le marché de l’accessibilité est donc une véritable manne pour toute une filière, elle-même en construction et composée presque exclusivement de TPE et de PME.





Un marché estimé à 58 Mds d’euros

Un bâtiment sur quatre seulement serait aux normes


Accès en pente douce, cheminements horizontaux et verticaux, sanitaires, portes et fenêtres, mais aussi espaces et mobilier d’accueil : la loi Handicap prévoit la mise en accessibilité de tous les établissements recevant du public (ERP) et équipements accueillant du public. Si des dérogations peuvent parfois être octroyées, par exemple au regard du caractère historique de certains édifices, près d’un million de bâtiments reste toutefois concerné : petits commerces, centres scolaires, hôtels-restaurants, gîtes et sites touristiques…


Or, à seulement sept années de l’ultime délai accordé en 2015 par le Gouvernement, seul un sur quatre aurait achevé sa métamorphose. Et une bonne part de cette manne, estimée par le Syndicat des entrepreneurs de construction à 58 Mds€, resterait encore à distribuer.


Derrière le handicap, une réflexion sur le sens du mot « accueil »


Au-delà des 2,5 millions de personnes présentant un handicap, la population concernée par les problématiques d’accessibilité est bien plus large, incluant les seniors (près d’un Français sur cinq est, selon l’Insee, âgé d’au moins 65 ans) et les parents de jeunes enfants en poussette.


Par ailleurs, la notion de handicap rassemble de multiples déficits, moteurs, mentaux et sensoriels, nécessitant des réponses différentes. La mise aux normes du bâti incite les gestionnaires d’ERP à une réflexion autour du mot accueil dans son sens le plus large. Avec, à la clé, des attentes nombreuses et très diversifiées.


Un potentiel de croissance pour le BTP, mais pas seulement


Maçons, menuisiers, peintres ou carreleurs, tous les métiers du bâtiment sont concernés au premier chef. Leurs perspectives de croissance sont durables, puisqu’aux ERP s’ajoutent de multiples nécessités d’aménagements au domicile de particuliers âgés, en perte progressive d’autonomie.


Toute une filière, composée quasi exclusivement de TPE et de PME innovantes à fort potentiel est donc en train de se structurer autour de l’accessibilité. Elle intègre également des concepteurs de solutions, destinées par exemple à permettre aux malvoyants ou aux malentendants de s’orienter et d’obtenir plus facilement des renseignements.


La France est l’un des pays où la réglementation en la matière est la plus exigeante. Ces nouveaux savoir-faire, exportables, ont un avenir durable.   


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Les indispensables pour se positionner sur cet univers très concurrentiel

Se former


Connaissance des normes et des solutions techniques, préconisations, mise en œuvre… pour mieux relever les défis de l’accessibilité, de nombreux artisans et entrepreneurs du bâtiment ont choisi de suivre des formations spécialisées.


La Fédération française du bâtiment, notamment, organise des formations et fédère ses adhérents autour d’un label national, Les Pros de l’accessibilité. Ce label certifie que le détenteur a signé la charte « Bâtir avec l’environnement », qu’il est qualifié dans son métier par Qualibat ou Qualifelec et a acquis des connaissances sur l’accessibilité, soit par l’expérience, soit par la formation. Le label donne aussi accès à des modèles de contrats et des fiches juridiques ou techniques.


Également encadrée par une charte, la marque Handibat est née à l’initiative de la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment. Ses commissions territoriales du syndicat regroupent, outre des professionnels, des représentants de l’État, de la Maison départementale des personnes handicapées et du tissu associatif.


S’il est bien évidemment possible de s’affranchir de ces labels, ils n’en constituent pas moins, pour la clientèle, un gage de sérieux et d’éthique. Ils augmentent aussi vos chances d’être retenu lors d’un appel d’offres et de gagner en visibilité auprès des maîtres d’œuvre responsables de projets d’envergure, ou d’ergothérapeutes prescripteurs en matière d’adaptation chez les particuliers.


Imaginer des solutions pragmatiques


Quel que soit votre profil et votre cœur de métier, ne perdez pas de vue que le marché de l’accessibilité, bien qu’encore en devenir, s’annonce très concurrentiel.


Proximité de la date butoir et crainte des sanctions (jusqu’à 45 000 € d’amende) obligent, le rythme des réalisations s’accélère. Et les professionnels qui tireront leur épingle du jeu seront, non seulement ceux qui auront su multiplier les partenariats porteurs, mais aussi ceux qui se distingueront par leur capacité d’écoute, la prise en compte de besoins globaux et la préconisation de solutions à la fois imaginatives et pragmatiques. Prêt ?



 


Bon à savoir: 
7 ans pour atteindre le zéro défaut.

Après une première tentative infructueuse dans les années 1970, le législateur a, par la loi Handicap de 2005, rendu obligatoire, sous dix ans, la mise en accessibilité de tous les ERP. L’objectif : permettre aux personnes atteintes d’un handicap ou à mobilité réduite de les fréquenter de la même façon qu’une personne valide. En 2015, 80 % des bâtiments concernés n’étant toujours pas aux normes, un ultime délai a été accordé, courant jusqu’en 2018 pour les bâtiments simples et jusqu’en 2024 pour les cas complexes.
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