Effectifs à taille humaine, convivialité, perspectives d’évolution, autonomie… en dépit d’atouts indéniables, les TPE, perçues comme fragiles, rebutent encore trop souvent les jeunes diplômés. Et nombre de petits patrons rechignent à confier des responsabilités à ces talents en devenir. Les deux parties ont pourtant à y gagner.

Entrepreneurs et jeunes diplômés : deux mondes séparés

Une défiance mutuelle souvent infondée

Beaucoup se méfient du manque d’expérience des jeunes diplômés, de leurs connaissances trop théoriques, d’une ambition qu’ils peinent parfois à cacher. De part et d’autre, on les suppose ou on se rêve coopté par les fleurons du CAC 40 ou les start-ups high tech. À tort : selon l’Apec, un tiers des jeunes titulaires d’un diplôme de niveau Bac+5 met plus d’un an à trouver un premier emploi.

Malgré un petit nombre qui juge dévalorisante une première expérience dans une entreprise conventionnelle, la plupart des jeunes diplômés sont au final très conscients des nombreux avantages en jeu : avoir une vue d’ensemble de l’activité, acquérir de nouvelles compétences,  évoluer plus vite et échapper au cloisonnement propre des grosses structures.

Implication, curiosité, prétentions moindres : plus d’avantages que d’inconvénients

Disponibilité et accompagnement obligatoires, productivité moindre les premiers temps… accueillir un jeune diplômé n’est pas une embauche comme les autres. Mais le jeu en vaut souvent la chandelle, car sa relative inexpérience – les stages sont très formateurs – est compensée par des avantages que ne présentent pas ou plus forcément leurs aînés :

  • Curieux et motivés, il se donne à fond pour leur entreprise et s’imprègne très vite des facteurs clés de son secteur d’activité.
  • Malléable et mobile, il s’adapte aux règles fixées par son employeur et peut évoluer si nécessaire.
  • Posant un regard neuf sur l’entreprise, il est source d’initiatives souvent bienvenues.
  • Jeune, il pérennise la transmission des savoirs.
  • Enfin, ses prétentions sont inférieures à celles d’un salarié plus expérimenté.

Dénicher sa future recrue

Rechercher le bon profil

Les filières professionnalisantes d’ingénierie informatique et des écoles de commerce forment les deux profils les plus recherchés. À l’opposé, les étudiants issus d’un enseignement fondamental, comme les lettres ou les sciences humaines, trouvent difficilement un premier emploi, souvent d’ailleurs hors de leur branche. Définissez précisément les contours du poste que vous souhaitez pourvoir et interrogez-vous sur le profil à recruter. Un spécialiste de la communication fera vraisemblablement un meilleur community manager qu’un informaticien. Il peut aussi s’avérer plus payant d’offrir de réelles perspectives à un Bac+2 que de voir un ingénieur de haut vol démissionner, faute de motivation.

Travailler son réseau et augmenter sa visibilité

La meilleure façon de recruter un talent en devenir reste le bouche-à-oreille. Clients, fournisseurs, partenaires voire concurrents : n’hésitez pas à solliciter votre réseau. Un ancien stagiaire recherche peut-être le poste que vous proposez. Travaillez votre visibilité et efforcez-vous de faire autorité dans votre domaine pour augmenter l’attractivité de votre offre. Présence auprès des instances de votre profession, rapprochement avec une grande école… les moyens de faire connaître votre structure sont nombreux.

Des écoles aux cabinets de recrutement : les meilleures pistes

Si le stage reste la voie royale pour dénicher sa future recrue, la plupart des écoles et universités mettent en relation entreprises et diplômés au moyen d’un site ou de journées dédiées. Intéressez-vous aux junior-entreprises développées par des étudiants durant leur cursus : elles offrent une précieuse expérience des réalités du monde du travail.

Pensez aux réseaux sociaux professionnels et aux sites d’annonces spécialisés dans un domaine d’activité, souvent plus efficaces que les plateformes généralistes.

Vous pouvez également vous tourner vers les sites dédiés à l’emploi des jeunes diplômés, celui de l’Apec en tête.

Enfin, des cabinets spécialisés vous proposeront, moyennant quelques centaines d’euros, de sélectionner pour vous des candidatures adaptées à votre besoin.

Réussir son recrutement

Proposer un poste attractif

Les « stages photocopies » ne font plus recette et recruter un jeune diplômé pour le cantonner à des tâches basiques serait contre-productif. Dès l’annonce, vous devez vous vendre, valoriser votre structure, ses savoir-faire et son potentiel. Restez sobre dans la formulation, mais ne négligez aucun atout pour séduire. Mieux vaut devoir faire ensuite le tri entre des dizaines de recrues potentielles que d’embaucher le seul qui aura jugé votre annonce digne d’intérêt.

Anticiper l’entretien et le conduire dans les règles

Comme pour tous les entretiens d’embauche, votre mission principale consistera à sonder la motivation et la compétence du candidat. Testez sa réactivité et son esprit d’initiative à l’aide de mises en situation, demandez-lui ce qu’il attend d’une entreprise et plus particulièrement de la vôtre. Salaire, conditions de travail, description du poste, avantages en nature… détaillez les aspects pratiques. Et résistez à la tentation de tenter de piéger votre future recrue en entretien. La plupart des candidats auront suivi une solide préparation et rencontré déjà des dizaines de recruteurs. Ils feront des réponses « parfaites » à vos questions les plus retorses, et vous apprendrez peu sur eux.

Faciliter l’intégration du « bizuth »

Qu’il s’agisse de votre premier salarié ou soit appelé à rejoindre une équipe « d’anciens », préparez l’arrivée de votre nouveau diplômé. Prévoyez un poste de travail complet, fonctionnel, et tout ce qui lui permettra une intégration rapide. Prévenez votre équipe, efforcez-vous d’être disponible les premiers jours ou mandatez un autre salarié pour prendre en charge votre recrue. Commencez par lui confier des tâches simples le temps qu’il prenne ses marques, mais toujours en relation avec le poste qu’il doit occuper. Évitez de l’accueillir avec une forêt de dossiers en recouvrement à relancer, c’est le plus sûr moyen de le faire fuir.

Du simple suivi au vrai tutorat, un accompagnement nécessaire

Un jeune diplômé est un salarié comme les autres. Il devra remplir des objectifs, suivre des consignes et obtenir des résultats. Que vous ayez ou non identifié des lacunes durant l’entretien, vous avez le devoir de l’accompagner et de le placer dans les meilleures dispositions pour réussir. Programmez des points réguliers, par exemple hebdomadaires, invitez-le à vous faire part des difficultés qu’il rencontre et évoquez ensemble les solutions pour les résoudre. Appelé ou pas à vous seconder un jour, transmettez-lui progressivement vos connaissances. Il sera forcément demandeur.

Perspectives, prise d’autonomie : tirer le meilleur parti de ce talent

La contrepartie de l’embauche d’un jeune diplômé est la nécessité de lui offrir de réelles perspectives d’évolution. Laissez-le progressivement conquérir son territoire, confiez-lui la responsabilité de certains dossiers, évaluez sa montée en compétence et considérez chaque pas supplémentaire vers l’autonomie comme une plus-value pour votre entreprise. Intéressement aux bénéfices, hausses de salaire régulières… ne négligez pas l’aspect matériel. Un jeune diplômé devient assez vite un cadre expérimenté à tous points de vue, niveau de rémunération incluse.

Informations non contractuelles données à titre purement indicatif dans un but pédagogique et préventif. GENERALI ne saurait être tenue responsable d’un préjudice d’aucune nature lié aux informations fournies.