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Et si votre start up devenait une PME ?

Votre entreprise, fondée sur un modèle de start-up, grandit rapidement. À quel moment changera-t-elle véritablement de statut ? Avec quelles implications, quels enjeux financiers, RH et organisationnels ?
Mode d’emploi d’une croissance réussie.

Grandir : un cheminement naturel

Start up, scale up, et plus si affinités

Elle est née d’une idée, parfois sur un coin de table, et son créateur l’a lancée avec un seul objectif : la mener sur le chemin du succès.

Entièrement centrée sur la recherche de débouchés et de chiffre d’affaires, une start up joue à fond la carte de l’agilité, sans s’embarrasser de structures susceptibles de retarder son développement : pas de staff, peu ou pas de salariés, le moins de frais fixes possible et toutes les aides mobilisables, depuis l’hébergement par une pépinière jusqu’aux prêts d’honneur et autres subventions accordées aux jeunes pousses. Une fois l’essai transformé, tout reste pourtant à faire.

Qu’elle ait débuté à la vitesse d’un bolide ou non, la croissance d’une entreprise se pilote. Sous peine de devenir incontrôlable.

La France et le Royaume-Uni se caractérisent par un nombre de créations d’entreprises proche, autour de 550 000 chaque année selon l’Insee. Il est notoire que la création de richesse passe essentiellement par les TPE (start up ou non) et les PME. Un rapport du Cercle d’Outre-Manche estime à environ 20 000 le nombre de start up existantes en France (pour un volume d’investissement total de 1,81 Md €). Il en recense 30 000 au Royaume-Uni, pour un volume d’investissement plus de deux fois supérieur (4,3 Mds €). Pour mémoire, une start up est une entité innovante à fort potentiel de croissance sur 24 mois.

Lorsque l’on s’intéresse aux scale up (entités d’au moins 10 employés ayant un chiffre d’affaires évoluant à un rythme minimal de +20 % sur trois ans), le fossé se creuse davantage : 205 en France contre 399 au Royaume-Uni, et un investissement respectif de 13,7 Mds € contre 25,3 Mds €.

La France comptait enfin, en 2016, une seule licorne (entité valorisée à au moins 1 Md€) : BlaBlaCar (et le Royaume-Uni six).

Inciter à investir en France, alléger la pression fiscale et réformer le Code du travail pour permettre davantage de flexibilité font partie des pistes explorées par les gouvernements successifs, celui d’Édouard Philippe en tête. Il n’en demeure pas moins que nombre de petites entreprises (start up ou non) ratent le virage, non par manque de moyens potentiels, mais faute d’avoir su gérer leur transformation.

Rester innovant et agile : l’impossible défi ?

En dehors du nombre de salariés et des obligations en termes de représentation du personnel, la différence entre une TPE et une PME réside essentiellement dans son approche.

Lorsqu’une entreprise grossit, elle ne peut plus se permettre de raisonner uniquement sur la base de son chiffre d’affaires immédiat. Son business model doit évoluer, éventuellement se réorienter vers l’international ou les grands comptes. Et pour voir plus grand, s’obliger à regarder plus loin, se structurer, se doter d’une organisation des RH verticale, industrialiser ses process et à rendre l’information plus fluide entre les services.

Allonger les boucles décisionnelles, mettre en place des routines organisationnelles et finir par reculer faute de n’être plus contraint d’avancer… l’image de la PME sclérosée, frappée d’immobilisme taraude tous les petits entrepreneurs au moment de passer la vitesse supérieure.

Pourtant, la croissance ne signifie ni la fin de l’agilité, ni celle du potentiel innovant. C’est un cheminement naturel, destiné à transformer une jeune pousse en entreprise adulte.

Réussir sa transformation

Conserver son âme

Si grandir implique des changements profonds, résister à la tentation de perdre son âme est primordial. Ce qui a fait le succès d’une petite entreprise doit rester l’axiome de sa croissance, quel que soit son secteur d’activité. Un fabricant de bons produits n’a rien à gagner à sacrifier la qualité au profit immédiat de marges plus élevées.

Première étape : relire les premiers business plans, s’interroger sur ce qui constitue l’ADN de la structure, analyser le chemin parcouru pour prendre le recul suffisant. La transformation d’une TPE en PME se raisonne en termes d’amélioration, pas de révolution.

Autre écueil, les salariés des premiers temps n’ont pas forcément le profil pour diriger les équipes appelées à les entourer. Mais leur adhésion reste indispensable. Chaque étape du développement doit être expliquée, motivée. Et si le patron en jeans du début est forcément appelé à être moins disponible, il n’a pas pour autant vocation à se retrancher dans une tour d’ivoire. La culture d’une entreprise est un élément important, pour les anciens comme pour les nouveaux.

Financement, recrutement : accompagner sa croissance

Le premier signe d’une croissance non maîtrisée est le manque récurrent de liquidités. Si la boucle « start up – scale up » repose sur des levées de fonds conséquentes, la transformation d’une TPE classique en PME impose, quoi qu’il arrive, de consolider la trésorerie en recherchant des financements à court terme. Anticiper ses besoins à venir est toujours préférable à devoir réduire subitement la voilure – avec toutes les conséquences qu’une navigation à vue peut avoir sur sa clientèle, ses fournisseurs ou ses partenaires.

Les recrutements doivent toujours être envisagés comme des vecteurs de croissance. Talents supplémentaires créateurs de richesse ou staff destiné à encadrer les achats, les ventes, la gestion, les RH et bien évidemment la production : chaque embauche a vocation à améliorer le fonctionnement de l’entreprise, pas à menacer son équilibre économique.

Tenir le cap, consolider pas à pas son développement, ne pas hésiter à mobiliser les réseaux d’accompagnement… la croissance d’une entreprise est toujours une belle aventure. À condition de la vouloir et d’accepter de déléguer, tout en conservant une vision d’ensemble de son affaire.

Pour en savoir plus, consulter le site du "Cercle de l'Outre-Manche"

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