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Brexit : quel impact pour les entreprises françaises ?

Brexit : quel impact pour les entreprises françaises ?

La date butoir du 29 mars 2019, date effective du Brexit, se rapproche inexorablement et la perspective d’un « no deal » (aucun accord) paraît de plus en plus probable. Un événement majeur pour l’économie européenne et particulièrement pour l’économie française. Explications.

Validé par un référendum le 23 juin 2016, le Brexit a entraîné d'intenses négociations à l'échelle européenne pour définir les modalités de sortie, aujourd’hui incertaines, de l’Union européenne pour le Royaume-Uni. Quelle que soit l’issue finale, le Brexit aura de nombreux impacts sur les entreprises tricolores en lien avec le Royaume-Uni, tant d’un point de vue réglementaire qu’économique.

France et Royaume-Uni : une relation riche d’échanges

A travers toutes les périodes de l’Histoire, les relations franco-britanniques ont connu des hauts et des bas. Cependant la construction de l’Europe et la proximité géographique des deux pays et de leurs capitales, particulièrement renforcée par la construction du tunnel sous la manche, ont accéléré l’intrication de leurs économies. Voici quelques chiffres marquants pour le comprendre :

La relation franco-britannique en chiffres
  • 31 milliards d'euros d'exportation : c'est le montant que la France exporte vers le Royaume-Uni chaque année, soit 7 % de l'ensemble des exportations nationales. La balance est d'ailleurs largement bénéficiaire puisque nous importons pour 19 milliards d'euros depuis le Royaume-Uni.

  • 3 secteurs dominent les échanges franco-britanniques : ce sont majoritairement l'automobile, l'aérospatial et le secteur pharmaceutique qui réalisent le plus d'échanges intra-branches.

  • 3 300 entreprises françaises expatriées : installées sur le sol britannique, elles représentent plus de 370 000 emplois. Les plus importantes sont Engie, Saint-Gobain, EDF et Veolia. De leur côté, les sociétés anglaises sont environ 2 300 à être installées dans l'Hexagone, pour un total de 200 000 emplois.

  • 12 millions de touristes anglais : le Royaume-Uni est le premier client de la France en matière de tourisme. On note également que 200 000 Britanniques sont installés en France, contre 300 000 Français au Royaume-Uni.

  • 165 milliards d'euros de stock d'investissement : alors que le Royaume-Uni détient 65 milliards d'euros de capitaux au sein des entreprises françaises, la France en compte 100 milliards sur le sol britannique. Le Royaume-Uni est ainsi le 4e investisseur étranger de l'Hexagone, qui le lui rend bien, en étant le 3e investisseur du Royaume Uni.

Des conséquences à anticiper pour les entreprises tricolores

Depuis la victoire du « Leave » (sortie du Royaume-Uni de l’Europe) le 23 juin 2016, de premiers effets se sont faits ressentir sur les relations économiques entre la France et le Royaume-Uni. Pourtant, de nombreux autres impacts sont à anticiper pour les entreprises françaises, et ce, que le Brexit soit “hard” (sortie sans transition) ou non.

  • Une devise qui dévisse : l'annonce du Brexit a entrainé une chute du cours de la Livre, passant de 1,42 € en décembre 2015 à 1,14 € en février 2019. Conséquences ? Les produits importés au Royaume-Uni sont d’ores et déjà plus chers, entraînant un recul de la consommation et donc des exportations françaises.

  • Des chaînes logistiques plus complexes : alors que la libre circulation des biens pourrait s'achever, les entreprises doivent anticiper la création de nouveaux contrôles et barrières tarifaires à la frontière. De quoi directement impacter les sociétés exportatrices comme celles important des matières premières.

  • Une situation contractuelle floue : les contrats commerciaux allant au-delà du 29 mars 2019 posent question car un nouveau cadre juridique devrait naître du Brexit. L'incertitude gagne également les domaines de la propriété intellectuelle et de la gestion des conflits commerciaux.

  • Des financements au ralenti : l'incertitude pré et post-Brexit pourrait entraîner une réduction ou un gel des investissements entre les deux pays. La volatilité des marchés de capitaux, due notamment à la chute de la Livre sterling, pourrait aussi avoir un impact sur le coût d'activité des entreprises françaises travaillant avec le Royaume-Uni.

  • Des ressources humaines en suspens : au-delà d'éventuelles restrictions à la libre circulation des personnes, notamment à cause de nouvelles règles frontalières, les entreprises françaises installées sur le sol britannique doivent anticiper une possible modification du droit du travail. Point positif, la France pourrait attirer de nombreux « talents » non britanniques installés au Royaume-Uni.

  • Une fiscalité dans l’expectative : outre la création de nouvelles taxes commerciales, le Brexit pourrait avoir des conséquences sur la TVA, le prélèvement libératoire et les abattements fiscaux.

  • Une gestion à revoir : Suite aux changements en matière de droit du travail, de fiscalité ou encore de réglementation commerciale, les entreprises devront très certainement actualiser leurs systèmes informatiques ainsi que leurs modes de gestion pour tout échange franco-britannique.

  • Une réglementation britannique amenée à évoluer : suite à sa sortie de l'Union européenne, le Royaume-Uni pourrait décider de modifier sa réglementation qui, jusqu'à présent, est calquée sur la législation européenne. Au fil du temps, de nouvelles règles pourraient apparaître en ce qui concerne le droit bancaire, les aides d'État ou encore l'accès aux marchés publics. En plus de déséquilibrer le droit à la concurrence sur le sol britannique, cela pourrait priver les entreprises anglaises de débouchés en Europe.

  • Un marché anglais plus difficile d’accès : les PME françaises traitant avec le Royaume-Uni pourraient être directement impactées par la création de barrières commerciales, par la baisse de la consommation britannique et par la menace d’une concurrence extracommunautaire (notamment avec les états du Commonwealth). Dans ces conditions, aux entreprises de juger de leur capacité à être compétitives et à se lancer sur ce marché.

  • Une organisation à redéfinir : les potentielles modifications réglementaires sur le sol britannique pourraient amener les entreprises françaises à modifier leurs différentes structures opérationnelles (entité commerciale, statut légal, etc.). Ces bouleversements pourraient aussi contraindre certaines sociétés à délocaliser leur activité afin d'en réduire le coût.

S'il est encore difficile de définir clairement les conséquences du Brexit sur nos entreprises, certaines études tablent déjà sur un coût total d'environ 4 milliards d'euros par an pour la France. D’où l’importance pour les professionnels d’anticiper les évolutions à venir les plus probables, touchant aussi bien au cadre réglementaire, qu’à la fiscalité et à la chaîne d'approvisionnement.

Sources

Relations bilatérales, diplomatie.gouv.fr
Quelques chiffres clés de la relation franco-britannique, uk.ambafrance.org
Les entreprises françaises face au brexit, oliverwyman.fr
Guide Brexit pour les entreprises, medef.com
 

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