Risque routier professionnel : comment réussir une démarche de prévention en entreprise ?
Première cause de mortalité au travail1, le risque routier concerne tous les salariés qui se déplacent, que ce soit en mission ou sur le trajet domicile-travail. Chaque année, des centaines de vies sont perdues sur la route dans un contexte professionnel. Face à ce constat, l'employeur doit évaluer ces dangers et mettre en place des actions de prévention adaptées. Formation des équipes, gestion des trajets, assurance des véhicules : découvrez les clés pour protéger vos salariés et réduire la sinistralité routière de votre entreprise.
Publié le 09/10/2026 - 8 min
Ce qu'il faut retenir
Le risque routier concerne tous les secteurs d'activité, du BTP aux services, sans distinction de taille d'entreprise.
Une approche structurée de prévention combine organisation du travail, état des véhicules et formation des conducteurs.
Le gestionnaire de flotte joue un rôle central dans le suivi des véhicules et la remontée des incidents.
Le risque trajet domicile-travail et le risque mission doivent tous deux être intégrés dans la politique de prévention.
Qu'est-ce que le risque routier professionnel ?
2 types de risque routier professionnel
Le risque routier professionnel désigne la probabilité, pour un salarié, d'être impliqué dans un accident de la route dans le cadre de son activité professionnelle.
Cette notion recouvre 2 réalités bien distinctes, qu'il convient de ne pas confondre dans l'évaluation des risques.
- Le risque trajet correspond au déplacement entre le domicile et le travail, effectué aux horaires habituels.
- Le risque mission englobe tous les déplacements réalisés pour le compte de l'employeur, qu'il s'agisse d'un rendez-vous client, d'une livraison ou d'un trajet entre deux chantiers.
Les facteurs de risques
Plusieurs éléments combinés expliquent la sinistralité routière dans un cadre professionnel.
- L'organisation même du travail pèse lourd dans la balance : des délais serrés, des tournées mal planifiées ou une charge de travail excessive poussent certains conducteurs à prendre des risques inutiles.
- L'état du véhicule constitue également un facteur déterminant, qu'il s'agisse de l'usure des pneumatiques, du freinage ou de l'entretien général. Un véhicule mal entretenu multiplie les probabilités d'incident, surtout lors de longs trajets.
- Le comportement au volant reste un facteur humain majeur : fatigue, usage du téléphone en conduite, ou encore consommation d'alcool ou de substances. Les conditions météorologiques dégradées et les risques physiques liés aux horaires décalés viennent renforcer cette vulnérabilité chez les salariés les plus exposés, notamment les commerciaux itinérants ou les livreurs.
Au-delà des conducteurs de véhicules, ce risque touche aussi les cyclistes, les utilisateurs de deux-roues motorisés et les piétons dès lors qu'ils circulent pour une raison professionnelle. Cette diversité de situations explique pourquoi chaque entreprise doit adapter son diagnostic à la réalité de ses déplacements quotidiens.
Comment évaluer le risque routier professionnel ?
L'évaluation des risques professionnels constitue le point de départ de la démarche de prévention qui incombe à tout employeur dans le cadre de son obligation générale de sécurité. Pour répondre à son obligation de moyens, l'employeur a le devoir d'évaluer le risque routier professionnel à travers le DUERP (Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels).
Le DUERP est un outil indispensable de prévention. Son rôle ? Identifier les risques liés au travail et définir les mesures de prévention appropriées aux risques professionnels.
Il n'existe pas de format type mais des informations obligatoires doivent y figurer .
L'analyse des déplacements réalisés : ce travail doit tenir compte de tous les éléments impactant les trajets des collaborateurs, dont la durée de déplacement, la nature des véhicules, l'état du trafic routier ou encore les conditions météorologiques.
L'identification des salariés exposés : le DUERP doit aussi servir à identifier les collaborateurs exposés au risque routier, ainsi que leur niveau d'exposition selon différents critères (distance domicile-travail, temps de trajet, nature de l'emploi, etc.). L’enjeu est d’adapter les mesures en fonction de la réalité des risques.
L'évaluation de l'accidentologie passée : la politique de prévention doit aussi s’appuyer sur les chiffres et caractéristiques des accidents survenus lors des dernières années (fréquence, motif, etc.), ainsi que sur leur coût direct et indirect pour l’entreprise.
Quelles sont les mesures de prévention du risque routier à prendre en entreprise ?
4 axes de management
À partir des enseignements tirés du DUERP, l'employeur doit mettre en place un plan d'actions de prévention du risque routier en entreprise. Celui-ci peut s’articuler autour de 4 grandes thématiques.
L'organisation des déplacements
Planifier les tournées en amont permet d'éviter les trajets improvisés qui poussent les salariés à rouler vite pour rattraper du temps perdu. Un itinéraire pensé la veille, avec des marges horaires réalistes, réduit mécaniquement la tentation de prendre des risques au volant.
La gestion des communications compte aussi parmi les leviers efficaces. Un appel transféré vers le secrétariat ou une messagerie consultée à l'arrêt évite au conducteur de décrocher son téléphone en roulant.
Quelques actions concrètes peuvent structurer cette démarche :
- regrouper les rendez-vous par secteur géographique pour limiter les kilomètres parcourus ;
- privilégier, quand c'est possible, le train ou le covoiturage sur les longs trajets ;
- fixer des plages horaires qui tiennent compte des conditions de circulation réelles.
Ces ajustements, souvent peu coûteux, réduisent la pression ressentie par les conducteurs les plus exposés, comme les commerciaux itinérants.
L'entretien et le choix des véhicules
Choisir un véhicule adapté à l'usage professionnel réduit sensiblement l'exposition aux risques. Un carnet d'entretien suivi rigoureusement, avec des révisions programmées plutôt que subies, évite les pannes qui surviennent souvent au pire moment, sur autoroute ou lors d'un rendez-vous client urgent.
L'équipement du véhicule mérite aussi une attention particulière. Des pneumatiques adaptés à la saison, un système d'aide à la conduite ou encore une climatisation fonctionnelle limitent la fatigue et l'exposition aux gaz d'échappement lors des trajets urbains congestionnés.
Certaines offres de services permettent désormais de suivre l'état du parc automobile en temps réel grâce à la télématique embarquée. Cette traçabilité facilite la détection des comportements à risque, excès de vitesse ou freinages brusques, et oriente les actions correctives avant qu'un incident ne survienne.
La limitation des distractions au volant
Le téléphone reste la principale source de distraction chez les conducteurs en mission : près de 69 % d'entre eux l'utilisent au volant, contre 59 % lors de trajets privés. Cet écart révèle une pression professionnelle qui pousse à rester joignable, parfois au détriment de la vigilance.
Une charte interne claire, interdisant tout usage manuel du téléphone en conduite, pose un cadre que chaque salarié peut invoquer face à un client pressé. Les kits mains libres ne suffisent pas toujours : la conversation elle-même détourne l'attention, même sans manipulation physique de l'appareil.
Quelques règles simples limitent cette exposition :
- activer le mode conduite qui bloque les notifications ;
- programmer le GPS avant le départ, jamais en roulant ;
- prévoir des pauses toutes les deux heures sur les longs trajets.
La traçabilité des infractions
Suivre les infractions commises par les conducteurs professionnels permet d'anticiper les conséquences graves d'un accident plutôt que de les subir. Un salarié qui accumule les excès de vitesse ou les retraits de points sur son permis représente un signal à ne pas négliger.
Ces données, croisées avec les résultats du DUERP, permettent d'orienter les actions correctives vers les profils les plus exposés. Un commercial ayant déjà fait l'objet de deux infractions dans l'année justifie, par exemple, un rappel individuel plutôt qu'une formation collective standard.
À noter
Ces mesures gagnent à être consignées dans une charte interne, signée par chaque collaborateur concerné par des déplacements professionnels.
Sensibilisation et formation des équipes
Former les collaborateurs reste l'un des leviers d'actions les plus efficaces pour réduire la sinistralité des conducteurs professionnels. Une formation bien conçue ne se limite pas à un rappel du Code de la route, elle doit aborder la fatigue, la gestion du stress et les distractions comme l'usage du téléphone au volant.
Plusieurs formats peuvent être combinés selon les besoins de l'entreprise :
- modules théoriques sur les règles de communication à adopter en cas d'incident ou d'accident ;
- ateliers pratiques de conduite préventive, parfois complétés par une formation aux gestes de premiers secours ;
- sensibilisation ciblée sur des sujets spécifiques comme l'alcool au volant ou l'arrimage des charges pour les véhicules utilitaires.
Un référent interne, désigné pour suivre ces actions, facilite grandement l'efficacité des mesures mises en place et leur ajustement dans la durée.
Assurance Auto Missions
Le contrat Generali Auto Missions vous permet de couvrir vos collaborateurs utilisant leur propre véhicule pour leurs missions professionnelles. Très protecteur, il vous fait profiter d'un ensemble de garanties de base essentielles et le choix entre plusieurs garanties optionnelles.
Faut-il assurer les véhicules personnels en mission ?
Une assurance recommandée pour la sécurité de vos salariés
Comme le stipule le Code du travail, l'employeur a l'obligation de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité des travailleurs. En cas d’utilisation d’un véhicule personnel dans le cadre de missions professionnelles, l’entreprise doit donc s’assurer que le véhicule du salarié est bien assuré, a minima au titre de la responsabilité civile. Deux solutions sont envisageables :
vérifier que le salarié a souscrit une extension de garantie sur son contrat d'assurance auto personnel afin d'être couvert pour ses déplacements professionnels ;
souscrire une assurance auto mission pour couvrir tous les collaborateurs utilisant leur véhicule personnel dans le cadre de leurs missions professionnelles.
La première solution n’est toutefois pas optimale : en plus d’être contraignante, elle est perfectible (exemple : le salarié n’est plus assuré depuis la dernière vérification de l’entreprise). C’est pourquoi, bien qu’optionnelle, l’assurance auto mission est bien souvent indispensable.
Une assurance auto gagnant-gagnant
Complétant les différents contrats de l'entreprise (RC, flotte auto, etc.), l'assurance auto mission offre plusieurs avantages à l'employeur. Elle permet de :
répondre à l’obligation d'assurer la sécurité de ses collaborateurs ;
ne pas avoir à vérifier que le contrat auto personnel du conducteur couvre les déplacements professionnels ;
prévenir le risque de défaut d'assurance.
Mais l’assurance auto mission est également avantageuse pour les salariés. Elle permet de :
couvrir tous les collaborateurs de manière uniforme, quel que soit leur statut (salariés, apprentis, stagiaires, etc.) et la régularité de leurs déplacements professionnels ;
ne pas affecter le contrat auto personnel du salarié en cas d'accident (absence de malus, pas de franchise, etc.).
Nous répondons à vos questions
Les questions les plus fréquemment posées.
- Le risque routier arrive en tête des dangers professionnels, puisqu'il concerne aussi bien les trajets domicile-travail que les déplacements en mission, dans tous les secteurs d'activité.
- Les chutes de hauteur et de plain-pied représentent la deuxième source majeure d'accidents, fréquentes sur les chantiers mais aussi dans les bureaux ou les commerces.
- Vient ensuite le risque chimique, lié à l'exposition à des substances dangereuses lors de la manipulation de produits industriels ou d'entretien.
- Les troubles musculosquelettiques, provoqués par la manutention manuelle de charges ou des postures répétitives, pèsent lourdement sur l'absentéisme dans de nombreuses entreprises.
- Enfin, les risques psychosociaux, stress chronique, surcharge de travail ou épuisement professionnel, complètent ce panorama et nécessitent une attention particulière dans le document unique d'évaluation des risques.
Le risque routier professionnel recouvre des situations bien plus variées qu'il n'y paraît. Il ne se limite pas à la conduite d'une voiture de société, mais englobe tous les usagers de la chaussée rencontrés lors d'un trajet lié au travail.
Un livreur à deux-roues, un commercial au volant de son véhicule personnel ou un piéton se rendant à un rendez-vous professionnel sont tous exposés, chacun selon des modalités différentes.
Plusieurs facteurs viennent aggraver ces risques : la fatigue accumulée sur de longs trajets, les conditions météorologiques dégradées, la pression des délais ou encore l'usage du téléphone au volant.
Les accidents de trajet domicile-travail s'avèrent d'ailleurs généralement plus meurtriers que les accidents de mission, ce qui justifie une vigilance égale sur ces deux composantes du risque routier professionnel.
L'article L4121-1 du Code du travail impose à chaque dirigeant de garantir la sécurité physique de ses salariés, y compris lors de leurs déplacements professionnels. Cette obligation générale ne se limite pas à un simple affichage de bonnes intentions, elle engage juridiquement l'entreprise en cas de manquement avéré.
Concrètement, cela suppose de recenser les différents types de risques liés à la conduite dans le cadre des missions, qu'il s'agisse de trajets réguliers ou ponctuels. L'employeur doit aussi veiller à l'état technique des véhicules mis à disposition, qu'ils appartiennent au parc de l'entreprise ou soient la propriété du salarié.
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