Cybermenaces : comment s'en protéger ?
Alors que chacun de nous est de mieux en mieux informé, les cyberattaquants redoublent d’imagination et de créativité pour détecter et exploiter les failles. Le jeu peut s’avérer dangereux si l’on ne connait pas les quelques basiques d’une bonne hygiène numérique et surtout les nouvelles cyberarnaques particulièrement vicieuses. À quoi ressemble cette cybermenace et comment s’en protéger : tour d’horizon.
Publié le 24/09/2026 - 4 minutes
Cybermenace : les mots à connaître
Pour mieux comprendre les risques numériques, voici quelques termes fréquemment employés par les autorités comme l'ANSSI (Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information).
Hameçonnage (phishing) : un faux e-mail ou SMS vous incite à communiquer un mot de passe ou des données bancaires.
Rançongiciel (ransomware) : un logiciel malveillant chiffre vos fichiers et une rançon est exigée pour les récupérer.
Logiciel malveillant (malware) : un programme conçu pour compromettre un appareil ou voler des informations.
Déni de service (DDoS) : une attaque qui sature un service en ligne pour le rendre indisponible.
Espionnage informatique : la récupération de données confidentielles sans autorisation, souvent à des fins stratégiques.
Selon l'ANSSI, ces techniques répondent à quatre grandes finalités : la cybercriminalité (l'appât du gain), la déstabilisation, l'espionnage et le sabotage.
Qu'est-ce que la cyber malveillance ?
La cybermalveillance représente l'ensemble des actes pernicieux et malhonnêtes perpétrés via les outils numériques. Les acteurs malveillants exploitent diverses techniques pour nuire : vol de données personnelles, escroqueries financières ou encore sabotage informatique. Un pirate peut par exemple utiliser des logiciels espions pour dérober vos identifiants bancaires, ou encore déployer des rançongiciels qui prennent vos fichiers en otage contre rançon.
Les attaques se manifestent sous différentes formes : usurpation d'identité, cheval de Troie, manipulation psychologique ou encore attaques par déni de service qui paralysent les réseaux. La détection précoce des menaces reste la meilleure défense.
Objectif du Cybermois 2026 : se protéger en ligne, un enjeu du quotidien
La 14ᵉ édition du Cybermois a lieu cette année du 1er octobre au 4 novembre en France. Au programme, une nouvelle campagne nationale de sensibilisation baptisée «Se cyber protéger, ce n’est pas si bête», un CyberTour de France qui passera par Biarritz, Rennes, Lille, Rouen, Montpellier et Paris, et des outils comme le livret jeunesse «Le numérique, pas de panique !» ou le nouveau dépliant «Violation de données personnelles, que faire en 3 étapes clés» sont disponibles pour renforcer la prévention partout sur le territoire.
Le cybermois est organisé par cybermalveillance.gouv.fr et leurs partenaires, dans le cadre du mois européen de la cybersécurité. L’ensemble du territoire est mobilisé : ateliers, conférences, webinaires, supports pédagogiques sont proposés gratuitement à tous les publics et adressés plus particulièrement au 18-34 ans plus vulnérables au cyberattaques.
Les jeunes, victimes idéales des pièges du numérique
Nous vivons dans une société de plus en plus connectée. Il n’est plus un acte commercial, juridique, administratif, voire social, qui ne passe par internet. En 2025, les résultats du 2ème baromètre IPSOS : les Français face aux cybermenaces révélaient déjà que, trop confiants en leurs compétences numériques, les 18-34 ans restaient particulièrement exposés aux cybermenaces, avec un décalage frappant entre leur aisance perçue en ligne et leur réelle vulnérabilité. Leur hyperconnexion en fait des cibles de choix pour les attaques malveillantes, auxquelles ils réagissent souvent de manière isolée : peu de recours aux institutions, une tendance à gérer seuls les incidents… voire à ne pas réagir du tout.
En 2025, 29 % des 18-34 ans avaient reçu un appel frauduleux d’un faux conseiller bancaire (près de quatre fois plus que les 55-75 ans) et 20 % avaient été victimes d’un piratage de compte (contre 7 % chez les plus âgés), mais seuls 17 % avaient alerté leur banque ou leur fournisseur.
Un an plus tard, le 3ème baromètre IPSOS 2026 confirme que la tendance s'aggrave pour l'ensemble des Français : le taux de personnes informées d'une fuite de leurs données personnelles est passé de 30 % en 2025 à 45 % en 2026, et seuls 55 % des sondés s'estiment aujourd'hui suffisamment informés sur les risques numériques, contre 63 % en 2024.
Quelles sont les cyberarnaques de plus en plus pernicieuses dont il faut se méfier ?
La créativité est de mise pour les cyberattaquants : on constate leur capacité à se réinventer sans cesse. Parmi les nouvelles cyberattaques, nous en avons sélectionné trois dont il faut particulièrement se méfier.
« Bonjour, vous êtes chez vous », une arnaque au SMS tendance
Le message semble anodin, presque familier — comme s’il venait d’un livreur, d’un voisin ou d’une connaissance. C’est justement cette ambiguïté qui fait sa force : il pousse les destinataires à répondre par réflexe. Une fois la conversation engagée, l’escroc se fait passer pour un livreur ou un technicien, et vous propose de cliquer sur un lien pour reprogrammer une livraison. Ce lien mène en réalité vers un site frauduleux destiné à voler vos données personnelles ou bancaires. Même une simple réponse (oui/non) confirme que votre numéro est actif, ce qui suffit à vous inscrire sur des listes de cibles pour de futures attaques.
Une IA qui imite la voix de vos proches
Nous avons tous entendu parler de deepfakes ou hypertrucages, cette technique de synthèse multimédia appuyée sur l’intelligence qui permet de juxtaposer un visage sur un autre et de lui faire dire n’importe quoi : l’illusion est parfaite pour décrédibiliser une personne. Dernière cyberarnaque à la mode : l’imitation de la voix. Vous recevez l’appel d’un de vos enfants ou de vos amis qui vous supplie de lui envoyer de l’argent car sa vie est en jeu… alors qu’en réalité il s’agit d’une intelligence artificielle vocale. Une famille en a récemment fait les frais et s’est vu soutirer une belle somme d’argent.
Des conversations sous écoute via le Bluetooth
Le Bluebugging est une technique de cyberattaque qui permet d'accéder à un appareil disposant d'une connexion Bluetooth. Il suffit, en effet, que vous connectiez votre smartphone, votre tablette ou votre ordinateur à un réseau malveillant pour que vos données soient aspirées : vos appels à distance peuvent être écoutés, vos messages lus, votre liste de contacts téléchargée ou modifiée, votre caméra activée. Une cybermanipulation que l’on ne doit pas sous-estimer.
Un virus sous couvert de Captcha
De plus en plus de sites ont recours à des captchas, ces systèmes qui vérifient que vous n’êtes pas un robot et vous demandent par exemple d’identifier des vélos dans un ensemble de photos pour vous permettre d’accéder à un site. Une manipulation devenue presque banale et dont des petits malins ont décidé de profiter pour glaner vos données personnelles. Ils placent, à des endroits opportuns de faux captchas, qui conduisent les internautes à télécharger des virus, notamment le virus Gozi conçu pour pirater les données bancaires.
Quelles sont les cybermenaces les plus courantes en télétravail ?
Le télétravail a multiplié les points d'entrée pour les pirates informatiques. Un salarié connecté depuis son domicile n'a pas toujours la même protection qu'au bureau, et les attaquants le savent.
Le réseau Wi-Fi personnel constitue souvent le maillon faible : mal sécurisé, il permet à des acteurs malveillants d'intercepter des données sensibles échangées avec l'entreprise. L'usage d'un ordinateur familial partagé, sans mises à jour régulières ni antivirus performant, aggrave encore le risque.
Voici les menaces à surveiller particulièrement en situation de télétravail :
le phishing ciblé imitant une messagerie professionnelle ou un service RH ;
l'absence de réseau privé virtuel pour chiffrer les échanges avec le serveur de l'entreprise ;
le partage de mots de passe entre plusieurs usages personnels et professionnels.
Activer systématiquement l'authentification forte sur les outils professionnels réduit considérablement le risque d'intrusion, même en cas de mot de passe compromis.
Comment lutter contre la cybermalveillance ?
Les pirates ne prennent jamais de repos, votre vigilance doit elle aussi être constante. Pour vous aider, voici quelques conseils d’hygiène numérique à appliquer toute l’année.
Ne communiquez jamais des informations sensibles par messagerie ou par téléphone. Aucune administration ou société commerciale sérieuse ne vous demandera vos données bancaires ou vos mots de passe par mail ou par téléphone. Si vous êtes client Generali, vous pouvez consulter au moindre doute cette page qui fait le point sur les mesures que nous prenons pour protéger nos clients des fraudes.
Avant de cliquer sur un lien douteux, positionnez le curseur de votre souris sur ce lien sans cliquer. Cela affichera alors l’adresse vers laquelle il mène réellement afin d’en vérifier la vraisemblance ou allez directement sur le site de l’organisme en question par un lien favori que vous aurez vous-même créé.
Vérifiez l’adresse du site qui s’affiche dans votre navigateur. Si cela ne correspond pas exactement au site concerné, c’est très certainement un site frauduleux. Parfois, un seul caractère peut changer dans l’adresse du site pour vous tromper. Au moindre doute, ne fournissez aucune information et fermez immédiatement la page correspondante.
En cas de doute, contactez si possible directement l’organisme concerné pour confirmer le message ou l’appel que vous avez reçu.
Utilisez des mots de passe différents et complexes pour chaque site et application afin d’éviter que le vol d’un de vos mots de passe ne compromette tous vos comptes personnels. Vous pouvez également utiliser des coffres-forts numériques de type KeePass pour stocker de manière sécurisée vos différents mots de passe.
Si le site le permet, vérifiez les date et heure de dernière connexion à votre compte afin de repérer si des accès illégitimes ont été réalisés ou activez la double authentification pour sécuriser vos accès.
Pourquoi se méfier des achats en ligne ?
Les dates de Black Friday et de Cyber Monday offrent la possibilité de faire de bonnes affaires en ligne. Ces événements promotionnels, qui nous viennent directement des États-Unis, commencent à prendre de plus en plus de poids en France.
À ces dates, notre messagerie est envahie de mails nous proposant des produits et services à des prix presque incroyables. Un espace-temps favorable aux personnes malveillantes qui n’hésitent pas, spécialement pour ces événements, à créer de faux sites, de faux comptes, ou tout simplement de fausses identités pour soutirer vos données.
Quelles précautions prendre pour effectuer vos achats en ligne ?
Si vous prévoyez de faire des achats sur des sites internet, il est conseillé, en plus d’une bonne hygiène numérique, de prendre quelques précautions d’usage.
Privilégiez les sites français ou européens
Outre des droits de douane ou de TVA en moins, vous bénéficierez de la garantie légale de conformité qui permet de se faire rembourser ou remplacer le produit sans frais, s’il ne fonctionne pas, présente des imperfections, ou un défaut de fabrication.
Repérez les arnaques
Si l'affaire paraît trop belle, il peut s’agir d’une contrefaçon ou d’une escroquerie. Avant d’acheter, vérifiez, pour les entreprises françaises, qu’il s’agit bien d’une véritable entreprise. Les sites internet ont l’obligation de publier leurs mentions légales : vous pouvez y vérifier le nom, la dénomination sociale, l’adresse, les contacts, etc. N’hésitez pas également à consulter le site societe.com.
Lisez bien les conditions générales de vente
Il s’agit de l'ensemble des informations communiquées par un vendeur à son client avant la vente d'un bien. Tous les sites d’e-commerce et les boutiques en ligne ont l’obligation de les communiquer.
Sécurisez votre paiement
Avant le paiement, le vendeur est tenu de vous permettre de vérifier le détail de votre commande et son prix total. Au moment de payer, vérifier que le site sur lequel vous vous trouvez est bien sécurisé : l’adresse du site doit commencer par « https:// » avec un cadenas fermé dans le haut de la fenêtre du navigateur. Il est également recommandé de passer par l’application mobile de votre banque pour valider votre paiement en toute sécurité. Des sites de commerce en ligne peuvent vous proposer d’enregistrer vos coordonnées bancaires pour ne pas avoir à les saisir de nouveau lors d’un autre achat : la CNIL déconseille fortement d’accepter car la sécurité des données bancaires n’est pas toujours assurée.
FAQ - Cybersécurité : les bons réflexes au quotidien
Nous répondons à vos questions les plus fréquemment posées.
La cybersécurité repose sur quatre piliers complémentaires : la protection des données, la sécurisation des accès, la détection des menaces et la sensibilisation.
- Protéger les données : garder confidentielles vos informations sensibles face aux cybercriminels.
- Sécuriser les accès : réserver les connexions aux seuls utilisateurs légitimes, grâce à des identifiants fiables.
- Détecter les menaces : repérer rapidement toute activité suspecte sur un réseau ou une application web.
- Sensibiliser : réduire les risques liés à l'erreur humaine et à l'ingénierie sociale.
Ces quatre repères fonctionnent ensemble : c'est leur combinaison qui fait la solidité de votre protection.
Les cybercriminels motivés par un gain financier sont les principaux acteurs de la menace. Mais ils ne sont pas les seuls : des États nations, des hacktivistes portant des causes politiques et des groupes soutenus par le crime organisé sont également actifs.
Leurs méthodes varient. Certains hackers exploitent des failles techniques, comme l'injection SQL ou l'attaque de l'homme du milieu. D'autres manipulent directement les personnes par ingénierie sociale. Les partenaires de confiance et les chaînes d'approvisionnement constituent aussi des points d'entrée utilisés par ces attaquants.
Trois réflexes forment vos premières lignes de défense contre les cybercriminels : des mots de passe robustes, un pare-feu à jour et un système d'exploitation régulièrement mis à jour. Ajoutez-y un réflexe simple : vérifiez toujours l'origine d'un message avant de cliquer sur un lien. C'est ainsi que l'on évite la plupart des pièges d'ingénierie sociale. Enfin, former les utilisateurs et surveiller les accès distants limite fortement les pertes financières en cas d'intrusion.
Agissez dans cet ordre, sans attendre :
- Changez immédiatement vos identifiants de connexion.
- Déconnectez du réseau l'appareil touché, pour limiter les perturbations opérationnelles.
- Conservez toutes les preuves utiles : e-mails suspects, captures d'écran.
- Contactez votre banque en cas de transaction frauduleuse.
- Déposez plainte auprès des autorités compétentes pour signaler officiellement les faits.
La plateforme cybermalveillance.gouv.fr oriente les particuliers et les organisations vers des prestataires qualifiés, selon le type d'attaque subie.
Le site officiel service-public.fr permet aussi de déposer une pré-plainte en ligne, avant un rendez-vous en gendarmerie ou au commissariat.
Pour une fraude bancaire, contactez rapidement votre établissement financier : c'est le moyen le plus efficace de bloquer les transactions suspectes et de limiter les pertes financières.
L'ingénierie sociale, c'est l'art de manipuler une personne pour qu'elle divulgue des informations confidentielles ou réalise une action compromettante — sans passer par une faille technique. Le cybercriminel joue sur des ressorts psychologiques simples : la confiance, l'urgence ou la peur, pour contourner votre vigilance.
Plusieurs techniques existent.
- Le pretexting : l'attaquant invente un scénario crédible pour obtenir vos données.
- L'appât : il fait miroiter un gain fictif pour vous pousser à cliquer.
L'exemple le plus courant ? Un faux appel d'un prétendu technicien informatique qui vous demande votre mot de passe.
Cette méthode reste redoutable parce qu'elle vise le facteur humain, souvent plus vulnérable qu'un système bien protégé. Bonne nouvelle : la sensibilisation à la sécurité de chacun reste le meilleur rempart face à ces manipulations.
Un mot de passe fiable ne s'improvise pas. Visez au minimum 12 caractères, en mélangeant majuscules, minuscules, chiffres et symboles.
Évitez les dates de naissance et les prénoms de vos enfants : ils se devinent facilement à partir de vos réseaux sociaux. Préférez une phrase longue et personnelle, transformée en code. Par exemple, « J'aiVisitéRome3fois! » reste facile à mémoriser, mais très difficile à casser.
Trois réflexes à adopter.
- Un mot de passe différent par compte. Réutiliser le même identifiant partout expose tous vos services si un seul site voit sa base de données piratée.
- Un gestionnaire de mots de passe. Il génère et stocke des combinaisons complexes, sans que vous ayez à les retenir.
- Un changement immédiat en cas de fuite, dès qu'un service vous signale une compromission, même partielle.
Un e-mail de phishing imite à la perfection l'identité visuelle d'une marque connue : banque, opérateur télécom ou administration. Plusieurs indices trahissent pourtant la supercherie, même quand le graphisme semble irréprochable.
Les signaux qui doivent vous alerter :
- L'adresse d'expéditeur ne correspond pas exactement au domaine officiel : une lettre ajoutée ou inversée suffit.
- Le lien affiché diffère de l'URL réelle lorsque vous le survolez à la souris.
- Le ton urgent vous pousse à agir dans l'heure, sous peine de blocage de compte.
- Les fautes d'orthographe ou les tournures maladroites trahissent une traduction automatique.
- Une pièce jointe inattendue, souvent au format .zip ou .exe, cache un logiciel malveillant.
La transformation numérique des services publics et bancaires multiplie les occasions, pour les fraudeurs, de se faire passer pour des interlocuteurs légitimes. Quelques minutes suffisent à provoquer d'importantes pertes financières. Le bon réflexe : vérifier toute demande suspecte par un autre canal — un appel au numéro officiel, par exemple — avant de cliquer.
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