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Comment limiter les risques sur un chantier ?

Comment limiter les risques sur un chantier ?

En France, le bâtiment est l’un des secteurs d’activité qui recense le plus grand nombre d’accidents : 86 886 en 2017, selon la Caisse nationale de l'assurance maladie. Il s’explique en partie par la nature dangereuse du travail. C’est pour cette raison qu’il faut améliorer l’organisation du chantier, sensibiliser les ouvriers aux risques et mettre en place des mesures strictes de prévention pour diminuer les accidents.

Le BTP : un secteur à risques

Les salariés du bâtiment représentent 8,08 % des salariés inscrits au régime général de la Sécurité sociale et ce secteur est celui qui compte le plus fort taux d’accidents en France. Il représentait en 2017 :

  • 13 % des accidents avec arrêt de travail ;
  • 16 % des accidents avec incapacité permanente ; 
  • 16 % des maladies professionnelles ;
  • 20 % des accidents mortels.

Le BTP : un coût annuel important dû aux accidents

En 2017, le secteur du bâtiment a accumulé près de 8,2 millions de journées d'incapacité temporaires indemnisées, soit 32 000 journées de travail perdues pour chaque jour ouvré. Cela représente un coût direct de plus d'un milliard d'euros, dont les deux tiers sont dus aux chutes de hauteur et aux manutentions. Mais le coût indirect de cette accidentologie est encore plus élevé : 4 milliards d’euros par an.

Identifier les sources de risques pour mettre en œuvre des mesures adaptées

Face à ce taux de sinistralité élevé, il convient d’entreprendre des actions adaptées. Néanmoins, la politique de prévention doit tenir compte des particularités du secteur de la construction. Cela passe principalement par l’identification des principales sources de risques sur un chantier.

  • Les risques de manutention : des postures de travail contraignantes, la manutention de charges lourdes, des gestes répétitifs... autant de dangers auxquels sont confrontés les ouvriers et qui peuvent entraîner des troubles musculo-squelettiques. Un risque non négligeable puisqu’il représente près d’1 accident du travail sur 2.
     
  • Les risques liés aux déplacements : les mauvaises conditions de circulation sur un chantier sont responsables de nombreuses chutes de plain-pied. Cela représente 1 accident du travail sur 5 dans le bâtiment. Les accidents de trajet ne sont pas non plus à négliger car ils comptent pour 5 % du nombre total de sinistres.
     
  • Les risques des travaux en hauteur : ces chutes représentent 18 % des accidents du travail dans le BTP et sont à l'origine d'une majorité des décès.
     
  • Les risques liés aux outillages : la plupart des machines utilisées sur un chantier présentent un risque élevé de blessure, qu'elles soient manuelles (marteau, scie, etc.), électroportatives (meuleuse, perceuse, etc.) ou pneumatiques (brise-béton, perforateur, etc.). C’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’outillage est à l’origine de 16 % des accidents du secteur.
     
  • Les risques liés à la consommation de substances psychoactives : depuis l’entrée en vigueur du décret 2014-754 en juillet 2014, les employeurs du BTP sont en mesure d’"interdire toute boisson alcoolisée, lorsque sa consommation est susceptible de porter atteinte à la santé ou la sécurité des salariés". La raison de ce décret ? Des chiffres, comme ceux de l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé1, qui décrivent la consommation de substances psychoactives2 en milieu professionnel. Selon l’étude de l’Inpes, réalisée en 2012, le BTP était le secteur où la consommation d’alcool était la plus forte. Aujourd’hui encore, 10 à 20 % des accidents du travail, tous secteurs confondus, sont dus à l’alcool. Dans 40 à 45 % des cas, ces accidents sont mortels3.
     
  • Les autres natures de risques : si les 5 éléments présentés plus haut concentrent la majorité des accidents du travail dans le BTP, ils ne doivent cependant pas faire oublier que d’autres dangers existent. Travail en extérieur, produits chimiques, défaut d’organisation, troubles psychologiques… autant de maux qui doivent également être surveillés avec attention.
Dans le BTP, le corps entier est exposé aux accidents.

Lancer des actions de prévention pour réduire les accidents

Pour réduire les risques d'accident dans le bâtiment, l’INRS (Institut National de Recherche et de Sécurité) recommande de lancer des actions de prévention. En pratique, un plan de prévention peut être décomposé en 7 étapes.

Évaluer les risques 

Pour chaque projet de construction, il est nécessaire de procéder à l'évaluation des risques spécifiques qu'il présente. La politique de prévention pourra ainsi s'adapter aux particularités du chantier (travail en hauteur, manutention manuelle importante, etc.).

Concerter et coordonner toutes les parties prenantes 

Une urgence sur un chantier résulte bien souvent d'un manque de préparation en amont. Pour y remédier, il convient d'impliquer tous les acteurs du projet autour d'un référentiel commun de bonnes pratiques. Cela concerne le maître d'ouvrage, les concessionnaires des réseaux, l'aménageur ou encore le maître d'œuvre.

Réaliser et diffuser des documents de prévention 

Selon la nature et l'ampleur du chantier, les documents à fournir ne seront pas les mêmes. Si un plan de prévention est le minimum légal, il peut être judicieux de mettre en place un plan général de coordination de sécurité et de protection de la santé (PGCSPS), un dossier d’interventions ultérieures sur l’ouvrage (DIUO) ainsi que des plans particuliers de sécurité et de protection de la santé (PPSPS).

Revoir l'organisation des chantiers 

Implantation du chantier, circulation des ouvriers, organisation des flux, déplacement des engins... autant d'éléments qui doivent être planifiés avant le début des travaux. L'organisation passera également par le nettoyage régulier du chantier et la sécurisation des zones (circulation, stockage, etc.).

Adopter les bonnes pratiques 

Un coordonnateur doit être désigné afin de s'assurer que les consignes de sécurité sont respectées. Il aura aussi pour mission de limiter les comportements à risque, tels qu'un travail en hauteur non sécurisé ou la manutention manuelle lorsqu’elle n’est pas nécessaire.

Veiller au respect des réglementations applicables 

Le secteur de la construction est encadré par de nombreuses réglementations, visant principalement à assurer la sécurité des opérateurs. Une fois encore, un délégué doit être en mesure de vérifier qu’elles sont bien appliquées, notamment en réalisant des contrôles réguliers.

Mesurer et surveiller l’accidentologie 

Si le secteur du bâtiment doit suivre l’évolution de l’accidentologie, cela vaut également pour chaque entreprise de construction. Seule cette surveillance permettra de valider les bonnes pratiques et de détecter toute éventuelle anomalie.

Bien que la sinistralité dans le BTP soit encore relativement élevée, le secteur a su prendre les choses en main. En l'espace de 30 ans, le nombre d'accidents mortels a ainsi été divisé par 3. Preuve que l’accidentologie sur les chantiers n’est pas une fatalité, mais bien une question de volonté de la part de ses acteurs.

 

Notes :
1 inpes.fr
2 alcool, tabac, et drogues
3 selon l’Express, qui groupe les conclusions de l’Inserm, L’Inpes et du MILD&CA.

Sources :
INRS
Direction des risques professionnels
Officiel Prévention
Caisse nationale de l'assurance maladie

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