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La conversion bio : un choix stratégique pour les agriculteurs ?

La conversion bio : un choix stratégique pour les agriculteurs ?

Alors que l’agriculture traditionnelle semble perdre progressivement de sa valeur, notamment à cause des marges appliquées par la distribution, la conversion au biologique est plus que jamais un sujet d’actualité. D’autant plus que le passage à l’agriculture biologique est soutenu par les pouvoirs publics et qu’il peut représenter une réelle plus-value pour les exploitants.

La conversion au biologique : un choix porteur de sens

La conversion au biologique représente un véritable défi pour l'agriculteur, de part les multiples contraintes qu’elle engendre : respect d'une période de transition allant jusqu'à 3 ans, arrêt des pesticides, nouvelles formalités de contrôle, etc. Ce choix peut malgré tout être stratégique et apporter une plus-value qualitative, écologique et économique.

  • Un meilleur impact environnemental : plus respectueuse de la biodiversité, l'agriculture biologique a un impact positif sur la qualité de l'eau, des sols et de l’air. Une façon de préserver la vitalité des territoires et d’œuvrer pour sa santé et celle des habitants.
  • Un produit plus qualitatif : des études montrent que les fruits, légumes et viandes produits dans le cadre de l'agriculture biologique offrent de meilleures qualités gustatives et nutritionnelles. Un mode de production qui permet donc à l’agriculteur de mieux valoriser son travail et de le vendre plus aisément à sa juste valeur.
  • Une réponse aux attentes des consommateurs : la consommation de produits biologiques en France ne cesse de progresser (+20 % en 2016 selon l'Agence Bio) et près de 7 Français sur 10 affirment en manger régulièrement. En plus de répondre à la demande croissante, le bio est la filière la plus dynamique du secteur agricole (+ 13,7 % d'emplois en 2017, contre -1,1 % chaque année pour l'ensemble du secteur entre 2010 et 2015).
60% de fruits et de légumes importés

Selon les données de l'Agence Bio, les agriculteurs ne sont pas encore en mesure de répondre à la demande des Français. Pour preuve, 30 % des produits biologiques consommés en France sont importés et jusqu'à 60 % pour les seuls fruits et légumes biologiques. De quoi augurer de belles perspectives aux agriculteurs faisant le choix de passer au biologique !

Une conversion au biologique encouragée par l’État

Face au coût important que représente la conversion au biologique, les pouvoirs publics ont mis en place différentes aides afin de soutenir les agriculteurs dans cette transformation. Entre 2015 et 2020, 160 millions d'euros sont versés chaque année aux exploitations. Une aide de l’État qui prend principalement deux formes :

L’aide à la conversion : 

  • Sous certaines conditions (être engagé auprès d'un organisme certificateur, notifier l'Agence Bio, etc.), les exploitants profitent d'une aide annuelle allant de 44 à 900 € par hectare entre 2015 et 2020. Celle-ci est accordée pour 5 ans lors de leur passage au biologique.

Le crédit d’impôt agriculture biologique :

  • Jusqu'en 2018, les agriculteurs bénéficiaient d'un crédit d'impôt maximal de 2 500 € par an, cumulable avec l'aide à la conversion et au maintien de l’agriculture biologique dans la limite de 4 000 € par an.
    Pour la période 2018-2020, le montant du crédit d'impôt passe à 3 500€ par an. Pour y prétendre, il est nécessaire qu'au moins 40 % de l'activité soit bio.

Le maintien de l’activité favorisé par les régions

L’État n’est pas le seul à apporter son soutien aux exploitants passant au biologique ou déjà convertis. Au niveau local, les agriculteurs peuvent également prétendre à différentes aides financières, variant généralement d’une région à l’autre. Les principaux intervenants sont :

  • Les conseils régionaux : jusqu’en 2018, l’État accordait une aide au maintien de l’activité biologique. Celle-ci est maintenant dévolue aux régions qui l’octroient selon leurs propres critères. Les conseils régionaux mettent également en place différentes initiatives pour soutenir l'activité biologique locale, comme le Fonds de soutien régional de l'Auvergne-Rhône-Alpes ou la mesure Amont-Aval de la Nouvelle-Aquitaine.
  • Les Agences de l'Eau : au niveau local, ces organismes accordent des aides aux projets contribuant à l'amélioration de la qualité de l'eau, à l'image de l'antenne picarde qui organise chaque année un appel à projet spécifique pour le biologique.
  • Les GAL : les groupes d'action locale accordent des subventions lors d'une transformation ou d'un maintien de l'agriculture biologique qui participe au développement local.
  • L'Agence Bio : à travers Avenir Bio, un fonds doté d'un budget de 8 millions d'euros en 2019, cet organisme apporte un soutien financier aux exploitants ayant un projet bio pertinent et porteur.


Sources
Economie.gouv.fr
Agencebio.org
Aura.chambres-agriculture.fr

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