un couple devant un ordinateur

Perte d'emploi : comment faire face à la baisse de vos revenus ?

Vous venez de perdre votre emploi ? Pour éviter de vous retrouver dans la difficulté, prenez le temps de faire le point sur votre épargne disponible, les dépenses à réduire ou encore vos aides possibles.

Que faire en cas de baisse ou de perte de revenus ?

Passez en revue vos abonnements

En cas de difficultés financières, tentez de déterminer les postes de dépenses que vous pouvez potentiellement réduire. Vous pouvez par exemple étudier la possibilité d’opter pour un forfait de téléphonie mobile ou internet moins cher, ou encore de suspendre certains abonnements dont vous n’avez plus utilité.

Allégez votre charge fiscale

En cas de baisse de revenus, pensez à actualiser vos informations sur impots.gouv.fr , via le service en ligne « Gérer mon prélèvement à la source ». Vous pouvez y indiquer une variation de revenus, même prospective, en évaluant ceux que vous percevrez sur l'année, par exemple en vous basant sur vos indemnités chômage. Le nouveau taux calculé par l'administration fiscale est pris en compte dans un délai de 1 à 3 mois, et s'applique jusqu'au 31 décembre de l'année en cours. 

En cas de difficultés sérieuses, vous avez la possibilité de demander une remise gracieuse, partielle ou totale, de votre impôt sur le revenu et de votre taxe foncière. Elle sera accordée ou non après évaluation de vos capacités de paiement.

Piochez dans votre épargne

Si vous êtes titulaire de comptes épargne, comme un Livret A ou Livret de développement durable et solidaire (LDDS) (tous deux rémunérés à 1,5 % net depuis le 1er février 2026), vous pouvez effectuer des retraits à votre convenance, gratuits et illimités. Si vous êtes éligible au Livret d'Épargne Populaire (LEP), son taux est encore plus avantageux, à 2,5 % depuis le 1er février 2026, pensez à vérifier votre éligibilité. Les fonds déposés sur un contrat d'assurance vie peuvent aussi être débloqués, selon 2 modalités : l’avance, qu'il vous faudra rembourser plus tard, ou le « rachat », autrement dit un retrait de sommes, celui-ci donnant lieu à un prélèvement fiscal.

Si vous êtes bénéficiaire d'un plan d'Épargne Entreprise (PEE), la fin du contrat de travail, qu'il s'agisse d'un licenciement ou d'une rupture conventionnelle, constitue un motif de déblocage anticipé des fonds avant l'expiration du délai d'indisponibilité de 5 ans, sans perte des avantages fiscaux. En revanche, les fonds d'un plan d'épargne pour la retraite collectif (Perco) ne peuvent être débloqués qu'à l'expiration de vos droits au chômage.

Vérifiez les garanties de votre contrat d'assurance emprunteur liées à la perte d'emploi 

Si vous remboursez actuellement un prêt immobilier, vous avez peut-être souscrit une assurance perte d'emploi. Valable uniquement en cas de licenciement (et pas de rupture conventionnelle), elle peut prendre en charge la totalité de la mensualité ou seulement une partie, par exemple la différence entre le montant de la mensualité et le montant de votre allocation chômage, pour une période de 2 à 3 ans.

Par ailleurs, la plupart de ces assurances de prêt immobilier prévoient un délai de franchise, plus ou moins long après la date de perte de votre emploi. Pour en connaître les modalités exactes, renseignez-vous auprès de votre banquier ou assureur. N’hésitez pas à échanger avec ces derniers pour envisager un changement des modalités de remboursement de votre emprunt, si nécessaire.

Conservez votre complémentaire santé et votre prévoyance d'entreprise

Bonne nouvelle : quand vous perdez votre emploi, vous pouvez garder gratuitement votre complémentaire santé et votre prévoyance d'entreprise jusqu'à 12 mois. C'est ce qu'on appelle la portabilité des droits.

Pour en profiter, 3 conditions simples.

  1. Vous étiez couvert(e) par la complémentaire santé de votre entreprise au moment du départ.

  2. Votre contrat de travail prend fin (hors faute lourde) : licenciement, rupture conventionnelle ou fin de CDD.

  3. Vous êtes inscrit(e) à France Travail et bénéficiez de l'allocation chômage.


Astuce
Pensez à prévenir votre ancien employeur et votre organisme de mutuelle dès que possible. Pour une famille avec enfants, c'est une vraie tranquillité d'esprit : vos remboursements santé continuent, sans rien à payer.


Demandez un report ou un aménagement de vos mensualités de crédit

Vous remboursez un crédit immobilier ou un crédit à la consommation ? Sachez que vous pouvez demander à votre banque un report d'échéances (souvent de 3 à 12 mois) ou un aménagement de vos mensualités. Plusieurs solutions existent.

  • Le report partiel : vous ne payez que les intérêts et l'assurance pendant quelques mois.

  • Le report total : vous suspendez complètement vos mensualités (qui seront ajoutées à la fin du prêt).

  • L'allongement de la durée du crédit pour réduire le montant mensuel.


Astuce
N'attendez pas d'avoir des impayés pour en parler. Plus vous contactez votre conseiller bancaire tôt, plus les solutions sont nombreuses et faciles à mettre en place. Un simple rendez-vous peut vous éviter beaucoup de stress.


Quelles aides sont disponibles pour les personnes sans emploi ou au chômage ?

Si vous êtes inscrit au chômage, vous pouvez sans doute bénéficier des allocations chômage ou du RSA. Pour vous assurer de ne pas passer à côtés de certaines d'entre elles, notamment les aides au logement (APL), rendez-vous sur mesdroitssociaux.gouv.fr afin de vérifier si vous êtes éligible à certaines prestations sociales.

Bon à savoir 
Depuis le 1er avril 2025, le versement de l'ARE (Allocation d'aide au Retour à l'Emploi) est mensualisé sur une base fixe de 30 jours. À noter également : un projet de loi adopté en juin 2026 prévoit une réduction de la durée d'indemnisation pour les salariés quittant leur emploi via une rupture conventionnelle, potentiellement applicable à partir du 1er septembre 2026. Renseignez-vous auprès de France Travail pour connaître vos droits précis selon votre situation.

Pensez aussi à l'ASS et à l'aide de fin de droits

Si vous avez épuisé vos droits aux allocations chômage (ARE), d'autres dispositifs peuvent prendre le relais.

  • L'Allocation de Solidarité Spécifique (ASS) : versée aux demandeurs d'emploi en fin de droits ayant suffisamment travaillé (au moins 5 ans dans les 10 années précédant la fin du contrat). Elle est attribuée sous conditions de ressources.

  • L'aide de fin de droits : depuis le 1ᵉʳ avril 2025, elle est versée automatiquement par France Travail, sans démarche de votre part, si vous remplissez les conditions de ressources et ne pouvez pas bénéficier de l'ASS. 


Astuce 
N'hésitez pas à prendre rendez-vous avec votre conseiller France Travail quelques semaines avant la fin de vos droits. C'est le bon moment pour faire le point sur les relais possibles et anticiper sereinement la suite.


Mettez à jour votre dossier CAF rapidement

Une baisse de revenus peut augmenter le montant de vos APL ou déclencher de nouvelles aides (RSA, prime d'activité, allocations familiales majorées…). Pour en profiter sans délai :

  • connectez-vous sur caf.fr et déclarez votre changement de situation ;

  • les APL sont recalculées tous les 3 mois sur la base de vos revenus récents : plus vite vous actualisez, plus vite vous bénéficiez de l'ajustement ;

  • pensez aussi à demander une aide exceptionnelle CAF si la situation est urgente : votre CAF locale peut débloquer un coup de pouce ponctuel.

Et si la perte d'emploi était l'occasion d'un nouveau projet ?

Une fin de contrat peut aussi devenir une opportunité de reconversion ou de création d'entreprise. France Travail propose plusieurs dispositifs pour vous accompagner.

  • L'ARCE (Aide à la Reprise ou à la Création d'Entreprise) : vous pouvez percevoir jusqu'à 60 % de vos droits chômage restants sous forme de capital, versé en deux fois, pour financer votre projet.

  • Le cumul ARE + revenus d'activité : si vous préférez garder vos allocations, vous pouvez les cumuler partiellement avec les revenus de votre nouvelle activité.

  • Le CPF et l'Aide Individuelle à la Formation (AIF) : pour financer une formation, un bilan de compétences ou une VAE pendant votre période d'indemnisation.

Avant de vous lancer, prenez le temps d'en discuter avec un conseiller France Travail ou un réseau d'accompagnement (BGE, France Active, CCI…). 

FAQ – Anticiper une baisse de revenus quand on est une jeune famille

Nous répondons aux questions les plus fréquemment posées.

Quand on a des enfants, le budget familial repose souvent sur un équilibre fragile : loyer ou crédit immobilier, crèche, courses, activités… Une baisse de revenus (congé parental, perte d'emploi, arrêt maladie, séparation) peut vite déséquilibrer le quotidien. Anticiper, c'est protéger sa famille et garder sa sérénité, même quand la vie réserve des surprises. 

Il n'y a pas de montant magique : l'important, c'est la régularité. Même 20 €, 50 € ou 5 % de vos revenus mis de côté chaque mois finissent par construire une vraie épargne de précaution. L'objectif idéal ? Avoir l'équivalent de 2 à 3 mois de dépenses courantes de côté pour faire face à un imprévu sans stress. Commencez petit, augmentez quand vous pouvez. 

C'est fortement recommandé, surtout avec des enfants à charge. Quand vous signez un crédit immobilier, prenez le temps d'étudier les options d'assurance proposées par la banque, notamment la garantie perte d'emploi. Elles ne sont pas obligatoires, mais en cas de coup dur, elles peuvent éviter à toute la famille de perdre le logement. 

Plusieurs dispositifs peuvent vous soutenir selon votre situation :

  • allocations chômage en cas de perte d'emploi ;
  • indemnités journalières de la Sécurité sociale en cas d'arrêt maladie ou d'accident du travail ;
  • RSA et prime d'activité si vos revenus sont modestes ;
  • APL (aides au logement) pour alléger le loyer ou la mensualité de crédit ;
  • complémentaire santé solidaire pour couvrir les frais de santé de toute la famille ;
  • pension alimentaire en cas de séparation avec enfants à charge ;
  • allocation journalière de proche aidant si vous devez vous occuper d'un proche malade ;
  • chèque énergie pour les factures d'électricité, gaz, fioul… 

Astuce : beaucoup de familles n'osent pas demander ces aides, par méconnaissance ou par fierté. Pourtant, elles existent pour vous. Pas de honte à les activer, c'est même très malin.

Le site officiel mes-aides.gouv.fr propose un simulateur gratuit : en quelques minutes, vous saurez quelles prestations sociales vous pouvez demander et leur montant estimé. Pratique pour ne rien laisser passer et anticiper vos rentrées d'argent.

Si vous avez moins de 26 ans, vous n'êtes pas seul(e) : France Travail, les Missions locales, la CAF et Action Logement proposent des dispositifs financiers, humains et logistiques pour vous accompagner dans votre insertion. Le bon réflexe ? Pousser la porte de votre conseiller France Travail et activer ces aides à votre rythme.

  • L'allocation ponctuelle de France Travail vous aide à financer un besoin urgent (téléphone, transport…) si vos revenus sont inférieurs à 300 € nets par mois.
  • Le RSA Jeune actif s'adresse aux moins de 25 ans ayant déjà travaillé au moins 2 ans à temps plein sur les 3 dernières années.
  • Le Contrat d'Engagement Jeune (CEJ) propose un accompagnement intensif (stages, formations, missions) avec une aide financière modulable, pour les 16-25 ans (jusqu'à 30 ans en situation de handicap).
  • Enfin, la Garantie Visale d'Action Logement se porte caution gratuitement pour vous faciliter l'accès à un logement.

Vous n'êtes pas seul(e). Deux interlocuteurs gratuits et bienveillants peuvent vous aider à faire le point :

  • le CCAS (Centre Communal d'Action Sociale) de votre mairie ;
  • un Point Conseil Budget, où un(e) conseiller(e) vous reçoit sans jugement.

Ce sont des espaces d'écoute, faits pour vous orienter pas à pas. 

Réduire le budget, ce n'est pas se priver de tout, c'est faire des choix conscients. Voici une méthode simple :

  1. Listez toutes vos dépenses du mois.
  2. Classez-les en 4 catégories :
    1. Fixes et déjà engagées : loyer, énergie, assurances… 
    2. Supprimables : abonnements streaming en double, salle de sport non utilisée… 
    3. Reportables : achat d'un nouveau canapé, vacances lointaines… 
    4. Réductibles : forfait mobile, contrats d'assurance à renégocier, courses en marques distributeur… 

Côté enfants : misez sur les activités gratuites (parcs, médiathèques, ateliers municipaux) et les vêtements/jouets de seconde main. La qualité du temps passé compte bien plus que le budget dépensé. 

3 réflexes à activer rapidement :

  1. Prévenez votre banque avant que le découvert ne s'installe — ne laissez pas la situation s'aggraver. 
  2. Faites le tour des aides sur mes-aides.gouv.fr et déposez vos demandes sans attendre (les délais peuvent être longs). 
  3. Revoyez votre budget familial avec votre conjoint(e) : transparence et solidarité, c'est la clé pour traverser la période ensemble. 

Mieux vaut prévenir que guérir. Une petite épargne mise de côté chaque mois, une bonne connaissance de ses droits sociaux et un budget familial bien organisé : voilà le trio gagnant pour traverser sereinement les imprévus de la vie de parent.

Êtes-vous bien assuré ?

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