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Artisans : comment transmettre votre savoir-faire ?

Artisans : comment transmettre votre savoir-faire ?

Le savoir-faire est une valeur complexe et précieuse pour les artisans. Fondé sur votre apprentissage et votre expérience, il ne doit surtout pas être perdu. Voici comment le transmettre.

Que leur devanture indique horloger depuis 1775, artisan chausseur depuis 1878, ou luthier depuis 1996, les artisans sont fiers de leur histoire et de leur héritage, qu’ils affichent comme un argument clé pour séduire les clients. À raison ! Les artisans possèdent un savoir précieux, acquis au fil du temps, et les Français ne s’y trompent pas. Ils sont 94 % à avoir une bonne opinion des artisans, qu’ils considèrent comme des experts dans leur domaine et les dépositaires d’un savoir-faire.

Au cœur de la valeur de chaque entreprise artisanale, le savoir-faire la distingue des autres et lui donne son identité propre. Loin de se limiter à des gestes, à des méthodes de travail, ce fameux savoir-faire artisanal est un ensemble qui combine à la fois des connaissances, des pratiques et des comportements. Pour assurer la pérennité de son activité, il est donc extrêmement important pour l’artisan de parvenir à transmettre ce savoir-faire.


Mais c’est plus facile à dire qu’à faire. Selon un baromètre réalisé en juin 2018, seule 1 entreprise artisanale sur 3 se transmet, et seul 1 artisan sur 2 installé depuis plus de 5 ans et cédant son activité cherche à trouver un repreneur. Quand repreneur il y a, c’est le plus souvent une personne externe à l’entreprise (50 %) ou un membre de la famille (31 %). L’affaire n’est transmise à un salarié que dans 14 % des cas.

 

Les différentes façons d’acquérir le savoir-faire artisanal

Des études menées à l’Université Paul Sabatier de Toulouse auprès de jeunes en formation, de futurs artisans et de formateurs ont permis de mettre en lumière les 3 types d’apprentissage principaux du savoir-faire artisanal :

  • la formation initiale, nécessaire pour apprendre la technique, les méthodes, mais également la rigueur indispensable à l’exercice du métier ;
  • la formation continue, pour continuer à évoluer en permanence et acquérir de nouvelles compétences ;
  • l’apprentissage informel, notamment la capacité de l’artisan en devenir à apprendre par lui-même. Ces façons d’apprendre ne sont pas mutuellement exclusives, bien au contraire : elles sont complémentaires et parfois simultanées.

Pour transmettre leur savoir-faire, fruit de nombreuses années d’expérience, les artisans ne sont pas démunis. Concrètement, au sein même de l’entreprise artisanale, le partage et la transmission du savoir-faire peut prendre plusieurs formes :

  • l’apprentissage ;
  • l’embauche de collaborateurs externes (en accueillant dans son équipe un collaborateur formé ailleurs, l’artisan intègre un savoir-faire différent) ;
  • le travail en équipe ;
  • la transmission par la formation (mentorat, tutorat, coaching).

 

L’apprentissage

L’apprentissage est sans doute la voie royale pour acquérir un savoir-faire artisanal. Ce n’est pas le plombier chauffagiste Romain Pascal, lauréat 2016 du Prix du maître d’apprentissage dans la catégorie Jeune maître d’apprentissage, qui dira le contraire. « L’apprentissage est la façon la plus efficace d’apprendre le métier », estime-t-il. Pour autant, l’apprentissage ne bénéficie pas qu’à l’apprenti ! L’entreprise peut s’appuyer sur ses apprentis pour croître et diversifier ses activités. Romain Pascal emploie d’ailleurs trois anciens apprentis dont l’un a passé un diplôme de carreleur mosaïste. « Grâce à cela, nous proposons aujourd’hui de la création de salles de bains », se réjouit le plombier chauffagiste, qui a déjà formé une douzaine d’apprentis.

L’artisan qui accueille un apprenti le forme non seulement à un métier, mais également à la culture de son entreprise. C’est un gain de temps non négligeable s’il décide de le recruter : l’apprenti connaît déjà les codes et valeurs de l’entreprise, les méthodes de travail, la clientèle… De plus, une entreprise qui recrute un apprenti peut bénéficier de nombreuses aides financières cumulables : exonérations, primes au recrutement, crédit d’impôt…


Cependant, de nombreux artisans sont aujourd’hui réticents à embaucher un apprenti. Selon une étude réalisée à l’Université de Rouen2, l’artisanat est confronté à un paradoxe. Individuellement, aucun artisan n’a d’intérêt à former un apprenti : cela coûte cher, l’apprenti risque de valoriser sa formation ailleurs et rien n’empêche l’artisan d’embaucher plutôt des jeunes déjà formés. Pourtant, les artisans ont collectivement intérêt à voir l’apprentissage se développer.

« Sinon c’est la tradition artisanale elle-même qui se perd et le vivier d’ouvriers formés non seulement au métier mais à la tradition de l’artisanat des futurs artisans qui se tarit », écrivent les auteurs de l’étude.


Le travail en équipe et la transmission par la formation

Il existe, pour le nouveau venu, différents moyens d’apprendre au contact de l’équipe artisanale. Il peut évidemment observer et déduire de lui-même, mais il peut aussi se faire accompagner dans son processus d’apprentissage.

Le tutorat

Le tuteur est un salarié de l’entreprise qui accompagne bénévolement un jeune en formation, notamment dans le cadre d’un contrat de professionnalisation. Le tuteur transfère son savoir professionnel sur le terrain, en situation de travail.

Le tutorat est un accompagnement à durée déterminée dont le but est de permettre aux « tutorés » de maîtriser des savoirs, des savoir-faire et des savoir-être. Les compétences à acquérir sont en général clairement explicitées en amont, et le tuteur procède le plus souvent à une évaluation pour s’assurer qu’elles sont acquises. Les élèves doivent, en fin de formation, être capables de résoudre en autonomie les problèmes rencontrés au travail.

Le mentorat

Un mentor est « un individu plus expérimenté qui a réussi à l’intérieur d’une organisation, et qui procure un soutien, relatif au déroulement de carrière, à un individu moins expérimenté ». Concrètement, le mentor transfère ses connaissances, son savoir, et prodigue des conseils. Le mentorat, sorte de « passage de relais » de compétences, est très utilisé dans le cadre des contrats de génération qui visent à former des jeunes en remplacement de seniors partant à la retraite.
La réussite du mentorat dépend de la confiance et de la qualité de la relation entre le mentor et son élève. C’est pourquoi il est indispensable que le mentor effectue cette mission de manière volontaire et sans recevoir de contrepartie, mais aussi qu’il n’existe pas de rapport hiérarchique entre mentor et élève.

Le coaching

Galilée disait qu’« on ne peut rien enseigner à autrui, on ne peut que l’aider à découvrir par lui-même ». C’est exactement la posture que prend le coach, un conseiller externe qui vient aider le salarié non pas à acquérir des compétences, mais à se développer personnellement et professionnellement. Ensemble, le coach et le coaché vont identifier les différents axes de développement – mais aussi les freins – de la carrière du coaché, fixer des objectifs à atteindre et les moyens de le faire7. Un coach peut être un atout précieux pour régler un conflit ou accompagner le changement dans l’entreprise, mais son intervention a un coût qu’il faut prendre en compte.
 
 
Sources :

bva-group.com
infometiers.org
lemondedesartisans.fr
formation-professionnelle.fr

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