Skip to main content

Vous montrez vos enfants sur Internet ? Attention aux dangers du « sharenting »...

Il est souvent tentant de publier une photo de ses enfants sur les réseaux sociaux. Cependant, plusieurs associations mettent en garde contre les risques liés à cette pratique devenue habituelle. En effet, un grand nombre de photos et vidéos exposent les mineurs à des dangers parfois insoupçonnés.

Qu'est-ce que le sharenting ?

La définition du sharenting ? Cet anglicisme, contraction des mots sharing (partager) et  parenting (parentalité) désigne l’habitude de nombreux parents à publier des contenus liés à  leurs enfants. Beaucoup de photos et vidéos circulent en effet sur les réseaux sociaux. Or cette pratique, tout à fait innocente pour beaucoup de parents, est plus dangereuse qu’il n’y paraît et elle devient un phénomène viral.

Quelle est la pratique du sharenting en France ?

Plus de la moitié des parents (53%) ont déjà partagé du contenu lié à leurs enfants sur les réseaux sociaux, selon l’Observatoire de la parentalité et de l'éducation numérique. Pour cette raison, l’association L'Enfant Bleu a lancé une campagne sur les dangers de la pratique du sharenting. « Afin d'éviter qu'une photo de votre enfant ne tombe entre de mauvaises mains, nous vous recommandons de limiter la portée de vos publications », insiste-t-elle sur son site.

Le problème des partages de photos et de vidéos d'enfants 

Tout peut commencer avec les meilleures intentions du monde. Un enfant naît, il fait quelque chose de mignon, il prend volontiers la pause : il est tentant, pour un parent, de vouloir partager une photo ou une vidéo avec ses proches via ses réseaux sociaux.

D’autres parents pratiquent volontiers le sharenting en partageant leur quotidien via des « vlogs » familiaux, c’est-à-dire des vidéos où des parents racontent leurs vacances ou leur vie de famille en mettant en scène leurs enfants. Ces contenus sont partagés sur des plateformes publiques comme Instagram, TikTok, Facebook ou YouTube.

Certains parents, enfin, s’affichent comme des « influenceurs » et espèrent monnayer leurs publications en générant le plus grand nombre de vues et nouent ainsi des partenariats avec des marques.

Dans tous les cas, les photos et vidéos de nos enfants, dès lors qu’elles circulent sur Internet, peuvent être partagées à l’infini. Publier des photos de ses enfants, c’est exposer sa progéniture à des commentaires malveillants, voire du harcèlement. Plus grave encore, les associations de protection de l’enfance expliquent que des pédocriminels peuvent récupérer les photos postées par les parents et les détourner.

Une proposition de loi visant le sharenting

En mars 2023, l’Assemblée nationale a voté à l’unanimité une proposition de loi visant à protéger le droit à l'image des enfants sur Internet. Le texte à l’étude prévoit des sanctions « si la diffusion de l’image de l’enfant par ses deux parents porte gravement atteinte à sa dignité ou à son intégrité morale ».

Il ne s’agit pas d’interdire aux parents de publier des photos de leurs enfants mais de les alerter sur certains dangers et de suggérer quelques précautions. Certains clichés autour de la vie privée méritent de rester dans la sphère personnelle.

Quels conseils pour préserver ses enfants ?

La première étape, pour les parents qui souhaitent partager des photos de famille avec des proches, est de vérifier les paramètres de confidentialité de leurs réseaux sociaux. De même, parmi les conseils partagés, les parents ne doivent pas accepter n'importe qui comme contact.

Parmi les photos les plus dangereuses, l’association L'Enfant Bleu recommande de bannir et d’effacer toute photo « suggestive » : « enfants dénudés, en maillots de bain ou en tenues de gymnastique ». 

Évitez également les informations identifiables : ne partagez jamais d'informations qui pourraient aider des personnes mal intentionnées à identifier ou à localiser vos enfants. Cela inclut notamment les noms d'écoles ou les adresses.

Réfléchissez avant de partager : avant de publier une photo ou une vidéo de vos enfants, pensez à leur droit à l'image et à leur vie privée. Assurez-vous qu'ils sont d'accord avec la publication si ils sont assez âgés pour comprendre.

50% de contenus pédocriminels issus des réseaux sociaux

Selon la COFRADE (Conseil Français des Associations pour les Droits de l’Enfant), 50% des photos publiées sur les forums pédopornographiques sont en effet des clichés pris par les parents et partagés publiquement sur leurs réseaux sociaux.

Sources : Rapport 2022 du Conseil français des associations pour les droits de l'enfant (Cofrade), Association L’Enfant Bleu, l'Observatoire de la parentalité et de l'éducation numérique.

Partager

Informations non-contractuelles données à titre purement indicatif dans un but pédagogique et préventif. Generali ne saurait être tenue responsable d’un préjudice d’aucune nature lié aux informations fournies.