L’un des premiers signes visibles de la croissance rapide d’une entreprise est son manque récurrent de liquidités. De la recherche de financements à la mise en place d’une organisation adaptée, donnez-vous les moyens de poursuivre votre route vers le succès.

Organisation : place à la rigueur

Piloter sa croissance sans la subir

Une entreprise en forte croissance est souvent assimilée à un navire à l’approche d’une tempête. Pour augmenter ses chances de parvenir à bon port, l’attitude la plus efficace se résume en trois points :

  • anticiper chaque situation, en réglant sa voilure en conséquence ;
  • accompagner le mouvement et tenir le cap ;
  • conserver un œil sur ses instruments de navigation.
     

Réactualiser régulièrement son business plan

C’est mécanique : le besoin de liquidités augmente en même temps que le nombre de commandes. Achat de matières premières, investissement dans l’outil de production, augmentation de la masse salariale… L’équilibre dépenses-recettes devient de plus en plus difficile à trouver, et la trésorerie flirte en permanence avec le point de rupture.

Réactualiser son business plan deux fois par an, ou chaque fois qu’un changement substantiel affecte l’entreprise, est le seul moyen :

  • d’anticiper ses besoins à court, moyen ou plus long terme ;
  • de prendre le temps d’explorer toutes les possibilités de financement ;
  • de programmer sereinement son développement futur.
     

Harmoniser outil de production et capital humain

Embauche d’un cadre ou achat d’une nouvelle machine ? À coût équivalent, nombre de dirigeants préfèrent investir dans des équipements plutôt que dans des compétences. D’autres privilégient le recrutement massif de talents et de managers, au détriment de l’outil de travail. La réussite d’une affaire suppose un juste équilibre entre investissements matériels et immatériels.
 

S’appuyer sur des outils adaptés

Les entreprises sont amenées à manipuler de gros volumes de données comptables et financières. Au-delà des exigences réglementaires, il est indispensable de se doter d’outils de gestion performants et suffisamment flexibles pour accompagner en souplesse toute future montée en charge.
Remise à jour des contrats types et des conditions générales de vente, mise en place de procédures claires, formalisation des échanges : plus elle grandit, plus une entreprise doit pouvoir se reposer sur une organisation structurée.
 

Garder un œil sur les indicateurs

Quatre points clés doivent notamment être surveillés :

  • la capacité financière (niveau de capitaux propres, endettement, poids des charges fixes et de la masse salariale dans le chiffre d’affaires) ;
  • les indicateurs de production (rotation des stocks, productivité) ;
  • les entrées et sorties (délais et défauts de paiement) ;
  • l’efficacité commerciale (taux de transformation et de fidélisation).
     

Veille, anticipation : rester en phase avec son marché

Cours des matières premières, émergence de technologies nouvelles ou encore offensive soudaine d’un concurrent : n’attendez pas que des événements extérieurs vous forcent à réagir dans l’urgence. Scientifique, technologique ou même juridique, une veille efficace est indispensable. Et prenez le temps d’écouter les informations transmises par vos clients, vos fournisseurs, vos partenaires d’affaires… et même vos salariés !

Financement : l’importance de l’anticipation

Les signes qui doivent alerter

  • Votre chiffre d’affaires a beaucoup augmenté en peu de temps.
  • Vous retardez le paiement de vos fournisseurs.
  • Votre ligne de crédit plafonne.
  • Vous externalisez de plus en plus de prestations.

Endettement, trésorerie : garder le cap

Le manque de liquidités est le premier facteur susceptible de limiter votre croissance :

  • réfléchissez mûrement chaque investissement ;
  • passez périodiquement en revue tous les éléments de votre fonds de roulement ;
  • explorez toutes les pistes qui s’offrent à vous.

Pour des véhicules, mais aussi du gros outillage, la location ou la location-vente peuvent notamment s’avérer plus profitables sur la durée qu’un achat.
 

Délais de paiement, recouvrement de créances : optimiser la circulation des fonds

Maintenir sa trésorerie à flot est un art subtil. Malgré le développement de bonnes pratiques au sein des collectivités, nombre d’entrepreneurs renoncent à briguer des marchés publics compte tenu de l’importance des délais de paiement. Relance des impayés, négociations avec les fournisseurs : optimiser la circulation des fonds est particulièrement chronophage, mais toujours salvateur.
 

Rationaliser les coûts

Une forte croissance a un effet euphorisant, qui conduit encore trop de dirigeants à perdre de vue leurs marges bénéficiaires. Or, vendre davantage ne suffit pas pour gagner plus. Honorer ses commandes à grand renfort de sous-traitance, augmenter ses volumes d’achats sans renégocier les tarifs ou encore investir dans une communication non ciblée a forcément une incidence sur les coûts de revient.
 

Rechercher des fonds à court terme

Les facilités de caisse temporaires, le découvert autorisé et les lignes de crédit à court terme ayant leurs limites, de plus en plus d’entreprises recourent à l’affacturage. Cette cession de créances, qui permet d’obtenir les fonds dès l’émission de la facture, n’est cependant possible que si le client est une entreprise ou une administration.
 

Penser au refinancement

Accordé au vu d’un dossier comparable à une demande de crédit classique, le refinancement est le regroupement, sur une durée plus longue, des dettes de l’entreprise. Les mensualités, plus faibles, libèrent des fonds pour la gestion quotidienne. Elles doivent néanmoins rester cohérentes avec la capacité de remboursement de l’entreprise.
 

Croissance externe : réussir un rachat

Compte tenu des risques financiers et sociaux liés à une mauvaise acquisition, toute forme de croissance externe doit s’inscrire dans une stratégie mûrement réfléchie.

- Le projet doit répondre à une nécessité : consolidation de position, intégration de savoir-faire rares ou encore diminution du nombre d’intermédiaires.

- Les meilleures opportunités n’attendent pas : réfléchissez en amont au financement de votre future acquisition.

- Gestion humaine, métiers… pesez bien tous les aspects de cette future intégration.

- Élaborez un argumentaire structuré, rassurant et séduisant, et prenez le temps d’accompagner votre futur vendeur.

Prendre de grandes décisions

Opter pour une nouvelle forme juridique

Passer en SA ou en SAS, choisir la solution coopérative : le premier changement majeur déclenché par la croissance concerne la forme juridique de l’entreprise. Avant de vous décider, pesez bien, sur le plan fiscal, les tenants et les aboutissants de chaque option, et efforcez-vous d’opter pour le capital social le plus adapté à votre nouvelle situation.
 

S’agrandir ou déménager ?

L’un des premiers effets secondaires de la croissance est la réduction drastique de l’espace disponible. Que vous envisagiez de multiplier les sites ou de déménager toute l’entreprise vers des locaux plus spacieux :

  • étudiez toutes les opportunités d’aides liées à l’implantation géographique ;
  • assurez-vous que vos collaborateurs adhèrent au projet ;
  • mesurez l’impact de la période de transition sur votre activité ;
  • réfléchissez au poids des surfaces excédentaires sur vos coûts de revient.
     

Associés, partenaires : partager son affaire

Ouvrir son capital, pallier la défection d’un actionnaire ou obtenir des fonds supplémentaires : à partir d’un certain seuil, rester seul aux commandes devient difficile. La cession de parts constitue un moment particulier sur le plan psychologique, notamment si elle débouche sur une dilution des pouvoirs. Elle impose aussi une réelle projection dans l’avenir : tout vendre pour redémarrer autre chose peut finalement s’avérer le choix le plus satisfaisant.

Obtenir de l’aide et des moyens

Pass French Tech, CICE, prêts accordés par Bpifrance, prêts d’honneur du réseau Entreprendre… divers dispositifs permettent de bénéficier d’un accompagnement humain et de financer sa montée en puissance.
En outre, différents réseaux d’entrepreneurs actifs ou retraités fonctionnent sur le principe du partage d’expérience ou proposent un coaching personnalisé.

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