État de fatigue intense, le burnout est une conséquence directe de conditions de travail stressantes. Salariés, indépendants, dirigeants… personne n’est à l’abri. Comment s’en protéger ? Le détecter ? Y remédier ? Focus sur une affection qui concernerait aujourd’hui plus de trois millions de Français.

Une affection liée au travail

Le burnout en quelques mots

Précarité, recherche de performance, nécessité de s’investir toujours plus, omniprésence des moyens de communication… L’évolution des valeurs liées au travail multiplie les situations de stress chronique.

Caractérisé par l’OMS comme un sentiment de fatigue intense, de perte de contrôle et d’incapacité à obtenir des résultats concrets, le syndrome d’épuisement professionnel, aussi appelé burnout, en est une conséquence directe. Il se caractérise par un épuisement émotionnel, une insensibilité grandissante au monde environnant et un fort sentiment de non-accomplissement au travail.

Les catégories les plus exposées

Dès les années 1970, le syndrome d’épuisement professionnel est identifié dans des populations très engagées émotionnellement dans leur travail : aidants, personnels médicaux ou encore enseignants. Mais il menace toutes les professions requérant un investissement personnel important et touche toutes les catégories de population, de l’employé au chef d’entreprise, du cadre à l’artisan. Un actif sur quatre y aurait déjà été confronté.

Les principales causes

Stress chronique et charge de travail élevée constituent deux facteurs prédisposant. Peuvent s’y ajouter le manque d’autonomie, de soutien, de communication avec la hiérarchie, le sentiment d’un déséquilibre entre efforts et reconnaissance, ou encore une situation de harcèlement.
La vulnérabilité au burnout varie cependant d’un individu à l’autre. Perfectionnisme, faible estime de soi, solitude ou, au contraire, lourdes responsabilités familiales peuvent constituer autant de facteurs aggravants.

Des symptômes variables d’un individu à l’autre

Ce phénomène insidieux est difficile à caractériser en raison de la nature diffuse de ses symptômes. C’est leur multiplicité qui doit alerter.

  • Sur le plan psychologique : démotivation, irritabilité, inquiétude, frustration, détresse, sentiment d’incompétence, baisse de concentration et de confiance en soi, incapacité à prendre une décision.
  • Sur le plan physique : fatigue persistante, douleurs (migraine, mal de dos), problèmes cutanés ou digestifs, perte ou gain de poids, troubles du sommeil, sensibilité aux infections.

Non détecté, l’épuisement professionnel peut conduire à l’effondrement total, voire à la maladie ou à l’accident cardiaque.

Burnout, grosse fatigue et dépression : ne pas confondre

Contrairement à la dépression où, si le travail peut constituer un facteur aggravant, il n’en est pas la cause première, le burnout est toujours lié à des situations de stress chronique en milieu professionnel. À la différence de la fatigue, l’épuisement n’est pas seulement physique, mais aussi émotionnel.

Prévenir le burnout dans son entreprise

Savoir le détecter à temps : les signes qui doivent alerter

Absentéisme, lenteur dans le travail, sautes d’humeur, absence de réactivité, tendance à s’isoler : si, pris séparément, aucun de ces symptômes ne suffit à diagnostiquer un burnout, c’est leur multiplicité et surtout leur caractère inhabituel qui doivent alerter. L’individu concerné étant rarement conscient de son état, c’est à l’entourage de tirer la sonnette d’alarme.

Organisation : réduire les risques

Même s’il est impossible de prévenir toutes les situations de burnout, repenser son organisation peut limiter les risques. Par exemple :

  • s’interroger sur l’adéquation entre les missions confiées et les capacités des salariés ;
  • mettre à disposition les ressources nécessaires ;
  • équilibrer la charge de travail de chacun ;
  • communiquer clairement sur ses objectifs ;
  • valoriser les résultats des uns et des autres.

Des mesures collectives positives

S’il est difficile de mettre en œuvre un plan de réduction des risques psychosociaux dans une TPE, il est toujours possible d’agir pour renforcer les liens entre les salariés. Retour d’expérience, partage de savoir-faire, échanges sur les pratiques professionnelles : en parler a des conséquences positives en termes d’estime de soi… et d’efficacité !

Prendre en charge un salarié épuisé

La première chose à faire est d’organiser un entretien avec le salarié pour faire le point sur ses difficultés et identifier les causes susceptibles d’être éliminées. Aménagez son poste sans attendre, réduisez sa charge de travail, différez ce qui peut l’être et incitez votre collaborateur à prendre du repos. Avec son accord, requérez l’aide de la médecine du travail.

Comment en sortir ?

Entourage, médecin : avant tout, communiquer

Le burnout n’est ni un trouble mental, ni une maladie honteuse, ni un échec. Informer son entourage, professionnel comme personnel, est primordial afin de rompre l’isolement et de dédramatiser. Décrire ses symptômes, ses émotions, ses difficultés offre déjà une amorce de solution. L’aide d’un médecin reste toutefois indispensable.

Faut-il absolument cesser le travail ?

Le repos est nécessaire pour gérer la fatigue physique et recharger ses batteries. C’est cependant au médecin d’apprécier si une rupture totale s’impose ou si un aménagement temporaire du travail peut suffire. Les arrêts maladie pour burnout excèdent rarement quelques semaines, l’expérience ayant prouvé qu’une absence trop longue compliquait la reprise.

Se faire aider sur le plan psychologique

Recherche d’un meilleur équilibre entre vies professionnelle et privée, reprise du contrôle de ses émotions, gestion du stress : des changements sont nécessaires. Un psychologue ou un psychothérapeute spécialisé peuvent aider à identifier les causes du burnout et apprendre à le contrer. Les thérapies cognitivo-comportementales donnent de bons résultats.

Plus de sport, moins d’excitants : apprendre à vivre autrement

Pour prévenir ou guérir, une bonne hygiène de vie s’impose :

  • alcool, tabac, café, sucre, mais aussi chocolat sont des excitants qui contribuent au stress et doivent être limités ;
  • l’exercice physique (au moins une demi-heure plusieurs fois par semaine) facilite le sommeil et renforce la sérénité ;
  • décrocher est primordial, en programmant de courtes pauses pendant ses journées de travail, en limitant les déjeuners professionnels et les sandwiches au bureau, et en s’efforçant d’imposer ici et là le silence à son Smartphone.

Prévenir les récidives

Mieux gérer son temps, cerner les tâches prioritaires, déléguer, revoir ses modes opératoires… La prévention d’une éventuelle récidive commence au travail. Elle impose aussi de savoir apprivoiser le stress, et de toujours garder du temps pour d’autres activités et ses proches. Enfin, et ce n’est pas le plus facile, il faut impérativement apprendre à dire « non ». Prêt ?

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