Nos conseils pour prendre la mer en toute sécurité
Le plaisir de la navigation de plaisance ne doit pas vous faire oublier les nombreux risques encourus ni les obligations à respecter lors de toute sortie en mer. Naviguer en toute sécurité ne s'improvise pas : cela repose sur une bonne préparation, des équipements adaptés et des réflexes éprouvés. Que vous soyez plaisancier débutant ou navigateur expérimenté, voici quelques conseils pour prendre la mer sereinement, respecter les règles en vigueur et profiter pleinement de chaque sortie nautique.
Publié le 18/06/2026 - 7 minutes
Qu'est-ce que la sécurité maritime ?
La sécurité maritime désigne à la fois l'absence de dangers réels en mer et l'ensemble des dispositifs mis en place pour y parvenir. Elle couvre deux grandes dimensions : la protection des personnes à bord et la sauvegarde de la vie humaine en mer, mais aussi la prévention de la pollution des milieux marins.
À l'échelle internationale, c'est l'Organisation Maritime Internationale (OMI) qui fixe le cadre. Fondée en 1959, elle a notamment adopté la Convention internationale SOLAS, pour la sauvegarde de la vie en mer, qui reste le traité de référence pour tous les navires. Des sociétés de classification certifient ensuite la conformité des bâtiments à ces normes.
En France, ce cadre se décline à travers des réglementations nationales qui s'appliquent aussi bien aux professionnels qu'aux plaisanciers.
Le saviez-vous ?
L'été 2025 a enregistré 1 418 noyades en France, dont 409 suivies de décès, soit une hausse de +14 % par rapport à 2024, selon le bilan de Santé publique France (mai 2026). Un chiffre qui rappelle l'importance de ne jamais prendre la mer à la légère.
Matériel de sécurité… Quels sont les équipements obligatoires d'un bateau de plaisance en France ?
Pour sortir en mer en toute sécurité, le navigateur doit faire preuve d'une prudence et d'une attention de tous les instants. Et cela commence avant d'être sur l'eau ! Notamment s'assurer de posséder un équipement adéquat.
En effet, les équipements de sécurité exigés à bord d'un navire de plaisance de moins de 24 mètres dépendent de sa zone de navigation :
« basique » (jusqu'à 2 milles d'un abri côtier) ;
« côtière » (entre 2 et 6 milles) ;
« semi hauturière » (de 6 milles jusqu’à 60 milles) ;
« hauturière » (au-delà de 60 milles).
Pour la navigation dite « basique », il vous faut obligatoirement :
un équipement individuel de flottabilité ;
un dispositif lumineux individuel ;
des moyens mobiles de lutte contre les incendies ;
un dispositif d'assèchement manuel ;
un dispositif d'amarrage et de remorquage ;
une ligne de mouillage ;
un annuaire des marées ;
un pavillon national (hors eaux territoriales) ;
un coupe-circuit relié au pilote pendant la navigation (obligatoire pour tout moteur hors-bord depuis l'arrêté du 11 octobre 2024).
La liste du matériel obligatoire augmente au fur et à mesure qu’on s'éloigne des premières eaux, souvent qualifiées « d'abritées ». Pour connaître le détail des autres équipements par type de navigation, téléchargez notre guide du plaisancier ou consultez les sites officiels comme celui du ministère de la Transition écologique et solidaire.
Quelles sont les précautions élémentaires avant de prendre la mer ?
L'un des premiers réflexes à avoir est de consulter la météo marine du jour. Des bulletins sont affichés dans toutes les capitaineries ; vous pouvez aussi consulter les sites Météo France et Météo Marine. Relevez également les horaires, les coefficients des marées, l'état de la mer, la direction du vent ; ces informations sont utiles pour pouvoir sortir votre bateau ou rentrer à bon port.
Avant de prendre votre bateau, un rapide coup d'œil à l'état de votre navire est fortement recommandé, surtout s'il s'agit de la première sortie de la saison ou si c’est une location . Familiarisez-vous avec toutes ses commandes.
Vérifiez l'étanchéité des passe-coques, le bon état des feux de navigation et de l'interrupteur d'arrêt d'urgence. Ce dernier fait fonction de coupe-circuit de sécurité et arrête le moteur. Veillez également à ce que hublots, vannes et placards soient bien fermés avant le départ.
Prenez également soin de votre moteur. Remplissez le réservoir, de préférence à quai et jamais au-delà du goulot, en vérifiant que le carburant ne s'écoule pas à l'extérieur. Vérifiez que vos filtres à huile et à gazole ont bien été changés il y a moins d'un an. Idéalement, le filtre à huile se change toutes les 250 heures de navigation.
N'oubliez pas d'effectuer un contrôle visuel du moteur avant de démarrer, et après la conduite, pour éviter tout risque d'incendie ou d'explosion. Et bien sûr, bannissez la cigarette à bord !
Pensez aussi à vérifier le matériel stocké à bord pour pouvoir compléter votre nécessaire de navigation :
radio VHF (obligatoire en haute mer) ;
couteau ;
outils ;
gants ;
batteries de secours ;
couverture de survie ;
ampoules ou filtres de rechange ;
boisson ;
nourriture ;
trousse à pharmacie, etc.
Et enfin, n’oubliez pas d’informer la capitainerie et/ou une tierce personne de votre départ en mer.
Quelle réglementation pour garder le cap ?
Une fois en mer, la navigation de plaisance obéit à un cadre réglementaire précis. Le Règlement international pour prévenir les abordages en mer (RIPAM) constitue la référence incontournable : il définit les règles de barre, de route et de priorité entre navires. Tout chef de bord est tenu de le connaître.
Parmi les obligations fondamentales, la veille permanente s'impose à tout moment — visuelle et auditive — pour détecter un obstacle ou un autre navire à temps. Un voilier, par exemple, est prioritaire sur un bateau à moteur, sauf dans un chenal étroit.
La vitesse doit toujours être adaptée aux conditions : visibilité réduite, trafic dense ou proximité d'une zone de baignade imposent de ralentir. À moins de 300 mètres des plages, la vitesse est limitée à 5 nœuds en France. Respecter ces règles, c'est protéger à la fois son équipage et les autres usagers de la mer.
Que faire pour respecter l'environnement ?
Si vous pêchez, n'oubliez pas que certains poissons doivent être remis à l'eau si leur longueur est inférieure à la taille légale. Aussi, ne jetez aucun déchet à la mer. Conservez vos sacs plastiques et attendez de revenir sur le quai pour les débarquer.
Concernant les huiles moteurs usagées, versez-les dans des bacs de traitements prévus à cet effet sur les quais.
Quels sont les bons réflexes face à la mer et ses risques ?
Réaliser un petit brief permettra de rappeler les règles de sécurité à tous les passagers et de montrer l'emplacement des équipements et comment les utiliser. Sensibilisez à tous les dangers existants, notamment si des enfants se trouvent à bord.
Si quelqu'un, dans l'embarcation, a une expérience en matière de navigation, désignez-le comme « capitaine de bord ». Il saura prendre les bonnes décisions en cas de petit ou de gros problème.
Si des manœuvres délicates s'imposent lors de la traversée, par temps capricieux notamment, installez les enfants et les personnes âgées à l’intérieur. En cas d'avarie très grave, n'abandonnez jamais votre bateau tant qu’il flotte : il reste à la fois votre meilleur abri et le meilleur moyen de vous repérer.
Vivez, Naviguez, Vibrez !
Bien que l'assurance ne soit pas juridiquement obligatoire pour les loisirs nautiques, votre bateau est au quotidien très exposé aux risques de dégradations dues aux intempéries, aux accidents et au vol.
En règle générale, les contrats prévoient une indemnisation du bateau en valeur à neuf, agréée ou majorée en fonction de son âge (6 ans) et de la gravité du sinistre (perte totale ou avaries partielles). Des prestations d’assistance peuvent les compléter. Ces services s'appliquent à quai ou en mer, en cas de panne ou d’avarie et incluent même la remorque du bateau (crevaison, vol…).
Avec Generali Plaisance, larguez les amarres en toute tranquillité ! Bénéficiez d'une couverture complète pour vous et votre bateau.
Sauvetage en mer : quels sont les numéros de téléphone pour alerter les secours ?
CROSS : le 196 est le numéro national d’urgence
Si vous êtes près des côtes, il vous permet de joindre immédiatement et gratuitement un centre de sauvetage en mer 24 h/24, 7 j/7,
Bon à savoir
Les Centres Régionaux Opérationnels de Surveillance et de Sauvetage (CROSS) peuvent également être joints par région aux numéros suivants :
Manche Est : 03 21 87 21 87 ;
Normandie/Manche Centrale : 02 33 52 16 16 ;
Bretagne/Manche Ouest : 02 98 89 31 31 ;
Atlantique : 02 97 55 35 35 ;
Méditerranée : 04 94 61 71 10 ;
Corse : 04 95 20 13 63 ;
Antilles/Guyane : 05 96 70 92 92 ;
Réunion/Océan Indien : 02 62 43 43 43.
Quand appeler le 196 ?
Il y a un danger pour une personne : homme à la mer, blessure, malaise, disparition…
Le bateau a un problème sérieux : panne moteur au large, voie d’eau, risque de naufrage, incendie.
Vous êtes témoin d’une situation à risque : personne en difficulté, embarcation en perdition, comportement dangereux.
Vous devez alerter depuis la terre : depuis la plage ou les falaises, si vous voyez un incident en mer.
En cas de doute, il vaut mieux appeler trop tôt que trop tard.
Votre radio VHF sur le canal 16.
Mais la VHF reste l'outil privilégié sur l'eau. Utilisez le canal 16 qui permet une localisation rapide par les équipes de premiers secours. Cette fréquence internationale garantit aussi la diffusion de l'alerte à tous les navires proches, multipliant les chances d'assistance.
Numéro d’urgence européen : 112
Dans certaines situations, le 112, numéro d'urgence européen, constitue une alternative supplémentaire pour déclencher une opération de sauvetage en mer.
Nous répondons à vos questions
Les questions les plus fréquemment posées.
Naviguer pendant un orage est fortement déconseillé, et pour cause : la foudre représente un danger direct pour les plaisanciers. Un mât métallique ou une antenne agit comme un conducteur naturel, exposant l'équipage à un risque d'électrocution sérieux.
La règle d'or est simple : si des éclairs sont visibles à moins de 30 kilomètres, restez à quai ou rejoignez le port le plus proche sans attendre. Météo-France publie des bulletins côtiers réguliers qui permettent d'anticiper les risques orageux avant même de larguer les amarres.
Si un orage vous surprend en mer, descendez sous le pont, évitez tout contact avec les équipements métalliques et coupez les appareils électroniques non essentiels. Une décharge de foudre peut neutraliser l'ensemble des instruments de navigation en quelques secondes.
La nécessité de souscrire une assurance pour un bateau dépend de plusieurs facteurs. Pour une utilisation récréative, il n'y a généralement pas d'obligation légale d'assurance. Cependant, pour une utilisation professionnelle, comme la pêche ou le tourisme, l'assurance devient obligatoire.
Autre cas où l'assurance est requise : si vous souhaitez garder votre bateau dans un port. La plupart des ports exigent une preuve d'assurance pour autoriser le mouillage d'un bateau.
Enfin, la participation à des compétitions sportives nécessite aussi une assurance.
Malgré ces exceptions, bien que non obligatoire, souscrire une assurance bateau est fortement recommandé pour se protéger contre les risques financiers en cas d'accident ou de dommages.