Chaque histoire est particulière, les parcours professionnels sont de moins en moins linéaires, le rôle des nombreux partenaires sociaux (CNAV, Arrco, Agirc, etc.) est parfois complexe à comprendre.
C'est pourquoi il est recommandé d'envisager son départ en retraite suffisamment en amont afin de calculer au mieux sa pension et d'en optimiser la gestion.

L'heure du bilan : comment reconstituer votre carrière ?

Le relevé de carrière pour évaluer vos droits

La première chose à faire est d'obtenir votre relevé de carrière. C'est un document qui récapitule, année après année, vos salaires soumis à cotisations et les trimestres que vous avez validés dans le régime général. Le relevé de carrière est un document personnel, informatif et confidentiel. Il n'a pas de valeur juridique. Il est important de comprendre que le fait de l'obtenir ne vaut pas demande de retraite.
 
Vous pouvez le demander gratuitement à n'importe quel âge. Le plus simple est d'utiliser Internet et d'accéder à votre compte sur www.retraite-cnav.fr. Vous pouvez aussi faire votre demande par courrier auprès de votre caisse régionale d'assurance vieillesse (CRAM). Il est conseillé de demander ce relevé deux ans avant le départ prévu à la retraite.
 

Vérifier et compléter les informations

Une fois reçu votre relevé de retraite, il faut vérifier les informations indiquées, notamment le nombre de trimestres comptabilisés. Votre vigilance doit porter notamment sur les périodes non travaillées permettant sous conditions d'obtenir des trimestres : chômage, maladie, invalidité, etc. Si certaines informations venaient à manquer ou s'avéraient erronées, vous devriez alors contacter votre CRAM en lui faisant parvenir toutes les informations nécessaires afin qu'elle puisse effectuer des recherches et régulariser votre dossier.

Départ en retraite : choisir le bon moment

À partir de quel âge pouvez-vous prendre votre retraite ?
Pour le régime général, l'âge légal de départ en retraite est de 60 ans. Vous pouvez donc demander votre retraite si vous disposez du nombre de trimestres obligatoires pour bénéficier d'un taux plein. Si tel n'est pas le cas, vous pouvez choisir d'arrêter de travailler, mais votre taux plein sera minoré de 2,5 % par trimestres manquants (principe de décote). Vous pouvez par contre continuer de travailler pour récupérer les trimestres qui vous manquent.
 
En revanche, si vous possédez le nombre de trimestres requis à 60 ans, vous pouvez aussi continuer de travailler pour obtenir une retraite majorée, soit 0,75 % par trimestre supplémentaire (principe de surcote).
 
Les salariés qui ont commencé à travailler jeune peuvent, sous conditions très complexes, partir à la retraite entre 56 et 60 ans. L'âge de départ varie en fonction de nombreux paramètres. Renseignez-vous auprès de votre CRAV.
 
A l'inverse, les salariés qui veulent prendre leur retraite à partir de 65 ans pourront bénéficier d'un taux plein même s'ils n'ont pas atteint la durée d'assurance de référence.

 

Avez-vous droit à des trimestres supplémentaires ?
Des trimestres peuvent être accordés à certaines catégories de personnes sous conditions.
 
  • Les mères de famille qui ont élevé un enfant (adopté ou non): jusqu'à 8 trimestres supplémentaires.
  • Les parents dans le cadre du congé parental d'éducation: jusqu'à 8 trimestres supplémentaires (non cumulable avec le dispositif précédent).
  • Les personnes qui ont élevé un enfant handicapé: jusqu'à 8 trimestres. A noter que le lien de parenté n'est pas nécessaire.
  • Les assurés de plus de 65 ans: la durée d'assurance est majorée de 2,5 % par trimestre, sans dépasser la durée d'assurance maximale retenue pour le calcul de la retraite.
 
Pouvez-vous racheter des trimestres ?
Sous conditions, il est permis de racheter des trimestres de cotisation du régime de base pour bénéficier d'un taux plein. Il est ainsi possible de compléter certaines années pour lesquelles vous n'avez pas validé 4 trimestres, mais dans la limite du rachat de 12 trimestres. Deux conditions sont imposées : ne pas être encore à la retraite et avoir entre 20 et 59 ans. Plus vous êtes jeunes, moins les trimestres coûtent cher : le prix peut ainsi varier de 950 € à presque 6000 € par trimestre.

Quel sera le montant de votre retraite ?

La liquidation de vos retraites de base et complémentaires
Demander sa retraite s'appelle « liquider sa retraite ». Or cette opération ne se fait pas automatiquement. C'est à vous de demander la liquidation de votre retraite de base auprès de votre CRAV une fois que vous avez cessé votre activité. Il vous est conseillé de formuler votre demande quatre à six mois avant la date de départ envisagée. Une fois votre dossier validé, votre retraite de base vous sera versée par la Sécurité sociale.
 
La démarche est ensuite la même pour votre ou vos retraites complémentaires. C'est à vous de contacter les différentes caisses dont vous relevez : Arrco pour les salariés du privé, et Agirc pour les cadres. Rappelons que tous les salariés du privé cotisent obligatoirement à un système de caisse complémentaire.

 

Le calcul de votre pension
Afin de connaître son montant facilement, de nombreux sites Internet proposent de l'évaluer en fonction de certaines informations à donner.
 
Néanmoins, vous pouvez calculer votre retraite vous-même.
 
Pour la retraite de base, vous devez connaître les éléments suivants :
  • SAM = salaire annuel moyen des 25 meilleurs années.
  • La durée d'assurancede référence = le nombre de trimestres à cotiser pour bénéficier d'une pension de base à taux plein.
  • La durée d'assurance cotisée = le nombre de trimestres que vous avez effectivement cotisés, soit en les rachetant, soit en travaillant.
  • Le taux de liquidation = pourcentage déterminé en fonction du nombre de trimestres cotisés et de l'âge que vous avez au moment de la retraite.
Montant annuel brut de votre pension de base = SAM x taux de liquidation x [durée d'assurance cotisée / durée d'assurance de référence]
 
S'agissant des retraites complémentaires Arrco et Agirc pour les salariés du privé, elles fonctionnent par un système de points.
 
Montant annuel brut pour chaque retraite complémentaire = total des points obtenus x valeur du point de retraite
 
Montant annuel brut de votre pension de retraite = pension de base + retraites complémentaires

Comment optimiser votre retraite ?

Les placements financiers les plus adaptés
Il existe différents produits financiers pour bénéficier d'une retraite plus confortable. On peut citer notamment :
  • Le PERP (plan d'épargne retraite populaire). Il s'agit d'un contrat d'assurance à long terme. Sous certaines conditions, les versements peuvent être déduits du revenu imposable.
  • Le PERCO (plan d'épargne retraite collectif). Ce produit destiné aux entreprises permet aux salariés de verser sur un compte jusqu'à un quart de leur rémunération brute annuelle.
  • L'assurance vie. Ce produit d'épargne très souple constitue une cagnotte à laquelle vous pouvez accéder librement au-delà de huit ans. Au moment de la retraite, elle peut être transformée sous forme de rentes.
 
Parallèlement, dans la même perspective de retraite par capitalisation, il subsiste les traditionnels PEA, PEL et autres livrets d'épargne (livret A et LDD). Demandez conseil à votre assureur ou à votre banquier.

 

La poursuite d'une activité professionnelle : le cumul emploi-retraite
En théorie, la personne qui veut toucher sa retraite doit avoir cessé toute activité professionnelle. Cependant, la nouvelle disposition légale du cumul emploi-retraite permet à un retraité de reprendre une activité salariée. Cette possibilité résulte de la volonté du gouvernement de favoriser l'emploi des seniors. Il est donc possible pour un retraité de cumuler sa pension et des revenus salariés. Ce cumul est autorisé d'une part pour les retraités à partir de 65 ans et d'autre part pour les retraités de 60 ans qui justifient d'une durée d'assurance permettant de bénéficier d'une pension à taux plein du régime général. Dans les deux cas, ils doivent avoir cessé au préalable leur activité et liquidé toutes leurs retraites.
 
En savoir plus sur le cumul emploi-retraite

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