Dans les 15 prochaines années, plus de 700 000 entreprises devraient changer de main, principalement en raison de départs à la retraite. Une étude des Chambres de commerce et d’industrie réalisée entre 2009 et 2016 nous apprend que seuls 49 % des cédants à court terme ont commencé à préparer la transmission de leur entreprise. Faute d’anticipation, ces chefs d’entreprise s’exposent à un coût social et économique important lors de la cession. Pour éviter ce risque, voici les 5 étapes à suivre pour transmettre votre entreprise dans les règles de l’art.

Étape 1 – Vous choisissez de transmettre votre entreprise et de vous y préparez

Que vous soyez chef d’entreprise, commerçant ou même profession libérale, la transmission de votre entreprise doit être anticipée. Ce travail en amont vous permettra d’abord de mesurer les répercussions de la cession pour vous et de vous y préparer.

  • Accepter les conséquences psychologiques

Il faut avoir conscience qu’un changement de vie ne se fait pas du jour au lendemain. Avant la cession de votre entreprise, vous devrez vous poser plusieurs questions importantes : êtes-vous prêt à arrêter votre activité ? Quelles sont vos motivations ? Que comptez-vous faire par la suite ?

Les réponses à ces questions vous permettront de « faire le deuil » plus facilement de votre activité et de débuter un nouveau chapitre de votre vie.

  • Prévoir les conséquences financières

Comment utiliser le gain réalisé lors de la cession ? Comment gérer la période de séquestre ? Sous quelle forme avoir de nouveaux revenus ? Il faut mesurer les répercussions financières et patrimoniales de la cession.

  • Se préparer aux conséquences sociales

Mais une transmission d’entreprise va aussi avoir des conséquences sur votre vie et votre statut social. Trouver un nouveau rythme de vie, accepter la perte de votre titre de chef d’entreprise, éviter l’isolement, trouver une nouvelle activité (professionnelle ou de loisirs), autant de points qu’il faut avoir à l’esprit pour accepter la transition.

Il est nécessaire de se poser les bonnes questions mais il ne faut pas hésiter à se faire accompagner par les bonnes personnes. Agence France entrepreneur (AFE), expert-comptable, notaire, avocat, conseiller d’une Chambre de commerce et d’industrie, expert en fusion-acquisition... autant de professionnels qui pourront vous renseigner et vous conseiller lors de tout le processus de cession à venir.

Étape 2 – Vous diagnostiquez et vous valorisez votre entreprise

Dans le but de trouver un repreneur, vous allez ensuite devoir fixer un prix pour votre entreprise. Pour ce faire, vous n’avez d’autre choix que de la faire diagnostiquer.

Ce travail consistera à analyser différents critères :

  • l’activité (potentiel de marché, compétitivité de l’entreprise…) ;
  • les moyens (outils appartenant à l’entreprise, machines, brevets…) ;
  • l’humain (niveau de compétences des employés, nombre de salariés…) ;
  • le financier (rentabilité, performances économiques…) ;
  • le juridique (statut d’entreprise conforme…)
  • le QSE, pour qualité, sécurité et environnement (respect des normes environnementales, conformité
         avec les règles de sécurité…).

Une fois les diagnostics effectués, vous pourrez mesurer la valeur de votre entreprise.

Pour l’évaluer, il faudra distinguer principalement trois techniques différentes qui, parfois, peuvent être utilisées conjointement.

  • L’évaluation patrimoniale

Cette approche consiste à soustraire aux actifs de votre entreprise l’ensemble de ses dettes. Elle permet ainsi de considérer que votre entreprise vaut ce qu’elle possède.

  • L’évaluation comparative

Cette méthode vise à comparer votre entreprise avec une autre présentant un profil similaire et dont la valeur a été définie. Cette approche est principalement adaptée dans le cas d’une cession de commerce.

  • L’évaluation économique

Prenant en compte les performances futures de votre entreprise ainsi que les éventuels risques, cette méthode permet de déterminer sa valeur selon ce qu’elle peut rapporter et ce qu’elle est capable de rembourser.

Étape 3 – Vous trouvez un repreneur

C’est la grande question à laquelle vous devez répondre : qui reprendra votre activité ? Vous avez généralement le choix entre quatre profils : un membre de votre famille ou de votre entourage, un entrepreneur, un groupe ou un de vos salariés. Dans ces trois derniers cas, il sera nécessaire de trouver par vous-même votre repreneur ou de faire connaître votre volonté de céder votre entreprise. Pour y parvenir, vous pouvez appliquer différentes méthodes.

  • Une base de données de repreneurs

Différents organismes, dont l’agence France entrepreneur (AFE) et la banque publique d'investissement (BpiFrance), disposent de bases recensant l’ensemble des repreneurs éventuels existants. Tout en garantissant la confidentialité de l’opération, ces bases permettent de prendre contact avec les candidats potentiels, de façon directe ou via un intermédiaire.

  • Une bourse d’entreprise

Afin de faire connaitre votre projet de cession à une cible définie (pharmacien, entrepreneur BTP ou coiffeur par exemple), vous pouvez publier une annonce sur une bourse d’entreprise à reprendre, à l’image de la Bourse nationale de la transmission d’entreprises par exemple.

  • Le démarchage direct

Cette méthode consiste à approcher des repreneurs naturels de votre activité. Il pourra s’agir d’un concurrent, d’un commerce voisin cherchant à s’étendre ou encore d’une entreprise proche souhaitant diversifier son activité.

  • Le bouche-à-oreille

Cette méthode traditionnelle n’est pas à dédaigner. Elle devra cependant être réfléchie afin de servir vos objectifs et non être choisie par défaut. Dans l’idéal, elle doit permettre d’identifier des repreneurs potentiels rapidement et de les mettre en concurrence directement.

Étape 4 – Vous choisissez un mode de transmission adéquat

Selon le profil de votre repreneur, vous devrez choisir un mode de transmission adapté. Vous avez principalement le choix entre trois méthodes de cession, certaines à titre onéreux et d’autres à titre gratuit.

  • La vente

Il pourra aussi bien s’agir d’une cession de fonds (seuls les murs sont vendus) que d’une cession de titres (reprise des parts de l’entreprise et donc de ses droits et de son passif). Selon le mode de cession, la vente servira à transmettre votre clientèle, votre nom commercial ou encore votre bail.

  • La donation (et la donation-partage)

Sans contrepartie financière, ce mode de transmission est généralement réalisé lorsque votre entreprise est transmise
à un membre de votre famille. Généralement, on parle de donation dans le cas d’un seul repreneur et d’une donation-partage. Dans les deux cas, il faudra respecter des règles strictes en matière de succession.

  • La location-gérance

Elle consiste à louer votre entreprise à un éventuel repreneur pendant une période définie avant l’acquisition. Cette méthode permet au candidat de confronter son désir de reprise à la réalité et de réaliser la vente une fois la période d’essai effectuée. En tant que vendeur, cela vous offre la possibilité de vous désengager progressivement de votre entreprise, tout en suivant de près la transmission.

Étape 5 – Vous finalisez la transmission

Avant de négocier le prix de vente avec votre repreneur, pensez à consulter les différents avantages à la transmission auxquelles vous pouvez éventuellement prétendre (exonération de charges sociales, exonération de droits de mutation dans le cas d’une donation à vos salariés…). N’hésitez pas non plus à vous renseigner sur les aides dont votre repreneur pourra bénéficier (réduction d’impôt, réduction ISF, déduction des intérêts d’emprunt…).

Suite à quoi, il existe un processus de reprise à respecter afin que la transmission se déroule le mieux possible : signature de l’accord de confidentialité, envoi d’un dossier de présentation de votre entreprise, première rencontre avec votre repreneur et signature d’une lettre d’intention.

 

Suite à la négociation, Il ne vous restera alors plus que trois étapes à réaliser afin de transmettre votre entreprise.

  • La réalisation du protocole d’accord

Ce document reprend l’ensemble des points abordés lors de la négociation. Sauf conditions exceptionnelles, il constitue un engagement de vente définitif des deux parties.

  • La signature de la cession

Elle entérine définitivement la cession de votre entreprise.

  • Le début de « l’après »

C’est certainement l’étape la plus difficile à vivre pour vous en tant qu’ancien chef d’entreprise. Passer le témoin à votre repreneur et respecter vos engagements, tout en pensant à de nouveaux projets d’avenir : voilà le nouveau défi qui vous attend à présent !

Sources :
- afecreation.fr ;
- rtl.fr ;
- dossierfamilial.com ;
- creation-entreprise.ooreka.fr.

 

Informations non-contractuelles données à titre purement indicatif dans un but pédagogique et préventif. Generali ne saurait être tenue responsable d’un préjudice d’aucune nature lié aux informations fournies.