Generali France estime à 21 mds €/an le coût de la pollution de l’air sur les dépenses de santé et va tester un dispositif d'alertes prévention
A l’occasion de la Journée de la qualité de l’air (14 octobre), un sondage exclusif Odoxa pour Generali, « Les Français et la qualité de l’air », révèle un ressenti important des effets de la pollution sur la santé, mais aussi des réflexes de prévention encore insuffisants. Un impact concret qu’une étude de Generali France estime peser pour 21 milliards d’euros sur les dépenses de santé en France.
Publié le 14/10/2026
Ce sondage a été dévoilé lors d’une conférence de presse au Ballon Generali de Paris, qui réunissait le 13 octobre 2026 : Virginie Schwarz, Présidente-directrice générale de Météo-France, Julien Nicolas, Senior Scientist au Copernicus Climate Change Service ECMWF, Céline Bracq, directrice générale et cofondatrice d’Odoxa, Jean-Baptiste Renard, directeur de recherche au CNRS, le Dr Pierre Souvet, cardiologue et président de l’Association Santé Environnement France, et Simon Blaquière, Directeur de la Réassurance et du Generali Climate Lab, Generali France. L’occasion pour chaque intervenant d’apporter son éclairage sur les risques liés à la qualité de l’air qui doivent être pris au sérieux tout au long de l’année. Dans l’objectif de renforcer la prévention et d’adopter les bons gestes de protection, Generali a présenté un dispositif test inédit d’alerte personnalisée selon le profil des clients.
67 % des Français disent avoir ressenti les effets de la pollution de l’air sur leur santé cet été
1 Français sur 3 (34 %) déclare ressentir régulièrement au moins un effet qu’il attribue à une mauvaise qualité de l’air. Irritations des yeux, du nez ou de la gorge, fatigue et toux figurent parmi les manifestations les plus souvent rapportées.
L’été 2026 a rendu ces préoccupations particulièrement concrètes avec près de 2 Français sur 3 (67 %) qui ont ressenti au moins un effet lié à la pollution de l’air :
48 % des Français ont ressenti sur leur santé les effets de la pollution à l’ozone lors des fortes chaleurs ou des canicules ;
47 % les effets des pollens ;
29 % les effets des particules fines liées aux incendies, dont 51 % des habitants du Sud-Ouest.
Des réflexes de prévention encore insuffisants
Seulement 38 % des Français consultent des informations sur la qualité de l’air régulièrement ou de temps en temps. Un réflexe encore moins présent chez les plus âgés : 2/3 des Français âgées de 65 ans, pourtant les plus vulnérables, consultent rarement ou jamais ces informations en cas de risque ! Le ressenti ne suffit donc pas à installer des réflexes de prévention : encore faut-il savoir quand agir et quels comportements adopter.
Ainsi 77 % des Français souhaitent des informations et conseils davantage adaptés à leur situation personnelle et au lieu où ils se trouvent. Leurs attentes sont très concrètes : être prévenus suffisamment tôt, comprendre les risques qui les concernent et savoir comment se protéger, ainsi que leurs proches les plus fragiles. Car la pollution ne s’arrête pas avec l’été ! Près d’1 Français sur 2 (46 %) pense que la qualité de l’air est moins bonne en été, contre 9 % seulement en hiver.
Pourtant, les polluants restent présents toute l’année mais leur nature varie selon les saisons : davantage d’ozone et de pollens en été ; davantage de particules fines et ultra fines en hiver liées au chauffage et au trafic routier, dont les polluants se retrouvent souvent bloqués près du sol par des conditions météo anticycloniques et un phénomène d'inversion thermique.
Chaleur et pollution : des effets combinés sur la santé
Comme l’a exposé Virginie Schwarz, présidente-directrice générale de Météo France, le bilan de l’été 2026 éclaire le rôle des conditions météorologiques dans la qualité de l’air. Températures, ensoleillement, précipitations et vent influencent la formation des polluants et leur dispersion.
L’ozone illustre particulièrement ce lien : sa formation est favorisée par la chaleur et le rayonnement solaire. Malgré la baisse des émissions de certains de ses précurseurs, les épisodes de fortes chaleurs peuvent ainsi limiter les améliorations attendues. Le réchauffement climatique peut donc freiner les progrès réalisés sur la qualité de l’air.
Le vent joue aussi un rôle important : les conditions pluvieuses et venteuses de l’hiver dernier ont par exemple évité les épisodes majeurs et prolongés de pollution aux particules fines en région parisienne. Si les fumées liées aux incendies de cet été n’ont pas été observées à Paris (leur passage a été détecté pendant quelques heures seulement dans le sud de l’Île-de-France et à Orléans), à Bordeaux, les concentrations de PM101 ont dépassé le seuil d’alerte pendant plusieurs jours. Ces contrastes illustrent le rôle déterminant de la direction des vents dans les expositions. Mieux comprendre ces interactions est essentiel pour anticiper les risques.
Certains mécanismes restent à approfondir, notamment le rôle des émissions de la végétation dans un climat plus chaud.
Pollution de l’air : des risques cardiovasculaires à intégrer dans la prévention
Comme le rappelle le Dr Pierre Souvet, cardiologue et président de l’Association Santé Environnement France (ASEF), l’exposition prolongée aux particules fines PM2,51 est responsable de près de 40 000 décès et de plus de 10 000 nouveaux AVC par an (estimation Santé Publique France).
Le tabac, l’hypertension ou le diabète sont des facteurs de risque cardiovasculaire bien identifiés. La pollution de l’air et les chaleurs extrêmes doivent également être prises en compte : c’est l’appel lancé en janvier 2026 par quatre grandes organisations de cardiologie. Leur déclaration commune souligne la nécessité de mieux former les soignants, d’informer le public et de réduire les expositions2.
En effet, l’ozone affecte particulièrement les voies respiratoires, tandis que les particules fines et la chaleur peuvent aussi avoir des effets majeurs sur le système cardiovasculaire. Les pollens viennent ajouter une charge allergique. Ces expositions peuvent se cumuler et amplifier les risques : chaleur et pollution doivent donc être considérées ensemble3.
L’enjeu est de mieux repérer les personnes vulnérables, de les informer et de les aider à adapter leurs comportements, tout en agissant sur les causes de la pollution. Une prévention à poursuivre toute l’année, au-delà des seuls épisodes de fortes chaleurs.
Des alertes personnalisées pour anticiper les risques et passer à l’action
Pour renforcer la prévention, Generali a présenté une nouvelle solution d’alerte personnalisée, qui sera opérationnelle en 2027. Son principe : croiser les données environnementales avec le profil des clients afin de leur donner des conseils adaptés.
« Le dispositif, qui sera testé début 2027 sur plusieurs centaines de milliers de clients Santé de Generali France, croise des données de Météo-France, de PREV’AIR et d’Atmo France sur les canicules, les particules fines et les pollens avec notamment l’âge, le sexe et l’adresse des clients. Il vise à leur fournir des conseils médicalement validés, adaptés aux risques qui les concernent.» détaille Simon Blaquière, directeur de la Réassurance et du Generali Climate Lab.
Un enfant à Paris lors d’un pic de pollution, un retraité isolé à Nîmes pendant une canicule ou une personne asthmatique à Limoges exposée aux pollens n’ont pas les mêmes besoins. Les conseils seront adaptés à ces situations, afin d’aménager ses activités, se protéger de la chaleur et repérer les signes d’alerte.

1. Particules en suspension dans l'air dont le diamètre est inférieur à 10 micromètres (ou microns) pour les PM10, et inférieures à 2,5 micromètres pour les PM2,5, qui pénètrent plus profondément dans l’appareil respiratoire.
2. Münzel T. et al., Environmental Stressors and Cardiovascular Health: Acting Locally for Global Impact in a Changing World, déclaration commune ESC / ACC / AHA / WHF, publiée en ligne le 20 janvier 2026. DOI : 10.1016/j.jacc.2026.01.015 — https://doi.org/10.1016/j.jacc.2026.01.015
3. Ministère de la Santé, « Qualité de l’air : sources de pollution et effets sur la santé », rubrique sur les effets de l’exposition à long terme (source citée : Santé publique France). https://sante.gouv.fr/sante-et-environnement/air-exterieur/qualite-de-l-air-exterieur-10984/article/qualite-de-l-air-sources-de-pollution-et-effets-sur-la-sante