Employeur : comment mettre en place un CSE ?
Au sein des entreprises d’au moins 11 salariés, l’employeur a l’obligation d’organiser les élections du Comité social et économique (CSE) tous les 4 ans. Information du personnel, négociation avec les organisations syndicales et organisation du scrutin : découvrez toutes les étapes pour mettre en place un CSE.
Publié le 01/06/2026 - 10 minutes
Création d’un CSE : ce qu’il faut retenir
La mise en place d’un CSE est obligatoire au sein des entreprises comptant au moins 11 salariés pendant 12 mois consécutifs.
L’employeur doit organiser les élections du CSE tous les 4 ans : le nombre de membres élus varie en fonction de la taille de l’entreprise.
Plusieurs étapes doivent être respectées pour organiser les élections : informer les salariés, négocier avec les organisations syndicales, organiser le scrutin, etc.
Qu'est-ce qu'un Comité social et économique (CSE) ?
Le CSE est l’instance de représentation du personnel. Son rôle est de représenter les salariés auprès de l’employeur, notamment pour défendre leurs intérêts.
La définition du CSE : l'instance représentant le personnel
Le Comité social et économique (CSE) est l'unique instance de représentation du personnel au sein de l'entreprise. Il a remplacé les anciens organes qui n'existent plus désormais : le Comité d'entreprise (CE), le Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) et les délégués du personnel1.
Sa mission principale est de représenter les salariés auprès de l’employeur, en portant leurs réclamations, en contribuant au dialogue social et en veillant au respect des droits des travailleurs. Il est composé :
- de l'employeur ou de son représentant qui assure la présidence du CSE ;
- des membres élus du personnel (les titulaires et les suppléants) ;
- des représentants syndicaux dans les entreprises d’au moins 50 salariés.
Les missions et rôles du CSE
Le Comité social et économique dispose de plusieurs attributions, dont :
- présenter à l'employeur les réclamations des salariés sur les salaires, l'application de la réglementation (Code du travail, etc.) ou encore les accords applicables à l'échelle de l'entreprise ;
- promouvoir la sécurité, la santé et de bonnes conditions de travail ;
- mener des enquêtes, notamment en matière de maladies professionnelles et d'accidents du travail ;
- saisir l'inspection du travail dans certaines situations ;
- utiliser son droit d'alerte pour demander des précisions à l'employeur dans des situations à risque : harcèlement, danger grave pour les salariés, etc.
Le CSE dispose également de compétences élargies au sein des entreprises de plus de 50 salariés. Il intervient notamment sur :
- les orientations stratégiques de l’entreprise ;
- la situation économique et financière ;
- la politique sociale ;
- la gestion des activités sociales et culturelles (ASC).
Bon à savoir. Depuis le 1er janvier 2026, le CSE bénéficie de nouveaux avantages relatifs aux prestations accordées aux salariés. Cela concerne principalement la plateforme de réduction tarifaire et les abonnements aux bibliothèques numériques2.
À partir de combien de salariés le CSE est-il obligatoire ?
Depuis le 1er janvier 2020, la mise en place d'un CSE est obligatoire pour les entreprises dont l'effectif est d'au moins 11 salariés pendant 12 mois consécutifs, comme le dispose l'article L2311-2 du Code du travail.
Cette obligation concerne à la fois :
les entreprises de droit privé, quelle que soit leur forme juridique (SARL, SA, etc.) ;
les établissements publics à caractère industriel et commercial ;
les établissements publics à caractère administratif employant du personnel de droit privé.
Des obligations supplémentaires s'appliquent pour les entreprises de plus de 50 salariés. C'est pourquoi, il est important de bien comprendre le mode de calcul des effectifs : il est défini par les articles L. 1111-2 et L. 1111-3 du Code du travail. À titre d'exemple, les salariés à temps partiel sont pris en compte au prorata de leur durée de travail, tandis que les apprentis sont exclus du calcul.
Bon à savoir. Il n’est pas possible de mettre en place de CSE au sein d’une entreprise comptant moins de 11 salariés.
2 salariés sur 3
ont une bonne image de leur CSE3.
Quelles sont les étapes pour organiser les élections du CSE ?
L'employeur doit organiser les élections du CSE tous les 4 ans. Dans le cas contraire, il peut être saisi par un salarié ou une organisation syndicale pour y procéder4.
1. Informer les salariés et les organisations syndicales de l'entreprise
La première étape consiste à informer officiellement les salariés de l’organisation prochaine des élections du CSE. Cette information se fait généralement par voie d’affichage ou par tout autre moyen permettant de diffuser cette information : par e-mail ou via l’intranet par exemple. Vous devez indiquer la date envisagée du premier tour.
Parallèlement, l’employeur doit inviter les organisations syndicales représentatives à négocier le protocole d’accord préélectoral (PAP). Cela concerne notamment :
- les syndicats représentatifs dans l’entreprise ;
- les syndicats affiliés à une organisation syndicale (CGT, Force Ouvrière, CFDT, etc.) ;
- les syndicats ayant constitué une section syndicale.
Cette invitation doit parvenir aux organisations syndicales au plus tard 15 jours avant la première réunion de négociation.
2. Négocier l'accord préélectoral
Le protocole d’accord préélectoral (PAP) détermine les modalités d’organisation des élections, dont :
- la répartition du personnel dans les collèges électoraux ;
- le nombre de sièges à pourvoir ;
- les modalités pratiques du vote : date, horaires, vote électronique ou à l’urne, date limite de dépôt des candidatures, etc.
La négociation se fait entre l’employeur et les organisations syndicales invitées. Pour être valide, l’accord doit respecter les conditions de majorité prévues par la loi.
3. Organiser les élections du CSE
Une fois le PAP validé, l’employeur organise concrètement les élections.
- 1er tour : réservé aux listes présentées par les organisations syndicales ;
- 2nd tour : en cas d’absence de quorum ou de candidatures suffisantes au premier tour, un second tour est organisé. Il est ouvert aux candidatures libres.
L’employeur doit veiller au respect des règles de transparence, de confidentialité du vote et d’égalité entre les candidats. À l’issue du scrutin, les résultats de l'élection sont proclamés et un procès-verbal est établi.
4. Mettre en place le CSE après les élections
Après les élections, le CSE est officiellement constitué. L’employeur doit alors :
- envoyer le procès-verbal des élections à l'inspection du travail sous 15 jours ;
- organiser la première réunion du CSE ;
- désigner ou confirmer les membres (titulaires et suppléants) ;
- mettre à disposition les moyens nécessaires au fonctionnement de l’instance (local, budget, formation, etc.).
Cette phase marque le début effectif du mandat des élus et du fonctionnement du CSE au sein de l’entreprise.
Élection du CSE : qui peut se présenter et qui vote ?
Pour pouvoir voter aux élections du CSE, les salariés doivent remplir 3 conditions principales :
avoir plus de 16 ans ;
travailler depuis au moins 3 mois au sein de l'entreprise ;
ne pas avoir fait l'objet d'une interdiction, d'une déchéance ou d'une incapacité relative à leurs droits civiques.
Pour se présenter aux élections du CSE, les salariés doivent avoir plus de 18 ans et travailler dans l'entreprise depuis au moins un an. En revanche, les membres de la famille de l'employeur n'ont pas le droit de se présenter.
Mise en place d'un CSE : vos questions, nos réponses
Nous répondons à vos questions les plus fréquemment posées.
La mise en place d’un CSE est une obligation légale dès lors que l’effectif de l’entreprise atteint 11 salariés pendant 12 mois consécutifs. L’employeur doit alors engager la création du CSE dès le franchissement de ce seuil, en lançant le processus électoral. Entre l’information des salariés et le 1er tour, plusieurs semaines sont nécessaires, selon le temps requis pour établir les listes électorales.
Le coût de la mise en place d’un CSE varie en fonction de la taille de l’entreprise et des modalités d’organisation. Il inclut notamment le matériel de vote, le temps consacré à l’organisation, ainsi que les heures de délégation des élus. À cela s’ajoutent, après la création du CSE, les budgets de fonctionnement liés à la gestion et aux réunions du CSE.
Le nombre de membres du CSE est déterminé en fonction d'un barème légal qui tient compte de l'effectif de l'entreprise. À titre d’exemple, le nombre de titulaires est de1 :
- 1 dans les entreprises comptant entre 11 et 24 salariés ;
- 2 dans les entreprises comptant entre 25 et 49 salariés ;
- 4 dans les entreprises comptant entre 50 et 74 salariés ;
- 5 dans les entreprises comptant entre 75 et 99 salariés.
L’absence de CSE constitue un manquement à une obligation légale et peut être considérée comme un délit d'entrave : il expose l'employeur à une amende de 7 500 € et à une peine d'un an d'emprisonnement. Cette situation peut également entraîner des litiges, notamment sur des questions relatives à la représentation du personnel ou à l’amélioration des conditions de travail. En l’absence de création du CSE, certaines décisions peuvent être contestées, faute de consultation des membres du CSE et de respect du dialogue social.
Les membres titulaires du CSE disposent d'un temps alloué à l'exercice de leurs fonctions : on parle d'heures de délégation. Ce temps est rémunéré comme du temps de travail. Les heures de délégation sont au minimum de1 :
- 10 heures par mois dans les entreprises de moins de 50 salariés ;
- 18 heures par mois dans les entreprises de plus de 50 salariés.
Le CSE ne dispose pas de budget au sein des entreprises de moins de 50 salariés. Au-delà de 50 salariés, le CSE bénéficie1 :
- d'un budget de fonctionnement : il correspond à 0,2 % de la masse salariale brute dans les entreprises de 50 à 1 999 salariés et à 0,22 % au-delà de 2 000 salariés ;
- d'un budget des activités sociales et culturelles : son montant est fixé via un accord d'entreprise.
Sources
(1) Comité social et économique (CSE) - Service Public Entreprendre - 2025
(2) Quels sont les nouveaux avantages dont bénéficient les CSE en 2026 ? - Service Public Entreprendre – 2026
(3) Baromètre du dialogue social 2025 – Vague 8 - Ifop - 2026
(4) Les élections au CSE : comment s'y prendre ? - Aract – 2026