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L’expatriation, une opportunité pour les artisans français

Partir exercer ses talents à l’étranger est loin d’être un choix naturel pour les artisans français, qui sont encore nombreux à redouter les difficultés liées à l’expatriation. Changer d’horizon représente pourtant une excellente opportunité de valoriser ses compétences, de s’ouvrir à une autre culture ou même de trouver un emploi bien rémunéré. Boulanger, cuisinier, fleuriste ou encore charpentier : découvrez tous nos conseils pour réussir votre expatriation.

L’expatriation, un choix encore peu naturel pour les artisans

Seulement  3% des Français vivent à l’étranger, soit 2 millions d’expatriés. À titre de comparaison, le taux d'émigration des actifs est deux fois plus important en Angleterre, tandis qu’il est même supérieur à 15 % en Irlande et au Portugal  (1). La dynamique est pourtant positive, car le nombre d’expatriés tricolores a augmenté de 50% en près de 20 ans. 

Parmi cette population d’expatriés, les professions artisanales sont globalement sous-représentées à l’inverse des professions intellectuelles. Pour preuve, la moitié des Français vivant à l'étranger sont titulaires d'un diplôme de l'enseignement supérieur, contre seulement 30 % pour ceux vivant dans l'Hexagone (1). Selon la dernière enquête en date du Ministère des Affaires étrangères, les artisans représentaient moins de 1 % des Français expatriés (2), alors que l’on compte près de 3 millions d’artisans en France (3), soit 10 % de la population active (4). Les cadres représentent pour leur part près de la moitié des expatriés tricolores (2).

Une culture de l’expatriation à construire pour les artisans

Si le choix de partir vivre et travailler à l’étranger n’est facile pour personne, les chiffres tendent à prouver qu’il est encore plus problématique pour les artisans. En cause ? Les principales difficultés de l’expatriation sont bien souvent exacerbées pour cette catégorie socioprofessionnelle ou, tout du moins, les artisans peuvent en avoir le sentiment.

  • Une culture de l’expatriation à parfaire : les personnes titulaires d’un diplôme de l’enseignement supérieur ont bien souvent eu l’occasion de se confronter à d’autres cultures dans le cadre de leurs études, notamment via l’apprentissage d’une ou plusieurs langues ou la réalisation de voyages à l’étranger. Or, les cursus menant à des métiers artisanaux intègrent généralement moins cette ouverture à l’international. Au-delà de l’éventuelle barrière de la langue, les artisans et futurs artisans peuvent ainsi avoir le sentiment de ne pas être « armés » pour le défi que représente l’expatriation.
  • Des contraintes professionnelles différentes : malgré un véritable savoir-faire, les artisans – et plus globalement les professions manuelles – peuvent être confrontés à un référentiel métier bien différent selon les pays (réglementation, attente des clients, etc.).
  • Une valorisation des compétences pas toujours évidente : si l’artisanat est réputé en France, ce n’est pas le cas partout, pouvant empêcher l’artisan de valoriser ses compétences et de les vendre à leur juste valeur. Cela peut d’autant plus se ressentir que le salaire minimum et le niveau de vie ne sont pas partout les mêmes. Ce constat est toutefois à nuancer selon les professions : les boulangers et pâtissiers français sont ainsi particulièrement recherchés, en Asie comme en Amérique du Nord. 

Travail à l’étranger, une opportunité d’emploi à saisir

Malgré ses difficultés, l’expatriation peut représenter une opportunité pour les artisans. Pour preuve, le taux d’emploi des non diplômés de l’enseignement supérieur est plus important chez les expatriés que pour ceux restés en France (2)

Autre preuve de l'attrait du secteur à l'étranger et des possibilités d’expatriation pour les artisans, les entreprises artisanales françaises sont parmi les principales exportatrices du pays. Pour en tirer profit, il convient néanmoins de bien mûrir et préparer son projet.

  • Définir son niveau d’expertise : en premier lieu, il est important de s’interroger sur l’expertise que vous souhaitez expatrier, notamment en fonction des différences entre le métier en France et à l’étranger. Votre niveau de compétences est également déterminant car il sera plus facile de valoriser votre savoir-faire si celui-ci est globalement supérieur à la concurrence locale.
  • Sélectionner une destination : vous pouvez ensuite vous fier à différents critères pour choisir un pays au sein duquel vous expatrier. Les chiffres de l’exportation par domaine d’activité, l’importance de la communauté française locale, les secteurs en manque de compétences, les critères extraprofessionnels (langue, niveau de vie, sécurité, etc.)… autant d’éléments qui doivent vous permettre d’affiner votre choix.
  • Étudier les opportunités locales : vous ne devez pas arrêter votre choix de destination sans avoir eu le retour d’expérience d’autres expatriés, idéalement ayant le même métier artisanal, et sans avoir effectué une étude de marché des opportunités commerciales que le pays offre. Bien que cela puisse varier, notez que ce sont généralement les métiers de bouche, de la mode et du bâtiment qui s'exportent le plus facilement.
  • Savoir s’entourer : il est difficile de réaliser toutes ces étapes préalables sans l’aide d’experts de l’expatriation. N’hésitez donc pas à prendre contact avec les chambres professionnelles (Chambre de métiers et de l’artisanat et Chambre de Commerce et d’industrie), le consulat de votre pays de destination, les réseaux d’expatriation (Union des Français de l'étranger, Comité national des conseils du commerce extérieur de la France, etc.) ou encore les réseaux locaux.

Les Compagnons du Devoir : un premier pas vers l’expatriation ?

Réputés pour leur Tour de France, réalisé par les apprentis dans le cadre de leur formation, les Compagnons du Devoir intègrent depuis 2011 une année de césure à l'étranger. Pour les jeunes artisans en quête d’ailleurs, ce cursus peut représenter une opportunité pour lever les principales barrières de l’expatriation :

  • le choix entre plus de 60 destinations à travers le monde ;
    l’apprentissage d’une ou plusieurs langues étrangères dans le cadre du cursus ;
  • un accompagnement personnalisé à l’expatriation ;
  • une opportunité pour découvrir les spécificités locales du métier pendant 1 an ;
  • un réseau d’entraide, notamment pour trouver un emploi et réaliser ses démarches administratives ;
  • une chance pour profiter des conseils et des retours d’expérience des précédents expatriés.

Sources :
(1) De la France vers le monde : que révèle l'augmentation de l'émigration française ? - Ministère de l'Économie, des Finances et de la Relance - 2021
(2) Enquête sur l’expatriation des Français - Ministère des Affaires Étrangères – 2013
(3) Les chiffres clés de l'artisanat : édition 2018 - Ministère de l'Économie, des Finances et de la Relance – 2019
(4) Évolution de la population active : Édition 2020 - Insee – 2020
(5) Exporter l'artisanat, les opportunités à l'international - Chambre de Métiers et de l'Artisanat

 

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