Groupement d'employeurs : renouveau d'un dispositif historique

Groupements d’employeurs : renouveau d’un dispositif historique

Si la majorité des groupements d’employeurs concerne encore le secteur agricole, cette formule à la fois souple et sécurisée séduit de plus en plus d’entreprises, dans tous les secteurs d’activité. Et convient tout particulièrement aux rythmes des TPE.

Bénéficier de compétences seulement quand on en a besoin

Satisfaire des besoins ponctuels : un casse-tête pour tous les petits patrons

Augmenter la main-d’œuvre qualifiée pour absorber un pic de production ou une activité saisonnière ; pallier une absence prolongée ; rechercher des compétences dont on ne dispose pas en interne, mais qu’on est dans l’impossibilité de s’offrir 35 heures par semaine… plus une entreprise est petite et ses moyens limités, moins ces problématiques de gestion sont simples.

D’autant que les talents rechignent souvent à se satisfaire de missions sporadiques, d’un tiers voire d’un quart temps.

Le groupement d’employeurs, une vraie alternative à l’intérim

À la différence des entreprises de travail temporaire, à caractère lucratif, les groupements d’employeurs sont des associations ou des coopératives dont l’unique but est de mettre à la disposition de leurs membres les compétences dont ils ont besoin, lorsqu’ils le souhaitent.

Les salariés, sous contrat avec le groupement, partagent leur temps entre les entreprises utilisatrices, auxquelles seuls sont facturés les coûts liés au travail.
Les adhérents ont un droit de regard sur la gestion du groupement, et cette formule, contrairement à l’intérim, permet de répondre à tout type de demande, ponctuelle comme récurrente.

Une sécurité pour l’entreprise comme pour le salarié

Pour le salarié, bien qu’il partage son temps entre plusieurs entreprises, le principal avantage est de disposer d’un contrat de travail unique et pérenne, le plus souvent un CDI à temps plein ou aux 4/5e.

La liste des entreprises potentiellement utilisatrices y figure, et le prêt à des clients externes est interdit. Cette formule convient particulièrement bien aux jeunes en recherche d’expérience ou aux seniors qui peinent à « vendre » des compétences de haut vol à un seul employeur.
De son côté, l’entreprise utilisatrice s’attache à moindre coût les services de personnels qualifiés, qui avec le temps apprennent à connaître le fonctionnement de l’entreprise aussi bien que s’ils appartenaient à ses effectifs. Au moment de la prise de poste comme de la séparation, les formalités sont réduites au strict minimum puisque le salarié est et reste employé par le groupement.
En la matière, tout est possible : fonder un groupement avec au moins une autre entreprise ou adhérer à une ou plusieurs structures existantes, généralistes ou proposant des talents plus spécialisés.

Métiers de production ou compétences transverses – DRH, directeur financier ou encore responsable du développement durable : la formule convient à tous les types de profils. La confidentialité est bien évidemment de mise. Si l’entreprise bénéficie de l’expérience et de l’agilité de professionnels habitués à des cultures très diverses, le risque de voir ses secrets de fabrication filtrer à l’extérieur reste extrêmement réduit dans la mesure où, à travers le groupement, elle reste employeuse du salarié.

Quel coût pour l’employeur ?

L’entreprise utilisatrice s’acquitte des coûts salariaux au prorata du temps passé.

Les personnels mis à disposition bénéficient des mêmes avantages que les salariés : 13e mois s’il existe, intéressement, participation et plan d’épargne entreprise si le groupement lui-même n’en propose pas.
Outre les frais d’adhésion ou de création, le groupement facture aux entreprises utilisatrices des frais de gestion, généralement modérés, puisqu’il s’agit de structures à but non lucratif.
En cas de défaillance d’une des entreprises du groupement, les autres adhérents supportent solidairement les dettes contractées à l’égard des salariés.

Créer ou rejoindre un groupement

Née dans le secteur agricole, la formule séduit dans tous les secteurs

Le concept de groupement d’employeurs est né au milieu des années 1980 dans le secteur agricole, afin de créer les conditions du partage de travailleurs saisonniers. Depuis, la formule s’est ouverte à de nombreux métiers et représenterait aujourd’hui 4 000 à 5 000 structures réparties sur tout le territoire, générant plus de 40 000 emplois.

La loi Travail les a rendus éligibles à toutes les aides publiques en matière d’emploi et de formation professionnelle dont bénéficieraient leurs adhérents s’ils employaient directement les salariés concernés.

Ils peuvent aussi prendre la forme de Groupements d’employeurs pour l’insertion et la qualification, en proposant des contrats de professionnalisation aux jeunes et aux demandeurs d’emploi de 45 ans et plus. À ce titre, un groupement peut percevoir une aide supplémentaire de 845 € par année pleine et par accompagnement.

Choisir une structure adaptée à ses besoins

Généraliste ou spécialisé dans le sport, le spectacle ou encore le social ; d’un rayonnement régional, local ou circonscrit, par exemple, à une galerie commerciale ou à une zone d’activité… chaque groupement a ses avantages et ses inconvénients.
Vous recherchez un talent rare ? Vous aurez plus de chance de le dénicher au sein d’une grosse structure. Vos besoins sont faciles à satisfaire ? Misez sur la proximité et la convivialité d’un groupement à dimension humaine, au sein duquel vous pourrez faire valoir et préserver au mieux vos intérêts. Outre le bouche-à-oreille, plusieurs annuaires présents sur Internet vous aideront à faire votre choix.

Créer son groupement d’employeurs

Toute personne physique ou morale, qu’elle ait ou non des salariés, peut créer ou rejoindre un groupement d’employeurs. Les formalités prévoient la création d’une association loi 1901, à laquelle s’ajoute une information de l’inspection du travail (si tous les adhérents partagent la même convention collective) ou une déclaration auprès de la Dirrecte du département dont dépend le siège social du groupement.

Cette dernière déclaration précise alors la convention collective choisie.

 

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