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Achat en ville : quel recours face au droit de préemption ?

Vendeur et acquéreur, vous vous êtes mis d’accord sur la vente d’un bien immobilier. S’il se situe dans certaines zones préalablement définies pour servir à des opérations d’aménagement, la mairie peut empêcher la vente. Son droit de préemption urbain lui permet de prendre la place de l’acquéreur initial. Le point sur son fonctionnement.

Votre bien peut-il faire l’objet d’une préemption ?

Appartement, terrain, immeuble, maison, tous les types de biens peuvent être préemptés dès lors qu’ils sont situés dans une zone préalablement définie par délibération du conseil municipal comme à préempter. La mairie peut exercer son droit de préemption pour réaliser un aménagement urbain d’intérêt général : la création de logements sociaux, la construction d’équipements collectifs ou une opération de renouvellement urbain par exemple.

Pour savoir si votre bien est concerné, renseignez-vous auprès du service d’urbanisme de votre mairie.

Quelle est la procédure ?

Si votre bien est situé dans une zone à préempter, vous devez, avant de le vendre, transmettre une déclaration d’intention d’aliéner à la mairie, par lettre recommandée avec avis de réception ou en la déposant contre décharge. Souvent, c’est votre notaire qui s’en chargera.

La mairie dispose ensuite de 2 mois pour prendre une décision. Elle peut préempter au prix indiqué. La transaction est alors actée et elle verse au vendeur le montant prévu. Elle peut aussi renoncer à préempter ou préempter en révision de prix en proposant un montant inférieur au prix initial.

Pouvez-vous contester le prix proposé par la mairie ?

Oui. Si la mairie vous propose un prix inférieur à celui convenu avec l’acquéreur initial vous avez 2 mois pour vous positionner. Vous pouvez accepter ce prix, renoncer à la vente du bien ou encore refuser le prix suggéré. La mairie saisit alors le juge des expropriations, qui se charge de fixer le prix du bien. La représentation par un avocat est obligatoire au cours de cette procédure qui vous donnera l’occasion d’exposer vos arguments pour défendre votre estimation.

Quels sont vos recours contre la décision de préemption ?

Que vous soyez le vendeur ou l’acquéreur évincé, vous avez la possibilité de demander l’annulation de la décision de préemption devant le tribunal administratif. Ce recours doit avoir lieu dans un délai de 2 mois à compter de la décision.

Les motifs d’annulation sont nombreux. Le tribunal peut ainsi annuler la décision de préemption si elle n’a pas respecté les délais prévus, si elle n’est pas suffisamment motivée ou encore si la mairie n’est pas en mesure d’établir l’existence du projet en vue duquel elle a préempté. Renseignez-vous auprès d’un avocat sur les points de contestation à soulever

Vous avez également un droit de regard sur l’usage du bien fait par la mairie dans les 5 années suivant la préemption. Si elle cède ou affecte le bien à un autre usage que l’opération d’aménagement prévue, elle doit proposer à l’ancien propriétaire de le racheter. Si ce n’est pas le cas, vous pouvez demander cette rétrocession ainsi que le versement de dommages et intérêts au tribunal administratif. Si vous renoncez à cette rétrocession, la mairie doit ensuite se tourner vers l’acquéreur initial pour lui proposer le bien.

Sources :
service-public.fr
notaires.fr

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Achat à la campagne : qu’est-ce que le droit de préemption de la Safer et quels sont vos recours ?

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