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Décarbonation des TPE et PME industrielles : 5 étapes pour réussir votre transition

Réduire les émissions de gaz à effet de serre de votre entreprise industrielle peut aussi diminuer vos consommations d’énergie, maîtriser vos coûts et renforcer votre compétitivité. Du diagnostic au suivi des résultats, découvrez les 5 étapes essentielles pour construire une stratégie de décarbonation adaptée à votre TPE ou PME.

Décarbonation des TPE et PME : ce qu’il faut retenir

  • Mesurez avant d’agir : analysez vos consommations d’énergie et votre empreinte carbone pour identifier les principaux postes d’émissions et concentrer vos efforts sur les actions les plus efficaces.
  • Combinez plusieurs leviers de décarbonation : efficacité énergétique, électrification, énergies renouvelables, évolution des procédés, sobriété matière et optimisation de la chaîne de valeur peuvent contribuer à réduire durablement vos émissions.
  • Construisez une démarche progressive et pilotée : hiérarchisez les investissements selon leur impact et leur coût, recherchez les aides disponibles et suivez des indicateurs précis pour ajuster votre feuille de route dans le temps.

Qu'est-ce que la décarbonation de l'industrie ?

L’industrie française doit poursuivre fortement la réduction de ses émissions. En 2024, elle représentait 62 millions de tonnes de CO₂e, soit 17 % des émissions brutes nationales1.

Définition : quel est le principe de la décarbonation ?

La décarbonation consiste à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) liées à une activité. Dans l’industrie, cela passe notamment par :

  • une meilleure efficacité énergétique ;
  • le remplacement des énergies fossiles ;
  • l’évolution des procédés ;
  • la sobriété matière ;
  • l’économie circulaire.

70 %
 

La Stratégie nationale bas-carbone (SNBC) fixe pour l’industrie un objectif de réduction des émissions de 70 % en 2030 par rapport à 19901.

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Pourquoi la décarbonation est stratégique pour les TPE et PME ?

Décarboner votre activité ne répond pas uniquement à un enjeu climatique. Une entreprise moins dépendante du gaz, du fioul ou d'autres énergies fossiles est aussi moins exposée aux fluctuations des ressources.

La décarbonation et l’électrification constituent des leviers permettant aux TPE, PME et ETI industrielles de réduire leurs risques et leur exposition aux chocs économiques. Elles peuvent également stimuler l’innovation dans leurs procédés et leurs produits. À terme, la démarche peut notamment permettre de :

  • réduire les consommations et certains coûts de production ;
  • moderniser l’outil industriel ;
  • répondre aux exigences croissantes des clients et des donneurs d’ordre ;
  • améliorer la résilience de l’entreprise ;
  • développer des produits et procédés moins carbonés.

Industrie verte : la décarbonation est-elle une obligation en France ?

Il n’existe pas d’obligation générale imposant à toutes les TPE et PME un niveau identique de décarbonation. Plusieurs obligations peuvent toutefois s’appliquer selon la taille et surtout la consommation énergétique de l’entreprise. Par exemple :

  • l'obligation de réaliser un bilan d’émissions de gaz à effet de serre (BEGES) et un plan de transition pour les entreprises d'au moins 500 salariés (250 salariés en Outre-Mer)1 ;

  • l'obligation de réaliser un audit énergétique pour les sociétés dont la consommation annuelle moyenne d'énergie finale est supérieure ou égale à 2,75 GWh (sous conditions)2 ;

  • l'obligation de mettre en œuvre un système de management de l'énergie certifié pour les sociétés dont la consommation annuelle moyenne d'énergie finale est supérieure ou égale à 23,6 GWh (sous conditions)2.

23 000 €
 

Au bout d’environ 18 mois, c’est la baisse moyenne de facture énergétique constatée par Bpifrance chez les établissements industriels de plus de 20 salariés ayant bénéficié de ses diagnostics climat, par rapport à des établissements comparables5.

ensemble de mains se réunissants autour de plantes vertes

Décarbonation de l'économie : qu'est-ce que France 2030 ?

France 2030 est un plan d’investissement public consacré à l’innovation, à l’industrialisation, à la recherche et à la formation. Il s’inscrit directement dans la dynamique de financement de la transition écologique des entreprises industrielles. À ce titre, 50 % de ses dépenses doivent contribuer à la décarbonation de l’économie, sans dépenses défavorables à l’environnement. La décarbonation de l’industrie et de la production d’intrants figure ainsi parmi ses grands objectifs prioritaires3.

1. Mesurer votre empreinte carbone

Avant d’investir dans de nouveaux équipements, vous devez savoir où se trouvent réellement vos principaux postes de consommation et d’émissions.

Analyser vos consommations énergétiques

Un audit énergétique permet d’étudier vos consommations par poste et par usage afin de détecter les gisements d’économies. Il est aussi utile pour évaluer les possibilités de recours aux énergies renouvelables et de récupération. Concrètement, l’analyse doit notamment vous aider à :

  • identifier les machines et équipements les plus énergivores ;

  • distinguer les consommations d’électricité, de gaz, de fioul ou de chaleur ;

  • repérer les pertes et consommations inutiles ;

  • évaluer les économies techniquement accessibles ;

  • chiffrer les investissements nécessaires.

Réaliser un état des lieux des consommations énergétiques et des émissions de GES constitue la première étape essentielle d’un parcours de décarbonation.

Réaliser un bilan de vos émissions de gaz à effet de serre

La consommation énergétique ne donne qu’une partie de la réponse. Un bilan GES permet de déterminer quelles activités génèrent le plus d’émissions et donc où concentrer vos efforts. Les émissions peuvent être réparties en 3 grands périmètres4 :

  • scope 1 : les émissions directes de l’entreprise, par exemple celles provenant de combustibles fossiles utilisés dans une chaudière ou un véhicule ;

  • scope 2 : les émissions indirectes liées à la production de l’énergie achetée et consommée ;

  • scope 3 : les autres émissions indirectes de la chaîne de valeur, comme les matières premières, le fret, les déplacements, les déchets ou l’utilisation des produits vendus.

Même lorsqu’il n’est pas obligatoire, ce bilan constitue un outil de pilotage précieux pour identifier les principaux postes d’émissions, avant de définir des objectifs, des actions et un calendrier.

Bénéficier d'un accompagnement (Ademe, CCI, etc.)

Une TPE ou PME industrielle ne dispose pas toujours d’un responsable énergie ou carbone en interne. Vous pouvez vous tourner vers l’Ademe, votre Chambre de commerce et d’industrie (CCI), Bpifrance ou un bureau d’études spécialisé. 

Le Diag Décarbon’Action de Bpifrance, par exemple, est ouvert aux entreprises de moins de 500 salariés. Il comprend un bilan des émissions carbone, puis l’élaboration d’un plan d’action opérationnel.

 

2. Identifier les leviers de décarbonation

Votre diagnostic doit déboucher sur des actions concrètes. Selon votre activité, plusieurs leviers peuvent se compléter. 

Améliorer l'efficacité énergétique de vos équipements et procédés

La première piste consiste souvent à produire autant avec moins d’énergie. Il peut être pertinent d’agir sur :

  • les moteurs et machines énergivores ;

  • les systèmes de variation de vitesse ;

  • les fuites d’air comprimé ;

  • l’isolation des équipements et réseaux ;

  • la température des procédés ;

  • la maintenance préventive ;

  • le pilotage en temps réel des consommations ;

  • la récupération de chaleur fatale.

Avant de remplacer un équipement, examinez donc également son utilisation : les horaires de fonctionnement, les réglages, le dimensionnement ou la maintenance peuvent parfois générer des gains sans investissement lourd.

Remplacer progressivement les énergies fossiles

Une fois les consommations réduites, vous pouvez chercher à décarboner l’énergie restante. Selon votre procédé industriel, différentes solutions peuvent être envisagées :

  • l'électrification d'un équipement auparavant alimenté au gaz ou au fioul ;

  • la chaleur renouvelable ;

  • la biomasse lorsque son usage est pertinent et durable ;

  • la récupération de chaleur ;

  • d’autres technologies bas-carbone compatibles avec vos contraintes de production. 

Repenser les matières premières et les procédés de fabrication

Décarboner une usine ne signifie pas seulement réduire sa facture énergétique. La sobriété matière et l’économie circulaire sont aussi des leviers de décarbonation de l’industrie. Vous pouvez par exemple :

  • réduire la quantité de matière nécessaire à chaque produit ;

  • intégrer davantage de matières recyclées ;

  • diminuer les pertes et rebuts de fabrication ;

  • réemployer certains composants ou emballages ;

  • écoconcevoir vos produits ;

  • modifier un procédé particulièrement émetteur. 

Agir sur la chaîne de valeur

Une part importante de votre empreinte peut se trouver hors des murs de l’usine. Les émissions indirectes prises en compte dans un bilan GES peuvent notamment provenir :

  • des achats de matières premières ;

  • de l’activité de vos fournisseurs ;

  • des transports et des déplacements ;

  • de l’utilisation et de la fin de vie des produits.

Pour agir, vous pouvez donc par exemple intégrer le carbone dans vos critères d’achat, travailler avec vos fournisseurs ou revoir la conception et la logistique de vos produits.

3. Construire une feuille de route réaliste de décarbonation

Vouloir tout transformer simultanément peut vous bloquer dans votre démarche. Votre priorité consiste à sélectionner les projets présentant le meilleur compromis entre impact et faisabilité.

Classer les actions selon leur impact, leur coût et leur faisabilité

Pour chaque projet, évaluez au minimum :

  • les tonnes de CO₂e évitées ;

  • les économies d’énergie attendues ;

  • le montant de l’investissement ;

  • le délai de retour sur investissement ;

  • la difficulté technique et le délai de mise en œuvre.

Pour hiérarchiser vos projets, tenez compte du potentiel de décarbonation, des coûts, de la disponibilité des ressources ou encore de la maturité des technologies. Commencez généralement par les actions rapides et maîtrisables, tout en préparant en parallèle les études nécessaires aux investissements plus lourds.

Fixer des objectifs chiffrés et un calendrier

Une feuille de route efficace ne se résume pas à une liste d’idées. Définissez des objectifs mesurables, par exemple :

  • réduire les émissions à trois ou cinq ans ;

  • moins consommer d’énergie par unité produite ;

  • diminuer la consommation de gaz ;

  • augmenter la part d’énergie décarbonée.

Pour un BEGES réglementaire, le plan de transition doit mentionner les objectifs de réduction, les actions prévues, leur calendrier et les moyens mobilisés. Cette logique reste pertinente, y compris si votre TPE ou PME n’est pas concernée par cette obligation.

Intégrer la décarbonation à votre stratégie d'investissement

Il est important d’intégrer la décarbonation directement dans vos décisions industrielles : il ne doit pas s’agir d’un projet RSE à part. Le remplacement d’une machine, l’extension d’un site ou la rénovation d’une ligne de production, par exemple, sont des moments clés pour comparer plusieurs scénarios en fonction de leur coût, de leur consommation d’énergie et de leur impact carbone.

 

4. Mobiliser les aides pour financer votre décarbonation industrielle

Diagnostics, études et nouveaux équipements représentent un coût conséquent. Plusieurs dispositifs publics peuvent réduire votre reste à charge ou faciliter votre financement.

Financer les diagnostics et l'accompagnement

Le programme PACTE Industrie de l’Ademe, ouvert aux entreprises industrielles répondant aux critères du dispositif, finance des études et des coachings portant notamment sur :

  • l’évolution du mix énergétique ;

  • la récupération de chaleur fatale ;

  • l’électrification ;

  • la stratégie de décarbonation ;

  • la trajectoire d’investissements bas-carbone ;

  • le montage financier des projets.

Le Diag Décarbon’Action constitue une autre porte d’entrée pour structurer votre bilan et votre plan d’action.

Rechercher des aides adaptées à vos investissements

Selon votre projet et votre implantation, vous pouvez solliciter des aides auprès de différents acteurs et dispositifs, dont :

  • l'Ademe ;

  • France 2030 ;

  • les financements régionaux ou locaux ;

  • les prêts Bpifrance ;

  • les certificats d'économies d'énergie

Utilisez le service public Transition écologique des entreprises pour identifier les dispositifs pertinents selon le profil et le projet de votre entreprise.

 

5. Mesurer les résultats et faire vivre votre démarche dans le temps

La décarbonation n’est pas un projet ponctuel. Elle nécessite de vérifier les résultats obtenus et de réviser régulièrement vos priorités.

Choisir des indicateurs réellement pilotables

Limitez votre tableau de bord à quelques indicateurs utiles, par exemple :

  • les kWh consommés par unité produite ;

  • les tonnes de CO₂e par tonne ou unité produite ;

  • la consommation annuelle de gaz ;

  • la part d’énergie décarbonée ;

  • la quantité de matières premières consommées ;

  • le taux de rebuts ou de déchets ;

  • les tonnes de CO₂e évitées grâce aux projets achevés.

Comparez ces données à une année de référence pour mesurer les progrès réels de votre entreprise.

Impliquer les équipes opérationnelles

La décarbonation concerne rarement un seul service. Direction, production, maintenance, achats, logistique et finance doivent travailler ensemble. Par exemple :

  1. un opérateur peut repérer un équipement qui tourne inutilement ;

  2. la maintenance peut détecter une fuite ;

  3. les achats peuvent identifier un fournisseur moins carboné.
     

Le terrain doit alimenter la stratégie. C’est pourquoi, la mobilisation des salariés et la constitution d’une équipe de référents font partie des facteurs de réussite d’un plan d’action.

Actualiser régulièrement votre feuille de route

Enfin, comparez les résultats aux objectifs fixés et analysez les écarts. Un projet jugé trop coûteux aujourd’hui peut devenir prioritaire demain si le prix de l’énergie évolue, qu’une technologie mûrit ou qu’une nouvelle aide apparaît. Pour réussir votre décarbonation industrielle, retenez donc un fil conducteur simple.
 

  1. Mesurer.
  2. Prioriser.
  3. Investir.
  4. Suivre.
     

C’est cette démarche progressive qui permet de transformer un objectif climatique en véritable projet de performance industrielle. Consultez le guide de décarbonation et d'électrification des TPE, PME et ETI industrielles édité par la Direction générale des Entreprises (DGE) pour aller plus loin.

Sources :

(1) La stratégie nationale bas-carbone - Ministères Transition écologique, Aménagement du Territoire, Transports, Ville et Logement - 2026

(2) Audit énergétique et systèmes de management de l'énergie en entreprise - Ministères Transition écologique, Aménagement du Territoire, Transports, Ville et Logement – 2025

(3) Qu'est-ce que France 2030 ? - Ministères Transition écologique, Aménagement du Territoire, Transports, Ville et Logement – 2026

(4) Comment réussir son parcours de décarbonation ? - CCI – 2026

(5) Évaluation : les Diagnostics climat de Bpifrance aident les entreprises à passer à l'action et à réduire leur facture énergétique - Bpifrance - 2026

Nous répondons à vos questions

Les questions les plus fréquemment posées.

Les deux sont corrects. Toutefois, le terme décarbonation est privilégié dans les politiques publiques françaises. Il désigne l’ensemble des mesures visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Cette ambition française s’inscrit notamment dans la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC).

Le coût varie selon les équipements, les procédés, les sources d’énergie ou encore les matières organiques utilisées. Certaines optimisations demandent peu d’investissement, contrairement à l’électrification d’un procédé. L’enjeu majeur consiste à privilégier les actions compatibles avec votre modèle économique et rentables à long terme.

L’Ademe, Bpifrance, les régions ou France 2030 proposent différents dispositifs d’accompagnement et de financement. Ils peuvent soutenir les diagnostics, les études et les investissements réduisant les impacts environnementaux de l’activité. Ces aides facilitent ainsi la participation des TPE-PME industrielles à la lutte contre le réchauffement climatique.

Suivez régulièrement votre empreinte carbone, vos consommations d’énergie et vos émissions par unité produite. Vous pouvez également analyser le cycle de vie des produits, les matières utilisées, les déchets ou les transports, puis comparer ces indicateurs à une année de référence et aux objectifs fixés. 

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