Création d'entreprise : faut-il choisir l'impôt sur le revenu ou sur les sociétés ?
Lors de la création de votre entreprise, le choix d'un mode d'imposition est essentiel car il a un impact direct sur votre fiscalité, votre rémunération ou encore votre stratégie de développement. Suivez nos conseils pour choisir entre l'impôt sur les sociétés (IS) et l'impôt sur le revenu (IR).
Publié le 30/04/2026 - 6 minutes
Impôt sur les sociétés ou sur le revenu : ce qu’il faut retenir
- La plupart des entreprises ont le choix entre deux modes d’imposition : l’impôt sur le revenu (IR) et l’impôt sur les sociétés (IS). Ce choix influence les impôts, la rémunération du dirigeant ou encore votre trésorerie.
- L’IR est généralement préférable si votre chiffre d’affaires est faible, pour tester une activité ou encore si vous souhaitez récupérer l’intégralité des bénéfices.
- L’IS est souvent plus avantageux si votre bénéfice est élevé, si vous souhaitez réinvestir dans la société ou encore si votre fiscalité personnelle est déjà importante.
Entreprise individuelle, SARL, SCI, SASU… quelles sont vos options d'imposition ?
Lors de la création de votre activité, le choix d'un régime fiscal dépend principalement du statut juridique de votre entreprise. Par défaut, sont soumis à1 :
- l'impôt sur le revenu (IR) : les entreprises individuelles, les micro-entreprises, les SNC, les SCP, les EURL et les SCI ;
- l’impôt sur les sociétés (IS) : les SARL, les SA, les SAS et les SASU.
À l’exception des micro-entreprises qui sont obligatoirement soumises à l’impôt sur le revenu, les entreprises ont le choix entre l’IR et l’IS sous certaines conditions et, pour certaines, pour une durée limitée. Cette décision est déterminante car elle a un impact sur l’imposition de l’entreprise et du dirigeant.
| Statut juridique | Impôt sur le revenu | Impôt sur les sociétés |
| Entreprise individuelle | Oui | Sur option et sous conditions |
| Micro-entreprise | Oui | Non |
| Société en nom collectif (SNC) | Oui | Sur option et sous conditions |
| Société civile professionnelle (SCP) | Oui | Sur option et sous conditions |
| Entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL) | Oui | Sur option et sous conditions |
| Société anonyme à responsabilité limitée (SARL) | Sur option et sous conditions | Oui |
| Société anonyme (SA) | Sur option et sous conditions | Oui |
| Société par actions simplifiée (SAS) | Sur option et sous conditions | Oui |
| Société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) | Sur option et sous conditions | Oui |
| Société civile immobilière (SCI) | Oui | Sur option et sous conditions |
Comment fonctionne l'impôt sur les sociétés en France ?
L’IS repose sur un mécanisme principal : l’imposition distingue le bénéfice de l’entreprise et la rémunération du dirigeant.
Une distinction entre le bénéfice de l'entreprise et la rémunération du dirigeant
Si vous optez pour l'impôt sur les sociétés, l'administration fiscale opère une distinction entre le bénéfice de l'entreprise et la rémunération du dirigeant2 :
- le bénéfice de l'entreprise est soumis à l'IS, après déduction de la rémunération du dirigeant ;
- la rémunération du dirigeant est soumise à l'IR.
Cette distinction permet de moduler le niveau de rémunération du dirigeant afin d'optimiser l'imposition de l'entreprise et du dirigeant.
Bon à savoir.
Le salaire du dirigeant est soumis à l'IR dans la catégorie des traitements et salaires, tandis que les éventuels dividendes sont imposés dans la catégorie des revenus mobiliers.
Le taux et le calcul de l'IS
Dans le cadre de l'impôt sur les sociétés, les bénéfices réalisés en France au cours de l'exercice comptable sont soumis à un taux de3 :
- 15 % pour la fraction du bénéfice inférieure à 42 500 € (sous conditions) ;
- 25 % au-delà.
Comme nous l’avons vu, la rémunération du dirigeant intègre ses éventuels autres revenus et est soumise au barème progressif de l’impôt sur le revenu.
Bon à savoir.
Vous devez remplir deux conditions pour bénéficier du taux réduit de 15 % :
- avoir un chiffre d'affaires inférieur à 10 millions d'euros ;
disposer d'un capital social détenu pour au moins 75 % par des personnes physiques.
Les avantages et les limites de l’IS
L'impôt sur les sociétés peut présenter plusieurs avantages :
une imposition potentiellement moins élevée que l'IR, dont le taux maximal est de 45 % ;
la déduction de la rémunération et des cotisations sociales du dirigeant du bénéfice de l'entreprise ;
une optimisation possible de la fiscalité via le versement de dividendes et le choix du montant de votre rémunération ;
la non-imposition des bénéfices réinvestis dans la société.
L'impôt sur les sociétés présente malgré tout certains inconvénients :
une double imposition : l'IS pour les bénéfices et l'IR pour la rémunération du dirigeant en cas de versement d'un salaire et/ou de dividendes ;
une gestion comptable plus complexe et l'importance de bien réfléchir à la distribution des bénéfices.
Comment fonctionne l'impôt sur le revenu pour une entreprise ?
Avec l’IR, il existe une transparence fiscale : les bénéfices de l'entreprise correspondent à vos revenus personnels.
Une imposition sur les bénéfices
Dans le cadre de l'impôt sur le revenu (IR), vous êtes par défaut soumis4 :
- au régime de la déclaration contrôlée si vous avez des bénéfices non commerciaux (BNC) ;
- au régime réel d’imposition (normal ou simplifié) si vous avez des bénéfices industriels et commerciaux.
Ce régime vous permet de déduire vos charges déductibles de votre chiffre d’affaires. Votre rémunération n’est toutefois pas considérée comme une charge déductible et ne peut donc pas être déduite. Le bénéfice ainsi obtenu est soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu.
Bon à savoir.
Sous conditions notamment de chiffre d’affaires, vous pouvez opter pour le régime micro-fiscal, aussi appelé régime de la micro-entreprise. Dans ce cas, vous êtes imposé sur le chiffre d'affaires réalisé, après application d'un abattement forfaitaire. Le taux d'imposition et le taux d'abattement dépendent de la nature de l'activité (commerciale, artisanale ou libérale). En revanche, vous ne pouvez pas déduire vos charges.
Le barème et le calcul de l'IR
Les bénéfices de l'entreprise sont soumis au barème progressif de l'impôt sur le revenu. Chaque tranche de revenu est soumise à un taux d'imposition différent 5.
| Barème progressif de l'impôt pour les revenus de 2025 | |
| Tranches de revenus | Taux d'imposition de la tranche de revenu (TMI) |
| Jusqu'à 11 600 € | 0 % |
| De 11 601 à 29 579 € | 11 % |
| De 29 580 à 84 577 € | 30 % |
| De 84 578 à 181 917 € | 41 % |
| Plus de 181 917 € | 45 % |
Les avantages et les limites de l’IR
L'impôt sur le revenu présente plusieurs avantages :
- une faible imposition si les revenus de l'entreprise sont peu élevés ;
- le choix du régime micro sur option pour bénéficier d'un régime simplifié d'imposition (sous conditions).
L’impôt sur le revenu a toutefois certaines limites :
- une imposition de l'intégralité du bénéfice, y compris si celui-ci est réinvesti ;
- une imposition potentiellement élevée à partir d'un certain niveau de bénéfices ;
- peu de leviers d'optimisation de la fiscalité applicable à l'entreprise.
Impôt sur le revenu ou sur les sociétés : les différences à retenir
Retrouvez ci-dessous les principales différences à retenir entre l’impôt sur le revenu (IR) et l’impôt sur les sociétés (IS).
| Le comparatif entre l'impôt sur le revenu et l'impôt sur les sociétés | ||
| Critère | Impôt sur le revenu (IR) | Impôt sur les sociétés (IS) |
| Qui paie l’impôt ? | L’entrepreneur | L’entreprise |
| Principe fiscal | Transparence fiscale (entreprise = dirigeant) | Distinction entre le bénéfice de l’entreprise et la rémunération du dirigeant |
| Base imposable | Bénéfice total de l’entreprise | Bénéfice après déduction de la rémunération du dirigeant |
| Taux d’imposition | Barème progressif de 0 à 45 % | Taux réduit à 15 % jusqu’à 42 500 € (sous conditions), puis 25 % |
| Rémunération du dirigeant | Intégralement imposée | Salaire déductible du bénéfice et possibilité de verser des dividendes |
| Optimisation fiscale | Très limitée | Importante via des arbitrages entre le salaire et les dividendes |
| Réinvestissement des bénéfices | Impossible sans imposition | Possible sans imposition personnelle immédiate |
| Complexité administrative | Faible | Plus élevée |
Impôt sur les sociétés ou impôt sur le revenu : quel est le plus avantageux ?
Vous devez vous fier à plusieurs critères essentiels pour faire le bon choix, lors de la création de votre entreprise ou par la suite.
Votre niveau de bénéfices : l'IR est généralement mieux adapté si vos bénéfices sont faibles car les premières tranches d'imposition sont peu élevées. En revanche, l'IS est bien souvent plus avantageux au-delà d'un certain niveau de bénéfices, à savoir à partir de 40 000 ou 50 000 € par exemple.
Votre besoin de revenus personnels : l'IR est plus intéressant si vous souhaitez récupérer l'intégralité des bénéfices réalisés par l'activité car cela vous évite une double imposition. L'IS est en revanche plus pertinent si vous souhaitez moduler votre niveau de rémunération.
Votre stratégie de développement : l'IR est généralement pertinent au lancement de l'activité, notamment pour tester votre projet ou si vous êtes entrepreneur individuel. A contrario, l'IS est plus intéressant si vous avez un projet ambitieux et que vous souhaitez notamment réinvestir vos bénéfices.
Votre situation fiscale personnelle : si vous êtes déjà dans une TMI élevée à titre personnel (30 ou 41 % par exemple), l'IS peut être pertinent pour sortir une partie de vos revenus de votre fiscalité personnelle et ainsi bénéficier d'une imposition moins élevée.
Votre niveau de charges : le régime micro de l'IR peut être avantageux si vous avez peu de charges liées à votre activité. Si vos charges sont élevées, le régime réel de l'IR ou l'IS sont plus pertinents. L'IS est également plus intéressant si votre rémunération est élevée car vous pouvez la déduire de votre bénéfice.
Comment changer de régime d’imposition ?
Sous certaines conditions, vous pouvez changer de régime d’imposition : pour certains statuts juridiques, cette option est toutefois temporaire.
Passer de l’impôt sur les sociétés à l’impôt sur le revenu
En principe, les sociétés de capitaux sont soumises à l'impôt sur les sociétés. Certaines ont toutefois la possibilité d'opter pour l'impôt sur le revenu : les SA, les SAS, les SARL et les SASU. Pour cela, votre entreprise doit remplir plusieurs conditions3 :
exercer une activité commerciale, artisanale, libérale, agricole ou industrielle à titre principal ;
ne pas être cotée en bourse ;
avoir moins de 50 salariés ;
avoir un chiffre d'affaires annuel ou un bilan annuel inférieur à 10 millions d'euros ;
avoir été créée depuis moins de 5 ans lors de la demande ;
respecter certaines règles relatives aux droits de vote et du capital.
L'accord de tous les associés est nécessaire pour passer de l'impôt sur les sociétés à l'impôt sur le revenu. L'option est valable pendant 5 ans et n'est pas reconductible.
Passer de l’impôt sur le revenu à l’impôt sur les sociétés
A contrario, d'autres entreprises sont par défaut soumises à l'impôt sur le revenu : les entreprises individuelles, les EURL, les SNC, les SCS ou encore les SCP. Sous conditions, vous pouvez opter pour l’IS lors de la création de l'entreprise ou en cours de vie sociale en notifiant le service des impôts des entreprises (SIE). Une seule exception : les micro-entreprises sont obligatoirement soumises à l’IR avec un régime fiscal spécifique3.
Les modalités et conditions pour passer l’IR à l’IS dépendent principalement du statut juridique de votre entreprise. Pour une entreprise individuelle par exemple, vous devez demander à assimiler votre entreprise à une EURL et à bénéficier de l'IS. Par la suite, vous pouvez renoncer à l'IR : en revanche, l'assimilation à une EURL est irrévocable6.
Bon à savoir.
Vous disposez de 5 années pour demander la révocation de l'option à l'IS et ainsi être de nouveau soumis à l'IR.
Nous répondons à vos questions
Les questions les plus fréquemment posées.
Vous pouvez bénéficier du taux réduit de l’IS (15 %) pour la fraction du bénéfice inférieure à 42 500 €. Pour cela, plusieurs conditions sont nécessaires :
- avoir un chiffre d’affaires ou un bilan total annuel inférieur à 10 millions d’euros ;
- disposer d’un capital entièrement libéré et détenu à 75 % par des personnes physiques
Les BIC (bénéfices industriels et commerciaux) concernent les activités commerciales, artisanales ou industrielles. Les BNC (bénéfices non commerciaux) s’appliquent aux professions libérales. Cette distinction influence le calcul du résultat imposable, les obligations comptables et le montant de l’impôt selon votre régime fiscal.
L’usage d’un simulateur est important pour faire le bon choix entre l’IS et l’IR. Vous pouvez utiliser :
Vous pouvez également utiliser le comparateur de statut juridique de l'Urssaf pour choisir le bon statut juridique lors de la création de votre activité, notamment au regard de la fiscalité applicable.
Sources
(1) Impôt sur les sociétés ou impôt sur le revenu : quelle imposition selon votre statut ? - Ministère de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique - 2024.
(2) Comment seront imposés mes bénéfices ? - Bpifrance – 2026.
(3) Impôt sur les sociétés (IS) : taux, déclaration, paiement - Service Public Entreprendre – 2026.
(4) Bénéfices industriels et commerciaux (BIC) : régime réel d'imposition - Service Public Entreprendre – 2026.
(5) Quel est le barème de l'impôt sur le revenu ? - Service Public - 2026.
(6) Entrepreneur individuel : passer de l'impôt sur le revenu (IR) à l'impôt sur les sociétés (IS) - Service Public - 2026.
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