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Que change le passage à 30 km/h en ville?

Comme 200 autres municipalités françaises, la Ville de Paris a décidé de passer aux 30 km/h. Quels sont les impacts de cette mesure ? Études sur la question.

« Ville 30 », quelles sont les villes concernées ?

Si vous circulez à Paris, pensez à lever le pied. Depuis le 30 août 2021, la vitesse de circulation est en effet limitée à 30 km/h dans la grande majorité des rues de la capitale, à l’exception de quelques grands axes. Depuis 2003, près de 200 villes ont déjà appliqué cette limitation (Lille, Grenoble, Montpellier…). Le concept « ville 30 » couvre ainsi environ 15 % de la population française. Des villes comme Lyon ou Toulouse ont depuis annoncé l’introduction de cette mesure à partir de 2022.

À savoir. En août 2020, l’assemblée générale des Nations Unies s’est dite favorable au 30 km/h généralisé en ville.

Passage aux 30 km/h : les accidents sont-ils moins nombreux ?

Pour près de la moitié des Franciliens sondés, la sécurité routière est une priorité pour justifier cette mesure. Selon la Ville de Paris, la baisse de la vitesse à 30 km/h permet en moyenne de réduire d’un quart le nombre d’accidents corporels, et plus de 40 % d’accidents graves et mortels. Une réduction que semble confirmer les conclusions d’une étude du Cerema (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement) portant sur la généralisation de la mesure à Grenoble dès 2016.

Les résultats de l’étude, publiée en 2020, montrent une tendance à la baisse de 24 % du nombre d’accidents impliquant un piéton. Concernant les accidents impliquant un deux-roues motorisé, la baisse est de 31 %. L’Association de Prévention routière estime pour sa part que le passage de 50 à 30 km/h réduirait de 82 % le risque de blesser un piéton en cas de collision.

Bon à savoir. Selon un rapport mondial sur la prévention des traumatismes dus aux accidents de la circulation de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la probabilité qu’un piéton soit tué est multipliée par huit lorsque la vitesse d’impact passe de 30 km/h à 50 km/h.

Quels effets en termes de pollution ?

L’efficacité environnementale de cette mesure fait encore débat. Un autre rapport du Cerema démontre qu’un abaissement de la vitesse a des effets contrastés sur la qualité de l’air. Ainsi, pour un véhicule particulier les émissions de gaz à effet de serre sont minimales pour des vitesses avoisinant les 70 km/h (60 km/h pour un véhicule utilitaire). À l’inverse, les émissions sont importantes à très faible vitesse, autour de 30 km/h.

Ces données sont toutefois à relativiser en ville. Les résultats présentés sont des émissions en fonction « de valeurs moyennes de vitesses, dans des environnements et contextes très différents ». Les experts du Cerema précisent que les données récoltées ne permettent pas de conclure « que des vitesses limitées à 30 km/h sont nécessairement plus négatives en termes d’émissions que des vitesses à 50 km/h ». Ils rappellent que le premier facteur influençant les émissions est l’accélération (non la vitesse). Autrement dit, un trafic « heurté » ou congestionné est bien plus émissif qu’un trafic régulier et apaisé. En termes de pollution, l’enjeu n’est donc pas la vitesse, mais plutôt l’apaisement du trafic.

Bon à savoir. Selon l’Ademe, le passage de 50 à 30 km/h en agglomération devrait à terme permettre un apaisement du trafic et une meilleure cohabitation des usagers de la route, favorisant les modes de transport les moins polluants, comme le vélo.

Passage aux 30 km/h, moins de pollution sonore ?

Vous ne supportez pas le bruit de la circulation ? C’est compréhensible. Certaines études scientifiques ont démontré que la pollution sonore peut avoir des conséquences néfastes sur votre santé : hypertension, accidents cardiovasculaires cérébraux… Or, le trafic automobile représente la première source de pollution sonore dans les grandes agglomérations. Selon le Guide pour l’élaboration des plans de prévention du bruit dans l’environnement de l’Ademe, la réduction de la vitesse de 50 à 30 km/h permet cependant une baisse de 2,5 à 3,9 décibels selon le revêtement (-3,4 dB pour un revêtement standard), soit une diminution par deux du bruit.

Attention. À faible vitesse, d’autres perturbations peuvent apparaître génératrices de bruit sonore : ralentisseurs, revêtement de chaussée, débit élevé, nature du trafic, etc.

 

Sources :

Ademe

Cerema

OMS

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