Pourquoi préparer sa retraite dès son entrée dans la vie active, entre 20 et 30 ans
À l’entrée dans la vie active, l’envie de profiter du présent est plus naturelle que celle de se projeter dans l’après-vie professionnelle. Mais pour aborder sereinement la retraite, il est déjà temps de s’en préoccuper sur le plan financier. Explications.
Publié le 23/10/2026 - 4 mn
Anticiper au plus tôt pour améliorer vos ressources à la retraite
Malgré la redistribution de revenus assurée par notre système de retraite, le remplacement des revenus professionnels par la pension de retraite de base et complémentaire reste partiel. Á fin 2024, la pension moyenne, tous régimes confondus, s’établit ainsi à 1 575 euros nets mensuels parmi les retraités résidant en France1.
Sans préparation de votre retraite, le risque est de subir une baisse de niveau de vie et de devoir renoncer à vos habitudes et plaisirs de la vie active (loisirs, sorties, voyages…). Et cela pourrait s’amplifier à l’avenir. Selon les projections réalisées en 2026 par le COR (Conseil d’orientation de la retraite)², les retraités ne percevraient plus que 45,3 % de leurs anciens revenus professionnels à l'horizon 2070, contre 54,6 % en 2025.
Pour minimiser la perte de revenus à la retraite, il est indispensable de l’anticiper afin de vous constituer une épargne qui complétera votre future pension.
À quel âge est-il conseillé de commencer la préparation de sa retraite ?
La préparation de votre retraite sera d’autant plus efficace que vous vous y prendrez tôt. D’une part, les contraintes financières sont peu nombreuses au démarrage de la vie active. D’autre part, vous disposez de beaucoup de temps devant vous, plus de 30 ans en moyenne.
Le temps est un précieux atout en matière d’épargne pour accumuler des gains, mais aussi atténuer les risques liés aux placements financiers. En lissant les effets des variations de valorisation sur le long terme, il réduit le risque de perte en capital.
En commençant à économiser régulièrement des petites sommes au début de votre carrière professionnelle, votre effort d’épargne sera facilité car réparti dans la durée. Vous limiterez ainsi son poids sur vos finances et pourrez en parallèle concrétiser vos projets personnels ou familiaux.
Quelle est l'épargne moyenne à 30 ans ?
Les 18-29 ans épargnent en moyenne 4% net de leur revenus, soit de 80 à 140 euros par mois³, ce qui est normal car les jeunes actifs doivent en parallèle payer les frais d'installation de leur logement et leurs premiers salaires sont souvent modestes. Sur la tranche des 30-39 ans, l'épargne s'accélère nettement, avec un taux d'épargne nette de 11% soit 195 à 245 euros par mois³.
Commencer à épargner tôt a deux avantages : d'abord, cela diminue votre effort d'épargne. Á titre d'exemple, pour vous constituer un capital de 100 000 € d'ici à vos 65 ans, vous devez épargner 240 euros par mois si vous commencez à 30 ans et 555 € si vous commencez à 50 ans. Ensuite, les sommes économisées peuvent produire des intérêts qui, s'ils sont réinvestis, peuvent aussi produire des intérêts (effet boule de neige). Plus vous épargnez jeune, plus l'effet cumulatif des intérêts est important.
15 800 €
c'est le patrimoine net médian des moins de 30 ans³.
Comment préparer financièrement sa retraite à 30 ans ?
Entre 20 et 30 ans, il est préférable d’opter pour une solution d’épargne qui permette aussi de faire face à un besoin exceptionnel ou un imprévu.
Deux produits d’épargne de long terme répondent à ces objectifs de préparation de la retraite avec des possibilités de retrait pour cas exceptionnels, sans clôturer le placement :
le Plan d’épargne retraite (PER) permet de préparer la retraite dès l’entrée dans la vie active sans retarder ou renoncer à un premier achat immobilier. L’épargne est en principe investie jusqu’à la retraite, mais vous avez la possibilité de débloquer, sans frais, l’épargne accumulée pour acheter votre résidence principale, puis de reprendre par la suite les versements à votre rythme. Le PER prévoit aussi des cas de déblocage en cas d’accident de la vie touchant votre conjoint ou partenaire de Pacs (décès, invalidité) ou l’un de vos enfants (invalidité), ou si vous connaissez une situation de fin de droits d’allocation-chômage ou de surendettement.
le contrat d’assurance vie peut être souscrit pour se constituer un complément de retraite, mais aussi pour financer d’autres projets tout au long de la vie (études d’un enfant, travaux…). Après 8 ans de détention, il est possible de faire des rachats partiels sans impôt à payer (hors prélèvements sociaux) tant que la part de gains ne dépasse pas 4 600 € par an (9 200 € pour un couple). Ceci, en conservant l’avantage de l’antériorité fiscale du contrat jusqu’à sa liquidation.
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PER ou assurance vie, quel placement privilégier ?
L’assurance vie offre plus de souplesse en matière de disponibilité de l’épargne, sauf si le bénéficiaire désigné dans la clause a accepté (tout retrait nécessite alors son accord) ou si le contrat a été affecté en tant que garantie.
Les rachats partiels sont possibles dans l’assurance vie quel que soit le motif alors que les cas de déblocage de l’épargne du PER sont limités à certaines situations précises. En revanche, ce dernier procure un avantage fiscal unique, qui permet de déduire les versements du revenu imposable ou de bénéficier d’un régime d’imposition plus favorable à la sortie. Le choix de l’option fiscale la plus avantageuse, qui dépend de l’évolution de votre taux d’imposition, peut être effectué à chaque versement.
Ces 2 produits de placement, souvent opposés, proposent en réalité des solutions complémentaires pour votre épargne : l’assurance vie pour répondre à des besoins à court, moyen ou long terme et le PER pour préparer la retraite, avec des garanties de prévoyance et la possibilité de financer votre résidence principale.
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