futurs retraités

Le regard des Français sur la retraite : entre rêve de liberté et crainte du déclassement

La retraite évoque le temps retrouvé, les voyages et les projets personnels. Pourtant, l’incertitude sur les pensions et la peur de manquer empêchent de nombreux actifs de l’envisager sereinement. L’étude Odoxa/Generali révèle un profond paradoxe : la retraite conserve une image positive, mais son approche suscite davantage d’ambivalence que d’enthousiasme.

Les Français et leur future retraite : ce qu’il faut retenir

  • La retraite reste synonyme de liberté et de projets. Pourtant, seuls 28 % des futurs retraités l’attendent avec envie, contre 54 % qui l’abordent avec ambivalence ou inquiétude.

  • Les incertitudes financières dominent : 65 % craignent de manquer de moyens, 70 % des actifs ignorent le montant de leur future pension et 75 % anticipent une baisse de niveau de vie.

  • La préparation reste insuffisante : seuls 15 % des futurs retraités ont des projets précis. Mieux connaître ses droits, estimer sa pension et construire une épargne adaptée sont des réflexes essentiels pour aborder plus sereinement cette transition.

La retraite fait toujours rêver, mais elle ne rassure plus vraiment

La fin de la vie professionnelle reste porteuse de promesses. Mais ces promesses se heurtent à des inquiétudes très concrètes.

Le temps retrouvé reste la première promesse

Pour les futurs retraités, la retraite représente d’abord la possibilité de reprendre la maîtrise de leur temps. Selon l’étude Odoxa pour Generali, 87 % l’associent au fait de profiter de la vie et 86 % à un sentiment de liberté. Ils sont également 79 % à évoquer le soulagement de ne plus travailler et 78 % l’enthousiasme suscité par de nouveaux projets1.

Ces résultats dessinent une retraite active, loin de l’image d’un retrait social. La fin du travail apparaît comme l’ouverture d’une nouvelle période de vie, consacrée aux proches, aux loisirs et aux passions.

Une retraite moins attendue qu’il n’y paraît

Cet imaginaire positif ne suffit pourtant pas à rendre l’avenir rassurant : 54 % des actifs de 45 ans et plus envisagent la retraite avec ambivalence ou inquiétude. Ils sont même 18 % à l’aborder avec appréhension, tandis que la même proportion n’y pense pas encore1.

 

On note cependant que les hommes se montrent légèrement plus enthousiastes : 30 % attendent la retraite avec envie, contre 25 % des femmes.

Le saviez-vous ?

Seuls 28 % 

des actifs de 45 ans et plus déclarent attendre leur retraite avec envie1.

futurs retraités sur la plage

Partir tôt reste le rêve, travailler plus longtemps devient la prévision

Les Français aspirent toujours à prendre leur retraite tôt. Mais dans le même temps, ils sont de moins en moins nombreux à penser que ce sera possible.

Un écart marqué entre l’âge souhaité et l’âge attendu

Le décalage est net : 46 % des non-retraités souhaiteraient partir à 60 ans ou avant, mais seuls 5 % pensent réellement pouvoir le faire selon la Drees2. Un écart qui s’explique notamment par la réforme des retraites et le report de l’âge légal de départ à la retraite à 64 ans (pour les personnes nées à partir de 1969).

Le saviez-vous ?

60 ans

Pour 36 % des non-retraités, il s’agit de l’âge idéal pour prendre sa retraite2.

couple de futurs retraités

La fin du travail reste vécue comme une libération

Parmi les futurs retraités, 78 % pensent que ne plus travailler leur procurera d’abord un soulagement, contre 22 % qui anticipent un manque. Le constat est relativement similaire chez les retraités actuels : 72 % parlent d’un soulagement et 27 % d’un manque1.

 

La difficulté apparaît surtout sur le plan financier. Une fois à la retraite, 51 % déclarent vivre moins bien qu’auparavant, 29 % aussi bien et seulement 20 % mieux.

Derrière la liberté promise, la peur de manquer domine

Les futurs retraités craignent moins la fin du travail que la diminution de leurs ressources et ses conséquences sur leurs projets.

L’argent inquiète davantage que la maladie ou l’isolement

Le manque de moyens financiers constitue de loin la première crainte associée à la retraite. Il est cité par 65 % des futurs retraités, devant1 :

  • la peur de tomber malade (46 %) ;
  • l’isolement (27 %) ;
  • l’ennui ou la déprime (22 %).

L’expérience des retraités confirme en partie ces inquiétudes : 48 % associent leur situation à un manque de moyens, 43 % à la peur de tomber malades, 32 % à l’isolement et 22 % à l’ennui.

Une incertitude sur le montant de leur future retraite

Un baromètre Ifop réalisé en 2026 met en évidence, pour sa part, un déficit de visibilité majeur : 7 actifs sur 10 ne connaissent pas le montant de leur future pension. Ils sont même 44 % à déclarer n’en avoir aucune idée3.

Le saviez-vous ?

- 48,1 %

C’est la baisse estimée entre le dernier salaire net et la pension nette pour le cas type d’un cadre du privé né en 1964 et partant à la retraite à taux plein4.

factures
  • Dans le même temps, 75 % anticipent une baisse de leur niveau de vie, contre 21 % qui le pensent stable et 4 % qui prévoient une hausse.
  • La crainte atteint 82 % chez les 50-64 ans, pour lesquels l’échéance de la retraite se rapproche. 
  • Or, sans estimation de pension, il devient difficile de prévoir son budget, de mesurer une éventuelle perte de revenus ou de déterminer l’effort d’épargne nécessaire.

Le système par répartition reste l’horizon principal

Malgré ce pessimisme, 43 % des actifs pensent que tous leurs revenus à la retraite proviendront du système par répartition, soit 15 points de plus qu’en 2025. Ils sont 39 % à prévoir une pension complétée par leur épargne ou leurs placements, tandis que 9 % imaginent un équilibre entre ces deux sources3.

Cette dépendance traduit moins une confiance renforcée dans le système qu’une capacité limitée à préparer des revenus complémentaires. Elle concerne notamment 57 % des actifs disposant de moins de 1 080 € de revenus mensuels et 64 % de ceux qui épargnent moins d’une fois par an, voire jamais.

Des envies plein la tête, mais peu de projets sur le papier

Ces réponses montrent que les futurs retraités imaginent une période dynamique, tournée vers les loisirs, les relations et le maintien d’une activité. La retraite souhaitée ne correspond donc pas à une mise en retrait, mais à une autre manière d’occuper son temps.

L’absence de projets précis

Si 59 % des futurs retraités déclarent avoir des projets ou des idées, seuls 15 % disposent d’un programme précis. Les autres ont quelques envies encore floues, tandis que 41 % reconnaissent ne pas avoir réfléchi à leurs futures activités1.

Cette absence de préparation complique aussi la planification financière. Le coût d’un voyage, d’une activité régulière ou d’un changement de logement ne peut être intégré au budget que lorsque le projet devient concret. Définir ses envies permet donc de répondre à deux questions complémentaires :

  • comment occuper son temps ?
  • quelles ressources prévoir pour financer ce nouveau mode de vie ?

La retraite oblige aussi à redéfinir sa place

Près d’un futur retraité sur deux considère que son travail constitue une part essentielle de son identité. Pour 31 %, le réseau professionnel forme également une partie du réseau amical. Seuls 20 % craignent toutefois d’être perçus comme inutiles1.

La vie de couple suscite aussi des attentes contrastées : 47 % pensent que la retraite renforcera leur complicité, 40 % y voient un nouveau défi et 12 % redoutent la cohabitation permanente. Enfin, 47 % prévoient qu’ils vont aider un proche dépendant. Aujourd’hui, 31 % des retraités déclarent déjà être proches aidants régulièrement ou ponctuellement.

La retraite peut donc apporter du temps libre tout en créant de nouvelles responsabilités familiales. Ces contraintes doivent également entrer dans la préparation de cette période.

L’épargne pour redonner de la visibilité à la retraite

Épargner pour sa retraite permet de réduire l’incertitude. Encore faut-il choisir des solutions adaptées à son horizon et à sa situation.

Les Français privilégient toujours la sécurité

Plus de 8 Français sur 10 placent de l’argent sur des produits d’épargne. Parmi les détenteurs d’au moins un produit, 79 % privilégient les placements sans risque, même lorsqu’ils offrent un faible rendement. Les produits les plus utilisés restent ainsi3 :

  • les livrets réglementés pour 75 % des épargnants ;
  • l’assurance-vie ou les contrats de capitalisation pour 27 % ;
  • le Plan d’épargne retraite (PER) pour 14 % ;
  • le Plan d’épargne en actions (PEA) pour 13 %.

La préférence pour la sécurité répond au besoin de conserver une épargne disponible. Pour préparer un horizon éloigné, elle peut être complétée par des placements adaptés à la durée restante et au niveau de risque accepté.

 

Le PER reste notamment beaucoup moins utilisé que les livrets réglementés. Pourtant, ces différents produits ne poursuivent pas le même objectif : les livrets servent principalement à constituer une épargne disponible de précaution, tandis que les placements de long terme peuvent contribuer à préparer des revenus complémentaires. Le PER et l’assurance-vie sont d’ailleurs complémentaires pour préparer sa retraite.

Préparer sa retraite commence par rendre l’avenir mesurable

La préparation de la retraite ne se limite pas à la souscription d’un produit d’épargne. Elle commence par quelques démarches concrètes :

  1. vérifier son relevé de carrière et signaler les périodes manquantes ;
  2. simuler sa pension selon plusieurs âges de départ ;
  3. estimer ses dépenses futures et le coût de ses projets ;
  4. calculer l’écart entre les revenus attendus et le niveau de vie recherché ;
  5. déterminer une capacité d’épargne régulière ;
  6. adapter progressivement ses placements à son horizon et à son profil de risque.

 

Commencer suffisamment tôt permet d’étaler l’effort dans la durée. Cette démarche doit aussi évoluer avec les revenus, la situation familiale, les projets ou la proximité du départ. La pension constitue le socle des revenus. L’épargne peut la compléter pour financer certains projets ou compenser une baisse de ressources.

L’accompagnement pour rassurer les futurs retraités

Les futurs retraités savent généralement ce qu’ils aimeraient faire. Beaucoup peinent toutefois à transformer leurs envies en projets organisés et chiffrés.

Voyager, retrouver ses proches et rester actif

Le voyage arrive largement en tête des activités souhaitées pour près de 7 futurs retraités sur 10. Viennent ensuite1 :

  • passer du temps avec ses proches ou ses petits-enfants pour 53 % ;
  • pratiquer un sport ou une activité physique pour 49 % ;
  • développer une passion personnelle pour 48 % ;
  • lire pour 38 % ;
  • participer à une activité associative ou bénévole pour 37 % ;
  • continuer à travailler ponctuellement pour 27 % ;
  • se former ou reprendre des études pour 7 %.

Les attentes dépassent largement le choix d’un placement. Les actifs recherchent des repères pour préparer l’ensemble de cette transition.

 

L’accompagnement financier comme première attente

Parmi les futurs retraités, 71 % souhaitent être mieux aidés pour anticiper financièrement leur retraite. Leurs autres attentes concernent ensuite1 :

  • la santé, le bien-être et la prévention pour 59 % ; 
  • la valorisation de l’engagement associatif, éducatif ou solidaire pour 35 % ;
  • la préparation psychologique de la transition pour 33 % ;
  • l’évolution du regard porté sur les jeunes retraités pour 23 %.

Une information claire sur les droits, des simulations accessibles et un accompagnement adapté peuvent aider les actifs à prendre des décisions plus tôt. La préparation doit également prendre en compte les projets personnels, les besoins de santé et les changements liés à la fin du travail.

Préparer une nouvelle vie, pas seulement une nouvelle situation financière

La réussite de cette transition dépend des revenus, mais aussi de la santé, des relations, des activités et de la place accordée au travail. Définir des projets précis permet de donner un sens à cette période et d’en mesurer les besoins financiers.

 

Les Français continuent donc de désirer la retraite. Leur inquiétude provient surtout des incertitudes entourant l’âge de départ, le montant de la pension et les conditions de vie futures. En clarifiant ces éléments, chacun peut progressivement transformer une échéance redoutée en véritable projet de vie.

FAQ - Retraite

Nous répondons à vos questions les plus fréquentes.

L’âge idéal moyen est de 61 ans et 5 mois, contre un départ anticipé à 65 ans et 2 mois. Près de quatre années séparent donc les aspirations des prévisions2.

Le manque de moyens financiers constitue leur principale crainte : 65 % le redoutent. Cette inquiétude est renforcée par le manque de visibilité sur leur pension et la baisse attendue de leur niveau de vie1.

Commencez par vérifier votre relevé de carrière et simuler votre pension. Évaluez ensuite vos futures dépenses et vos projets afin de calculer le complément de revenus à constituer progressivement grâce à votre épargne.

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Sources :

(1) La retraite et moi : perceptions, attentes et représentations autour de la retraite - Odoxa pour Generali - 2026

(2) Les retraités et les retraites : Édition 2025 - Drees – 2025

(3) Baromètre 2026 de l’épargne en France et en régions – Vague 8 - Ifop – 2026

(4) Rapport annuel : Évolutions et perspectives des retraites en France - Conseil d'orientation des retraites - 2026