Une femme dans une salle de sport

Comment se faire rembourser par une salle de sport en cas de blessures ?

Avant de souscrire un abonnement à la salle de sport, lisez attentivement les termes du contrat. Cela vous évitera des complications si vous souhaitez le résilier ou vous faire rembourser en cas d’imprévu.

Bien choisir son abonnement avant de s’engager

De manière générale, les abonnements à une salle de sport sont soumis à une durée d’engagement minimale et résilier avant le terme est le plus souvent coûteux. Avant de vous engager, réfléchissez bien à la formule d’abonnement à privilégier : mensuelle ou annuelle ? Sur quelle période d’engagement ?

Certes, choisir un abonnement de 12 ou 24 mois vous coûtera moins cher, mais cela augmente le risque de litiges et de complications ultérieurs avec la salle de sport.


Bon à savoir. 

La salle de sport a l’obligation de vous communiquer, avant toute souscription d’abonnement, les informations essentielles : conditions de résiliation, prix, durée de l’abonnement, modalités de paiement, identité du professionnel, coordonnées du médiateur, etc.


À cause d’une blessure vous ne vous rendez pas à la salle de sport

Une cheville tordue, un poignet foulé… Vous voilà condamné au repos forcé et à devoir déserter un temps la salle de sport. Si votre absence est momentanée, un remboursement ou une résiliation sera difficile à obtenir. En revanche, votre contrat peut prévoir une suspension temporaire de votre abonnement. Si c’est le cas, le terme de votre contrat sera prolongé pour une période équivalente à la durée de la suspension (qui peut être limitée dans le temps). 

 

Attention, pendant cette période de suspension, votre contrat peut vous imposer de continuer de régler votre abonnement.

 

Face aux fréquents refus de certaines salles de sport, la Commission des clauses abusives recommande aux salles de sport de prévoir la clause suivante : « la prolongation de la durée du contrat, sans complément de prix, pour le consommateur momentanément empêché de bénéficier des prestations de la salle de sport pour des causes tenant à son état de santé ou à ses activités professionnelles » (recommandation n°87-03 relative aux contrats proposés par les clubs de sport à caractère lucratif).

 

Attention : les professionnels ne sont pas obligés d’appliquer les recommandations de la Commission des clauses abusives. Elles ne s'imposent pas non plus au juge, mais la jurisprudence s’en inspire fréquemment.

 

Comment transmettre votre demande ?

 

Vous devrez justifier au minimum d’un certificat médical pour obtenir cette suspension auprès du professionnel et/ou de son assureur. L’Institut national de la consommation recommande d’envoyer vos justificatifs par lettre recommandée avec accusé de réception et d’en conserver une copie. La période de suspension commencera à la date de réception de la lettre.

Déménagement, soucis de santé… est-il possible de résilier ?

Plusieurs motifs légitimes permettent de demander une résiliation de votre abonnement dans votre salle de sport avant la fin de votre engagement, même si les conditions de résiliation varient selon les contrats et les salles de sports.  

 

Voici les principaux cas de figure reconnus :

  • Problèmes de santé

Une inaptitude définitive à la pratique du sport constitue un motif légitime majeur. Vous devrez fournir un certificat médical de votre médecin traitant attestant de votre incapacité à poursuivre l'activité physique. Ce problème de santé peut concerner une blessure grave, une maladie chronique ou toute contre-indication médicale durable.

  • Déménagement

Le déménagement constitue un motif légitime de résiliation anticipée, particulièrement lorsqu'il vous éloigne de votre salle habituelle. Vous devrez fournir un justificatif de changement d'adresse (attestation de déménagement, nouveau bail, facture EDF) et envoyer votre demande par lettre recommandée avec accusé de réception. 

  • Grossesse

Les contre-indications médicales liées à la grossesse constituent un motif valable de résiliation. Un certificat médical précisant l'incompatibilité avec l'activité sportive pratiquée sera nécessaire pour justifier cette demande auprès de la salle.

  • Modification unilatérale du contrat

Si la salle modifie ses horaires, tarifs ou services sans votre accord, cela constitue un non-respect des conditions de résiliation initiales. Cette situation vous donne le droit de résilier sans pénalité, la Commission des clauses abusives considérant ces pratiques comme abusives.

  • Fermeture ou changement d'établissement

La fermeture définitive de votre salle ou la suppression d'activités essentielles mentionnées dans votre contrat justifie une résiliation immédiate avec remboursement de la part non utilisée de votre abonnement.

 

Pour toutes ces situations, respectez les démarches imposées : envoi d'une lettre recommandée avec accusé de réception accompagnée des justificatifs appropriés. En cas de refus, vous pourrez saisir le tribunal judiciaire compétent.

Vous déménagez et faites partie d’un club franchisé ?

Certains contrats de franchise prévoient l'accès à tout le réseau de salles de sport. S’il n’y a pas à proximité de votre nouvelle adresse une salle du même réseau, vous pourrez légitimement prétendre à une résiliation. Si, en revanche, vous êtes abonné au réseau et qu’une salle de sport existe près de votre nouvelle adresse, la résiliation risque de vous être refusée.

Comment savoir si une clause est abusive ?

Entre 2022 et 2023, selon une enquête de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), dans plus de 70 % des clubs visités, une anomalie a été relevé. 46 % des contrats d'abonnements observés concernait des clauses abusives et illicites. Les clauses sont dites abusives si elles créent un « déséquilibre significatif » entre vous et le professionnel, en limitant notamment vos droits de réclamation.

 

Un décret du 18 mars 2009 a créé deux listes de clauses abusives (articles R. 212-1 à R. 212-4 du Code de la consommation).

  • Si une clause de votre contrat figure dans la liste des clauses indéniablement abusives, la salle de sport ne peut pas faire valoir cette clause. Elle devra alors être supprimée des contrats à venir.

  • Dans le cas contraire, vérifiez qu’elle n’est pas présente dans la liste des clauses abusives jusqu’à preuve du contraire.

En dernier recours, il vous ait possible de saisir le juge afin que celui-ci détermine le caractère abusif ou non de la clause et, le cas échéant, de sa nullité.

Remboursement ou résiliation : que faire si la salle refuse de répondre à ma demande ?

Si la salle refuse votre demande de remboursement ou de résiliation, des voies de recours existent.


 Un conseil : ne prenez pas l’initiative de faire opposition au paiement. Il est en effet toujours recommandé de payer le professionnel et de contester ensuite.


Demandez un règlement à l’amiable 

Avant d’avoir recours à la justice, il est conseillé de chercher une solution à l’amiable avec la salle de remise en forme. Si aucune solution n’est trouvée, envoyez une lettre recommandée avec un avis de réception. Si le différend persiste malgré les courriers, vous pouvez contacter un médiateur de la consommation, dont les coordonnées doivent obligatoirement figurer dans les conditions générales de vente.

 

Vous pouvez également faire appel à une association ou une organisation de consommateurs pour vous aider dans vos démarches, de la recherche d’un compromis à l’action en justice, ou à la Commission de médiation franchise-consommateurs (MFC) dans le cas d’un désaccord avec un franchisé ou un franchiseur.


Conseil : vous pouvez aussi saisir la DGCCRF. Si la clause est reconnue abusive, l’administration peut contraindre un professionnel, en lui accordant un délai raisonnable, à supprimer dans son contrat toute clause interdite (clause « noire ») ou demander au juge la suppression d'une clause abusive contenue dans des contrats.


En dernier recours, tournez-vous vers les tribunaux

Si vous n’avez pas pu obtenir une solution amiable, vous pouvez vous tourner vers la justice. 

 

Si le responsable de la salle de sport refuse de vous rembourser ou de résilier votre contrat et/ou que vous estimez les clauses abusives, vous devrez vous adresser :

  • au tribunal d’instance, si la somme est inférieure à 10 000 euros ;

  • au tribunal de grande instance, si la somme est supérieure à 10 000 euros.

Mutuelle, certificat, remboursement,...

Vos questions, nos réponses

La Sécurité sociale ne rembourse pas les consultations médicales destinées uniquement à obtenir un certificat médical de sport. Cette règle s'applique depuis 2004, car l'administration considère qu'il s'agit d'une formalité administrative et non d'un acte de soins.

 

Votre médecin traitant peut facturer entre 25 et 50 euros pour cette consultation spécialisée. La différence de prix dépend souvent du type d'examen requis et des éventuels tests complémentaires nécessaires selon l'activité sportive pratiquée.

 

Votre mutuelle peut toutefois prévoir une prise en charge spécifique pour ce type de consultation. Certains contrats de complémentaire santé incluent un forfait annuel dédié aux frais de médecine préventive, qui peut couvrir partiellement ou totalement le certificat médical.

 

Nombreuses sont les complémentaires santé qui proposent désormais des forfaits bien-être incluant le remboursement partiel des abonnements sportifs. Ces garanties couvrent généralement entre 30 et 200 euros par an selon votre niveau de couverture.

 

Pour bénéficier de cette prise en charge, vous devrez fournir les pièces justificatives appropriées : facture acquittée de la salle de sport, attestation d'inscription et parfois justificatif de fréquentation. La pratique du sport doit s'effectuer dans une structure reconnue (club associatif, salle commerciale, centre de fitness).

 

Certaines mutuelles vont plus loin en proposant des remboursements spécifiques pour le sport sur ordonnance. Dans ce cas précis, une prescription médicale reste nécessaire, particulièrement pour les personnes en affection longue durée. Les montants peuvent alors atteindre 300 à 500 euros annuels selon les organismes.

L'obligation légale varie selon le cadre de votre pratique sportive. Depuis la loi de mars 2022, les règles se sont assouplies pour démocratiser l'accès au sport.

 

Dans les clubs affiliés à une fédération sportive, les majeurs n'ont plus systématiquement besoin de certificat médical. Un simple questionnaire de santé peut suffire si toutes les réponses sont négatives. Pour les mineurs, le règlement intérieur de chaque fédération détermine les exigences spécifiques.

 

Les salles de sport commerciales gardent la liberté d'exiger ce document. Cette demande découle souvent de leurs contrats d'assurance responsabilité civile. Certaines disciplines dites "à contraintes particulières" (sports motorisés, plongée, alpinisme) imposent toujours un certificat annuel, quel que soit l'âge du pratiquant.

 

Face à une inaptitude temporaire, le certificat médical devient indispensable pour justifier une suspension d'abonnement auprès de votre salle de sport.

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