Employeur : comment fonctionne l'indemnité de télétravail ?
Vous avez des salariés en télétravail : en principe, vous devez prendre en charge les frais liés à leur activité professionnelle. Ce remboursement peut se faire via le versement d’une allocation forfaitaire ou une prise en charge au réel. Suivez nos conseils pour faire les bons choix !
Publié le 27/03/2026
Indemnisation du télétravail : ce qu’il faut retenir
En principe, vous avez l’obligation de rembourser les frais professionnels engagés par vos salariés en télétravail.
La prise en charge des frais peut se faire via le versement d’une allocation forfaitaire ou un remboursement au réel des dépenses engagées.
L’indemnité de télétravail est exonérée de cotisations sociales, dans la limite des plafonds en vigueur et/ou sur présentation de justificatifs.
Qu'est-ce que l'indemnité de télétravail ?
Les salariés en télétravail disposent des mêmes droits que les salariés travaillant au sein des locaux de l'entreprise. Raison pour laquelle l'employeur peut également rembourser les frais professionnels engagés par les télétravailleurs.
Une indemnisation des frais professionnels engagés
Comme le dispose le Bulletin officiel de la Sécurité sociale (Boss), les frais engagés par un salarié en télétravail sont considérés comme des charges inhérentes à son travail. L'employeur peut rembourser ces frais professionnels via le versement d'une indemnité de télétravail. Ils visent à prendre en charge trois grandes catégories de frais1 :
les frais liés à l'utilisation d'un local privé pour un usage professionnel ;
les frais liés à l'adaptation du local, notamment pour l'achat de mobilier et de matériel informatique ;
les frais de matériel informatique, de connexion et de fournitures diverses.
La prise en charge des frais professionnels de télétravail peut principalement se faire de deux manières différentes :
un remboursement des dépenses réellement engagées par le salarié sur présentation de justificatifs ;
une allocation forfaitaire de télétravail : on parle aussi d’indemnité de télétravail.
Les frais couverts par l’indemnité de télétravail
Le Boss présente la liste des principaux frais professionnels pouvant faire l'objet d'une indemnisation, ainsi que leur mode d'évaluation.
Les frais fixes : le montant du loyer, la taxe d'habitation, la taxe foncière les charges de copropriété, l'assurance multirisque habitation, ainsi que les taxes locales.
Les frais variables : l'électricité, le chauffage et la climatisation.
L'achat de mobilier : un bureau, un fauteuil, des étagères, des meubles de rangement ou encore des lampes de bureau.
Les frais d'adaptation du local : les frais de diagnostic de conformité électrique, l'installation de prises téléphoniques ou électriques ou encore l'achat de mobilier et de matériel informatique.
Les matériels informatiques et périphériques : un ordinateur, une imprimante ou un modem par exemple.
Les consommables : le papier et les cartouches d'encre par exemple.
Les frais d'abonnement : pour Internet et le téléphone principalement.
Lire aussi : Assurance et télétravail : quelles obligations pour l’employeur ?
L'indemnisation des frais de télétravail est-elle obligatoire ?
Par principe, l'employeur a l’obligation de prendre en charge les frais professionnels engagés par les salariés en télétravail car ils disposent des mêmes droits que les salariés travaillant dans les locaux de l'entreprise. L’Accord national interprofessionnel du 26 novembre 2020 relatif à la mise en œuvre réussie du télétravail confirme d'ailleurs le principe selon lequel « les frais engagés par un salarié dans le cadre de l'exécution de son contrat de travail doivent être supportés par l'employeur s'applique à l'ensemble des situations de travail ».
L'entreprise doit donc obligatoirement prendre en charge les dépenses engagées par le salarié en télétravail, à condition que celles-ci soient réalisées :
pour les besoins de l'activité professionnelle ;
dans l'intérêt de l'entreprise ;
et après validation de l'employeur.
En revanche, l'employeur peut librement choisir les modalités de prise en charge de ces frais. Celles-ci peuvent ainsi être définies par :
un accord collectif ;
une charte élaborée par l'employeur ;
un accord individuel entre l'employeur et le salarié.
Comment calculer l'indemnité journalière de télétravail ?
En tant qu’employeur du secteur privé, vous avez le choix entre deux modes de prise en charge des frais professionnels liés au télétravail : un remboursement au réel ou une allocation forfaitaire2.
Le remboursement des frais au réel
Vous pouvez tout d'abord rembourser le salarié en télétravail sur la base des dépenses réellement engagées au titre de l'activité professionnelle. Le montant des frais engagés est calculé sur présentation de justificatifs : facture d'électricité ou d'achat d'un bureau par exemple.
Le remboursement des frais réels demande davantage de gestion administrative car il vous impose notamment de :
collecter les justificatifs fournis par les salariés en télétravail ;
calculer la proportion des frais imputables au travail à distance ;
pouvoir démontrer que les frais engagés sont des frais professionnels liés au télétravail en cas de contrôle de l'Urssaf.
L’allocation forfaitaire de télétravail
Face aux difficultés organisationnelles liées au remboursement au réel, il est généralement plus simple de verser une allocation forfaitaire de télétravail. Celle-ci peut être calculée :
par jour de télétravail ;
par mois selon le nombre de jours de télétravail par semaine.
Indemnité de télétravail : quelle exonération de cotisations en 2026 ?
Si vous avez opté pour l’allocation forfaitaire de télétravail, le remboursement des frais professionnels bénéficie d'une exonération de cotisations et de contributions sociales dans la limite des plafonds fixés par l'administration pour 2026. Ces plafonds dépendent de l’existence ou non d’un accord collectif3.
Le plafond d'indemnisation en présence d'un accord collectif
La prise en charge des frais professionnels de télétravail peut faire l’objet d’un accord collectif : une convention collective de branche, un accord de groupe ou un accord professionnel ou interprofessionnel par exemple. Ce choix vous permet de bénéficier d’un plafond d’exonération de cotisations et de contributions sociales plus important.
| Exonération en présence d'accord collectif | |
| Mode de versement | Montant de l'allocation exonéré |
| 1. Par jour de télétravail | 3,30 € dans la limite de 72,60 €/mois |
2. Par mois selon le nombre de jours de télétravail par semaine | 13,20 €/jour de télétravail |
Exemple : un salarié effectue 3 jours de télétravail par semaine, soit 13 jours par mois en juin. Selon le mode de versement retenu, vous pouvez lui verser une indemnité exonérée de cotisations sans avoir à présenter de justificatif dans la limite de :
- 42,90 €/mois (13 jours x 3,30 €) ;
- 39,60 €/mois (3 jours x 13,20 €).
Le montant du forfait en l'absence d'accord collectif
L’allocation forfaitaire peut également être prévue par un autre type d’accord : une charte que vous avez élaborée ou un accord individuel avec les salariés concernés par exemple. Dans ce cas, le montant maximal de l'allocation forfaitaire de télétravail exonéré de cotisations et de contributions sociales est inférieur, comme l'illustre le tableau ci-dessous.
| Exonération en l'absence d'accord collectif | |
| Mode de versement | Montant de l'allocation exonéré |
| 1. Par jour de télétravail | 2,70 € dans la limite de 59,40 €/mois |
| 2. Par mois selon le nombre de jours de télétravail par semaine | 11 €/jour de télétravail |
Exemple : un salarié effectue 3 jours de télétravail par semaine, soit 13 jours par mois en juin. Selon le mode de versement retenu, vous pouvez lui verser une indemnité exonérée de cotisations sans avoir à présenter de justificatif dans la limite de :
- 35,10 €/mois (13 jours x 2,70 €) ;
- 33 €/mois (3 jours x 11 €).
Bon à savoir. Si la prise en charge dépasse ces plafonds, vous devez pouvoir justifier auprès de l'Urssaf que les frais ont réellement été engagés par le salarié pour l'activité professionnelle, notamment en conservant les factures. Dans le cas contraire, la fraction excédentaire peut être réintégrée dans l’assiette des cotisations.
L’exonération en cas de remboursement au réel
En revanche, il n'existe pas de plafond d'exonération si le montant de l'indemnité est calculé au réel. Vous avez néanmoins plusieurs obligations comme nous l’avons vu2 :
demander les justificatifs de dépenses à vos salariés en télétravail ;
calculer la proportion des dépenses imputables à l’activité professionnelle.
Exemple : un salarié utilise 8 m2 pour son activité professionnelle au sein de son logement dont la superficie est de 85 m2. Son loyer est de 500 € et la prime d'assurance de 17 € par mois. Pour ce seul poste, l'indemnité peut donc être exonérée dans la limite de 48,69 €/mois (8 m2/85 m2 x 500 € + 17 €).
Pour aller plus loin : Quelles sont les conséquences d’un accident de travail en télétravail ?
Indemnité de télétravail
Vos questions, nos réponses
Le Bulletin officiel de la Sécurité sociale (Boss) définit le télétravail comme « une forme d’organisation du travail dans laquelle un travail qui aurait également pu être exécuté dans les locaux de l’employeur est effectué par un salarié hors de ces locaux de façon volontaire en utilisant les technologies de l’information et de la communication dans le cadre d’un contrat de travail ou d’un avenant à celui-ci ».
En principe, l'allocation forfaitaire de télétravail est exonérée d'impôt sur le revenu. Vos salariés n'ont pas à la déclarer, ni à s'acquitter d'un impôt sur celle-ci4.
Si le montant des frais engagés est toutefois supérieur au montant de l'allocation, ils peuvent avoir intérêt à déduire ces frais de leur impôt sur le revenu. Dans ce cas, l'allocation doit être intégrée aux traitements et salaires : elle devient alors imposable.
À condition d'avoir bénéficié d'une indemnisation de télétravail, les démarches à réaliser par vos salariés dépendent principalement de leur choix de déduire au réel ou non leurs frais professionnels4.
Pas d'option pour les frais réels : les salariés ne peuvent pas déduire leurs frais liés au télétravail. Ils bénéficient néanmoins de l'abattement de 10 % qui est appliqué automatiquement par l'administration sur les montants déclarés en traitements et salaires.
Option pour les frais réels : les salariés ne peuvent pas non plus déduire leurs frais professionnels liés au télétravail. En revanche, ils peuvent déduire leurs autres frais réels, non liés au télétravail, à condition de pouvoir les justifier.
Une nouvelle fois, les salariés peuvent cependant décider de déduire l’ensemble de leurs frais liés au télétravail. Dans ce cas, l’allocation doit être déclarée et devient alors imposable.