Jugées plus conviviales et moins standardisées que l’hôtellerie classique, les chambres d’hôtes séduisent une clientèle de plus en plus large et suscitent de nombreuses vocations. Cadre législatif, aspects pratiques, rentabilité potentielle… le point sur un véritable phénomène de société.

Avant de vous lancer

Interrogez-vous sur vos motivations

Classiques ou plus inattendues, les maisons d’hôtes sont aussi diverses que les motivations de leurs propriétaires. Toutes exigent cependant du temps, de la disponibilité et un sens éprouvé de l’accueil. Que vous recherchiez un revenu d’appoint ou envisagiez une reconversion, interrogez-vous sur les raisons de ce choix et sur l’investissement personnel qu’il sous-entend.

 

Estimez le potentiel de la région

Les maisons d’hôtes fonctionnent mieux dans des zones touristiques, même en présence d’une forte concurrence. Mesurez l’attractivité de votre secteur, son potentiel, et évaluez les forces en présence : autres maisons d’hôtes, ressources hôtelières et locations saisonnières. Comparez les formules, les tarifs, la valeur ajoutée de chacune.

 

Investir ou exploiter sa propre maison ?

Louer une chambre chez soi et acquérir un bien pour le transformer en maison d’hôtes sont deux projets différents. Dans tous les cas, la réalisation d’un business plan reste indispensable. Adaptation des sanitaires, travaux de décoration : l’aménagement d’une chambre coûte en moyenne 13 000 € et se rentabilise en trois à cinq ans.

 
Chambres, table, gîte : activité principale ou revenu d’appoint ?

Avant de trancher, anticipez vos futurs revenus :

  • Une chambre rapporte 5 000 € par an pour environ 16 semaines d’occupation ;
  • Facturée entre 20 et 25 € par couvert, la table d’hôte est rentable à plusieurs titres : ses recettes (60 à 70 % du prix du repas), son attractivité (un hôte sur deux la fréquente) et sa valeur ajoutée (20 nuitées d’occupation en plus chaque année) ;
  • Indépendants, sans service hôtelier, les gîtes rapportent moins, par nuitée, que les chambres. Leur taux d’occupation est également plus faible.

 

Anticipez les conséquences sur votre vie privée

Qui dit maison d’hôtes dit partage des espaces et du temps. Vous recevrez vos clients chez vous et, si vous proposez aussi la table d’hôte, vous partagerez vos soirées avec eux. L’idéal reste de réserver l’une des pièces de vie à votre famille.

Votre décision est prise

Raisonnez en terme de valeur ajoutée

À moins de disposer d’une bâtisse classée ou d’une vue exceptionnelle, efforcez-vous de proposer un « plus » par rapport à vos concurrents. Séjours à thème, activités ludiques ou sportives, leçons de cuisine ou encore spa… les idées ne manquent pas.

 

Définissez le style des chambres et le niveau de prestation

Les ambiances à thème sont tendance, mais veillez à ne pas trop en faire, car il vous faut séduire le plus grand nombre. Réfléchissez au niveau de prestations que vous proposerez, car le haut de gamme est incompatible avec des chambres exiguës. Enfin, si le téléviseur reste une question de philosophie, la literie en 160 x 200 cm est devenue incontournable.

 

Table d’hôte : prévoir des menus adaptés

La table d’hôte représente un mi-temps bien rempli. Vos hôtes n’attendront pas des plats gastronomiques, mais toujours du « fait maison » avec des produits du terroir. Un tour de force à accomplir chaque soir à partir d’ingrédients totalisant au maximum 30 % du prix du repas. Étudiez donc très attentivement vos recettes.

 

Linge, équipements : quantifier ses besoins
  • Même si le changement quotidien des draps relève de l’hôtellerie, prévoyez au moins trois parures par lit.
  • Préférez les produits de toilette en doseurs, moins coûteux que les échantillons à usage unique.
  • Pour la cuisine, investissez dans un piano et un mixeur mélangeur susceptible de vous seconder efficacement.
  • Privilégiez la vaisselle de qualité « restauration », plus résistante, et réduisez le nombre de services, synonymes à terme de tablées dépareillées.

 

Quel tarif proposer ?

Le prix s’entend pour la chambre, petit-déjeuner inclus. Il fluctue selon les saisons et dépend de la localisation et de la qualité des prestations. Le tarif moyen avoisine 50 € pour une chambre double. Évitez les suppléments (sauna, tennis, etc.), toujours mal perçus.

 

Partage des espaces : définir ses règles

Vos hôtes sont chez eux dans votre maison… mais cela ne vous empêche pas de fixer des règles de vie. Évitez cependant les règlements intérieurs trop formels et profitez de l’arrivée de vos hôtes pour leur expliquer, avec le sourire, le fonctionnement de votre logis.

En pratique

Que dit la loi ?

L’accueil en chambres d’hôtes est encadré par une réglementation. Les chambres doivent :

  • être meublées, comprendre le linge de maison et garantir l’accès à des sanitaires respectant les normes d’hygiène et de sécurité ;
  • comprendre un petit-déjeuner ;
  • être au nombre de cinq maximum par foyer, pour une capacité d’hébergement limitée à 15 personnes simultanément.

 

Les formalités préalables à l’ouverture

Elles sont peu nombreuses. L’exploitant doit :

  • faire une déclaration de location en mairie (formulaire Cerfa n°13566*02) par dépôt, lettre recommandée ou voie électronique ;
  • obtenir en Préfecture une licence 1, indispensable pour servir des boissons alcoolisées avec les repas ;
  • s’inscrire au Registre du commerce et des sociétés et s’immatriculer auprès du CFE de la Chambre de commerce s’il s’agit d’une activité régulière. En cas de location occasionnelle, cette formalité n’est pas nécessaire.

 

Taxe de séjour, facturation : la gestion quotidienne
  • À partir de 15,24 €, la réalisation d’une note en double exemplaire est obligatoire.
  • Les tarifs doivent être affichés à l’extérieur de la maison, à la réception et sur la porte des chambres (côté intérieur).
  • Dans les communes où la taxe de séjour s’applique, elle est collectée par l’exploitant.
  • L’accueil d’hôtes de nationalité étrangère (y compris européenne) impose l’établissement d’une fiche individuelle de police.

 

Le volet fiscal

Les chambres d’hôtes relèvent du régime de la parahôtellerie. Les bénéfices sont soumis à l’imposition sur le revenu. Les recettes inférieures à 760 € par an sont exonérées d’impôt.

La TVA s’applique au taux de 10 %, sauf pour les boissons alcoolisées, taxées à 20 %.

Si des téléviseurs sont installés dans les chambres, l’exploitant est redevable de la contribution à l’audiovisuel public.

 

Obtenir de l’aide

Des aides au développement de l’hébergement touristique, notamment en espace rural, existent dans de nombreux départements. Elles sont à solliciter auprès du Conseil général. Le Comité départemental du tourisme peut aussi vous apporter un soutien.

Rentabiliser votre affaire

Faites connaître votre maison d’hôtes

Offices du tourisme, lieux à visiter, restaurants, organisateurs de randonnées ou encore caves… Nouez un maximum de partenariats avec des établissements recevant une clientèle de passage.

Créez votre site Internet, soyez présent sur les réseaux sociaux… plus on vous verra, plus vous aurez de clients.

 

Adaptez votre offre aux attentes de la clientèle

Un client satisfait est toujours susceptible de poster un commentaire élogieux sur un site spécialisé. Montrez-vous attentif aux remarques de vos hôtes et efforcez-vous de corriger vos lacunes sans délai, car un avis négatif peut peser lourd.

 

Optimisez votre taux de remplissage

La rentabilité de votre affaire dépendra de votre dynamisme en période creuse. Proposez des formules « lundi à jeudi » à prix doux, recherchez une clientèle de commerciaux avec une formule « dîner + nuitée », organisez des séjours « yoga » l’hiver ou « jardinage » au printemps… tout ou presque est permis. La clé de votre succès est entre vos mains.

 

POUR EN SAVOIR PLUS :

vosdroits.service-public.fr

 

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