Soldes : quelles obligations et bonnes pratiques pour les commerçants ?
Si elle est très attendue par les consommateurs, la période des soldes est cruciale pour le chiffre d’affaires annuel des commerçants. Mais attention : étiquetages, produits soldés, publicités, quelques règles s’imposent. Voici lesquelles.
Publié le 16/06/2026 - 5 min
Quelles sont les dates des soldes d'été et quelle est leur durée en 2026 ?
Deux fois par an, vous êtes autorisé à solder certaines de vos marchandises. En 2026, les soldes d’été débutent officiellement le mercredi 24 juin et prennent fin mardi 21 juillet au soir pour la majorité des départements métropolitains. Des dates spécifiques s'appliquent pour la Corse où les soldes débuteront le 8 juillet se termineront le 4 août, et dans les départements et collectivités d'Outre-mer où il existe des dates de démarrage différentes pour les soldes d'été 2026 :
Guadeloupe : du 26 septembre au 23 octobre 2026 inclus ;
Martinique : du 1er octobre au 28 octobre inclus ;
La Réunion : du 7 février au 6 mars 2026 inclus ;
Saint-Pierre-et-Miquelon : du 15 juillet au 11 août 2026 inclus ;
Saint-Barthélemy : du 10 octobre au 6 novembre 2026 inclus ;
Saint-Martin : du 10 octobre au 6 novembre 2026 inclus.
Tout comme les soldes d'hiver, la durée des promotions est fixée à 4 semaines.
Bon à savoir
Les dates des soldes du commerce en ligne ou vente à distance (e-commerce) sont alignées sur les dates nationales du commerce traditionnel, quel que soit le lieu du siège de l'entreprise.
Quelles sont les règles à respecter pour les soldes en magasin ?
La mise en place d'une opération promotionnelle requiert le respect de trois obligations majeures.
Produits autorisés
La réglementation encadre strictement ce que vous pouvez solder. Seuls les produits proposés à la vente et payés depuis au moins 30 jours avant le début des soldes sont éligibles : impossible donc de faire entrer de nouveaux stocks en urgence pour les inclure dans l'opération commerciale.
Prix de référence et affichage
Côté prix, le prix de référence doit correspondre au tarif le plus bas pratiqué dans les 30 jours précédant la première réduction. Ce prix sert de base au calcul des réductions. La revente à perte est l'une des rares exceptions autorisées par la loi durant cette période, ce qui explique des rabais parfois supérieurs à 50 %.
L'affichage des prix doit être transparent : le prix initial barré et le nouveau prix doivent apparaître clairement, accompagnés du pourcentage de réduction appliqué.
Publicité et communication
L'utilisation du terme « soldes » est elle aussi réglementée. Toute publicité — affiche vitrine, emailing, réseaux sociaux — doit mentionner la durée de l'opération et préciser si la promotion s'applique à l'ensemble du magasin ou uniquement à certaines références.
Bon à savoir. Les manquements à ces obligations exposent les commerçants à des sanctions financières pouvant atteindre 75 000 €.
Quelques bonnes pratiques pour préparer les soldes
Faites l’inventaire de vos stocks
Étape à ne pas négliger, l’inventaire de vos stocks vous permet de déterminer les produits qui seront soldés et ceux qui ne le seront pas et ainsi de déterminer la meilleure stratégie commerciale. Listez donc les produits à solder : les gammes non reconduites, mais aussi les couleurs et produits de saison. Pensez également à réorganiser votre réserve pour retrouver vos produits plus facilement.
Préparez en amont votre étiquetage
Côté étiquetage, ne vous y prenez pas au dernier moment car celui-ci est particulièrement chronophage. L’étiquette du produit doit mentionner l’ancien prix barré assorti du nouveau prix soldé en indiquant le taux de réduction, et être clairement visible. Dans cette optique, instaurez des codes couleurs pour différencier les promotions sur les différents produits : -50 % en orange, -60 % en rouge…
Enfin, attention aux fausses soldes : en cas d’arnaque, vous encourez une amende de 300 000 € et 2 ans de prison.
Ne lésinez pas sur la communication
Vitrine, réseaux sociaux, sms, emailing, flyers… Préparez une campagne de communication en amont et faites connaître au plus grand nombre chaque étape clé de vos soldes : lancement, première démarque, deuxième démarque…
Pour chaque communication publicitaire, n’oubliez pas de mentionner la date de début de l'opération et la nature des produits soldés sous peine d'une amende de 1 500 €.
Enfin, ne vous laissez pas tenter par de la publicité mensongère : toute réduction de prix affichée en vitrine devra être pratiquée en magasin !
Réglementation des soldes : vos questions, nos réponses
Les questions les plus fréquemment posées.
Non, c'est formellement interdit. Gonfler artificiellement un prix de référence dans les semaines précédant les soldes constitue une pratique commerciale trompeuse, sanctionnée par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).
La réglementation des soldes est claire : le prix de référence affiché doit correspondre au prix le plus bas pratiqué durant les 30 jours précédant la première réduction.
Les contrôles de la DGCCRF sont réguliers pendant cette période, et les sanctions importantes peuvent aller jusqu'à deux ans d'emprisonnement. Une contestation de consommateurs suffit parfois à déclencher une enquête.
Le prix de référence des produits, hors rabais, ne doit pas avoir été augmenté avant la période des soldes.
La loi ne fixe aucune limite au nombre de démarques que vous pouvez pratiquer durant la période des soldes. Un commerçant peut donc appliquer une, deux ou trois démarques successives — voire davantage — au fil des semaines, selon l'état de ses stocks et sa stratégie commerciale.
À chaque nouvelle démarque, le prix réduit affiché doit toujours être calculé par rapport au prix de référence initial, c'est-à-dire le prix le plus bas pratiqué avant la première réduction. Il est donc impossible de prendre le prix déjà soldé comme nouvelle base de calcul pour afficher un pourcentage de remise plus attractif.
Oui, et c'est une réalité que beaucoup de consommateurs ignorent. Pendant les soldes, un commerçant est en droit de refuser tout remboursement ou échange sur un article soldé, sauf si celui-ci présente un défaut de conformité ou un vice caché.
La règle est simple : les achats réalisés en magasin physique ne bénéficient d'aucun droit de rétractation légal. Le ticket de caisse ne suffit pas à obtenir un remboursement si le vendeur n'a pas affiché de politique contraire.
La situation est différente pour les achats en ligne. Qu'un article soit soldé ou non, le droit de rétractation de 14 jours s'applique systématiquement à toute vente à distance — c'est une disposition relative à la protection des consommateurs à laquelle aucun professionnel ne peut déroger.
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