accident de la route

Victime d'un délit de fuite : quels sont vos droits ?

Un accrochage, une voiture qui redémarre aussitôt et disparaît : la victime d'un délit de fuite se retrouve souvent démunie. Pourtant, des réflexes existent pour identifier le responsable et constituer un dossier solide : relever la plaque d'immatriculation, chercher des témoins, alerter la police. Même sans auteur identifié, une indemnisation reste possible grâce à des dispositifs spécifiques. Découvrez la marche à suivre et vos droits face à cette situation.

Qu'est-ce qui est considéré comme un délit de fuite ?

Un délit de fuite se caractérise par le fait de quitter les lieux d’un accident sans s’arrêter, ni préciser son identité ou laisser ses coordonnées.

Combien y a-t-il de délits de fuite en France ?

D'après les données publiées par l'ONISR*, la France a enregistré plus de 235 000 délits de fuite après accident au cours de l'année 2024. Ce chiffre alarmant correspond à une fréquence moyenne d'un incident toutes les deux minutes sur l'ensemble du territoire. En l'espace d'une décennie, ce type d'infraction a connu une progression fulgurante de +60 %. Aujourd'hui, ces actes représentent une part prépondérante de la criminalité routière, constituant environ 22 % de la totalité des délits routiers recensés par les autorités.

* Observatoire national interministériel de la sécurité routière

Comment savoir si on a commis un délit de fuite ?

L'intention du conducteur est déterminante. Quitter un lieu d'accident ne constitue une infraction que si l'élément intentionnel est réuni, c'est-à-dire si vous saviez avoir causé un choc ou des dégâts matériels et que vous avez volontairement choisi de ne pas vous arrêter.

 

Un simple accrochage sur un parking, même sans gravité apparente, suffit à caractériser l'infraction dès lors que vous n'avez pas laissé vos coordonnées. À l'inverse, repartir après avoir été évacué par les secours pour des blessures ne constitue pas un délit de fuite, faute d'intention de se soustraire à ses responsabilités.

 

Le refus de remplir un constat amiable n'est pas non plus assimilé à une fuite tant que le véhicule reste identifiable sur place. En cas de doute, mieux vaut toujours procéder à un arrêt immédiat et consigner les faits par écrit.

Victime d'un délit de fuite : que faire après un accrochage ?

1. Gardez votre sang-froid et arrêtez-vous

Dès les premiers instants, et si votre état le permet, tentez de recueillir un maximum d’éléments : la plaque d’immatriculation, des détails d’identification du conducteur et du véhicule (marque, modèle, couleur). Recueillez des témoignages si vous le pouvez. Prenez des photos et notez les faits qui se sont déroulés.

2. Prévenez la police et les secours

Contactez au 17 la police ou la gendarmerie. S’il y a des blessés, prévenez les pompiers (faites le 18). N’hésitez pas à solliciter les témoins éventuels et prenez leurs coordonnées – ils pourraient apporter des renseignements précieux par la suite.

3. Déposez plainte

Vous devez ensuite déclarer l’accident et déposer plainte contre X, en donnant un maximum d’éléments sur les circonstances et les lieux de l'accident. Vous pouvez aussi solliciter un avocat.

4. Contactez votre assurance

Après l’accident, reportez-vous aux dispositions générales du contrat d’assurance pour connaître les modalités de déclaration du sinistre. Il vous faudra déclarer le sinistre sous cinq jours ouvrés à votre assureur et transmettre les pièces justificatives par lettre simple ou recommandée (constat amiable d’accident, photos des dommages, factures, copie du procès-verbal, certificat médical).

 

Il est par ailleurs régulièrement recommandé de remplir un constat amiable et de préciser dans la rubrique « observations » que le conducteur a fui et d’indiquer les coordonnées des témoins éventuels.

Quelles sont les sanctions et la peine encourue pour un délit de fuite ?

Les sanctions pour un délit de fuite sont particulièrement sévères. Le conducteur responsable encourt une peine d'emprisonnement de 3 ans et une amende pouvant atteindre 75 000 €.

 

Sur le plan administratif, cette infraction entraîne un retrait automatique de 6 points sur le permis de conduire. La justice peut également prononcer une suspension du permis jusqu'à 5 ans ou son annulation avec interdiction de le repasser pendant 3 ans.

 

Les peines pour délit de fuite deviennent plus lourdes en cas de circonstances aggravantes. Par exemple, si l'accident a causé des blessures graves avec une incapacité de travail supérieure à 3 mois, l'amende monte à 100 000 € et la peine d'emprisonnement peut atteindre 7 ans.

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Assurance auto et délit de fuite : quelles conséquences ?

Si vous êtes victime

Si vous avez souscrit un contrat d’assurance auto « dommages tous accidents » ou « tous risques », vous serez indemnisé de vos préjudices matériels et corporels (après déduction de la franchise) conformément à ce qui est prévu par vos dispositions générales.

 

Si vous n’avez pas souscrit de garantie dommage, vous ne serez pas indemnisé de votre préjudice par votre assureur mais vous pouvez faire appel au Fonds de garantie des assurances obligatoires (FGAO), destiné aux victimes d’accidents, en France ou dans l’Espace économique européen et dans un lieu public.

 

Lorsque le responsable et le véhicule ne sont pas identifiés, vous avez un délai de 3 ans à compter de l’accident pour saisir le fonds de garantie.

 

En revanche, si le responsable est connu et non assuré, vous avez 1 an pour saisir le FGAO à compter de la date de transaction ou de la décision judiciaire définitive.

 

Dans tous les cas, les victimes doivent, dans le délai de 5 ans à compter de l’accident, avoir conclu un accord ou avoir intenté une action en justice, soit envers l’auteur connu, soit envers le fonds de garantie si l’auteur est demeuré inconnu.

 

La victime qui n’a subi qu’un préjudice matériel doit saisir le fonds de garantie dans le délai d’un an à compter de l’accident.


Bon à savoir

Le FGAO couvre vos dommages matériels dans la limite de 1,22 million d’euros, par sinistre. Les dommages corporels seront quant à eux pris en charge sans limitation de montant, une fois déduites les éventuelles indemnisations de la Sécurité sociale, de votre employeur et/ou de votre assurance. Dans tous les cas, le fonds n’indemnise que dans la limite de la responsabilité de celui auquel il est appelé à se substituer.


Si l'auteur de l'infraction est finalement identifié

Dans ce cas, l’assurance responsabilité civile du responsable de l’accident prend en charge préjudices matériels et corporels que vous avez subis. La victime peut également demander l’indemnisation de son préjudice directement au tiers responsable.

 

Dans le cas où l’auteur n’a pas d’assurance, un recours au fonds de garantie, lorsque les conditions d’intervention sont remplies, est possible.

 

Au-delà des sanctions pénales, un délit de fuite entraîne pour l'auteur identifié une majoration de 100 % de la prime d'assurance automobile. Cette augmentation s'applique immédiatement et se cumule avec le malus habituel, même en cas de changement d'assureur.

 

L'auteur des faits s'expose également à d'autres sanctions comme une résiliation de son contrat d'assurance.

​​​​​​​Nous répondons à vos questions

Les questions les plus fréquemment posées.

Le retrait de 6 points s'applique dès que l'infraction est caractérisée, conformément à l'article L231-1 du Code de la route. Ce chiffre correspond à la moitié du capital maximal autorisé sur un permis classique.

 

Pour un conducteur en période probatoire, dont le capital ne dépasse pas 6 points, la sanction équivaut purement et simplement à une invalidation du permis. Le jeune conducteur devra alors repasser l'examen avant de reprendre le volant.

 

Un stage de sensibilisation à la sécurité routière permet de récupérer jusqu'à 4 points, mais uniquement une fois par an et seulement si le permis reste valide. Cette option ne dispense toutefois pas des poursuites judiciaires engagées par le juge pour délit de fuite.

Ces deux infractions sont souvent confondues, alors qu'elles reposent sur des éléments distincts du Code pénal. Le délit de fuite suppose obligatoirement un accident que le conducteur cherche à dissimuler en quittant les lieux.

 

Le refus d'obtempérer, lui, se caractérise uniquement par le fait de ne pas s'arrêter malgré un ordre explicite des forces de l'ordre, sans qu'un accident soit nécessairement survenu. Un automobiliste peut donc refuser d'obtempérer lors d'un simple contrôle routier, sans jamais avoir causé le moindre accrochage.

 

Les deux qualifications peuvent toutefois se cumuler : un conducteur responsable d'un accident qui fuit les lieux et ignore de plus les sommations des policiers commet simultanément les deux infractions. La Cour de cassation a d'ailleurs rappelé qu'en l'absence d'accident avéré, la qualification de délit de fuite ne peut pas être retenue, même si le refus d'obtempérer reste, lui, constitué.

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