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Reconnaître et traiter l’apnée du sommeil

De nombreux Français sont touchés par l’apnée du sommeil, une maladie difficile à détecter. Son diagnostic repose essentiellement sur un échange entre le patient et le médecin du sommeil. Pour comprendre les mécanismes et identifier les signes de cette pathologie, nous avons interrogé une spécialiste.

 L’apnée du sommeil en chiffres 

 • 7 % des Français seraient atteints d’apnée du sommeil selon une étude de 2021 de l'Institut National du Sommeil et de la Vigilance.
 • 70 % des personnes touchées l’ignorent.

Explications et conseils d’une spécialiste  

Pour nous éclairer sur le sujet des apnées du sommeil, nous avons rencontré la Dre Marie-Pascale Schuller, pneumologue en cabinet privé, qui a bien voulu répondre à quelques questions. 

Qu’est-ce que l’apnée du sommeil ou syndrome d’apnée-hypopnée obstructive du sommeil (SAHOS) ? 

C’est un arrêt respiratoire de plus de 10 secondes pendant la nuit. 

Pour évaluer sa sévérité, on se base sur le nombre d’apnées-hypopnées (blocage total ou partiel des voies respiratoires) et leurs impacts sur l’oxygénation pendant la nuit :

  • on considère comme normal de faire moins de 5 apnées-hypopnées par heure ;
  • on considère l'apnée comme sévère au-delà de 30 apnées-hypopnées par heure ; 
  • entre 15 et 30, tout dépend de la gêne occasionnée, des maladies associées à l’apnée du sommeil et des conséquences sur la vie en journée. 

Quelles sont les personnes à risque ? 

Tout le monde peut être touché. Le risque augmente avec l’âge et l’indice de masse corporelle. En général, l’apnée du sommeil est plus répandue chez les hommes avant l’âge de 50 ans. Après cet âge, la fréquence est similaire chez l’homme et la femme. L’apnée du sommeil existe également chez l’enfant.

Quelles sont les causes de l’apnée du sommeil ?

Les causes sont mécaniques. La plus fréquente est l’augmentation du poids, notamment chez les sujets plus âgés. Une fine pellicule de graisse se forme autour des muscles du cou et de la gorge et rétrécit le diamètre des voies respiratoires. Il y a aussi une augmentation du volume de la langue qui est un organe musculaire et graisseux. Le blocage des voies respiratoires intervient pendant la nuit quand on est allongé et que les muscles se relâchent.

Chez les personnes jeunes, la cause est souvent physique :  

  • un voile du palais très long ;
  • de grosses amygdales ;
  • la mâchoire inférieure en retrait par rapport à la mâchoire supérieure. 

Quelles sont les répercussions de ce trouble sur la santé ? 

L’apnée du sommeil entraîne des symptômes tels que de la somnolence et des troubles de la concentration pendant la journée. Elle va fragmenter le sommeil qui n’est plus récupérateur. Chaque fois qu’il y a une pause respiratoire, la personne ne peut pas poursuivre son cycle de sommeil normalement. Elle subit des micro-éveils. Le syndrome d’apnées du sommeil sévère non traité représente également un risque important d’accident de la route par endormissement au volant.

Par ailleurs, les arrêts respiratoires répétés et prolongés provoquent un stress pour l’organisme, ce qui peut générer des poussées de tension artérielle durant la nuit et favoriser les troubles du rythme cardiaque. 

Comment peut-on détecter les symptômes de l’apnée du sommeil, notamment quand on vit seul ?

Les généralistes ainsi que les spécialistes (pneumologue, ORL, cardiologue, ophtalmologue, etc.) sont de plus en plus formés. Ils recherchent l’apnée du sommeil comme facteur aggravant en cas d'hypertension artérielle mal contrôlée, de troubles du rythme cardiaque, d’infarctus sans raison apparente, de glaucome, de diabète ou encore d’accident vasculaire cérébral

Pour les personnes qui vivent seules : en cas de sommeil non récupérateur, de mal à la tête au lever, de somnolence et de troubles de la concentration dans la journée, il faut en discuter avec un spécialiste. Il pourra faire le point sur l’hygiène de sommeil et le rythme de travail. 

Quels sont les traitements et les solutions ? 

  • En cas de surpoids ou d’obésité : la perte de poids et, parfois la chirurgie bariatrique (traitement de l'obésité).
  • Un appareil pour maintenir la mâchoire inférieure et la langue pendant le sommeil (orthèse d’avancée mandibulaire).
  • La CPAP ou appareil de pression positive continue.
  • La chirurgie maxillo-faciale et/ou ORL, la prise en charge orthodontique.

Le traitement de l’apnée du sommeil fait l’objet d’une discussion avec le praticien et est évalué au cas par cas. Il dépendra des maladies associées, du patient, de son âge, de son état dentaire et potentiellement de sa décision face aux choix thérapeutiques proposés. 

La première consultation s'articule autour de questions sur le sommeil et la recherche de maladies associées. Le praticien parle des examens possibles tels que la polygraphie (machine qui mesure le nombre d'apnées-hypopnées pendant le sommeil) ou la polysomnographie (polygraphie associée à une étude complète du sommeil). Le patient doit intervenir dans cette démarche.

Auriez-vous des conseils à donner pour améliorer la qualité du sommeil ?

  • Avoir un rythme de sommeil régulier.
  • Se lever tous les jours à la même heure parce que c’est l’heure du lever qui détermine l’heure du coucher.
  • Avoir une activité physique régulière, essentiellement le matin.
  • Ne plus avoir d’activité physique de 1 à 2 h avant l’heure du coucher, car cela augmente la température corporelle et ne favorise pas le sommeil.
  • S’exposer à la lumière naturelle le jour.
  • Diminuer les intensités lumineuses le soir.
  • Éviter les écrans avant de se coucher.
  • Laisser le téléphone en dehors de la chambre.
  • Ne pas mettre la TV dans la chambre.
  • Avoir une alimentation plutôt légère le soir, pauvre en protéines, plus riche (sans excès) en glucides.
  • Ne pas boire d’alcool le soir.

Les sites Alliance Apnées du Sommeil et Morphée donnent d’excellents conseils aux personnes qui souffrent de troubles du sommeil. 

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