Toute l’actualité
Actualité financière de la semaine avec Generali Investments
12/04/2010
Lettre n°264 du 5 au 9 avril 2010
Tendances économiques, évolution des marchés et des indices boursiers, sélection d'OPCVM,
retrouvez le bilan de la semaine avec les experts financiers de Generali Investments.
Résumé économique de la semaine
Les places boursières mondiales ont légèrement progressé cette semaine malgré le regain d'inquiétude concernant la situation financière de la Grèce. Cependant, en fin de semaine, les investisseurs ont été sensibles aux propos rassurants des dirigeants européens. Pour Jean-Claude Trichet, président de la BCE, un défaut de paiement de la Grèce est « hors de question ». De fait, le président de l'Union Européenne, Herman Van Rumpuy, a promis que les Européens étaient prêts à intervenir si les grecs le demandaient et à mettre en oeuvre un plan d'aide financière associant le FMI, ce que la Grèce semble vouloir éviter. Le président français Nicolas Sarkozy a confirmé : l'Union européenne est prête à activer son plan « à tout moment ».
Dans ce contexte, les indicateurs macroéconomiques publiés cette semaine n'ont eu que très peu d'impact sur la tendance. Toutefois, les investisseurs ont bien accueilli la hausse plus forte que prévu des stocks des grossistes américains en février. Cette augmentation paraît de bon augure pour la croissance américaine du premier trimestre et les résultats des entreprises, très attendus.
USA : Amélioration supérieure aux attentes dans les services
- L'activité dans le secteur des services s'est améliorée en mars plus nettement que prévu pour atteindre son niveau le plus élevé depuis près de quatre ans, selon l'enquête mensuelle de l'institut ISM. L'indice d'activité des directeurs d'achat du secteur s'est établi à 55,4 le mois dernier, au plus haut depuis mai 2006, contre 53 en février. Les économistes anticipaient en moyenne une amélioration moindre avec un indice à 54. Le détail des résultats de l'enquête montre que le sous-indice d'activité s'est établi à 60 contre 54,8 en février et que les prises de commandes ont bondi à 62,3 contre 55. Elles sont à leur niveau le plus élevé depuis août 2005.
- Les stocks des grossistes ont augmenté de 0,6% en février, soit plus fortement que prévu, selon le département du Commerce. Les économistes attendaient une hausse de 0,4%. Les ventes en gros ont parallèlement augmenté de 0,8%, pour atteindre leur plus haut niveau depuis octobre 2008. Le marché tablait sur une progression de 0,5%.
- Les promesses de vente de logements anciens ont enregistré une hausse de 8,2% en février, selon l'enquête de la fédération nationale des agents immobiliers (NAR). L'indice de la NAR, basé sur les contrats signés en février, s'est établi à 97,6 contre 90,2 en janvier. Sur un an, les promesses de ventes sont en hausse de 17,3%. Selon la NAR, cette hausse pourrait être attribuée à l'arrêt, prochainement, d'un avantage fiscal. Les analystes tablaient sur un nombre de promesses de ventes inchangées.
ZONE EURO : La reprise économique reste fragile
- L'activité économique a finalement stagné au quatrième trimestre, attestant de la fragilité de la reprise, selon les chiffres publiés par Eurostat. Le produit intérieur brut (PIB) est resté stable durant les trois derniers mois de 2009 par rapport aux trois mois précédents, alors qu'une croissance de 0,1% avait été annoncée en première estimation.
- Les ventes au détail ont baissé plus que prévu en février, ce qui suggère une nouvelle fois que la demande reste faible et la reprise économique fragile, selon Eurostat. Dans les 16 pays utilisant la monnaie unique, ces ventes ont reculé de 0,6% sur un mois et de 1,1% sur un an. Les économistes attendaient une baisse mensuelle de 0,1% et un repli annuel de 0,7%.
- Le moral des investisseurs s'est amélioré récemment pour atteindre son meilleur niveau depuis près de deux ans, d'après l'enquête mensuelle du cabinet d'études Sentix. Son indice du sentiment des investisseurs est monté à 2,5 pour avril contre -7,5 en mars, repassant en terrain positif pour la première fois depuis juin 2008. Les économistes anticipaient en moyenne une hausse plus limitée, à -6. Le sous-indice des anticipations est remonté à 12,5 contre 4,5.
- La croissance des services a été en mars la plus soutenue depuis novembre 2007, témoignant d'un regain d'optimisme dans le secteur tertiaire. L'indice publié par Markit ressort à 54,1 en mars contre 51,8 en février. C'est le septième mois consécutif que cet indice est au-dessus de la barre des 50, qui sépare la croissance de la contraction.
- Les prix à la production ont augmenté de 0,1% en février par rapport à janvier, d'après Eurostat. Ils avaient augmenté de 0,7% en janvier. Sur un an, ils sont en baisse de 0,5%.
FRANCE : Nouvelle hausse du nombre de chômeurs indemnisés
- Le nombre de chômeurs indemnisés a augmenté en février de 12,8% sur un an et de 0,2% par rapport à janvier, selon des chiffres publiés par Pôle Emploi. Toutes allocations confondues (chômage, formation, préretraites), le nombre de personnes indemnisées a augmenté de 13,9% sur un an et de 0,5% sur un mois pour atteindre 2 778 700.
- La croissance dans le secteur des services a ralenti pour le quatrième mois consécutif en mars, un signe inquiétant pour la consommation et la croissance, selon l'enquête mensuelle publiée par Markit Economics. L'indice d'activité Markit/Cdaf auprès des directeurs d'achat (PMI) a reculé à 53,8, contre 54,6 en février, soit son niveau le plus bas depuis septembre. L'indice composite, qui intègre les données des services et de l'industrie, a en revanche progressé légèrement à 55,8 contre 55,6 en février, du fait d'une accélération de la reprise dans le secteur manufacturier qui a compensé le ralentissement dans les services.
- L'Insee a fait état d'une stabilité de la production industrielle (après une hausse de 1,1% en janvier), reflétant une demande toujours modérée qui devrait limiter la croissance sur l'ensemble du premier trimestre. La stabilité de l'ensemble de la production industrielle, conforme au consensus, masque toutefois des évolutions contrastées. Après deux mois de forte hausse due à la froidure de l'hiver, la production des industries extractives, d'énergie et d'eau est retombée de 2,6%.
ALLEMAGNE : Production industrielle atone
- La production industrielle est restée stable en février et la hausse du mois de janvier a été révisée à la baisse, selon des chiffres officiels montrant la fragilité de la reprise économique en ce début d'année. Le Ministère de l'Economie a en effet annoncé que les chiffres corrigés des variations saisonnières (CVS) faisaient état d'une progression nulle de la production sur un mois, alors que les économistes anticipaient en moyenne une hausse de 0,6%.
- Le secteur des services a connu en mars sa plus forte croissance depuis presque deux ans à la faveur d'une forte augmentation des nouvelles commandes, selon l'indice Markit fondé sur les perspectives des directeurs d'achats des entreprises (PMI). C'est le huitième mois consécutif de croissance pour les services, l'indicateur PMI passant de 51,9 en février à 54,9 en mars. L'indice PMI composite pour l'industrie et les services, s'élève en mars à 58,7 contre 55,7 en février, son plus haut niveau depuis août 2007, grâce notamment à la performance de la production manufacturière.
- Les ventes de voitures neuves ont baissé de 26,5% en mars par rapport au même mois de l'an dernier, enregistrant leur quatrième mois consécutif de recul après la fin de la prime à la casse gouvernementale. Sur l'ensemble du premier trimestre, la baisse du premier marché automobile d'Europe atteint 23%, selon la fédération des constructeurs étrangers VDIK.
- L'excédent commercial a crû plus que prévu en février, dans le sillage d'une hausse supérieure aux attentes des exportations (+5,1%), un bon point pour la reprise économique, selon l'Office Fédéral de la Statistique. Les exportations ont représenté 71,3 milliards d'euros, tandis que les importations ont également progressé, contre toute attente, de 0,2% à 59,2 milliards d'euros. L'excédent commercial ressort à 12,1 milliards d'euros contre 8,7 milliards en janvier et 11,2 milliards attendus.
GRANDE-BRETAGNE: Accélération de l'inflation
- L'inflation mesurée par les prix à la production a atteint en mars son niveau le plus haut en seize mois, en raison d'un bond des prix pétroliers et de toute une variété de biens importés. L'Office National de la Statistique a annoncé que ces prix avaient augmenté de 0,9% en mars, soit plus du double du chiffre que les analystes anticipaient, donnant une hausse annuelle de 5%, la plus forte depuis novembre 2008.
- La croissance dans le secteur des services a ralenti plus nettement que prévu en février, comme en atteste l'indice des directeurs d'achat du secteur des services (PMI), qui s'est établi à 56,5 en mars, contre 58,4 en février, selon l'enquête publiée par Markit. Les économistes attendaient un ralentissement moins marqué, avec un indice à 58. Les entreprises restent optimistes toutefois. L'indice des anticipations s'est établi à son plus haut de six mois et l'emploi a affiché sa première croissance depuis avril 2008.
- Le secteur de la construction a renoué avec la croissance en mars après plus de deux ans de contraction, grâce à une forte hausse des nouvelles commandes sur le marché résidentiel comme dans l'immobilier commercial. L'indice des directeurs d'achats (PMI) du secteur calculé par le Chartered Institute of Purchasing and Supply (CIPS) et le cabinet d'études Markit est remonté à 53,1 contre 48,5 en février, repassant pour la première fois depuis février 2008 le seuil de 50.
L'actualité des marchés financiers
MARCHE DES ACTIONS
Après un long week-end pascal, la semaine aura été, une fois encore, rythmée par les craintes sur la dette grecque. La dégradation d'un cran (à BBB-, soit le dernier échelon de la catégorie « Investment Grade ») de la notation de la dette souveraine grecque par Fitch a traduit l'impossibilité pour les européens de différer davantage la mise en oeuvre d'un plan de sauvetage conjoint avec le FMI (même si personne n'en connaît les détails techniques). Finalement, la semaine s'achève sur un gain inespéré de +0,4% à Paris (4 050,54 points), ce qui représente pour le CAC 40 une 8ème semaine de hausse sur une série de 9. À Wall Street, l'optimisme semblait à son zénith vendredi, à la veille de l'ouverture du bal des trimestriels. Le Dow Jones a gagné 0,64% à 10 997,35 points (nouveau plus haut annuel) et le S&P 500 a progressé de 1,38% (à 1 194,37 points). Au Japon, le retour du dollar sous le seuil des 94 yens, la chute surprise des commandes de biens d'équipement et les craintes persistantes concernant la situation de la Grèce ont incité les investisseurs à prendre des bénéfices. Dans ce contexte, le Nikkei a reculé de 0,72% à 11 204,34 points.
MARCHE DES TAUX
Le taux des obligations grecques à dix ans a atteint cette semaine le niveau historique de 7,423%, du jamais vu depuis l'adoption de l'euro par la Grèce en 2001, en raison des inquiétudes qui pèsent toujours sur la capacité du pays à financer sa dette. Le différentiel ("spread") avec l'obligation d'Etat allemande, le Bund 10 ans (3,15%), qui sert de référence sur le marché obligataire européen, atteignait ainsi 427 points de base, également un plus haut depuis l'entrée de la Grèce dans la Zone Euro. L'OAT française à 10 ans s'est tendue de 5,4 points de base, à 3,46%. Aux Etats-Unis, le taux à 10 ans est resté quasi stable, à 3,88% (+0,9 points de base).
MARCHE DES MATIERES PREMIERES
Les cours du pétrole, qui ont grimpé mardi à des plus hauts depuis octobre 2008, ont repris leur souffle en toute fin de semaine, repassant sous le seuil de 85 dollars le baril (+1,95% sur la semaine). Les cours du pétrole semblaient ainsi se détacher provisoirement de leur corrélation aux marchés d'actions, en hausse ce vendredi, et ignorer un affaiblissement du billet vert, qui favorise traditionnellement les achats de matières premières libellées en dollars pour les investisseurs munis d'autres devises. L’once d’or, quant à elle, a gagné près de 3%, à 1 158,95 dollars l’once.
MARCHE DES DEVISES
Malgré un léger rebond en fin de semaine, dû aux spéculations sur une mise en place imminente d'un plan d'aide de l'Union européenne (UE) et du Fonds monétaire international (FMI) pour aider la Grèce à faire face à sa crise budgétaire, l'euro termine en repli de 0,68% face au dollar, à 1,3446 dollar pour un euro. La monnaie japonaise s'est renforcée de 1,51% face au billet vert, à 93,18 yens pour un dollar.
