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Bourse : semaine d'embellie, succès des émissions obligataires
23/01/2012
Lettre n°349 du 16 au 20 janvier 2012
Tendances économiques, évolution des marchés et des indices boursiers, sélection d'OPCVM, retrouvez le bilan de la semaine avec les experts financiers de Generali Investments.
Résumé économique de la semaine
PIB chinois, indicateurs et résultats américains, émissions obligataires européennes, tout a concouru à une belle semaine pour les principales places financières, confirmant un début d’année positif. La perte du triple A français vendredi 13 janvier a plutôt porté chance, au regard des émissions de dette françaises et espagnoles, largement souscrites et à des taux plus bas que lors de précédentes adjudications. Le déclassement de la France était non seulement anticipé, mais il a également été accueilli comme un soulagement car le risque de décrochage de deux crans au lieu d’un seul était possible.
Du point de vue macroéconomique, le retour de la confiance a été alimenté par des indicateurs meilleurs que prévu, tels que la croissance chinoise, le moral des investisseurs allemands et le recul des inscriptions au chômage aux Etats-Unis. La baisse significative de l’inflation (Etats-Unis, Zone Euro, Royaume-Uni) s’est confirmée la semaine dernière et devrait permettre aux banques centrales de maintenir leur politique accommodante, ce qui est favorable aux marchés.
Du côté des sociétés, les entreprises américaines ont dévoilé des résultats annuels supérieurs aux attentes, assortis de perspectives encourageantes. Seules les négociations entre la Grèce et ses créanciers ont suscité une certaine réserve. Les discussions portent sur l'effacement de 100 milliards d'euros de dette grecque. De l'accord trouvé dépendra la mise en place d'un second plan d'aide à la Grèce de 130 milliards d'euros.

USA : Activité industrielle bien orientée, immobilier en voie de stabilisation
- L'activité manufacturière de la région de Philadelphie s'est accélérée pour le deuxième mois d'affilée, selon l'indice de l'antenne locale de la Fed pour le mois de janvier. Cet indice a progressé de 0,5 point par rapport à décembre, pour s'établir à 7,3%, alors que les analystes le donnaient en baisse. L'indicateur de la Fed est à son niveau le plus élevé depuis octobre, où il avait témoigné d'une reprise de l'activité des usines de la région après deux mois de forte baisse.
- L'activité manufacturière de la région de New York s'est accélérée pour le 2e mois consécutif, selon l'indice Empire State de janvier publié par la Fed. Cet indicateur a gagné 5,3 points par rapport à décembre, pour s'établir à 13,5 en données corrigées des variations saisonnières, son niveau le plus élevé depuis le mois d'avril, alors que les analystes ne l'attendaient qu'à 10.
- L'inflation, mesurée par l'indice des prix à la consommation (CPI), est restée stable en décembre. Les économistes misaient sur une progression de 0,1%. L'indice "core" (hors énergie et alimentaire) a augmenté de 0,1% après une hausse de 0,2% en novembre.
- La production industrielle a effacé en décembre son recul du mois précédent grâce à un net rebond tiré par une forte progression de la production manufacturière, selon des chiffres publiés par la Fed. En décembre, la production des industries a progressé de 0,4%, en données corrigées des variations saisonnières, selon la Fed, alors que les analystes prévoyaient une hausse de son indice de 0,5%. Sur l’année 2011, le redressement des industries américaines s'est poursuivi: la production a augmenté de 4,1%, soit moins rapidement que l'année précédente où sa hausse avait atteint 5,3%.
- Les mises en chantier ont reculé de 4,1% en décembre, selon le Département du Commerce. De leur côté, les nouveaux permis de construire ont pratiquement stagné (-0,1%) le mois dernier, conformément aux attentes du marché. Par rapport à décembre 2010, les mises en chantier ont augmenté de 24,9% et les permis de construire se sont accrus de 7,8%.
- Les ventes de logements anciens ont augmenté de 5% en décembre, à 4,61 millions en rythme annualisé, selon la National Association of Realtors (NAR), un chiffre à peu près conforme aux attentes des économistes. Les ventes de logements anciens de décembre affichent une hausse de 3,6% par rapport au mois correspondant de 2010. Par ailleurs, le prix national médian des logements anciens a baissé de 2,5% sur un an, à 164 500 dollars.
ZONE EURO : Recul de l’inflation
- L'inflation a reculé plus que prévu en décembre, à 2,7%, après 3% le mois précédent, selon Eurostat. Elle reste pour le 13 ème mois consécutif au-dessus du seuil de 2% visé à moyen terme par la BCE, mais le repli constaté en décembre va dans le sens pointé par la plupart des économistes qui pensent qu'elle devrait retomber autour de 2% en 2012.
ALLEMAGNE : Nette amélioration du moral des investisseurs
- Le moral des investisseurs a fait un bond inattendu en janvier, selon la dernière enquête de l'institut d'études économiques ZEW. L'indice ZEW ressort en hausse de 32,2 points à -21,6 ce mois-ci, son niveau le plus haut depuis le mois de juillet dernier, mais tout de même très en-deçà de sa moyenne historique de 24,5. Il montre que l'économie tend à se stabiliser plutôt qu'à poursuivre sa détérioration. L'institut d'études économiques précise que les données favorables en provenance des Etats-Unis et les adjudications espagnoles et italiennes réussies ont très certainement contribué à l'amélioration de l'indice.
ROYAUME-UNI : Décélération de l’inflation
- L'inflation a poursuivi son ralentissement à +4,2% sur un an en décembre, après 4,8% en novembre, selon l’ONS. Ce ralentissement, conforme aux attentes des économistes, donne à la Banque d'Angleterre des marges de manœuvre pour envisager une nouvelle injection de liquidités pour soutenir l'économie. Les ventes de détail ont augmenté de 0,6% en volume en décembre, selon l’ONS. Par rapport à la période correspondante un an auparavant, elles se sont accrues de 2,6% le mois dernier.
JAPON : La confiance des ménages remonte
- La confiance des ménages est remontée le mois dernier, selon les données du gouvernement : l'indice synthétique est ressorti à 38,1 en décembre, contre 37,5 en novembre. La composante de l'emploi a enregistré la plus forte progression en décembre.
CHINE : Atterrissage « en douceur »
- La Chine a annoncé une croissance ralentie, mais atteignant 9,2% pour 2011, dans un contexte international difficile. Après une expansion de 10,4% en 2010 largement due aux mesures de relance prises après la crise financière, la Chine a maintenu l'an dernier une croissance élevée malgré des restrictions sur le crédit rendues nécessaires par la lutte contre l'inflation. Dans un contexte alourdi par les difficultés de ses exportateurs dans les économies avancées, notamment en Europe, la hausse du PIB a ralenti tout au long de l'année dernière, tombant à 8,9% au quatrième trimestre, son plus faible niveau depuis le deuxième trimestre 2009. Ce chiffre est toutefois supérieur aux attentes des analystes, qui tablaient sur 8,6%.
- L’activité manufacturière a baissé en janvier pour le troisième mois d’affilée, selon l’indice PMI des directeurs d’achats publié par la banque HSBC. Il s’établit à 48,8, contre 48,7 en novembre. 3 L’actualité des marchés financiers
MARCHÉ DES ACTIONS
A Paris, malgré la perte du AAA français, le CAC 40 a progressé de 3,91% sur la semaine, clôturant à 3 321,50 points. Les investisseurs ont été rassurés notamment par l’annonce d’une croissance chinoise plus vigoureuse que prévu au quatrième trimestre 2011, des émissions obligataires réussies de la France et de l’Espagne et de relativement bons résultats des sociétés américaines. Dans ce contexte, le Dow Jones a progressé de 2,40%, à 12 720,48 points et le S&P a gagné 2,04%, à 1 315,38 points.
MARCHÉ DES TAUX
La décision raisonnable de S&P a permis aux taux servis lors des émissions obligataires de la Zone Euro de se détendre vivement. Les marchés obligataires français (3,10% pour le taux à 10 ans), espagnol (5,43%) et italien (6,27%) ont bien résisté, dans la foulée des discussions entre Athènes et ses créanciers privés et de la politique de liquidités menée par la BCE. Pour certains analystes, les pressions exercées par les Etats sur leurs banques nationales pour acheter de la dette nationale seraient particulièrement fortes. Les écarts entre les rendements obtenus lors des émissions et ceux observés sur les marchés secondaires confortent ce sentiment.
On pourrait ainsi constater progressivement une renationalisation des dettes publiques en Europe via les banques, ce qui pourrait amorcer un début de retour de la confiance sur les marchés de taux. Pas d’emballement, mais le réchauffement est net avant des rendez-vous importants comme le Conseil européen du 30 janvier prochain. En revanche, l'Allemagne et les Etats-Unis, dont les dettes ont fait office de valeurs refuges au plus fort de la crise de la dette, faisaient les frais de cette accalmie. Le taux à 10 allemand montait à 1,91% (+13 pb) et le rendement des bons de Trésor américain gagnait 17 pb à 2,03%.
MARCHÉ DES MATIERES PREMIERES
- Les cours de l’or noir ont fait preuve de résistance cette semaine (-0,99%, à 109,46 dollars le baril), malgré le ralentissement chinois, le recul de la demande mondiale de brut au 4 ème trimestre 2011, des stocks américains pléthoriques et une accélération de la production de l’Opep. Les tensions liées au dossier iranien peuvent expliquer cette relative stabilité.
- Du côté de l’or, la progression a été limitée à 1,44% (1 657,69 dollars l’once), dans un contexte de retour de l’appétit pour le risque, compensé par l’intérêt croissant des banques centrales pour le métal jaune. A cet égard, la banque centrale turque a annoncé cette semaine avoir décidé de rendre l’utilisation de l’or possible au titre des réserves obligatoires.
MARCHÉ DES DEVISES
- Net rebond de la monnaie unique cette semaine (+2% à 1,292$/€), alimenté par une série de nouvelles rassurantes en zone euro. En effet, les investisseurs ont, ces derniers jours, repris goût pour les actifs jugés les plus risqués, comme la monnaie unique, encouragés par la volonté du FMI de débourser davantage pour aider la Zone Euro et par des émissions obligataires rassurantes en France, en Espagne et au Portugal. Le rebond a été limité en fin de semaine par des inquiétudes sur la Grèce, suspendue à la conclusion d'un accord de désendettement avec ses créanciers privés, menant la "bataille finale" pour sa survie financière.
- Le dollar a terminé la semaine stable face à la monnaie japonaise, à 76,68 yens.