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Bourse : Chiffres décevants aux USA, peu d'amélioration en Zone Euro
09/07/2012
Lettre n°373 du 2 au 6 juillet 2012
Tendances économiques, évolution des marchés et des indices boursiers, sélection d'OPCVM, retrouvez le bilan de la semaine avec les experts financiers de Generali Investments.
Résumé économique de la semaine
La perception positive du sommet européen avait déjà commencé à s'éroder depuis le début de la semaine, les annonces des banques centrales n’ont fait qu’alourdir la baisse. Cette semaine a donc créé un fort contraste avec le soulagement apporté par le sommet européen en fin de semaine passée. Les espoirs nés du sommet européen se sont heurtés d’une part, aux doutes sur la mise en place concrète et difficile des mesures annoncées (MES pas opérationnel, supervision bancaire) et d’autre part, aux décisions des banques centrales. La plupart des marchés ont connu cette semaine des reculs car, loin d'avoir rassuré, les actions des trois banques centrales ont ravivé les inquiétudes sur l'état de santé de l'économie mondiale.
La Banque Centrale Européenne (BCE), la Banque d'Angleterre (BoE) et la Banque Populaire de Chine (PBoC) ont toutes trois annoncées soit des réductions de taux (BCE et PBoC), soit une reprise des rachats d'actifs (BoE) dans une tentative de doper des économies toujours moroses. Ces décisions, déjà anticipées par les marchés, n’ont pas permis une progression dans la lignée de la semaine passée. En début de semaine, les investisseurs risquent de rester sur leur réserve avant le compte rendu de la FED qui pourrait être annonciateur de meilleures perspectives.
USA : Des chiffres globalement décevants
- L'indice des directeurs d'achat (ISM) dans le secteur manufacturier subit une contraction inattendue à 49,7 en juin, à comparer avec 53,5 en mai. Il est repassé sous le seuil des 50 pour la première fois depuis juillet 2009.
- Les commandes à l'industrie ont rebondi plus qu’attendu de 0,7% en mai, selon le Département du Commerce. Cette augmentation surprise intervient après un recul de 0,7% en avril.
- Le ralentissement de la croissance de l'activité dans le secteur des services a été plus prononcé que prévu en juin. L'indice des directeurs d'achat pour ce secteur est ressorti à 52,1, à comparer avec 53,7 en mai Si la composante de l'emploi s'est accrue, celles de l'activité et des nouvelles commandes se sont contractées.
- Le taux de chômage est ressorti stable en juin à 8,2%, conformément aux attentes du consensus.
- Au mois de juin, 80 000 emplois non-agricoles ont été créés, selon le département du Travail. Les économistes anticipaient en moyenne 100 000 créations d'emplois. Au mois de mai, l'économie américaine n'avait déjà créé que 77 000 nouveaux postes.
- Les créations d'emplois dans le secteur privé ont été très supérieures aux attentes en juin, selon ADP. Au total, ce sont 176 000 postes qui ont été créés le mois dernier, alors que le marché attendait à peine 100 000 nouveaux postes.
- Les dépenses de construction ont augmenté de 0,9% en mai contre +0,6% en avril, selon le Département du Commerce. Les analystes ne tablaient que sur une hausse de 0,2%. Ces dépenses ont été tirées par les dépenses privées alors que les dépenses publiques ont baissé. En comparaison annuelle, la hausse des dépenses de construction atteint 7% sur le mois de mai.
ZONE EURO : Peu d’amélioration
- Même en se redressant de 46 en mai à 46,4 en juin, l'indice PMI final Markit de l'activité globale reste ancré en territoire négatif. Dans le détail, la composante de l'activité des services remonte à 47,1, contre 46,7 en mai et la conjoncture se détériore pour le onzième mois consécutif dans l'industrie manufacturière en juin : à 45,1, l'indice PMI Markit reste inchangé par rapport à mai.
- Le taux de chômage a atteint en mai un nouveau record depuis la création de la monnaie unique, à 11,1% de la population active, contre 11,0% en avril. Selon Eurostat, 17,56 millions de personnes étaient à la recherche d'un emploi en mai dans les 17 pays de la zone. Par rapport à avril, le nombre de chômeurs a augmenté de 88 000 dans la zone euro.
- L'indice des prix à la production industrielle a enregistré une baisse de 0,5% en mai par rapport à avril. Comparé à mai 2011, les prix à la production industrielle ont enregistré une hausse de 2,3%. En mai, par rapport au mois précédent, les prix dans l'ensemble de l'industrie à l'exclusion du secteur de l'énergie sont restés stables. Les prix du secteur de l'énergie ont diminué respectivement de 1,4% et 2,3%.
FRANCE : Toujours en situation de contraction, l’activité se redresse
- L'indice final composite de l'activité globale s'est redressé à 47,3 points en juin, contre 44,6 en mai. Dans le détail, le PMI de l'activité de services s'est lui aussi redressé, atteignant 47,9 en juin, contre 45,1 en mai. Il atteint un plus haut sur trois mois et la conjoncture reste dégradée dans le secteur manufacturier en juin avec un indice PMI qui ne se redresse que de 44,7 en mai à 45,2 en juin. Bien que supérieur au plus bas de trois ans enregistré le mois dernier, l'indice continue de signaler une forte contraction du secteur manufacturier. La faible performance des entreprises manufacturières s'explique par un nouveau repli des nouvelles commandes.
- Le déficit commercial se réduit sensiblement (-500 millions d’euros) en mai, pour s'établir à 5,32 milliards d'euros contre 5,77 milliards le mois précédent, selon la direction générale des douanes. Les importations progressent à peine, à 42,76 milliards, car la nette contraction des approvisionnements en pétrole brut (prix et quantités) compense la hausse des achats pharmaceutiques et aéronautiques. Les exportations, qui bénéficient notamment de la réalisation de grands contrats (industries navale et ferroviaire, oeuvres d'art), demeurent fermes et augmentent de 1,3% à 37,44 milliards.
ALLEMAGNE : Le secteur manufacturier envoi des signes flous
- L’indice PMI de l’activité manufacturière a enregistré son niveau le plus bas en trois ans, reculant à 45 en juin contre 45,2 en mai, selon Markit.
- La production industrielle a augmenté de 1,6% en rythme mensuel en mai, alors que les économistes attendaient plutôt une hausse de l'ordre d'un demi-point. Cette hausse intervient après une contraction de 2,1% en avril.
- Les commandes à l'industrie ont progressé de 0,6% en mai sur un mois, selon le ministère de l'Economie, après leur recul de 1,4% en avril. En mai, ce sont principalement les grosses commandes en provenance de l'étranger, et surtout de la zone euro, qui ont gonflé les chiffres. En revanche, les ordres en provenance d'Allemagne ont reculé de 1,3% sur un mois.
ROYAUME-UNI : Accélération dans le secteur manufacturier
- Le secteur manufacturier voit sa contraction ralentir nettement : l'indice PMI manufacturier est passé de 45,9 en mai à 48,6 le mois dernier. Markit précise que les volumes de production regagnent un peu du terrain perdu en mai, mais que les nouvelles commandes chutent encore et que les pertes d'emploi se poursuivent.
- Le secteur des services a vu son expansion ralentir au mois de juin, à en croire Markit, dont l'indice est passé de 53,3 en mai à 51,3 le mois dernier.
- Les prix à la production industrielle ont diminué de 0,4% en rythme mensuel en juin, selon l'office national de statistiques. Ils avaient baissé de 0,2% le mois précédent. En rythme annuel, la progression des prix à la production industrielle a ralenti à 2,3% le mois dernier, contre 2,9% en mai.
JAPON : Confiance en hausse
- L'indice Tankan de confiance des grandes entreprises manufacturières a gagné 3 points en juin par rapport à mars, soutenu par la robustesse de l'activité intérieure, mais est resté en territoire négatif, à -1 point, en raison des incertitudes pesant sur la conjoncture.
CHINE : Recul de l’activité
- L'activité manufacturière s'est contractée en juin à son rythme le plus marqué en sept mois, plombée par des commandes à l'exportation à leur plus bas niveau depuis plus de trois ans selon l'indice PMI calculé par la banque HSBC. L'indice PMI est tombé à 48,2, son plus bas niveau depuis novembre 2011. Il reste ainsi pour le huitième mois d'affilée sous le seuil de 50. Le sous-indice des commandes nouvelles à l'exportation a perdu 2,7 points à 45,8, son plus bas niveau depuis mars 2009. L'indice PMI officiel est lui donné à un plus bas de sept mois de 50,2 contre 50,4 en mai.
L’actualité des marchés financiers
MARCHÉ DES ACTIONS :
Tous les indices ont marqué un pas en arrière sauf l’indice paneuropéen DJ stoxx 50 qui est en hausse de 1,78% à 2 423,31 points en fin de semaine et l’indice nippon Nikkei en faible progression (+0,16%) à 9 020,75 points.
A Wall Street, les indices tentaient de limiter la casse mais, sur l’ensemble de la semaine, ils affichaient des baisses de - 0,84% (Dow Jones) et -0,55% (S&P). A Paris, la dernière séance de la semaine écoulée constitue l’opposée de celle de vendredi dernier, avec une forte accélération à la baisse. Le CAC 40 a terminé en baisse de 0,87% sur la semaine à 3.168,79 points.
MARCHÉ DES TAUX :
Du coté des adjudications, la France a levé 8,289 milliards d'euros lors d'une adjudication de bons du Trésor à taux fixe et intérêts précomptés ; les taux d'emprunt sont ressortis en baisse (taux à douze semaines : 0,048% contre 0,056% sur une même opération en juin). Madrid a placé pour trois milliards d'euros de bons du trésor, mais le taux 10 ans est ressorti en hausse avec un rendement de 6,43% contre 6,044% lors de l'émission du 7 juin.
Sur le marché secondaire, dans la semaine, le rendement de l'emprunt d'Etat espagnol à 10 ans est repassé au-dessus du seuil critique de 7% (et des 500 points de base de spread avec l’Allemagne) et celui des obligations italiennes de même échéance revenait également au-dessus des 6%. Les taux se sont toutefois un peu détendus en repassant sou le seuil des 7% pour l’Espagne et des 6% pour l’Italie en fin de semaine.
Parallèlement, le rendement des obligations des pays « core » ont affiché un recul sur la semaine écoulée. Le rendement du papier allemand à dix ans reculait de 25 points de base à 1,326%. Le taux français de même échéance a connu sur la semaine un fort repli de 31 points de base à 2,39%. Plus modestement, le taux des Treasuries à 10 ans recule de 12 points de base à 1,54%.
Sur le marché interbancaire, l'Euribor à trois mois a atteint le plus bas niveau de son histoire, à 0,55% ; ce fort recul est consécutif à la baisse des principaux taux de la BCE.
MARCHÉ DES MATIERES PREMIERES :
Cette semaine, le Brent porté notamment par le conflit social norvégien prenait 2,94% à 98,25 dollars le baril.
Le métal jaune a légèrement perdu sur la semaine (-0,63%). En fin de semaine, une once d’or valait 1 587,35 dollars.
MARCHÉ DES DEVISES :
Dans la semaine, l'euro est tombé à un plus bas de deux ans face au billet vert, repassant sous le seuil de 1,23 dollar à 1,2278 dollar, après la publication du rapport mensuel sur l'emploi américain qui a poussé les investisseurs vers les actifs jugés les plus sûrs. La monnaie unique est par ailleurs toujours pénalisée par la décision de la BCE la veille d'abaisser ses aux directeurs. En fin de semaine, la parité euro-dollar était en baisse de 3,02% à 1,2307 dollars. Le yen est resté quasi-stable face au dollar cette semaine avec un recul très léger de 0,18% à 79,6650 yens pour 1 dollar.
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