Obligations : les tendances du marché avec Generali Investments -
16/06/2010

Avec la Lettre mensuelle"Tendance de marchés", rédigée par les experts de Generali Investment, faites le point sur les tendances des marchés financiers : actions (tendances et recommandations globales et sectorielles), obligations, devises...
Obligations - Juin 2010
Lettre rédigée le 31 mai 2010
- Les marchés ont continué d'être dominés par la
crise des dettes souveraines. En dépit du plan massif de stabilisation annoncé par l'Europe, conjointement avec
le FMI, accompagné d'achats d'obligations par la BCE, les primes de risque entre pays de la Zone Euro n'ont pas connu
un resserrement majeur. Les rendements des taux de référence ont même repris une tendance baissière.
- Les interventions politiques devraient rassurer les investisseurs. Bien qu'un degré élevé d'incertitude demeure, la récente chute des taux de référence semble excessive et devrait être partiellement corrigée.
Compte tenu des rendements actuels des
emprunts de référence en Zone Euro, l'impact positif du plan de stabilisation élaboré
par l'Europe, conjointement avec le FMI, a été éphémère. Les bons du Trésor
américain et les Bunds allemands ont terminé le mois en nette baisse par rapport au mois précédent.
Bien que nous ayons prévu que les rendements resteraient à un niveau particulièrement bas, l'ampleur
du repli a été surprenante.
Les rendements des bons du Trésor à 10 ans ont reculé de 51 points de base, à 3,24 % et leurs homologues allemands sont passés de 3 % à un nouveau plus-bas historique de 2,58 %. En outre, les mouvements de fuite vers les valeurs jugées plus sûres ont impacté toutes les maturités.
Les obligations allemandes à court comme à long terme ont atteint des plus-bas historiques au cours du mois de mai. Seulement, lors des dernières séances du mois, les rendements ont légèrement augmenté. Étant donné que le plan de sauvetage a reporté le problème de solvabilité des pays périphériques et qu'un défaut précipité est devenu pratiquement impossible, nous considérons que les niveaux de rendement actuels des Bunds allemands ne sont pas durables.
Le succès des actions politiques n'est pas encore assuré
Le succès des actions politiques n'est pas encore assuré. Bien que sur de nombreux segments
de marché, le plan de stabilisation n'a pas encore eu d'impact durable, il est encore trop tôt pour considérer
que c'est un échec. Pour commencer, les spreads des pays périphériques de la Zone Euro se sont
nettement resserrés depuis l'annonce du plan. En outre, les primes de risque grecques, portugaises et irlandaises ne
se sont que faiblement écartées, après le rally initial faisant suite au communiqué. Il est vrai
que les spreads espagnols et italiens sont pratiquement revenus aux niveaux auxquels ils étaient avant l'annonce du
plan. Cependant, la volatilité des rendements de l'ensemble des pays périphériques a fortement baissé.
Compte tenu des nouvelles mesures d'austérité récemment annoncées dans ces pays, et des rachats
d'obligations en cas de nécessité par la BCE (bien qu'aucune donnée officielle ne soit disponible, la
BCE a pour le moment concentré ses achats sur les petits pays périphériques), nous anticipons un mouvement
de resserrement des spreads.
De plus, la situation sur les marchés monétaires, souvent très parlante, et pas uniquement pour les autres segments de marché mais également pour les perspectives économiques, s'est stabilisée. L'écart entre le Libor (taux à trois mois) et l'OIS (swap de taux d'intérêt), utilisé pour anticiper des troubles sur les marchés monétaires, s'est maintenu autour de 25 points de base. Cette différence est plus marquée qu'en avril, mais largement inférieure aux niveaux à trois chiffres de l'hiver 2008. Sachant que la BCE offre des montants illimités dans ses opérations d'« open market », la liquidité ne devrait plus constituer un sujet de préoccupation désormais. En revanche, les excès de liquidités serviront probablement aux opérations de « carry-trade », ce qui devrait avoir un impact positif sur les autres segments.
Globalement, le plan d'aide massif de stabilisation ne permet pas d'être entièrement soulagé. En outre, les perspectives à long terme pour les primes de risque intra-Union Européenne (et les perspectives de l'Union elle-même) dépendront de la prudence budgétaire des États et de la restauration de la compétitivité des pays affaiblis.

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