Inondation : prévention, assurance et indemnisation
Parmi les catastrophes naturelles, les inondations causent chaque année des dommages importants en France. Les crues lentes d’hiver et de printemps, les crues de plaine (précipitations), de redoux (fonte des neiges) ou les inondations par remontée de nappes phréatiques se définissent par une montée des eaux et de longues durées de submersion. Face à ce risque, connaître les bons réflexes de prévention et en savoir plus sur le fonctionnement de l’assurance habitation peut faire toute la différence.
Publié le 08/07/2026 - 6 minutes
Quelle est la définition d'une inondation ?
Une inondation désigne la submersion temporaire d'une zone habituellement hors d'eau, qu'elle soit d'origine naturelle ou liée à des conditions météorologiques extrêmes. Sur l'ensemble du territoire français, ce phénomène prend plusieurs formes selon la source d'eau en cause.
Le ruissellement urbain, par exemple, survient lorsque des sols imperméabilisés ne peuvent plus absorber des précipitations intenses. À l'inverse, le débordement d'un cours d'eau résulte d'une accumulation progressive de pluies sur plusieurs jours.
Le Code de l'environnement encadre la prévention de ce risque et impose des mesures aux communes situées en zones exposées.
Comment prévenir les dégâts avant une inondation ?
Renseignez-vous auprès de votre mairie pour savoir si votre logement se trouve en zone inondable.
Envisager des équipements et travaux de protection
Protéger son logement contre les inondations passe d'abord par des dispositifs de protection physiques adaptés à votre situation. Des batardeaux (plaques étanches amovibles) posés devant les portes et les fenêtres en rez-de-chaussée constituent une première barrière efficace contre la montée des eaux. Des sacs de sable viennent compléter ce dispositif, notamment pour bloquer les accès secondaires.
Au-delà des équipements d'urgence, certains aménagements durables réduisent significativement les dégâts potentiels sur votre bien immobilier :
surélever les équipements électriques (tableau, chaudière, prises) au-dessus du niveau des plus hautes eaux connues ;
installer des clapets anti-retour sur les canalisations pour éviter le refoulement des eaux usées ;
imperméabiliser les murs du sous-sol avec des enduits hydrofuges.
Si votre commune dispose d'un PPRI (Plan de prévention des risques d'inondation), consultez-le avant tout travaux : il peut imposer des obligations spécifiques.
Renforcer la résilience de votre habitation en zone inondable
Au-delà des équipements d'urgence, certains travaux de fond permettent de renforcer durablement la résilience de votre logement face aux crues. Rehausser le niveau du plancher en rez-de-chaussée, remplacer les revêtements de sol par des matériaux imputrescibles comme le carrelage, ou encore opter pour des portes et fenêtres à seuil surélevé sont des interventions qui limitent concrètement l'ampleur des dégâts.
À l'extérieur, aménager le terrain en pente douce pour éloigner les eaux de ruissellement de la façade réduit efficacement les infiltrations. Certains propriétaires font également appel à un architecte spécialisé pour réaliser un diagnostic de vulnérabilité de leur bien, une démarche qui peut aussi être valorisée lors de la revente et influencer positivement les conditions de votre contrat d'assurance habitation.
Notez que des aides financières existent, notamment via le fonds Barnier, pour soutenir les travaux de prévention dans les zones les plus exposées.
Réagir à l’annonce d'une inondation
Stationnez votre véhicule hors de la zone inondable.
Préparez votre domicile : débranchez vos appareils électriques et mettez les produits toxiques en hauteur.
Préparez-vous à la mise à l'abri ou à l'évacuation selon les consignes des pouvoirs publics.
Préparez un kit de secours vous fournissant le nécessaire pour trois jours : réserve d'eau, aliments non périssables, vêtements chauds et couvertures, trousse de premiers secours, radio, lampe de poche (avec piles) et papiers personnels.
17,1 millions d'habitants
sont exposés aux inondations par débordement de cours d’eau en France dont 16,8 millions en métropole1.
Quels réflexes faut-il avoir pendant la montée des eaux ?
Quand l'eau commence à monter, la sécurité des personnes prime sur celle des biens.
Restez chez vous ou dans un bâtiment en dur.
Mettez-vous à l'abri le plus en hauteur possible (étages…).
Restez informé sur l'avancée de la situation.
Coupez le gaz et l'électricité.
Si vous êtes dehors, ne vous engagez pas (ni à pied ou ni en voiture) dans une zone même faiblement inondée.
Ensemble face aux risques
Avec Generali, anticipez les risques et bénéficiez de conseils pour vous en protéger !
Afin de vous accompagner dans la protection de votre habitation ou de votre local professionnel, Generali vous propose son service de prévention : Ensemble Face aux risques. Il vous permet de faire le diagnostic des risques auxquels votre domicile ou votre local professionnel est exposé et de bénéficier de conseils pour les protéger en cas d'aléa.
Que faire après une inondation ?
Une fois les eaux retirées, ne rentrez pas immédiatement chez vous sans vous équiper de bottes et de gants : l'eau stagnante est souvent contaminée et les sols peuvent être fragilisés.
Renseignez-vous auprès de la mairie avant de boire l'eau du robinet.
Jetez les aliments qui sont restés dans l'eau ou dans un réfrigérateur-congélateur.
Faites appel à des professionnels avant de rebrancher votre installation électrique et votre chauffage.
Nettoyez votre domicile à la brosse, puis désinfectez-le à l'eau de javel.
Aérez et chauffez doucement votre maison pendant plusieurs jours.
Soyez vigilant si vous utilisez une motopompe pour vider votre cave, il y a un danger d'intoxication au monoxyde de carbone
En cas de dégâts, contactez rapidement votre assureur.
En zone sinistrée, les assurances couvrent-elles les inondations ?
En cas d’inondation, c'est la garantie contre les catastrophes naturelles qui couvre les dommages causés. Celle-ci est incluse dans les contrats d'assurance multirisque habitation. Cependant, vous ne serez indemnisé que si une déclaration officielle de catastrophe naturelle a été effectuée par les autorités.
Notez que, depuis le 1er janvier 2025, le taux de la cotisation relative à la couverture des catastrophes naturelles a augmenté. Il est passé de 12 à 20 % sur les contrats d'assurance habitation et professionnels et de 6 à 9 % pour les contrats auto. Cette augmentation décidée par l'État sert notamment à mettre en place des actions de prévention à l’échelle nationale via le Fonds Barnier.
Quels sont les aléas climatiques pris en charge par les assurances ?
Lorsque vous souscrivez une assurance multirisque habitation, vous bénéficiez de la garantie catastrophes naturelles. Voici la liste non exhaustive des phénomènes naturels couverts :
les différents types d'inondations (crues, fortes pluies notamment) ;
les phénomènes liés à la mer (chocs mécaniques dus à l'action des vagues, submersion marine, etc.) ;
la sécheresse-réhydratation des sols ;
les mouvements de terrain (de type coulées de boue) ;
les avalanches ;
les séismes ;
le volcanisme ;
les vents violents supérieurs à 145 km/h en moyenne sur 10 minutes, ou à 215 km/h en rafales.
Locataire/propriétaire : quelle assurance couvre les dégâts d'une inondation ?
En tant que locataire, si votre logement a subi des dégâts à la suite d'une tempête ou d'une inondation, sachez que c'est l'assurance habitation de votre propriétaire qui couvre les dégâts. Ainsi, vous devez l'informer des dommages subis. En revanche, si vos biens ont été endommagés, il vous faut contacter votre assureur au plus vite.
Faut-il une assurance spéciale si votre maison est en zone inondable ?
Il n’existe pas d‘assurances habitation dédiées aux logements situés en zone inondable . Si vous vivez dans ce cas de figure, optez pour une assurance adaptée à votre situation et qui vous couvrira en cas d’inondation, c’est-à-dire qui inclut la garantie catastrophe naturelle, comme indiqué précédemment. N’hésitez pas à demander conseil à votre assureur.
Vivre, Construire, Grandir !
Une assurance habitation, c’est bien plus qu’une formalité : c’est la garantie d’être protégé en cas de vol, de dégradation ou de sinistre.
Nos experts sont à votre écoute pour vous proposer une couverture correspondant à votre logement et à vos besoins.
Comment déclarer un sinistre inondation ?
Délais de déclaration à respecter
Vous venez de subir une inondation ? Il est essentiel d'effectuer rapidement votre déclaration de sinistre auprès de votre assureur. Vous disposez d’un délai de 30 jours après la parution de l'arrêté de catastrophe naturelle au Journal officiel. S'il ne s'agit pas d'une catastrophe naturelle, vous avez 5 jours ouvrés pour faire votre déclaration de sinistre. Contactez votre compagnie d'assurance dès que possible par téléphone, par email, en envoyant une lettre recommandée avec avis de réception ou en effectuant votre déclaration directement sur votre espace client en ligne.
Documents et preuves à rassembler
Pour accélérer le traitement de votre déclaration et recevoir rapidement une indemnisation, rassemblez les documents essentiels afin de les transmettre à votre assureur :
une description des biens endommagés ;
des photos ou des vidéos des dégâts ;
les factures ou les preuves d'achat justifiant de la valeur de vos biens.
Ne jetez pas vos objets endommagés, car ils seront peut-être examinés par la compagnie d'assurance ou l'expert désigné afin d'évaluer le montant des dégâts.
Rôle de l'expert mandaté par l'assureur
Après réception de votre déclaration de sinistre, votre assureur mandate un expert indépendant pour se rendre sur place. Sa mission principale est l'évaluation du préjudice : il examine l'ensemble des dégâts, inspecte les biens endommagés, y compris vos objets de valeur, et estime le coût des réparations ou remplacements nécessaires.
Son rapport constitue la base sur laquelle l'indemnisation sera calculée. Vous avez le droit de vous faire assister par un expert d'assuré, que vous mandatez vous-même, pour défendre vos intérêts lors de cette visite.
Soyez présent lors du passage de l'expert et transmettez-lui tous vos documents importants : factures, photos des dégâts, inventaire des biens touchés. Un dossier complet facilite une évaluation juste et limite les risques de désaccord sur le montant final de l'indemnisation.
Comment est-on indemnisé en cas d'inondation ?
Remboursement et délai en cas de catastrophe naturelle
Le calcul du montant de votre indemnisation est réalisé en prenant compte de votre préjudice et des clauses de votre contrat. Ainsi, votre assureur doit vous verser :
une avance sur vos indemnités dans les 2 mois suivant la remise de l'estimation des biens endommagés ou des pertes subies (il s’agit soit du rapport d'expertise définitif, soit, en l'absence d'expertise, de l’état estimatif que vous avez transmis) ;
l'indemnisation dans les 3 mois qui suivent la date de remise effective de l'estimation des biens endommagés ou des pertes subies.
Voiture endommagée : que couvre l'assurance auto en cas d'inondation ?
Si votre véhicule a subi des dégâts lors d'une inondation, leur prise en charge dépend de votre contrat d’assurance auto.
Si votre contrat d'assurance comporte la garantie Événements climatiques ou Tempête, alors votre sinistre sera pris en charge même si aucun arrêté de catastrophe naturelle n'est publié.
Si vous êtes assuré au tiers, vous ne serez généralement pas indemnisé pour les dégâts causés par l'eau. À noter que Generali propose une assurance auto Tiers étendu qui couvre les catastrophes naturelles.
Les assurances Tous risques comportent généralement la garantie catastrophe naturelle, mais vous ne percevrez une indemnisation que si un arrêté de catastrophe naturelle est publié au Journal officiel.
La démarche à suivre pour faire votre déclaration de sinistre auprès de votre compagnie d'assurance est la même que pour votre logement.
Bon à savoir.
Dans le Code des assurances, ce sont les articles D.125-5 à D.125-5-9 et articles A.125-6 et suivants qui définissent les indemnisations versées au titre de la garantie catastrophe naturelle.
Depuis le 1er janvier 2024, un nouveau dispositif de franchise est entré en vigueur pour les nouveaux contrats. Il s'applique aux contrats déjà en cours dès leur renouvellement. Ainsi, si votre véhicule est touché par une inondation et couvert par la garantie catastrophe naturelle, vous devrez payer une franchise de 380 € avant de percevoir le remboursement de votre assurance auto. La franchise s'élève à 1 520 € en cas de dommages causés par un mouvement de terrain dû à une sécheresse ou une réhydratation du sol. Les mêmes conditions s'appliquent à votre habitation.