Qu’est-ce que la valeur verte dans l’immobilier ?
Vendre son appartement, classé A ou B au DPE (Diagnostic de performance énergétique), plus cher qu’un bien gourmand en énergie ? C’est ce qu'on appelle la « valeur verte » de votre logement, un critère qui compte de plus en plus le marché immobilier.
Publié le 25/06/2026 - 6 minutes
Quelle est la définition de la valeur verte selon l'ADEME ?
Selon l'ADEME (Agence de la Transition écologique), la valeur verte est définie comme la valeur nette additionnelle d’un bien immobilier obtenue grâce à une meilleure performance environnementale.
Autrement dit, un logement doté de performances environnementales supérieures, (par exemple, une consommation d'énergie réduite pour le chauffage ou l'eau chaude), peut avoir une valeur immobilière plus élevée qu'un bien similaire mais moins performant sur le plan énergétique.
D'où l'importance croissante de l'efficacité énergétique dans le secteur immobilier.
Quel est vraiment l'impact du DPE sur le prix d'un logement ?
Un logement classé A ou B au Diagnostic de performance énergétique (DPE) se vend plus cher qu’un bien classé D. Plus la consommation énergétique d’un logement est faible, plus la valeur verte est importante. Cette tendance concerne d’ailleurs aussi bien les maisons que les appartements.
Pour les appartements, la tendance est nette : les biens les plus performants se vendent plus cher. Les logements classés A enregistrent ainsi une plus-value moyenne de 16 % par rapport aux biens classés D, tandis que les classes B et C bénéficient respectivement de hausses de 12 % et 6 %1.
Inversement, les logements dont la consommation énergétique est élevée voient leur prix de vente accuser une baisse par rapport aux logements plus économes. Les appartements classés G se vendent en moyenne 12 % moins cher que les biens de référence classés D, contre 9 % il y a quelques années1.
Pour les maisons, l’écart est encore plus marqué. Les logements les plus énergivores sont fortement pénalisés : une maison classée G se vend en moyenne 25 % moins cher qu’une maison classée D. La décote atteint aussi 18 % pour les maisons classées F et 9 % pour celles classées E1.
Quel lien entre la valeur verte et la décote des logements ?
Si la décote d’un appartement mal classé au DPE est en moyenne moins importante que celle d’une maison, elle a en revanche augmenté depuis peu. L’impact d’une mauvaise étiquette énergétique est désormais significatif. Cette décote varie en moyenne entre 8 et 10 % dans l’Hexagone pour les logements collectifs.
Si l’impact du DPE sur le prix de vente des logements est réel, il est en revanche atténué dans les marchés immobiliers tendus. C’est le cas en Ile-de-France. Selon l’étude des Notaires de France2, les appartements classés F-G se sont vendus avec une décote de 5 % en petite couronne parisienne.
Quant aux logements les plus économes en énergie, la plus-value s’élève à 4 % ! Un impact très limité qui s’explique par la pénurie de biens proposés en Ile-de-France. Les acheteurs privilégiant avant tout la localisation du bien plutôt que sa performance énergétique.
Comment est établi le Diagnostic de performance énergétique ?
Le classement du logement de A à G au DPE qui évalue sa performance énergétique s’effectue en calculant la consommation totale d’énergie primaire (CEP), exprimée en kW/m²/an, et les émissions de gaz à effet de serre (EGES), exprimées en kg CO2/m²/an.
C’est le plus mauvais score entre la consommation d’énergie primaire et les émissions de gaz à effet de serre qui détermine la classification au DPE.
A : Cep < 70 et EGES < 6
B : 70 ≤ Cep < 110 et EGES < 11
C : 110 ≤ Cep < 180 et EGES < 30
D : 180 ≤ Cep < 250 et EGES < 50
E : 250 ≤ Cep < 330 et EGES < 70
F : 330 ≤ Cep < 420 et EGES < 100
G : Cep ≥ 420 ou EGS ≥ 100
Logements trop énergivores : quelles restrictions et quelles obligations ?
Si vous êtes propriétaire d’un logement classé E, F ou G que vous louez, vous devrez envisager des travaux pour améliorer sa performance énergétique. C’est la condition pour pouvoir louer. La loi Climat & Résilience a en effet durci les obligations pour les bailleurs.
Depuis le 1er janvier 2025, les propriétaires ne peuvent plus louer un logement classé G. Cette interdiction concernera les logements classés F à partir du 1er janvier 2028. Dernière échéance : les logements classés E à partir du 1er janvier 2034.
Ces interdictions de location ne concernent pas les baux en cours. En revanche, si vous êtes propriétaire de votre résidence principale classée F ou G, vous ne serez soumis à aucune obligation de rénovation. Situation identique si vous achetez un bien classé F ou G.
Il est à noter que lorsque vous effectuez des travaux de rénovation énergétique chez vous, la valeur de votre bien immobilier peut augmenter. L’État a mis en place un outil gratuit qui vous permet d’estimer cette plus-value : la calculette « Ma plus-value Réno ».
Bon à savoir.
Face à la crise du logement, le gouvernement Lecornu souhaite assouplir les règles afin de permettre aux propriétaires de remettre en location des biens déjà exclus du marché, ou appelés à l’être, à condition qu’ils s’engagent à les rénover. Cette disposition figure dans le projet de loi Relance logement, présenté en conseil des ministres le 24 juin 2026.
La valeur verte est-elle vraiment un argument de vente ?
Acheteurs et vendeurs intègrent de plus en plus la valeur verte.
Selon un récent sondage, le DPE d’un logement est ainsi devenu un critère important pour près de 8 acheteurs sur 10 !
Pour certains acquéreurs, l’achat d’un logement classé F ou G constitue même une opportunité pour bénéficier d’une marge de négociation intéressante avec le vendeur du bien. Les vendeurs ont donc tout intérêt, si leur budget leur permet, à rénover leur logement s’ils ne veulent pas consentir une décote de prix importante. Ce sera d’ailleurs d’autant plus vrai dans les secteurs où l’offre de biens est supérieure à la demande !
Quel est le rôle du notaire dans l'évaluation de la valeur verte ?
Le notaire joue un rôle central dans l'évaluation de la valeur verte d'un bien immobilier. Il est chargé de vérifier les informations relatives à la performance énergétique du bien et d'authentifier le DPE. Sa connaissance approfondie du marché immobilier lui permet d'évaluer l'impact de la performance énergétique sur le prix de vente.
En tant que conseiller, le notaire guide les vendeurs et les acheteurs dans la prise en compte de la valeur verte lors des transactions. Il peut ainsi orienter sur les mesures d'amélioration énergétique susceptibles de valoriser le bien.
Il participe également à la réalisation d'études notariales sur l'impact de la valeur verte dans l'immobilier. Ces analyses contribuent à une meilleure compréhension du marché et à l'adaptation des pratiques en matière de valorisation des biens énergétiquement performants.
Assurance emprunteur : le saviez-vous ?
La loi Lemoine ouvre à tous un droit de résiliation sans frais, et à tout moment, de l'assurance emprunteur immobilier. Elle avance aussi à cinq ans le droit à l’oubli pour les personnes ayant eu un cancer et supprime le questionnaire médical pour les prêts immobiliers inférieurs à 200 000 euros.
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Nous répondons à vos questions
Les questions les plus fréquemment posées.
La valeur verte ne s'obtient pas via une formule mathématique unique. Elle repose sur une méthode comparative : on analyse des biens aux caractéristiques similaires, même localisation, même surface et même nombre de pièces, en faisant varier uniquement la classe énergétique au DPE.
Les critères pris en compte dans cette comparaison sont :
- la classe DPE du logement (de A à G), principale variable du calcul ;
- la localisation géographique, car la valeur verte pèse moins en Île-de-France qu'en province ;
- le type de bien, maison ou appartement, les maisons énergivores subissant des décotes plus marquées.
Pour une maison, viser une étiquette A, B ou C représente l'objectif idéal. Ces classes garantissent non seulement des factures d'énergie maîtrisées, mais elles confèrent aussi une réelle valeur verte au bien sur le marché.
À l'inverse, les maisons classées F ou G subissent les décotes les plus sévères. Les classes F et G sont d'ailleurs surreprésentées dans le parc de maisons individuelles anciennes, qui consomment davantage d'énergie que les appartements comparables.
La classe D reste un bon compromis, souvent utilisée comme référence dans les études comparatives, mais elle ne suffit plus à se démarquer dans un marché où les acheteurs sont de plus en plus attentifs à la performance énergétique.
Source
(1) https://www.galian-smabtp.fr/blog/valeur-verte-logements-nouveau-critere-cle-dans-limmobilier
(4) Par exemple : 30 576 € d’économies réalisées au terme par un couple de 36 et 41 ans, non-fumeur, qui emprunte 472 510 € sur 300 mois à un taux d’intérêt de 3,8 % avec une date d’effet au 02 août 2023 et une quotité de 100% chacun. Dans le cadre de la loi Lemoine, la reprise du contrat emprunteur par Generali Vie, se fait au 05 mars 2025 pour un capital restant dû de 457 355 € sur 282 mois.