Cambriolages : des mesures simples pour assurer votre sécurité
Une porte forcée, une fenêtre entrouverte oubliée, quelques minutes d'absence pendant que vous déposez les enfants à l'école : voilà souvent tout ce qu'il faut à un cambrioleur pour s'inviter chez vous. Contrairement aux idées reçues, ces intrusions n'ont pas lieu uniquement la nuit ou pendant les vacances d'été : elles surviennent surtout en semaine, en plein après-midi, quand le logement est vide. Quels gestes simples adopter au quotidien pour limiter les risques et garder l'esprit tranquille, chez vous comme en votre absence ?
Publié le 10/09/2026 - 6 minutes
Vol simple, vol aggravé : de quoi parle-t-on ?
Avant d’aller plus loin, clarifions deux notions qui reviennent souvent.
- Le vol simple correspond à la soustraction frauduleuse du bien d’autrui, et ce quelle que soit la valeur de l’objet volé.
- Le vol aggravé survient lorsque s’ajoutent des circonstances spécifiques : utilisation de violence, effraction dans un local d’habitation, dissimulation du visage ou action en groupe… Les sanctions deviennent alors plus sévères.
Un exemple concret : un cambriolage avec effraction constitue systématiquement un vol aggravé, car la personne a dû forcer ou dégrader un dispositif de fermeture pour s’introduire dans les lieux.
Le cambriolage en quelques chiffres
Selon le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI), 212 000 cambriolages ont été recensés en France en 2025. C’est un chiffre en baisse depuis dix ans : en 2016, on en estimait le nombre à 248 900.
Cette tendance se poursuit en 2026 : sur le premier trimestre, le nombre de cambriolages de logements a encore reculé de 6 %1 par rapport au trimestre précédent, selon les dernières données du ministère de l’Intérieur.
Éviter les cam Comment réduire les risques de tentative de cambriolage au quotidien ?briolages : les bonnes habitudes à prendre
Sécuriser son domicile tient souvent à des gestes simples. Pour limiter les tentatives, vous pouvez notamment installer des systèmes d’alarme, vous informer sur les pratiques courantes, adopter de bons réflexes de sécurité et rester discret sur vos périodes d’absence. Voyons cela étape par étape.
Chez vous : garder les bons réflexes
Contrairement à une idée reçue, de nombreux cambriolages ont lieu alors que les occupants sont présents à leur domicile. L’entrée se fait alors tout simplement par une porte ou une fenêtre restée ouverte. Quelques consignes simples et efficaces font la différence.
Lorsque vous êtes chez vous, fermez la porte d’entrée principale à double tour, verrouillez toutes les autres portes et ne laissez jamais vos clés sur la serrure. Sinon, il suffirait de casser un carreau pour atteindre la serrure et ouvrir la porte de l’intérieur.
Ne faites jamais apparaître vos nom et adresse sur vos porte-clés.
Utilisez systématiquement la chaîne de sécurité et le judas de porte (et pas uniquement la nuit) lorsqu’une personne frappe à la porte.
Ne laissez entrer personne pour téléphoner : demandez le numéro et appelez vous-même.
Lorsqu’une personne se présente (forces de l’ordre, agents EDF, plombiers…), demandez systématiquement une pièce d’identité. Si elle n’est pas en mesure de vous en présenter une, n’ouvrez pas.
Fermez vos volets la nuit et lors de vos absences, y compris de courte durée.
Ne laissez pas de message sur votre répondeur indiquant la durée de votre absence, ou bien transférez vos appels si vous le pouvez.
Ne cachez pas votre clé sous le paillasson ou sous un pot de fleurs : ce sont les premiers endroits vérifiés.
Évitez d’annoncer dans un lieu public que vous allez vous absenter de votre domicile.
Sur les réseaux sociaux, gardez le réflexe de la discrétion : évitez de publier vos photos de vacances en temps réel, désactivez votre géolocalisation, et demandez à vos enfants de faire de même.
Le saviez-vous ?
7%
c’est le nombre de cambriolages élucidés au bout d'un an, un taux d'élucidation qui stagne depuis 2017.
Selon votre logement : maison ou appartement
Selon une étude de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), les maisons individuelles sont plus susceptibles d’être cambriolées que les maisons mitoyennes et les appartements situés dans un immeuble de plus de 10 logements. Vos réflexes peuvent donc s’adapter à votre type d’habitat.
Si vous vivez en maison
À l’extérieur, vous pouvez équiper votre maison d’un spot à détecteur de mouvements : en s’allumant, il signale une présence dans votre jardin ou votre allée pendant la nuit. Vous pouvez également installer des caméras extérieures pour dissuader les intrusions et surveiller votre maison à distance.
Si vous vivez en appartement
Les fenêtres et portes-fenêtres situées au rez-de-chaussée ou au premier étage peuvent être équipées de barrières ou de grilles de sécurité. Opter pour une porte blindée ou une serrure à 5 points constitue aussi une bonne protection.
La nuit : sécuriser sans y penser
La nuit est une période propice aux intrusions : la faible luminosité et le sommeil des occupants facilitent l’accès aux logements. Pour rendre la tâche plus difficile, fermez toutes les portes à clé, y compris celles du garage et les portes-fenêtres.
En période estivale, on est parfois tenté de laisser les fenêtres grandes ouvertes. Évitez de le faire, même pour celles situées en hauteur. Des systèmes comme les entrebâilleurs permettent d’entrouvrir les fenêtres tout en limitant leur ouverture : de l’air frais quand la chaleur est difficile, sans laisser un accès facile.
Enfin, évitez de laisser votre sac à main, vos moyens de paiement (carte bancaire, etc.) et vos clés de voiture dans l’entrée de votre logement.
Avant un départ en vacances : les bons préparatifs
Un week-end ou des vacances qui approchent ? C’est le bon moment pour redoubler de vigilance. Voici les démarches utiles pour partir l’esprit tranquille.
Prévenez le commissariat
Signalez vos dates d’absence au commissariat de police ou à la brigade de gendarmerie : une tournée de surveillance pourra alors être mise en place. Vous pouvez notamment vous inscrire à l’Opération tranquillité vacances. Ce dispositif permet d’être contacté par la police ou la gendarmerie en cas de constat d’intrusion, ou de tentative d’intrusion, pendant votre absence. L’inscription se fait désormais en ligne via FranceConnect : entre 45 jours et 3 jours avant le départ pour une résidence principale (absence de 3 à 90 jours), ou jusqu’à la veille du départ pour une résidence secondaire (absence pouvant aller jusqu’à 12 mois).
Informez vos voisins
Prenez le temps de prévenir vos voisins les plus proches de votre absence. Ils pourront se montrer plus vigilants, notamment s’ils constatent des signes de présence pendant vos vacances. Vous pouvez leur demander de passer allumer les interrupteurs pour simuler une présence. Autre option : installer un programmateur de lumière ou de télévision.
Pensez à votre courrier
Faites suivre ou relever votre courrier par une personne de confiance : une boîte aux lettres qui déborde signale une absence prolongée.
Mettez vos biens de valeur en lieu sûr
Évitez de ranger vos bijoux dans les chambres, généralement visitées en premier. Placez-les dans un coffre, avec vos autres objets de valeur, votre argent liquide et vos papiers importants.
Installez une alarme
Placez votre logement sous surveillance avec un système d’alarme. Les systèmes d’alarme et de télésurveillance sont efficaces pour protéger votre maison. En cas d’intrusion, l’alarme reliée à une société de surveillance se déclenche à l’ouverture de la porte, et le commissariat de police le plus proche est informé afin que les forces de l’ordre puissent intervenir.
Que faire après un cambriolage ?
Rentrer chez soi et constater un cambriolage est une épreuve. Pour vous aider à agir sereinement, voici les étapes à suivre. Avant tout, ne touchez à rien : chaque indice compte pour les services chargés de l’enquête.
Une fois les autorités prévenues, dressez rapidement la liste des objets volés ou endommagés — marque, modèle, valeur estimée — et photographiez les dégâts. Ces éléments sont indispensables pour constituer votre dossier de remise en état.
Le rôle de la police ou de la gendarmerie
Si vous constatez une intrusion dans votre maison ou votre appartement, appelez le commissariat de police au plus vite en composant l’un des numéros d’urgence gratuits : le 17 ou le 112.
En attendant l’arrivée des forces de l’ordre, réunissez le plus d’informations possible : vos heures d’absence du domicile et tout détail pouvant faciliter l’enquête, comme des appels reçus ou des allées et venues inhabituelles autour de chez vous dans les jours précédant l’événement.
Les membres de la brigade de gendarmerie ou de la police nationale qui se rendent chez vous vont rechercher des preuves pour identifier les auteurs. Ne touchez à rien et ne rangez pas avant qu’ils aient recueilli les indices et fait leurs observations. Idéalement, restez à l’extérieur de votre logement et réservez l’accès des lieux aux gendarmes et aux policiers.
Un dossier sera constitué et votre plainte enregistrée. En fonction des éléments et s’ils disposent de suspects, les policiers pourront procéder à des interpellations et tenter de restituer les objets volés à leurs propriétaires. Si les personnes sont prises en flagrant délit, elles seront immédiatement arrêtées. Sachez enfin qu’il est possible de remplir une pré-plainte en ligne.
Important : si les personnes sont toujours sur place, mettez-vous en lieu sûr en attendant l’intervention de la police.
La déclaration auprès de votre assureur
Vous détenez un contrat d'assurance habitation Generali ? Vous pouvez déclarer un cambriolage dans votre espace client sécurisé, rubrique “Déclarer un cambriolage”.
En cas de difficulté, vous pouvez contacter le service client au 0 969 369 969 (coût d'un appel local) du lundi au vendredi de 8h30 à 17h30.
Sources :
INSEE - Statistiques
FAQ cambriolage - Vos questions, nos réponses
Nous répondons à celles les plus fréquemment posées.
Les cambrioleurs privilégient les cibles faciles, rapides et discrètes. À l’inverse, ils renoncent lorsqu’un logement présente des signes visibles de protection. Les principaux facteurs de dissuasion sont le bruit (alarme), la lumière (éclairage automatique), la complexité de l’accès (temps nécessaire, accès sécurisés) et la présence réelle ou simulée (occupants, caméras, voisinage vigilant).
En France, les mois de juillet et août sont ceux qui enregistrent le plus grand nombre de cambriolages. Cette hausse s’explique principalement par les départs en vacances, qui laissent davantage de logements inoccupés et donc plus vulnérables. Les statistiques nationales montrent également un pic secondaire en décembre, lié aux fêtes de fin d’année et aux absences prolongées, ainsi qu’une hausse à l’automne lors du passage à l’heure d’hiver.
Avant un cambriolage, des signes de repérage peuvent apparaître : marques discrètes ou objets déplacés près du logement, allées et venues inhabituelles, démarcheurs suspects ou encore indices visibles d’absence prolongée (courrier non relevé, volets fermés). Le passage à l’acte intervient souvent rapidement après le repérage, ce qui rend la vigilance essentielle pour prévenir un cambriolage.
Pour le savoir, la première source fiable reste les données officielles du ministère de l’Intérieur . Elles recensent les cambriolages enregistrés par la police et la gendarmerie et permettent de consulter des statistiques par commune, département ou région, pour une vision objective du niveau de risque dans votre zone.
Ces données sont également accessibles via des cartes interactives de la délinquance , qui permettent de visualiser rapidement les secteurs les plus touchés et l’évolution des cambriolages dans le temps. Fondés sur l’open data, ces outils offrent une lecture simple et géographique de la situation autour de votre domicile.
Enfin, l’information locale reste précieuse : les mairies, la police municipale, la gendarmerie ou les dispositifs citoyens comme les réseaux de voisinage diffusent régulièrement des alertes et des messages de prévention. Y prêter attention permet souvent d’identifier rapidement une recrudescence près de chez soi et d’adapter ses réflexes.
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