Rénovation énergétique :
les principales évolutions en 2026
L'année 2026 marque un tournant majeur pour la rénovation énergétique avec la réouverture du guichet d'aide à la rénovation énergetique MaPrimeRénov', après une suspension liée au budget. Le dispositif se recentre sur les rénovations d'ampleur des passoires thermiques (classes E, F, G), les plafonds d'aide sont réduits et le calcul du DPE évolue avec un nouveau coefficient pour l'électricité, favorisant les logements électriques. On vous dit tout !
Publié le 18/03/2026 - 5 min
Passoires thermiques interdites de location : que dit la loi ?
Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G au DPE sont interdits à la location et considérés comme non décents. Cette mesure, issue de la loi Climat et Résilience, s'étendra progressivement aux logements F en 2028, puis E en 2034.
La réforme du DPE de 2026 modifie les coefficients de calcul, notamment pour l'électricité. Cette évolution technique permettra à environ 850 000 logements de sortir du statut de passoire thermique sans travaux, offrant un répit aux propriétaires bailleurs concernés.
Les baux en cours restent valides jusqu'à leur renouvellement, dans une limite de trois ans. Les propriétaires qui contournent ces règles s'exposent à des sanctions : réduction du loyer, suspension de sa perception, ou obligation de réaliser des travaux ordonnés par le juge. Les locataires peuvent désormais exiger des travaux de rénovation énergétique de leur propriétaire pour améliorer le confort de leur logement.
Qu'est-ce qui va changer pour le DPE en 2026 ?
Le changement principal concerne le coefficient de conversion de l'électricité, qui passe de 2,3 à 1,9 depuis le 1er janvier 2026. Cette modification technique améliore automatiquement la classe énergétique des logements chauffés électriquement, particulièrement les petites surfaces urbaines jusqu'alors pénalisées.
Concrètement, près d'un million de biens bénéficient d'un reclassement favorable. Un appartement précédemment noté F peut désormais obtenir une étiquette E ou D, transformant sa valeur locative et patrimoniale. Les propriétaires n'ont aucune démarche à effectuer pour les nouveaux diagnostics.
Pour les DPE antérieurs au 1er janvier 2026, une attestation gratuite de mise à jour est disponible via le simulateur de l'ADEME. Cette attestation possède la même valeur légale qu'un diagnostic complet et facilite les transactions immobilières en cours.
Comment identifier les travaux nécessaires pour réduire la consommation énergétique ?
Pour diminuer la consommation énergétique de son logement, il faut définir les travaux pertinents. Un audit énergétique définira des scenarii de travaux qui peuvent être réalisés avec à la clé les économies d’énergie obtenues. Généralement, une amélioration de l’isolation fait partie des leviers d’amélioration de la performance du bâtiment. L’isolation par l’extérieur (ITE) est d’ailleurs souvent recommandée pour diminuer les déperditions thermiques des façades d’une maison. Le principe ? Il s’agit de créer une enveloppe autour de l’immeuble ou de la maison. Si les isolants traditionnels sont privilégiés lors des chantiers, rien ne vous empêche d’utiliser des isolants biosourcés, issus de ressources naturelles renouvelables.
MaPrimeRénov' 2026 : conditions et éligibilité actualisées
Qui peut encore bénéficier de MaPrimeRénov' ?
Depuis la réouverture du guichet, tous les propriétaires peuvent théoriquement accéder à MaPrimeRénov', qu'ils occupent leur logement ou le louent. Les critères d'éligibilité restent basés sur les revenus fiscaux de référence de 2025, répartis en quatre catégories : très modestes (bleu), modestes (jaune), intermédiaires (violet) et aisés (rose).
Les propriétaires bailleurs doivent s'engager à louer le bien pendant au moins cinq ans et informer leurs locataires des travaux réalisés. Pour le parcours accompagné, seuls les ménages très modestes y ont actuellement accès, avec un possible élargissement aux revenus modestes.
Les copropriétaires peuvent également bénéficier du dispositif pour les parties communes. Une condition sine qua non s'applique à tous : faire appel à des artisans certifiés RGE et déposer la demande avant le démarrage des travaux sur la plateforme officielle.
Quels logements sont concernés par les aides ?
Les aides à la rénovation énergétique ciblent prioritairement les résidences principales âgées d'au moins 15 ans et occupées au minimum 8 mois par an. Cette exigence d'ancienneté garantit que les fonds publics bénéficient aux bâtiments ayant réellement besoin d'améliorer leur performance énergétique.
Pour MaPrimeRénov' rénovation d'ampleur, seuls les logements classés E, F ou G au DPE restent admissibles depuis 2026. Cette restriction vise les passoires thermiques où l'impact des travaux sera le plus significatif. Un appartement parisien des années 1970 chauffé au gaz ou une maison individuelle mal isolée entrent typiquement dans ces catégories.
Le parcours par geste conserve une approche plus souple, acceptant tous les niveaux de DPE jusqu'au 31 décembre 2026. Les résidences secondaires et logements de moins de 15 ans demeurent exclus des dispositifs publics, mais peuvent bénéficier des primes CEE selon des modalités spécifiques.
Travaux éligibles : ce qui reste financé ou exclu
La réforme 2026 redéfinit drastiquement le périmètre des travaux éligibles selon le parcours choisi. Dans le parcours par geste, l'isolation des murs (intérieure ou extérieure) et les chaudières biomasse sortent définitivement du dispositif quand elles sont réalisées seules. Cette exclusion touche des interventions pourtant efficaces et abordables, prisées par de nombreux ménages.
Heureusement, plusieurs opérations maintiennent leur éligibilité. Les pompes à chaleur air-eau conservent leur place centrale, tout comme l'isolation des combles, des planchers bas et le remplacement des menuiseries. Les poêles à granulés ou à bûches bénéficient encore du soutien public, sous certaines configurations techniques.
Une nuance importante : les travaux exclus du parcours par geste retrouvent leur financement dans le cadre d'une rénovation d'ampleur. L'isolation des murs redevient alors subventionnée, à condition de l'intégrer dans un bouquet de travaux plus ambitieux. Cette logique pousse vers des projets globaux plutôt que des améliorations ponctuelles, conformément aux objectifs gouvernementaux de décarbonation.
Quelles aides pour financer les travaux de rénovation énergétique ?
Le financement des travaux ne se résume pas à MaPrimeRenov’ ! Les particuliers bénéficient en effet d’autres aides.
Ils peuvent notamment profiter des CEE (certificats d’économies d’énergie) sans oublier les financements accordés par les collectivités locales.
L'éco-prêt à taux zéro permet d'emprunter jusqu'à 50 000 € sur 20 ans maximum, sans frais ni intérêts. Une solution idéale pour financer le reste à charge après les subventions.
Depuis le 1er septembre 2024, il existe un Prêt avance rénovation à taux zéro (ou « PAR + ») pour financer certains travaux de rénovation énergétique. Sont éligibles les logements construits depuis au moins deux ans et occupés à titre de résidence principale par l’emprunteur. Le PAR + est sans intérêts pendant les 10 premières années de l’emprunt et soumis à conditions de ressources. Son montant maximal est de 50 000 euros selon la nature des travaux. Le Prêt Avance Rénovation peut vous être proposé par un établissement de crédit, une société de financement ou une société de tiers-financement. Ce prêt est par ailleurs soumis à condition de ressources : il s'adresse aux ménages relevant des catégories de ressources « modestes » et « très modestes » établies par l'Agence nationale de l'habitat (Anah). Les plafonds de ressources applicables aux bénéficiaires d'offres de PAR + ont été réévalués au 1er janvier 2026.
Bon à savoir. La loi de finances pour 2025 a supprimé la possibilité d'utiliser le chèque énergie pour financer vos projets de rénovation énergétique. Cette aide se limite désormais exclusivement au paiement des factures d'énergie (électricité, gaz, fioul ou bois).
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